‹ Cours d'arboricultureChapitre 69 sur 83 · SEPTIÈME DIVISION. — FRUITS EN GOUSSE OU LÉGUME · texte numérisé non relu

SEPTIÈME DIVISION. — FRUITS EN GOUSSE OU LÉGUME

Le caroubier {ceratonia siliqua^ L.) (fig. 536j est un arbre ordinairement dioïque, à feuiHes persistantes, qui s'élève à la hauteur de 7 mètres environ. Il paraît être originaire du centre de l'Afrique. Aujourd'hui on le trouve croissant spontanément en Italie, en Espagne et dans les parties les plus chaudes dé la France méridionale. Son fruit {fig. 537), connu sous le nom de caroube ou carouge, est rempli d'une pulpe brune et sucrée. Il sert à l'alimentation des classes pauvres, et surtout k la nourriture des bestiaux et à leur engraissement.

Variétés, — Dans les localités où le caroubier est cultivé

avec soin, notamment dans la province de Valence, on en a obtenu plusieurs variétés, telles que le caroubier rocha^ qui convient particulièrement aux bons terrains, et le caroubier matalafan ou hermaphrodite, qui s'accommode des plus mau* vais.

Clvnal et soL — Le caroubier ne prospère en France que dans les localités les plus chaudes des bords de la Méditer-

Fig. 537. Fleurs mâle et femelle et semence du caroubier.-

Fig. 536. Caroubier.

Fig. 538. Fruit du caroubier.

ranée, là où l'oranger peut se développer sans abri artificiel. Les lieux marécageux et humides sont les seuls où le caroubier ne réussisse pas. Le climat de la Corse et de l'Algérie lui convient parfaitement, et sa culture peut y rendre de grands services.

Culture. — C'est généralement par semis qu'on propage le caroubier. Ils 'se font au printemps, lolrsqu'on n'a plus à redouter les gelées tardives. On sème quelquefois à demeure, mais le plus souvent en pépinières, dans une terre bien

fumée, ameublie et susceptible d'être irriguée. Les graines, retirées de la gousse, sont mises à tremper pendant trois ou quatre jours, en changeant l'eau chaque jour". Quand on voit qu^elles commencent à se gonfler, on les dispose en lignes éloignées de 0",i6, et on les recouvre légèrement de terre.

Comme les variétés améliorées par la culture ne se reproduisent pas par semenc.es avec leurs qualités, on les grefib en écusson à œil dormant, vers la fin de Tété de la troisième ou de la quatrième année de semis des sujets, sur chacune des branches qui forment la tête de ceux-ci. Si le sujet est un caroubier mâle, on en conserve une branche pour assurer la fécondation; les autres sont grefi*ées en caroubier femelle. SI le sujet est au contraire un pied femelle, on pose une seule greffe de mâle.

C'est vers la cinquième ou la sixième année de semis que les arbres sont enlevés de la pépinière pour être plantés à demeure. Comme la reprise de cet arbre est assez difficile, on devra le déplanter avec le plus grand soin. Des arrosements seront pratiqués pendant le premier été qui suit la plantation, et des binages fréquents seront fépétés pendant les années suivantes. On laisse, entre chaque arbre, un espace de 15 mètres, qu'on utilise souvent pour la culture de la vigne ou des céréales.

On taille le caroubier, dès le début de la plantation, de manière à lui former une tête composée de quatre branches principales; après quoi on se borne à enlever les gourmands et les rameaux qui font confusion. On veille aussi à ce que la branche mâle de l'arbre n'épuise pas les branches femelles.

Insectes nuisibles. — Le caroubier est souvent attaqué par la larve d'un insecte, sans doute une espèce de saperde, qui s'insinue dans son tronc, en laissant ouvert le canal qu'elle y creuse. On la détruit en y introduisant un fil de fer pointu. Quand la vieillesse fait dépérir ses branches supérieures, on le rajeunit en coupant toutes ses ramifications principales à 1 mètre environ du tronc.

Récolle. — • C'est deux ou trois ans après sa plantation à demeure que le caroubier commence à donner des fruits, c'est-à-<iire à l'âge de huit ou neuf ans, Il fleurit en automne et donne ses fruits mûrs à l'automne suivant. On les récolte

en septembre, lorsque la chute spontanée des gousses commence à avoir lieu; celles qui restent attachées sont abattues avec de longues cannes de roseau.

Les fruits sont étendus dans des magasins bien aérés, où on ne les entasse que quand ils sont bien secs; autrement ils fermenteraient et prendraient une couleur noire.

Dans le royaume de Valence, on récolte jusqu'à 1,380 kilogrammes de fruits sur un seul arbre. Aux environs de Nice, leur produit moyen s'élève seulement à 100 kilogrammes.

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