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NÉFLIER

tempérées de TEurope. Son fruit, très-âpre lorsqu'on le récolte, perd cette saveur en blossissant, et acquière un goût légèrement alcoolique assez agréable. Le néflier sauvage a produit les variétés suivantes :

Néflier à gros fhiits. — C*e«t la variété la plus recommandable. Néflier à fruits monstrueux. — Son fruit acquiert souvent 0",05 de diamètre. Néflier à fruit précoce. — Fruit moins gros que le précédent, mais plus précoce. Néflier sans noyau ou apyrène. — Fruit petit, allongé, dépourvu de semence.

Le néflier ne prospère que dans le nord et le centre de la France ; il redoute les chaleurs du Midi. Tous les terrains lui

conviennent, pourvu qu'ils ne soient ni trop secs ni marécageux.

Nous avons vu à l'article Pépinières que le néflier est multiplié au moyen des greffes en fente ou en écusbon placées sur l'aubépine, l'azerolier, le cognassier et Tp poirier.

Le néflier n'est pas ha-

Fig. 521. Frmt du néflier.

Fiy. 522. Fleur du néflier.

bituellement soumis à la taille; on le laisse végéter librement en imprimant seulement à sa tête une forme à peu près régulière. Lorsque; cependant, on veut le cultiver dans le jardin fruitier, on peut lui imposer une forme régulière, et tailler ses rameaux à fruit exactement de la même manière que ceux du cognassier.

C'est vers la fin d'octobre qu'on récolte les nèfles ou mêles. On les place immédiatement sur la paille, où elles blossissent assez rapidement.

l'azerolier *.

Vazerolier (Cratœgus Azarolus, L.)» communément azerolier, azarolier, argerolier, épine d'Espagne, né/lier de Naples, appartient à la famille des rosacées, tribu des pomacées. Ce sont des arbres de 7 à 8 mètres de hauteur, atteignant, quelquefois môme dépassant la taille des poiriers; le bois en est

Fig. 523. Fleur de l'azerolier.

Fig. 524. Bourgeon fructifère de l'azerolier.

dur et sert au placage. Ils forment tête et sont très-rameux, à branches courtes et cassantes ; les rameaux sont légèrement cotonneux, à Tétat sauvage, ils sont épineux ; mais la plupart des espèces cultivées sont inermes.

Les fleurs (fig, 523), blanches, forment un corymbe terminal, comme celles de Taubépine. Le fruit {fig. 524) est une pomme charnue, ronde ou ovale. Les semences sont contenues dans deux, trois, quatre noyaux ou osselets.

1 . Nous empruntons ce qui a trait à cette espèce à l'excellent article publié par M. Alfred Lejourdan, de Marseille, dans la Revue^ horticole du mois de décembre 1856. '*

AZEROLIER. 630

Cet arbre est originaire de la zone méditerranéenne, d'où il a probablement été transporté dans des régions plus septentrionales. Tout porte à croire qu'en Provence il était spontané dans les bois, tel qu'on le retrouve encore aujourd'hui dans diverses localités. Mais si l'espèce botanique n'a pas été importée, il est hors de doute que la plupart des variétés sont d'origine étrangère. L'azerole blanche paraît venir de Florence , les grosses rouges, de Naples ou d'Espagne.

Le fruit, dans la région méditerranéenne, possède à sa maturité une saveur aigrelette, légèrement vineuse et stypique, d'un goût agréable. Dans cette zone, assez chaude pour que le principe sucré se développe toujours abondamment, l'acidité devient presque une qualité, et c'est en grande partie ce qui fait rechercher ce fruit. En Provence, en Italie, en Espagne, dans le Levant, on vend l'azerole sur les marchés, soit pour la manger, soit pour en faire des confitures et gelées.

Variétés. — On distingue cinq ou six variétés de l'azerole commune. Nul doute qu'on en trouvât en Espagne, en Italie et dans l'Orient un plus grand nombre.

Azérole ronde rouge, ou de Provence. — Azerole grosse rouge, ou du Val.— Azerole longue rouge. — Azerole blanche, ou de Florence. — Azerole jaune.

Ces cinq variétés d'azeroliers ont été citées par les auteurs comme se trouvant en Provence; mais deux seulement, la rouge ronde et la jaune, y sont très-abondantes.

Climat. — L'azerolier vient en pleine terre sous tous les climats de France. Il vient même à des latitudes plus élevées. En Angleterre, où il a été introduit en 4 640, on le trouve dans les comtés du Sud et sur les côtes ouest; mais, dans le Nord, cet arbre est peu fertile. Ses fruits sont âpres, très-petits, sans arôme, et ne peuvent être utilisés pour les confitures. Il y fructifie néanmoins à toute exposition, et c'est une erreur de dire, comme l'a fait la Quintinie, qu'il y réclame Tespalier. Toutefois, ainsi placés, ces fruits seraient certainement plus gros et peut-être plus savoureux. En tout cas, sa qualité médiocre ne mérite pas une pareille place. Son véritable climat est le climat méditerranéen, son fruit y acquiert toute sa perfection.

En Provence, quoique l'azerolier mûrisse très-bien ses

fruits à toute exposition, il sera bon d^éviter, si on le peut, le nord' ouest et Touest. Le mistral, qui souffle souvent à Téquînoxe d'automne, au moment de la fructification, le fatigue et fait tomber ses fruits.

Sol. — Tous les sols conviennent à cet arbre. De Saint- Ghamas à Nice, en suivant les côtes, on traverse un grand nombre de formations géologiques, et partout on peut Vy voir dans les terrains granitiques, volcaniques et basaltiques, dans les terres de gneiss et de schiste, dans les grès rouges et bigarrés, dans les calcaires jurassiques et les argiles plastiques; dans les poudingues tertiaires et les terrains d'alluvion. Cependant il paraîtrait que la présence du calcaire et de la silice serait, sinon nécessaire, du moins favorable à son développement. Il craint les terres argileuses, humides ou froides; car Thumidité lui est contraire, et l'excès d'eau peut lui être funeste. Il n'exige pas une grande profondeur et ne pivote pas beaucoup. Un terrain sec, léger, un peu chaud, lui conviendra très-bien, et pour sa durée et pour la qualité de ses fruits.

Culiure, — L'azerolîer n'est pas cultivé dans le jardin fruitier en Provence ; ce n'est qu'en verger qu'on le plante, ainsi que toutes les autres espèces fruitières. A. Marseille, dans chacune des milliers de bastides qui morcellent la campagne, on peut en trouver un ou deux pieds placés au milieu des rangées ou oulins de vignes, avec les pêchers, figuiers, pistachiers, etc. On pourrait cependant le faire entrer dans le jardin fruitier et le soumettre à une taille régulière. On augmenterait ainsi le volume et la qualité des fruits.

MuUiplicalion, — L'azerolier se multiplie de semence et de greffe.

Les osselets restent deux ans en terre avant de germer, c'estnà-dire ne poussent qu'au deuxième printemps après leur mise en terre. 11 sera bon d'employer pour ces graines le procédé de stratification indiqué dans le premier volume de cet ouvrage, au chapitre des Semis,

Le semis est un moyen de multiplication toujours long ; il n'est qu'exceptionnellement employé. Les arbres qui en résultent ont, il est vrai, une vie plus longue et résistent mieux aux froids ; mais leur croissance est très-lente et leur mise à

AZEROLIER.

fruit très-retardée. Il est d'ailleurs probable que les variétés ne conserveraient pas leurs caractères par ce mode de multiplication.

On multiplie principalement Tazerolier par la greffe; l'aubépine blanche sert de sujet. C'est à deux ou trois ans qu'on la greffe à œil dormant, en août. On emploie aussi, mais rarement, l'azerolier sauvage pris dans les bois, le poirier sauvage, le néflier et le cognassier. M. Laure a reconnu que, sur poirier, il atteignait un assez grand développement. Il donnerait aussi, dit-on, de plus beaux fruits ; mais il est moins rustique que sur l'aubépine, sa durée est moins grande, et il exige un meilleur terrain.

Végétation, — La végétation de l'azerolier est, à peu de chose près, semblable à celle du poirier. Si nous examinons une branche de prolongement d'un an, nous la trouvons garnie de boutons à bois dans toute sa longueur {fig. 525). Abandonnée à elle-même, cette branche, l'année suivante, se prolongera par son bouton terminal. Les boutons du tiers inférieur ne donneront aucune production. Les autres boutons dévelo))peront, suivant la vigueur de la branche et de l'arbre, des rameaux à fruits, des rameaux mixtes ou des rameaux à bois. Les plus inférieurs {fig. 526) croîtront à peine de quelques millimètres, épanouiront une rosette de feuilles, se gonfleront, deviendront ronds et écailleux {fiq. 527). Quelques autres s'allongeront un peu plus de 0''',02 à O^jOS, et se termineront par un bouton pareil au précédent {fig. 528). Ce sont là des dards ou rameaux à fruits proprement dits. D'autres, plus élevés, formeront des rameaux latéraux plus ou moins allongés, entièrement garnis de boutons à bois, et présentant parfois quelques boutons à fleurs.

La troisième année, les petits dards développeront un bourgeon florifère plus ou moins long, garni de feuilles et portant à la partie supérieure les fleurs et les fruits {fig. 524). A sa partie inférieure et à Taisselle des feuilles, il se forme, suivant la vigueur du rameau, soit un ou plusieurs boutons à

Fig. 525.

Rameau à bois de l'azerolier.

6iS ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE.

fleurs, soit un ou plusieurs boutons à bois. A la fin de la végétation, la partie supérieure et florifère du rameau meurt, laissant un chicot persistant {fig, 529). Les boutons de la base servent de remplacement et donnent à leur tour des rameaux florifères, à savoir : les boutons à bois. Tannée suivante; les boutons à fleurs, la seconde année. Les premiers, en effet, inettent un an pour se mettre à fleur : ils poussent de quelques millimètres, forment une rosette de feuilles et grossissent. Ils ne portent fruit que Tannée qui suit.

Au bout d'un certain nombre d'années, la branche à fruit, plus ou moins allongée et dégarnie de la base, oflVe Tapparence de la figure 530. Cette branche, de grandeur naturelle,

Fig, 526.

Fig. 527.

f cy. 528.

Fig. 529.

Bouton à bois de

Bouton à fleur de

Dard

Lambourde d'azerolier

l'azerolier.

Tazerolier.

de l'azerolier.

âgée de deux ans.

est âgée déjà de six ans ; on distingue encore parfaitement les chicots A, provenant des sommets florifères ; les rides B, plus ou moins développées à la base des rameaux, indiquent si Ton a eu, comme remplacement, des boutons à fleurs ou des boutons à bois. La branche arrivée à cet âge (et quelquesunes ont atteint alors des dimensions assez considérables), la sève éprouve une grande gêne dans sa circulation, par suite des bifurcations, des coudes nombreux et multipliés qu'elle rencontre. Il arrive alors fréquemment qu'à la partie inférieure de la branche se développent des boutons à fleur ou des boutons à bois destinés à se mettre à fleur Tannée d'après C [fig. 531).

Taille, — D'après ce qui précède, il est bien clair que la taille de cet arbre doit être, à peu de chose près, la même que celle du poirier et du pommier.

Il faut, pour la charpente, tailler le tiers supérieur des

AZEROLIER.

branches de prolongement, et appliquer au développement de ces branches les mêmes soins et précautions qu'on emploie pour le poirier. Les entailles seront utilisées de la même manière et dans le même but.

Pour les rameaux à fruits, il n'y a rien à faire aux dards, qui s'allongent peu. Les bourgeons mixtes ou à bois doivent être pinces, en été, à 0"\08 ou 0'",10. Si l'on oubliait de le faire en temps utile, on les tordrait à 0'",12, en pinçant leur extrémité. En hiver, on les soumettra au cassement entier ou partiel, d'après leur grosseur, pour faire mettre à fleur les boutons de la base.

Quand les rameaux à fruits sont bien constitués, il n'y a plus qu'à les laisser agir ; il suiRtde les rapprocher constamment sur les dards inférieurs. Au bout d'un certain nombre d'années, quand ils ont pris de l'accroissement, à la base même de ces branches il se développe de nouveaux boutons, qui servent à rajeunir ces sortes de lambourdes. Quand on taille sur vieux bois, il se développe, comme pour le poirier, des boutons adventifs.

Culture en verger, — L'azerolier est planté à demeure à trois ou quatre ans d'âge. On l'étête lors de la plantation. Il serait bien préférable de choisir des pieds plus jeunes et de faire un simple habillage à la tige et aux racines ; la reprise en serait plus assurée. L'arbre est ensuite traité comme le sont, en général, tous nos arbres de haut vent. On le taille, les premières années, de manière à lui imprimer une forme

Fig. 530.

Lambourde d'azerolier

âgée de six ans.

Fig. 531.

Autre lambourde

d'Azerolier.

en vase ou en tête plus ou moins régulière, et, par la suite, il est régulièrement émondé. Dans les premiers temps, il est bon de lui donner un labour et un binage par an, s'il ne profite pas des façons données aux vignes. Il se passe très-aisément de fumure. Il craint, dit-on, la taille , c'est ce qu'on a régulièrement avancé pour tous les arbres fruitiers. Mieux vaut, sans doute, ne pas en appliquer du tout que de l'appliquer irrégulièrement et au hasard ; mais une taille intelligente serait aussi utile à cet arbre qu'à tous les autres.

Jardin fruitier. — Dans le jardin fruitier, on pourra lui imprimer toutes les formes que l'on donne aux arbres à fruits à pépins. La forme en vase, préférable pour la Provence, serait la plus aisée à obtenir. Les contre-espaliers doubles en cordons verticaux lui conviennent parfaitement.

Récolte et conservation, — L'azerolier fleurit en mai et mûrit en automne. Les premiers fruits apparaissent à Marseille, dans la première semaine du mois de septembre. Le marché reste approvisionné jusqu'en octobre. La maturité complète de ce fruit a lieu dans la deuxième quinzaine de septembre, et plus tard môme. On le récolte en deux états. Dans les premiers jours de septembre, quand il est encore vert, on le cueille pour en faire des confitures; si l'on attendait sa maturité, il n'aurait plus assez d'acidité, et il conviendrait moins au but qu'on se propose. Le fruit est vendu ensuite pour être mangé, parce qu'on recherche aussi la légère acidité qu'il présente. C'est ce qui explique pourquoi la plus grande quantité est consommée au milieu du mois, tandis que sa maturité n'a généralement lieu que dans la deuxième quinzaine de septembre. Ainsi cueillis, les fruits ne se conservent pas ; ils se rident ou se pourrissent. Pour qu'ils soient de garde, il faut les récolter peu avant leur maturité. L'azerole jaune, à ce moment, commence à prendre, vers le soleil, une teinte blanc jaunâtre, et elle se détache aisément. L'azerole rouge est, sur toute sa surface, d'une teinte très-foncée, et, quoique la chair en soit toujours ferme et croquante, elle a perdu une partie de sa dureté et de sa rigidité. Ainsi recueillies, les azeroles achèvent de mûrir sur des planches ou de la paille. Elles prennent une teinte jaune ou rouge plus prononcée, mollissent un peu et deviennent plus douces. Mais elles

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n*éprouvent jamais de blossissement, comme les cormes et les nèfles, qui deviennent noires ou brunes.

Maladies, insectes nuisibles, — L'azerolier craint, comme nous Pavons dit, Texcès d'humidité ; il languit, donne peu de fruits, qui restent petite, ne se colorent pas, sont parsemés de plaques verdâtres, se rident, et n'ont guère que Tépiderme et les osselets. Il perd alors rapidement ses feuilles et son jeune bois, quand toutefois il ne périt pas. 11 est aussi exposé à ce qu'on appelle coups de soleil. 11 jaunit, ses fruits se dessèchent et tombent. Les froids tardifs, les gelées printanières, brûlent les jeunes bourgeons, font souffrir Tarbre, qui parfois périt. Tous nos hivers mémorables, si funestes aux oliviers, ne l'ont pas moins été aux azeroliers.

Gomme la plupart des arbres fruitiers de la Provence, il est sujet au noir; mais cette maladie, due à la présence d'un champignon parasite, succède toujours invariablement à l'attaque d'un kermès ou cochenille. Le remède est le même que celui qui a été indiqué pour les pêchers, figuiers, etc. Le fruit est arrêté aussi dans son développement par un champi gnon parasite qui Tattaque quand il est encore vert et le fait inévitablement périr. Le bois est rongé par une grande larve appartenant à un coléoptère longicorne (cérambyx ou saperde). Les dégâts sont les mêmes que ceux produits par les larves des lucanes cerf- volant et parallélipipède, et de la saperde cylindrique, sur les poiriers et pruniers. De grands canaux de plus de O'nyOl de diamètre sont creusés en tous senô entre l'écorce et le bois. Les plus fortes branches peuvent ainsi périr et disparaître. Ces larves d'insectes, dont la présence est toujours indiquée par les déjections qu'elles rejettent par de petites ouvertures à travers l'écorce, peuvent être détruites au moyen d'un fil de fer pointu et flexible que l'on introduit dans les galeries où elles séjournent.

Restauralion.—hai végétation de l'azerolier est assez lente ; il n'est en plein rapport, dans les vergers, que de sa dixième à sa quinzième année ; il est très-long à se mettre à fruit. Comme tous les arbres abandonnés à eux-mêmes, il donne par intermittence; mais il est extrêmement productif les: années de rapport.

Sa vie est fort longue, peut-être moins que celle du poi-

Mi ARBRES ET ARBRISSEAUX A FRUITS DE TABLE.

rier; maU sa restauration, partielle ou complète, est trèsaisée par suite des nombreux rejetons et gourmands quMI ènet de ses parties inférieures. Un simple recepage ou un ravalement et, s'il le fallait, une greffe en couronne ou en fente rétabliraient cet arbre arrivé à sa période de décrépitude. 11 faudrait alors employer les mêmes soins qu^une pareille opération exige pour le poirier.

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