DANS LES MEILLEURES CONDITIONS DE SUCCÈS
Conditions à remplir. — Il est évident que le bénéfice donné par cette culture sera d'autant plus élevé qu'on remplira mieux les conditions suivantes :
1° Débouchés. — Placer le jardin à une distance telle de Paris que les fruits puissent y être transportés à un prix convenable, eu égard à leur valeur intrinsèque. Nous supposons ce jardin auprès de Tours, c'est-à-dire à ^Sti kilomètres de Paris.
2° Choix des espèces et variétés d'arbres fruitiers. — Choisir les espèces et variétés qui ont le plus de valeur sur tous les marchés et qui sont d'un transport facile. Nous adoptons le ppirier de Doyenné d'hiver ou Bergamote de la Pen^ tecâte et le pommier de Calville blanc d'hiver , comme remplissant le miçux ces deux conditions,
3° Climat. -^ Placer la variété de poirier que nous venons d'indiquer sou§ un climat doux, exempt de' brusques changements, de température, analogue à celui de l'Anjou et d'une partie de la Touraine» L'emplacement devrp, être, en outre, un peu incliné vers. le levant ou vers le sud et être peu exposé aux gelées .blanche3. \
4° SoL — Il faut au poirier une terre d'alluvion de consistance moyenne, argilo-calcaire, ayant au moin^ 1 mètre de profondeur et à sous*sol perméable. ^ ..
5° Étendue du jardin. — Ce jardin ne devra pas dépasser un hectare de surface, et cela pour les motifs indiqués page i6.
p** Quotité du capital de création et d! entretien. — Cette
spéculation ne donnera un bénéfice élevé qu'autant qu'on adoptera la culture intensive. Mais il faut pour cela, ainsi que nous le démontrons plus loin, un capital de création d'environ ZiO,000 fr. et un fonds d'entretien d'environ 15,000 francs.
Base de rorgaxiisation. ^ Le jardin présentera une longueur de 150 mètres sur une largeur de 67 mètres, ou en surface, environ un hectare. Il sera dirigé du sud au nord dans le sens de sa longueur. Il présentera la disposition que nous avons indiquée à la page 52 pour le jardin fruitier de la région moyenne, et que nous rappelons ici brièvement :
Placer les murs de clôture à 3 mètres en dedans de la limite de la propriété, excepté du côté du nord où le mur sera sur cette limite. Partager également le jardin dans le sens de la longueur par un mur de refend. Donner 4 ces murs une hauteur de 3 mètres. Les construire en pigé avec chaînes en briques tous les 10 mètres; faire également les fondations et les angles en briques. Surmonter ces murs d'un chaperon en tuiles formant une saillie de 0'«,i2 de chaque côté. Établir, sur trois côtés du jardin, à la limite de l'empla^ cément, à 3 mètres en dehors des murs, une haie vive défendue temporairement par un treillage.
Distribuer le terrain de la manière suivante : créer au pied des murs et de chaque côté, excepté au nord, une plate- bande large de l'",ôO, et en avant de chacune d'elles, un chemin' de 2 mètres de largeur; partager la surface intérieure de cet enclos en deux parties égales au moyen d'un chemin transversal de 2 mètres de largeur. Diviser du nord ay suçl chacune des deux parties comprises entre le mur de refend et les deux murs latéraux en huit plates-bandes larges de 3 mètres, longues de 57 mètres et séparées l'une de l'autre par un chemin de 1",50 de largeur. •
Répandre sur toutes les plates-bandes une fumure trèsabondante, et défoncer toute la surface à 1 mètre de profondeur.
Tous les murs d'espalier sont destinés à recevoir des poiriers de doyenné d'hiver disposés en cordons obliques et plantés à O^^/iO d'intervalle. Pour cela, les murs doivent être couverts de treillages en fil de fer galvanisé n° 1/i, disposés comme nous l'indiquons page 180. Les 32 plates-bandes intérieures doivent recevoir des poiriers doyenné d'hiver dis-
posés en contre-espaliers doubles, eu cordons verticaux et placés à C^fdO dMntervalle sur le rang et à 0"*,/iO entre les deux rangs, l^ous avons indiqué page 165 comment les supports de ces Qontre-espaliers doivent être établis. Toutefois les poteaux seront placés à 3 mètres d'intervalle seulement et pourvus de supports pour pouvoir placer des abris comme le montre la figure 551, page 669.
Enfin les plates-bandes d'espaliers et de contre-espaliers doivent être bordées par des pommiers de Calville blanc disposés en cordons horizontaux et plantés à 1"',50 d'intervalle. Ces cordons sont soutenus par un fil de fer galvanisé n® 14 tendu à O^jZiO au-dessus du sol, page 276.
Il est bien entendu qu'on suivra rigourettsement pour ce jardin les indications que nous avons données à l'égard de la première préparation du sol, du choix des arbres, de la plantation, de la taille, du bassinage des arbres pendant les chaleurs de l'été, etc.
Telles sont les conditions dans lesquelles nous supposons le jardin fruitier dont nous voulons évaluer le maximum du produit net en argent. Le résultat du compte de culture que nous allons établir s'applique donc seulement à ce jardin fruitier et nullement à ceux qui s'éloignent plus ou moins du type que nous avons choisi.
Compte de culture. — Nous partageons ce compte en quatre parties : les dépenses de création, les dépenses d'entretien, le produit annuel et la balance des recettes et des dépenses.
1° Dépenses de création. — La création donnera lieu aux dépenses suivantes * :
Prix d'acquisition d'un, hectare quatre ares de terrafin 6,000' »
g f 548 mètres de longueur de murs en pisé, de 3 mètres
ojl 2 I de hauteur, à 8 fr. le mètre courant 4,384f
S ë \ Construction d'une habitation et d'un hangar pour
S g / l'emballage des fruits, plus, d'une fruiterie pla- .
5 g j cée dans le sous -sol 15,000 » / 19,W4 5o
£j g I 367 mètres de haies vives à 0',50 le mètre. . . . 183 50 '
H [ 367 mètres de treillage provisoire pour garantir la
\ haie, à 1 fr. le mètre courant 867
A reporter 26,934'50
1. On conçoit que les chifiFres que nous donnons ici ne sont qu'approximatifs «t devront varier un peu suivant les circonstances locales où l'on opérera.
* • Report
Ob,10 d'épaisseur de bon fumier sur toutes les plates-bandes .ayant une surface totale de 5,817 mètres, ^ 581 mètres cubes de fumier, à 8 fr. le mètre, y compris la répartition sur le sol 4MB *
0™,05 d'épaisseur de chiflrons.de laine sur toutes les plates-bandes. = 290 mètres cubes, à 10 fir. le mètre 2,900 »
DéfoAcer le ftol des plates-bandes et des petits chemins à 1 mètre de profondeur, = 7,451 mètres à0f,201emètré. *...'. 1,490 20
Treillage en 61 de fer galvanisé n» 14 pour les espar liers; surface totale : 3,263 mètres carrés, à 0^40 le mètre, pose comprise. . . : ; 1,305 20
Supports des contre-espaliers —poteaux en pin ou sapin, bois rond sulfaté, 0>", 14 de diamètre, 3o,50 de longueur, placés au centre des plates-bandes tous les 3 mètres= 19 poteaux par plate-bande — en tout, 368 poteaux, à 2 fr. l'un 736 »
Fil de fer galvanisé n» 16 pour fixer les poteaux : 3,546 mètres de longueur pesant 142 kilogr., à 80 te. les 100 kilogr 113 60
Fil de fer galvanisé n<> 14 pour supporter les lattes des contre-espaliers: 7,296 mètres de longueur pesant 208 kilogr., à 90 fr. les 100 kilog 187 20
380 raidisseurs pour tendre les - fils de fer des contre-espaliers, à 10 fr. les 100 38 »
608 potences en fer semblables à celles de la page 669, placés au sommet des poteaux, à 60 fr. le 100, y compris la pose * 364 80
912 paillassons semblables à celui de la page 664 pour abriter les contre-espaliers, à 60 fir. le 100 547 20
Fils de fer galvanisé n9 14 et raidisseurs pour supporter les paillassons sur les poteaux (fig, 552, p. 670) : • r • 106 *
256 petites traverses en fer C {fig. 115, p! 165, à 15 fr. le 100, y compris la* pose 38 40
Lattes en pin, bois de sciage, 0'»,015 carrés, 1»,50 derlong, pour palisser les arbres des contreespaliers (fig. 114, p. 165); longueur totale, 9,120 mètres, à 1 fr. les 100 mètres 91 20
Main-d*œuvre pour la pose de ces contre-espaliers, 30 jours à 2^,50 l*un. . • 75 »
Supports pour les cordons horizontaux de pommiers : 545 piquets en bois sulfaté, à 10 fr.
le 100 , ; 54 50
Fil de fer galvanisé n* 14 pour ces cordons, 2,987
mètres pesant 85 kilogr., à 90 fr. les 100 kilogr. 76 50
84 raidisseurs pour tendre ces fils de fer 8 40
Main-d'œuvre pour la pose de ces supports, 8 jours, 2f,50 l'un 20 » j
A reporter. ......
•83 ARBKES ET ARBRISSEAUX A FRUITS Dl TABLE»
Report 88,734*70
[ Achat de ^,100 poiriers de doyenné d'hiver, greffe
O I d'an an, sur cognassier, à 40 fr. le 100 8,640 >
H I Achat de 8,000 pommiers de calville blanc d'hi-
^ / ver, greffe d'un an sur paradis, à 20 fr. le 100. 400 » ^ 4,615 »
S 1 Habillage, pralinage et mise enterre de ces arbres,
3 f 80 joumés à ^,60 l'une *»
^ l Bngrais poar pridiner les racines de ces arbres. • 500
Total du capital de création 43,849 70
/ Un aide pous lestravanz de cnltnredu sol. . • . *800 > Couvrir,' chaque année, toutes les plates-bandes
d'une «ouche de litière de 0",05 d'épaisseur, pour
prévenir la sécheresse 800 »
Intérêt à 5 pour lOO du capital de création, s'éle-
vaut à la somme de 43,349 is. 10. , . . . . • 2,167 48 Amortissement en 30 ans du capital de création^
dont on a ntranché les 6,000 fr. d'acquisition
du fonds, seste 87,349 fr. '70; divisés par 30,éga>
si
^ ( lent paran 1,244 99
La dépense totale pour chacune des cinqpremièses années s'élève donc à 5,012fr. 47 qui, multipliés par 5, donnent 25,062 fr. 85. Nous retranchons toutefois de cette somme la dépense des trois dernières années qui est déjà largement payée par le produit de la quatrième et surtout de la cinquième année. Nous portons donc en compte seulement 10,024 94
Total des dépenses jusqu'au jour du produit maximum.. . 53,374 64
2^ Dépenses d'erUreiienàpariirde la sixième année. — Les frais d^entretien anmiel à partir de la sixième année, où commence l'obtention du produit maximum, seront les sùirants :
Un aide pour I^s travaux de coÂture du sol • • SOO' >
Litière pour couvrir les plates-bandes 800 >
Fumure tous les trois ans, 0",05 d'épaisseur sur toutes les platesbandes : 290 mètres cubes de fumier, à 8 fr. 1)8 mètre : ^^ . . . 773 • Emballage des fruits : 165,260 poires et pommes, divisées par bottes de
12 : 13,771 boîtes en bois, blanc, très-légères, à 40 fr. le 100». . . 5,508 i Rognuresde papier et papier de soie pour emballer les fruits, à 0^,05
par botte 688 »
Transport des fruits de Tours à la gare de Paris, 18,771 caisses, pesant chacune en moyenne 2<',500 : 34,425 kilogr., à 0^25 par tonne et par kiloiBètre. a= 8^,60 par kilom., pour 234 kilomètres 2,012 »
A reporter. ..... 10,581' t
1. Les fruits pourraient être vendus sur pied à un commissionnaire qui se chargerait alors de leur expédition; on économiserait ainsi une somme d'environ 10,000 fr. Mais ces fruits seront vendus à un prix beaucoup moins élevé, et il est probable qjue le bénéfice net en souffrira^
vGooçIe
gl
Report 10,581 < »
l^ransport âe« fruits de la gare de Paris à la halle, 5 fir. pour 1^000 *kil. 172 t Frais de vente des firuits à la criée, 5 pour 100, pour la somme de
ai,552 fr., indiquée plus loiii. i,5T7 »,
Intérêt i ô pour 100 du capital de création 2,167 *
amortissement du capital de création en 30 ans (34,483) 1,944 »
> Total de la dépense annuelle à partir 4» la «ixième année. . « 15»741^ *
3® Produit annuel du jardin fruiiier- — Ce jardda, placé dans les conditions que nous avons indiquées et organisé comme nous Tavons dît, pourra donner en moyenne les produits suivants :
Longueur des branches de charpente
Poiriers en espalier. * 1U440". j oqqto
— en contre-espalier 18,6aa»«. J ' *
Pommiers en cordons horizontaux 3,000 ji
Produit y.
5 poires par mètre de longueur de branches donnent 150,260 poires à
20 fr. le 1002 3q ^52 ^
5 pommes par mètre de longueur de branches donnent 15,000 pommes
à 10 fr. le 100. , 1,500 »
T*t«l du produit brut en argent 31,552 o
Balance.
Produit moyen annuel . 31,552 »
Dépense anMieïïe 15,741 »
Bénéfice net . , . , 15,811 »
Tels sont les résultats que peut donner la culture intensive appliquée à la production des fruits de table établie dans les conditions les plus favorables à son succès. — Les meilleures variétés de pèches précoces et fondantes, les variétés les plus précoces de nos cerises anglaises et de nos raisins de table, soumises au même mode de culture, donneraient des résultats analogues. U faudrait pour cela, établir ces cultures
1. On compte en général 10 fruits par mèire de longueur de branches des charpentes. Ici nous ne comptons, année moyenne, que 5 beaux fruits, malgré letf •conditions les plus favorables où nous plaçons cette culture.
2. Le prix de vente des belles poires et des belles pommes, à la halle de Paris, est, en moyenne, du mois de novembre au mois d'avril, de 78 fr. le 100 pour les poires et de 50 fr, le 100 pour les pommes.
SOUS le climat de Toranger, de façon à ce que, par la chaleur naturelle seulement, les cerises pussent arriver complètement mûres sur les marchés de. Paris au commencement de mai, les pêches au milieu de juin, les raisins au commencement de Juillet.
Mais on rencontrera souvent un obstacle sérieux à la création de ces sortes de spéculations, c'est Fabsence du capital nécessaire Cette difficulté ne pourra être surmontée que par Tassociation du travail intelligent avec le capital.