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CHAPITRE HUITIÈME

OPÉRATIONS COMPLÉMENTAIRES RELATIVES . . A LA CULTURE DU JARDIN FRUITIER

Les diverses opérations dont nous venons de terminer rétude auront certainement pour résultat de favoriser Tabondance et la qualité des produits du jardin fruitier. Toutefois nous devons encore appeler l'attention des cultivateurs sur quelques soins importants destinés à assurer le succès de ces opérations. Ces soins sont les suivants :

Culture annuelle du sol. — La culture annuelle du sol dans le jardin fruitier a pour but : de le maintenir, à l'aide des labours, constamment perméable aux agents atmosphériques; d'y entretenir, au moyen d'engrais, une suffisante quantité de principes nutritifs; enfin de le défendre contre Faction nuisible de la sécheresse.

Labours, — Les labours maintiennent le sol dans un état d'ameublissement convenable. On ne devra pas les faire trèsprofonds (à 0™,10 au plus), de peur d*endommager les racines des arbres, surtout de ceux greffés sur prunier, sur cognassier, sur doucin et sur paradis, et qui développent toujours leurs racines plus superficiellement que les autres. C'est aussi

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pour éviter ces mutilations qu*oa devra pratiquer toutes les façons données à la terre avec des instruments à dents et jamais avec des instruments à lame, qui couperaient une grande quantité de racines. On choisira donc pour cela l'un des instruments indiqués par les fig. de 539 à 541. Dans les terres argileuses, on donnera deux labours par année, l'un avant l'hiver, l'autre au printemps, après la taille des arbres.

Fig, 539.

Fourche ou trident.

Fig. 540.

Houe fourchue.

Fig. 541.

Serfouette.

Dans les terres légères, on pourra se contenter d'un seul labour, donné au printemps, après la taille.

Fumure, — On a beaucoup agité la question de savoir si les arbres fruitiers devaient être fumés : on a prétendu que cette opération était nuisible aux arbres, en ce qu'elle les empêchait de se mettre aussi promptement à fruit. Cela est vrai; mais, aux yeux de la plupart des cultivateurs instruits, c'est là un résultat plus avantageux que nuisible; car le retard de la production du fruit, occasionné par la fumure, est dû à ce que celle-ci donne lieu à une végétation vigoureuse : or cette vigueur est indispensable pour que la char-

peale des arbres arrive le plus tôt possible à son complet développement,* et que l'arbre donne ainsi son produit maximum dans le laps de temps le plus court. Ce développement complet étant obtenu, on pourra ensuite diminuer la dose des engrais pour arrêter la vigueur de l'arbre et le faire se mettre à Truit. La fumure ainsi appliquée aux arbres fruitiers est donc une opération utile. Quant aux engrais à employer, on préférera ceux dont la décomposition est la plus lente et que nous avons indiqués au chapitre des engrais dans le premier volume de cet ouvrage. Quelle que soit la nature des engrais choisis, on les répandra à la surface du sol occupé par les racines, puis on les enterrera par le labour du printemps.

Un des moyens les plus (^.nergiques de favoriser le développement des arbres fruitiers est incontestablement l'application des engrais liquides au moment où la végétation est le phis active et pendant les grandes chaleurs de l'été. C'est, en effet, pendant ce laps de temps que les plantes et les arbres ont le plus grand besoin de trouver dans le sol une humidité abondante, tenant en dissolution les éléments nutritifs. Or c'est aussi à cette époque que le sol est le plus desséché, par suite de l'évaporation, et que les racines n'y trouvent ni l'humidité ni les éléments nutritifs donit elles ont besoin. L'application des engrais liquides, faite dans ces circonstances, stimule donc énergiquement la végétation des arbres. Mais employés pendant le repos de la végétation, ils peuvent déterminer la pourriture des racines.

C'est par suite de l'application de l'un de ces engrais liquides (les tourteaux d'arachides) pendant l'hiver que tous les orangers d'Hyères ont succombé. Nous devons ajouter que l'usage de ces engrais devra être momentané et seulement pour les arbres devenus languissants à la suite d'une production surabondante. Nous indiquons au chapitre des Engrais, dans le premier volume de. cet ouvrage, la nature et la composition de ces engrais liquides.

Ajoutons encore que le résultat de cette sorte de fumure, appliquée pendant la végétation, sera d'autant plus satisfaisant, que le sol où on la répandra sera plus perméable et plus exposé à la sécheresse.

Quant au mode d'application de ces engrais, il sera bon de

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se conformer aux indications suivantes : les répandre dans la soirée après que le soleil ne frappe plus les surfaces qui doivent être arrosées, afin de donner le temps à ces liquides de pénétrer dans le sol avant d'être vaporisés; — répandre ces engrais sur toute la surface du terrain qu'on suppose être occupée par les racines des arbres, et surtout vers le point où existent les extrémités radiculaires ; — enlever, avant l'arrosage, O'",0/i environ de la couche superficielle du sol, et la replacer aussitôt après l'application de Tengrais; — ou bjen couvrir le sol, arrosé d'une couche de litière, d'environ P'",05 d'épaisseur.

On évitera ainsi de voir* la surface du sol se durcir sous Tinfluence de ces arrosements, et de perdre par l'évaporation une grande partie de ces éléments de fertilité. On pourra répéter cette opération trois ou quatre fois pendant l'été.

Opérations contre la sécheresse du soi, — Les arbres fruitiers, surtout les plantations nouvelles, souffrent beaucoup de la sécheresse du sol. Il faut donc employer les opérations suivantes destinées à les soustraire à cette influence fâcheuse.

1® Ameublissement profond du sol. — Le moyen le plus efficace et le plus important consiste à ameublir profondément le sol destiné à la plantation. Les racines ayant une tendance à s'enfoncer d'autant plus que le terrain est plus^ sec, on conçoit que cet ameublissement leur permettra de descendre facilement vers le point où elles trouvent l'humidité qui leur est nécessaire. Pour obtenir ce résultat, on suivra, pour ce défoncement, les indications données page 26.

S*" Choix des sujets, — Il sera aussi très-utile de choisir des arbres greffés sur des sujets convenables. Ainsi, pour les terrains secs, il faudra proscrire d'une manière absolue les arbres greffés sur cognassiers, sur pommier paradis et sur prunier. Leurs racines rampent trop près de la surface du sol et sont ainsi trop exposées à la sécheresse. Les poiriers devront être greffés sur franc, les pommiers sur le pommier doucin, les pêchers sur amandier, ainsi que les abricotiers et même les pruniers pour le Midi. On pourra toutefois greffer aussi ce dernier sur le prunier myrobolan, dont les racines vigoureuses descendent assez verticalement*

3» Binages et couvertures, — Pour empêcher la surface du sol de perdre trop rapidement son humidité par Tévaporation et de sécher ainsi les couches inférieures, il sera également indispensable, dans les premiers jours du mois de mai, de pratiquer un binage sur toute la surface du terrain planté, de façon à ameublir cette surface jusqu'à. 0", 06 environ de profondeur. Nous avons expliqué les effets de ce binage au chapitre des pépinières, dans le premier volume de cet ouvrage. Immédiatement après on répandra sur le terrain une couverture épaisse d'environ 0«»,08; cette couverture pourra se composer de litière, de tonturede haies ou de gazons, d'herbes de marais, etc. Ce binage et cette couverture entretiendront facilement dans le sol l'humidité nécessaire aux arbres fruitiers pendant tout le temps de leur végétation. Dans les sols compactes et argileux, il sera préférable de s'en tenir aux binages, mais en les répétant plusieurs fois pendant l'été.

4° Arrosemenls. — Les arrosements sont incontestablement le moyen le plus énergique pour combattre la dessiccation du sol. Cette pratique est indispensable pour les plantes herbacées, dont les racines, beaucoup plus rapprochées de la surface du sol que celles des arbres, sont toujours, quoi qu'on fasse, très-exposées à la sécheresse. Mais, pour les arbres placés dans les conditions que nous venons d'indiquer, cette opération n'est utile que pendant le premier été qui suit la plantation. Encore devra-t-on en excepter les arbres greffés sur amandier, sur pêcher et sur le prunier de Sainte- Lucie; car les racines de ces arbres seraient promptement atteintes par la pourriture résultant du développement du champignon dont nous avons parlé à la page 45/i. Pour pratiquer ces arrosements, on place au pied de chaque jeune arbre une couverture semblable à celle dont nous avons parlé plus haut, puis on arrose une fois par semaine, pendant les plus grandes chaleurs de l'été. La couverture placée au pied des arbres empêche le sol de se durcir autant sous l'influence de ces arrosements et retient l'humidité au profit des arbres. Si l'on peut alors disposer d'engrais liquides, ce sera le moment de les employer en guise d'arrosement.

Mais, après cette première année, les arrosements doivent

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être complètement supprimés, car ils deviennent plus nui-, sibles qu'utiles aux arbres fruitiers. En effet, par suite de ces arrosements fréquemment répétés pendant les chaleurs de Tété, on voit un très-grand nombre de ces arbres dont les racines pourrissent bientôt et qui meurent après quatre ou cinq ans de plantation. D'ailleurs, cette opération lave le sol et nuit à sa fertilité. Enfin, dès que Ton a commencé à soumettre les arbres à ce traitement, il faut nécessairement continuer chaque année pendant toute la saison chaude. Autrement les racines, étant restées près de la surface, sous l'influence de cette humidité artificielle, périront bientôt par la sécheresse, et l'arbre mourra ou deviendra languissant.

Dans le département des Bouches-du-Rhône, les pêchers vivaient quinze à vingt ans avant la dérivation de laDurance, alors qu'ils étaient forcément exposés à la sécheresse. Aujourd'hui que cette dérivation amène les eaux en très-grande quantité sur nombre de points de ce département, même les plus élevés, les pêchers et les autres arbres à fruits à noyau périssent au bout de cinq ou six ans, par suite de l'abus des arrosements qui font pourrir les racines de ces arbres. Nous avons vu aux* environs d'Hyères, dans le Var, d'immenses plantations de pêchers à peine âgés de cinq ou six ans et qui étaient arrivés à la limite de leur existence par le même motif. Nous avons observé, au contraire, dans les environs de Marseille, d'autres plantations de pêchers com* plétement soustraits à cet arrosement, et qui, âgés de plus, de quinze ans, étaient encore pleins de vigueur, quoique plantés dans un sol brûlant; mais ce sol se composait d'anciennes carrières comblées, dans lesquelles les racines de ces arbres pouvaient plonger à 4 ou 5 mètres de profondeur sans être arrêtées.

Le mauvais effet des arrosements sur les arbres fruitiers vient encore à l'appui de la recommandation que nous avons souvent faite de ne point associer la culture des légumes à celle des arbres fruitiers. Ces plantes exigent, en effet, surtout dans le Midi, de fréquents arrosements, qui nuiront nécessairement aux arbres plantés dans le voisinage. Ces deux cultures sont donc incompatibles.

Nous concluons de ce qui précède que les arrosements ne

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seront utilement employés, pour les jardins fruitiers, que pendant le premier été qui suit la plantation. Pour les soustraire ensuite à Taction de lu sécheresse, on aura dû ameublir le sol assez profondément, choisir des arbres greffes sur des sujets convenables, puis recourir aux binages et aux couvertures.

Des abris contre les intempéries. — Les gelées tardives du printemps sont très-nuisibles aux arbres fruitiers, et particulièrement à ceux à ft*uits à noyau, dont les tissus sont plus faciles à désorganiser, et dont la végétation est plus précoce*. Il arrive fréquemment que ces gelées altèrent les organes sexuels des fleurs et empêchent la fécondation. D'autres fois ce sont des pluies froides et glacées qui produisent les tnômes résultats. Les brusques changements de température qui se produisent souvent au commencement de m^ai ont aussi une influence déplorable sur le pécher, surtout en déterminant la maladie delà cloque et de la gomme. Ces accidents sont au moins autant à craindre dans le Midi que dans le Nord. En traitant de Tinfluence delà gelée sur la végétation en général (voir l'article sur la température dans le premier volume de cet ouvrage), nous avons indiqué les moyens de remédier aux accidents qu'elle détermine sur les arbres en espalier; nous allons dire ce que l'on peut faire pour la prévenir, ainsi que les autres iûfluences nuisibles dont nous venons de parler.

Arbres en espalier. — La saillie des chaperons, que nous avons précédemment décrits pour les murs d'espalier, toute nécessaire qu'elle est pour préserver le mur et le treillage de l'action de l'humidité, est insufSisante pour garantir les arbres en espalier des intempéries du printemps; aussi a-t-on, depuis longtemps, recours à d'autres moyens. Le plus ancien procédé consiste dans l'emploi de paillassons fixés au sommet du mur, et qu'on laisse pendre jusqu'en bas. Ce moyen est le plus mauvais : d'un côté, en effet, les arbres sont privés de himière, et, de l'&utre) le vent agitant ces paillassons, un grand nombre de boutons à fleur sont détachés par le frottement de

] . Voir, pour la production des gelées blanches, le chapitre des intempérie&^ dans le troinème Yolume de cet ouvrage, consacré aux vignobles.

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ces abris sur les branches. Le môme inconvénient existe pour les branches rameuses d^arbres à feuilles persistantes, que Ton pique en terre au pied des arbres, ou que Ton fixe dans le treillage.

Le meilleur abri, et en même temps le plus économique, est celui imaginé par Girardot, qui vivait au temps de Louis XIV.

Ce cultivateur, ayant remarqué que les gelées printanières n'agissent vivement sur les plantes qu'autant qu'il n'existe aucun abri entre ces plantes et le ciel, fit sceller tout le long

Fig. 542. Abiis pour espaliers, imaginés par Girardot.

de ses murs, au-dessous des chaperons, et de mètre en mètre des tringles en bois {fig, 5/i2) de 0™,6/i de saillie et inclinées en avant sur un angle de 30° environ. Lorsque ses arbres commençaient à végéter, vers la fin du mois de février, il attachait sur ses tringles des paillassons longs de 2 mètres, larges de 0°%6/i et disposés en forme de claie A (fig. 5/i2), à Taide de quatre tringles en bois, réunies par. du fil de fer. Il maintenait ces paillassons jusqu'au moment où les fruits commencent à nouer, c'est-à-dire jusqu'au milieu du mois de mai, et réussissait ainsi à préserver complètement les fleurs de ces arbres en espalier. Ces abris très-simples, peu dispendieux, et qui remplissent parfaitement le but, sont encore ceux qu'on emploie généralement à Montreuil. Toutefois il conviendra d'adopter la modification suivante : faire sceller au sommet des murs, à 0<",05 seulement au-dessous 4u cha-

peron et de mètre en mètre, une série de petites potences en fer méplat semblable à celle indiquée par les figures 5^3, bliii» Placer sur ces potences une série de paillassons semblables à ceux de la figure 5/(6. Ces paillassons présentent

Fig. 543. Potence en fer portant un paillasson.

Fig. 544. Potence avec patte trouée.

2 mètres de longueur sur 0",60 de largeur et sont faits de la manière suivante : on place sur le sol deux lattes en bois de sciage ayant O^jOS de largeur sur 0"\02 d'épaisseur et 2'^,05 de longueur; on laisse entre elles un intervalle de 0"»,40, puis

Fig, 546. Paillasson pour abriter les espaliers.

on les couvre d'une couche de paille de seigle, placée en travers, de 0%02 d'épaisseur et de 0"\60 de longueur. On place par-dessus deux autres lattes semblables aux premières, et ces quatres lattes sont serrées l'une sur l'autre au moyen de fils de fer qui maintiennent la paille. Pour donner plus de solidité à ces paillassons, on interpose entre les lattes, à chaque extrémité, une petite traverse fixée à l'aide de clous

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j, rivés. L'une de ces traverses A doit être rentrée de 0",Ô6, de façon que les lattes forment de ce côté une saillie de la même

Fig. 547. Abris en toile joints aux paillassons.

quantité. Cette disposition permet d'engager les extrémités de ces paillassons les unes dans les autres B, et de les fixer

plus solidement sur les potences. Ces paillassons, maintenus sur les potences en fer par Textrémité recourbée de celles-ci (A, fig, 543), sont en outre attachés en B au moyen d'un lien d'osier. On a tenté d'employer dans le même but des paillassons ordinaires tissés avec de la ficelle. Mais la flexibilité de ces derniers rend nécessaire l'emploi de lignes de fil de fer traversant les potences pour supporter les paillassons, et ces abris résistent moins bien à l'action des vents que ceux que nous venons de décrire. Les abris que nous recommandons sont peu coûteux et faciles à exécuter.

On peut livrer au jardinier la paille et les lattes, et il confectionnera ces paillassons pendant Thiver. Nous en avons employé qui, après dix ans de service, étaient encore en bon état.

Ces abris suffisent en général pour soustraire les espaliers à un abaissement de température qui ne dépasse pas 1 degré et demi audessous de zéro. Mais si l'abaissement de température va au delà de cette limite, les auvents en paille deviendront insuffisants, Il faudra y suppléer par l'emploi de rideaux en toile (A, fig. 5/i7). Ces toiles, larges de i mètre, se composent de canevas grossier assez clair pour laisser passer la lumière. On augmente leur durée en les plongeant dans un bain de sulfate de cuivre. On les trouve dans le commerce au prix de 0 fr. 40 c. le mètre. Leur durée est d'au moins quinze ans. Voici comment on procède à leur emploi :

Tous les 2 mètres, les potences fixées au sommet du mur sont pourvues, à leur extrémité, d'une petite patte trouée (A, fig. bliU) destinée à être traversée par un fil de fer galva-

Fig. 549. Support en 1er pour les toiles-abris des espaliers.

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nisé n*» 14 fixé à chaque extrémité, sur le mur, et bien tendu à l'aide d'un raidisseur. A environ l^jôo en avant du mur, on place, une série de supports en fer [E, fig. bk9), hauts de 0",60 et inclinés en avant sur Tangle de 60°. Ces supports sont fixés dans sol tous les 6 mètres au moyen d'une sorte de cône en tôle galvanisée adhérant à leur base {fig. 549 et 550/. Le sommet de ces supports est traversé par un fil de fer galvanisé n° ili (B, fig. 549 et 550), bien tendu au moyen d'un raidisseur. Les deux extrémités de chaque ligne 8ont consolidées à l'aide ^'une culée composée des deux fils de fer F et G (fig, 550) et les supports intermédiaires sont maintenus au moyen du fil de fer F {fig. 549) . Ces points d^attacfae étant préparés, on coupe les toiles d'une longueur égale à l'espace qui sépare le point B du pointe (fig. 547), puis on réunit ensemble deux laizes à l'aide d'une couture, et l'on fixe à chacune des extrémités des anneaux attachés tous

les 0'»,20. Pour placer ces sortes de rideaux, on fixe d'abord le fil de fer sur la potence de l'une des extrémités; on fait passer ensuite les anneaux d'un rideau sur ce fil de fer, puis celui-ci traverse la patte trouée de la potence placée à 2 mètres plus loin; on place un second rideau, et ainsi de suite jusqu'à l'extrémité opposée où l'on fixe le fil de fer sur la dernière potence. On procède de la même façon pour attacher les rideaux sur le: fil de fer inférieur. Ces deux fils de fer sont enlevés chaque année en même temps que les .toiles.

Presque toujours les plates-bandes d'espalier sont bordées par des arbres fruitiers disposés en cordons horizontaux

Fig. 550. Support en fer avec culée pour l'extrémité des lignes.

attachés sur des fils de fer placés à O'^fdO au-dessus du sol (D, fig. 547). Les rideaux, disposés comme nous venons de Tindîquer, servent également d'abri à ces cordons. En effet, il résulte de la position inclinée donnée aux supports des toiles (E, fig. 5/i9) que le fil de fer D qui traverse cessupports à 0™, 40 [au-dessus de terre et qui sert à attacher ces cordons se trouve placé à 0",20 environ au dedans de la limite d'action de la toile.

L'emploi de ces rideaux joints aux auvents en paille dont nous avons parlé ^lus haut assurera complètement la fructification. Mais pour que ces abris n'oflfrent aucun inconvénient, il conviendra de remplir la condition suivante : les rideaux ne devront être tendus sur les espaliers que par un temps froid. Pendant le jour, et surtout lorsque le soleil brille, les rideaux devront être serrés les uns contre les autres, de 2 mètres en 2 mètres, opération qui sera d'une exécution prompte et facile par suite des anneaux fixés aux deux extrémités des rideaux. Si les espaliers restaient couverts au moment du soleil, la chaleur qu'y accumulerait la présence des toiles favoriserait le développement d'un grand nombre d'insectes nuisibles et notamment des pucerons, et, d'ailleurs, la fécondation des fleurs se ferait moins bien.

Quant aux espèces d'arbres pour lesquelles ces abris devront être employés, nous dirons qu'il n'y aurait aucun inconvénient à ne pas faire d'exception. Toutefois, comme les arbres à fruits à pépins fleurissent généralement plus tard que ceux à fruits à noyau, et que, d'ailleurs, leurs fleurs paraissent être plus rustiques, on pourra se borner en général à abriter les fruits à noyau. Cette protection ne sera réellement utile pour les fruits à pépins que dans les localités humides, à l'exposition du nord-ouest, près des rivières, des prairies, des bois, où les brouillards sont fréquents; là, les fruits à pépins non abrités fleurissent mal, les fleurs coulent, ou bien les fruits sont tachés et pierreux. Pour empêcher ce • dernier inconvénient, il est bon de placer au sommet des murs un abri de 0",40 de saillie seulement, et qu'on laisse depuis la fin de juin jusqu'au milieu de septembre. «

Il est encore une autre espèce d'arbre fruitier pour laquelle les abris sont nécessaires : ce sont les vignes en

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treille, ainsi que nous Pavons fait remarquer page 534. Dans ce but, on place au sommet des murs qui supportent la treille

Fig, 551. Abris pour les contre-espaliers doubles en cordons verticaux.

des potences et des abris semblables à ceux de la figure 547. . Mais nous devons faire remarquer que, pour les treilles, les' abris placés au sommet du mur doivent être permanents.

Lorsque le mur dépassera 2"" ,50 de hauteur, il sera bon de placer uae seconde ligne d'abris à i%50 environ au-dessus du sol, et cela pour abriter les raisins placés vers la base du mur et qui ne recevraient qu'une action insuffisante de Tabri placé au sommet. Cette seconde ligne d'abris pourra ne présenter que O'^fâO de saillie. Ces abris, destinés surtout à empêcher les pluies d'automne de faire pourrir les raisins, sont placés au coitimencement de septembre.

Arbres en plein vent, — Ce que nous venons de dire ne s'applique qu'aux arbres en espalier; mais il serait aussi

Fig. S52. Plan des supports d'abris de la figure 551.

très-avantageux d'employer des abris semblables pour les espèces cultivées en plein vent, nous conseillerons donc d'avoir recours aux moyens suivants :

Pour les arbres en vase ou gobelet, envelopper la tête de l'arbre dans une toile semblable à celle dont nous venons de parler pour les espaliers. Cette toile, placée en février, après la taille, reste d'une manière permanente, jusqu'au milieu de mai.

Un des motifs qui nous ont fait conseiller d'adopter, pour les arbres fruitiers en plein vent, la forme en contre-espalier double en cordon vertical décrite page 164, c'est que cette disposition se prête mieux que toute autre à l'application d'abris contre les Intempéries du printemps. On procédera alors de cette façon : les poteaux  {fig, 551), destinés à sup-

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porter ces contre-espaliers, sont placés à 3 mètres d'intervalle au lieu de 3 mètres. Ils sont maintenus dans une posi« ticm immuable au moyen de deux âls de fer galvanisés qui se croisent à angle droit à leur sommet, K, G [fig, 551 et 552} et qui vont s'attacher au sommet des murs voisins. On fixe alors au sommet de chacun de ces poteaux, et perpendiculairement à la ligne de plantation, deux potences en fer B [fig* 551) semblables à celles de la figure 5/i/i. Ces potences sont en outre percées aux points D et £ (fig. 551) pour laisser passer deux fils de fer n^ 14 D, £ (fig. 552). Pour que ces fils de fer soient suffisamment raidis, les potences des deux poteaux

Fig. 553. Plan de» supports d'abds en tète des lignes de contre-espaliers.

d*extrémité.sont pourvus d'un arc-boutant B [fig. 553). Ces supports ainsi disposés, on place dessus des paillassons F l^fig. 551] semblables à ceux de la figure 565.

Si l'on craignait que cet abri fût insufiisant, on pourrait y ajouter un paillasson en roseaux de marais ou mieux en feutre bitumé peint en blanc à la chaux, le tout monté sur des lattes en bois de sciage. Ces cloisons, très-légères, devront avoir 1«,50 de hauteur sur 1"",50 de largeur; on en place deux l'une sur l'autre pour arriver à une hauteut» de 3 mètres. On les introduit par le sommet des contre-espaliers entre les deux lignes' d'arbres, et on les laisse glisser jusqu'au sol. On «mpéche le vent de les agiter en les fixant avec des osiers sur deux fils de fer tendus horizontalement d'un poteau à l'autre. Les arbres ainsi abrités seront là comme en espalier.

Si enfin le climat ou la nature des arbres ainsi^ cultiv<és

(l'abricotier ou le pêcher) eitigeaient un abri plus complet, on aurait recours aux toiles indiquées pour les espaliers (fig. 547). Ces toiles H (fiff. '551) seront fixées au sommet sur les fils dé fer E {fig. 551 et 552) et à la base sur un fil de fer

tendu au sommet des supports en fer L {fig. 551). Ces sortes de rideaux, mobiles comme ceux des espaliers, devront être ouverts toutes les fois que le temps sera beau et quMl ne gèlera pas.

On devra placer ces divers abris au premier début de la végétation, vers le milieu de février, et les laisser d'une manière permanente jusqu'à l'époque où l'on n'a plus à craindre les gelées, c'est-à-dire vers le 12 mai.

Dans tous les cas, on choisira un temps sombre et humide pour découvrir les arbres afinqu'ilsne souffrent pas de l'influence trop subite d'une vive lumière.

Opérations contre le soleil trop ardent de Tété. — îious avons indiqué, en traitant de la culture annuelle du sol dans les jardins fruitiers, les opérations les plus efSicaces contre la sécheresse du terrain.

Mais il arrive souvent que les arbres en espalier, et surtout ceux à fruits à noyau, qui sont pourvus d'un feuillage plus tendre et plus délicat, souffrent beaucoup de l'intensité de la chaleur, quoique le sol présente un degré d'humidité convenable. Il faut attribuer cet effet, d'abord à ce que ces arbres, palissés contre des murs exposés

Fig. 554. Pompe à jet continu.

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à toute Tardeur du soleil, sont soumis à une évaporation telle, que leurs racines ne suffisent pas à réparer les pertes d'humidité qu'éprouvent les parties vertes par toute leur surface, et, en second lieu, à ce que les rosées sont trop peu abondantes pendant la saison la plus chaude. Sous ces influences, toutes les parties vertes se fanent, jaunissent et se dessèchent; et, si cet état se prolonge, il peut en résulter la mort de l'arbre. Ces accidents se manifestent d'autant plus violemment, que les arbres sont couverts d'une plus grande quantité de feuilles et surtout de fruits; car c'est par la surface de ces organes qu'a lieu particulièrement l'évaporation. Il faut donc, pendant les grandes chaleurs de l'été, arroser ou bassiner légèrement les feuilles deux ou trois fois par semaine, après le coucher du soleil, pour rendre à la sève sa fluidité et faciliter sa circulation dans les diverses parties de la tige.

On pratique ces arrosements à l'aide d'une petite pompe à main, à J^| jet continu, dont nous donnons ici ^. ,^. ^ . „ ^

, j .//y rrtxrtx.x x ^V- ^So. Abns contre Tardeur

le dessin {fig, 55/i). Cet instrument du soieii.

en cuivre est placé dans un seau

en bols rempli d'eau. Ou peut également le placer dans une

petite caisse à eau montée sur une brouette.

L'ardeur du soleil exerce aussi son action nuisible sur l'écorce de la tige et des branches des arbres en espalier qui ne sont pas couvertes par les feuilles. Sur ces points, l'écorce se durcit, se dessèche et perd l'élasticité dont l'arbre a besoin pour grossir. De là des engorgements séveux qui peuvent donner lieu à plusieurs maladies, telles que la gommcj les chancres, etc. D'autres fois ces parties de la tige sont tellement chauffées, que l'écorce, désorganisée, se détache par plaques et met l'aubier à nu.

Pour soustraire ces parties de la tige à l'action brûlante du soleil, quelques cultivateurs les recouvrent à la fin d'avril d'une couche de chaux mélangée à une forte proportion de terre glaise; d'autres les enveloppent de paille. Le second

moyen offre cet inconvénient de servir de refuge à beaucoup dMnsectes nuisibles. On pourra recouvrir la base de la tige d'un petit coffret en bois (fig, 555), que Ton placera à la fin du printemps pour Tenlever à la fin de Tautomne.

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