TROISIÈME PARTIE
2 mètres à 2 mètres ,28 centimètres au re2 terre, en styaût soin de les prendre le plus droit possible.
Le choix' étant fait, on procède à la plantation. La distance à observer est de 10 à 12 mètres suivant la nature du sol; les arbres seront plantés en échiquier et Ton peut^ les rapprocher ou les éloigner : c'est là une question de terrain.
Pour la préparation du soi et l'habillage de l'arbre, nous renvoyons aux différents chapitres qui traitent de ces; opérations.
Une fois les arbres plantés, il faut leur mettre un tuteur pour empêcher les vents de les secouer et de nuire à leur^ reprise. Le tuteur sera enfoncé en terre de 70 à 80 centimètres et dépassera un peu la greffe. On le place de façon qu'il ne puisse eu rien faire tort aux racines, et on ne le met pas trop près de l'arbre. Si le tassement est effectué, il faut attacher l'arbre au milieu et en haut , près de la greffe; avec un fort osier assez long pour en faire deux fois le tour. On met entre le tuteur et l'arbre, et sur celui-ci, à l'endroit du lien, un tampon de paille ou de mousse pour éviter qu'il soit blessé .
On ne taillera pas la première année , et en mai ou en juin on mettra à tous les arbres un bon paillis de fumier.
1" Tau^le. —Pour le poirier, la forme adoptée est la pyramide. On choisit la plus belle branche du milieu , et on la redresse, si la nécessité l'exige, car c'est elle qui doit former la flèche.
Ensuite on procède au choix des* cinq ou six branches latérales qui. doivent commencer la première série. La flèche sera taillée à 40 ou 80 centimètres de longueur ; la première branche, ta plus rapprochée de la greffe, sera taillée à la moitié de la flèche , la deuxième à 18 centimètres, la troisième à 16 centimètres et ainsi de suite, en diminuant graduellement de 2 à 3 centimètres. On taille
toujours sur un œil de l'extérieur; par ce procédé , la branche se redresse naturellement, comme l'indique la fig. 78. Pendant le courant de la végétation, s'il y a un bourgeon qui domine les autres , il sera pincé pour avoir les premières branches de la base bien fortes, vers la fin de septembre.
2"*Taille. — A la deuxième taille, si la flèche a bien poussé, on la taillera de SO à 60 centimètres sur un œil opposé à celle de Tannée précédente, pour faire développer cinq à six bourgeons.
Les trois ou quatre yeux qui avoisinent le terminal . seront éborgnés, les stipules se développeront, et il sera inutile de faire le moindre cran. La première branche de la deuxième série sera prise à 35 ou 40 centimètres de la première série, et les branches latérales de celle-ci seront un peu taillées : on en supprimera environ le quart. S'il y en a de plus fortes dans le, nombre, elles seront taillées plus courtes, pour obtenir le parfait équilibre des branches.
Quant à la taille des productions fruitières, elle se fait beaucoup plus longue que sur espaliers.
3""* Taille. — A la troisième taille, la flèche sera coupée de 60 à 70 centimètres , pour faire développer cinq à six bourgeons, et toujours sur un œil opposé à la taille de l'année précédente (fig. 75). L'éborgnage se fera comme il a été dit à la deuxième taille. Les branches latérales de la première série seront coupées d'un quart; celles de la seconde seront taillées beaucoup plus courtes, de manière qu'elles puissent former une pyramide.
La quatrième et la cinquième tailles seront identiques.
Dès ce moment , on abandonne presque l'arbre à luimême : on se borne à raccourcir les plus fortes branches à la longueur des autres , pour obtenir une pyramide parfaite.
Si au bout d'une dizaine d'années , on s'apercevait que
Fig.7§
la trop grande quantité de branches dût amener confusion entre elles , on en supprimerait une partie , car plus il y a de branches , moins il y a de fruits. Cela s'explique du reste, puisque pour produire, Tarbre a besoin de recevoir les rayons solaires ; si ceux-ci sont arrêtés pour une cause ou l'autre, les productions fruitières de l'intérieur deviennent pour ainsi dire anéanties.
Quand l'arbre aura atteint une douzaine d'années, il sera utile, tous les trois ou quatre ans, d'examiner s'il n'a pas besoin d'être taillé.
Nous recommandons de ne pas oublier l'échenillage.
Restauration des Poiriers à haute-tige
Lorsque les poiriers sont déjà âgés, quand la végétation s'arrête , que leurs branches sont par trop étendues et que les fruits deviennent trop petits, il faut pratiquer un rapprochement. Toutes les branches seront coupées à la première bifurcation du tronc ; si l'écorce est par trop . vieille ou desséchée , on fera bien de l'enlever soigneusement, afin de faciliter le développement des yeux latents. La première année , on laisse beaucoup plus de bourgeons qu'il n'en faut et on^met des armures pour empêcher les vents de les briser. La deuxième année , on choisit les mieux placés pour refaire la charpente, puis, on abandonne l'arbre à lui-même, à la condition de passer tous les trois ou quatre ans, pour enlever les branches qui seraient trop nombreuses. Nous avons vu restaurer des poiriers qui ne donnaient plus que de très petits fruits , et auxquels on a refait, en peu d'années, une magnifique charpente. Ils ont donné après cette restauration de beaux et bons fruits.
Le pommier réussit assez bien, pour la restauration, mais il n'en est pas de même des autres essences fruitières.