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S^.PCLTUnES ET
!lr>MMAIRE. — Cnop-d'tf-ll giafn] lor In difT^rfiiri moJn de H^fiDllun.— Soiat . h lo •ipnllun d» n)Biii. — (Ibjcii m» du» lp tombrim. — Lirni Ja •jpDllim
l^riwnl rfp<H)iui rt« InibbeiiBi M dn piemt lomhiln. — Cnnwil) |HBr Itnr pr lîiiB, — EilsiiipHEe da ÏDifrïplioni M RtoïurH en crnii. — (jiiunili four l'eil U [uai<raire>. — LainpM [anHirnel fsoiui d« riimtiire.
ToQS les peuples, toutes les religions ont honoré les morlti el tes rites funéraires composent une des parités les plas4 coDsi dérailles des cultes faux comme du culte véritable. LerJ Juifs, ndoraleurs du vrai Dieu, embaumaient les corptl morts, les enveloppaient de bandelettes et d'un suaire, poif:! les déposaient dans une grolle au fond d'un tombeau creusa j dans la pierre : a Accfperunt ergo corpus Jesu, dit l'apAtre S. Jean, ei ligaverunt linteis cum aromaiïbus, sicut mos iH Judœis sepcUre. » Le récit de la Passion et celui de la résurrection de Lazare nous éclairent sufGsamiiient sur tons ces points. L'Égyple élevait pofir les morts ses gigantesques pyramides ou creusait pour eux, dans le liane des montagnes, ses immenses excavations dont les peintures et les sculptures représentent des cérémonies funèbres et des croyances relatives à la destinée de l'âme. Le cadavre du pauvrv, desséché par le moyen de' sels, était enveloppé d'une toile grossière; celui du ricbe était embaumé, entouré de bandelettes, couvert souvent d'un masque en carton peint et doré, puis déposé dans un cercueil de cèdre ou de sycomore, oii l'on mettait aussi des papyrus dont le texte se rapporte à la métempsycose. Auprès, dans la chambre sépulcrale, on plaçait des offrandes, des Tigurines et
des vases. Les canopcSt vases en cône renversé, contenaient dan^ le baume les entrailles de la momie (1).
Les Grecs brûlaient leurs morts et les cendres étaient renfermées dans une urne qu'on déposait dans le tombeau. Aux simples tumuli succédèrent le cippe funèbre ou la colonne courte, puis les grands monuments d'architecture et de sculpture. Les Spartiates enterraient dans les villes ; Gétait ailleurs, un privilège des grands bommes. En Asie- Mineure , on trouve des tombeaux couverts de dalles en forme de toit et creusés dans le sol.
Les Étrusques ont creusé des tombeaux dans le roc, en ménageant une ouverture à la voûte. Le mort était déposé sur le sol. Chez les Romains, outre le sepulcrum ou tombeau, on élevait des monuments pour honorer la mémoire d*un défunt illustre. C'était quelquefois une tour à plusieurs étages. Le tombeau était un cippe ou stèle en colonne ou quadrangulaire, surmonté d*un petit fronton et accompagné d'inscriptions. Il y eut aussi des sarcophages en forme de cuve. La coutume de brûler les morts et de confier le dépôt de leurs cendres aux urnes cinéraires élait devenue générale vers la fin de la République ; mais elle se perdit sous les premiers empereurs chrétiens. Il y eut des sépultures de famille, nommées columbarium ^ parce qu'on y déposait les urnes comme dans des nids. Des fosses communes et des bûcbers communs recevaient les cadavres des esclaves, des pauvres, de ceux enfin qui étaient morts victimes de certains accidents et que Ton regardait comme
(i) Presque tous nos musées, et celui de Langres en particulier, possèdent des momies, des cercueils égyptiens ou divers ob« jets qui ont servi aux sépultures d*Égyplc.
frappés par la main des dieux. On voit encore, par cxempi en ce moment, à CoDstaoline, ranciennc Cirta . ile niches innombrables, pratiquées sur la pente de) collines où se conservent, protégi.^ par quelques briques, \t$ restes des morts.
Les Celtes et les Gaulois, nos ancêtres, enterraient I morts sous des monticules de cailloux et de terre et aapi de monuments religieux en pierres brutes. Les tiiiRHli en cailloux ne sont pas encore abandonnés dans le nord de l'Irlande, non plus que l'arbre funi>raire auquel oa su»' pend des chiffons de toutes couleurs : usage bizarre co serve par les Arabes errants et que j'ai eu déjà occasion signaler.
Les cimetières arabes forment une agglomé^ratioo de p^. lits tertres. Une pierre peu élevée , souvent arroodia arf^ sommet, marque l'endroit oii est la têlc du défunt. On pand du lait de chaux sur ces amas de terre et de caillotnit pour qu'ils restent plus visibles.
La religion chrétienne, succédant à celle des Joife, enl horreur dn mode de sépulture suivi par les païens. Nom avons va, et nous n'y reviendrons pas, les sépallores et les tombeaux des catacombes (1) : les niches oblongoes creusées aux parois des labyrinthes pour recevoir les corps, l'aulel-tombeau sous l'arcosolmm, les vases, les inscriptions, les bas-reliefs qui les accompagnent. Il s'agit maiolenant des sépultures chrétiennes depuis l'affranchissement dei'Ëglise, ao IV' siècle, jusqu'ânos jours. Mais leur étude comprend des notions préalables sur quelques rites faoè-
(1) Première partie, pngc 107.
bres et dWers usages sans lesquels on n'aurait {las l'inlel-» lîgence des monuments.
Toujours l'Église a voulu que la dépouille mortelle du chrétien fàt traitée avec révérence et ensevelie avec bon-^ neur. L'Anciep-Tcstament loue, à différentes reprises « ceux qui donnent la sépulture aux morts. Tobie fut béni pour cette œuvre de miséricorde. Jésus exalta Taction de la femme qui répandit sur lui des parfums et dit qu*elle prévenait ainsi sa sépulture. On sait que les Gdéles, aux temps de persécution, s'exposaient à la mort plutôt que de laisser privés d'un tombeau les corps des martyrs. Quel respect la foi ne nous inspire-t-elle pas pour le corps que nous considérons comme un membre de J.-G., nourri do sa chair divine» consacré par les Sacrements , habité par une Ame rachetée du sang d'un Dieu et faite à l'image du Créateur ! On encense les corps morts, on encense et on baise les tombeaux.
Denis d'Alexandrie, cité dans un passage de l'histoire d'Eusëbe, résume les pratiques observées pour la sépul* Inre des fidèles : « Quin etiàm sancta corpora mantbus ves-' Êrissusctpere^ occludere oculos^ ora obturare^ geslare hutneris eadmera^ decenier omare^ lavare accuraiè^ Unteo funebri in-vohoere. » Il faut y ajouter l'usage d'embaumer ou de par*fumer les corps.
La coutume de laver les morts est indiquée dans l'Ëvan* gile à la résurrection de Tbabite par S. Pierre. Les Pères l'ont souvent mentionnée. S. Grégoire-le-Grand dit, en ses Dialogues : a Corpus ad lavandum ex more est deteclum^» et S. Grégoire de Tours raconte que l'on agit de la sorte envers Théodebert, fils de Ghilpéric, envers Chilpéric luimême et plusieurs évèques. Un ordre romain prescrit de laver le corps du pape défunt avec du vin blanc, après y
avoir fait infuser des herbes oJoriféraQles. Dorand aoni apprend qu'en lavant, de son temps, le corps des morts, oa Be conformait, siaoïi û une règle stricte, au muins à la coutume : n Deindé vorpus débet lavari, ad significandttm qudd si anima per confeisimteni et rontrilionem mundata ait, Mtrumque, scilicelanima et corpus, a-leruam yloiifealionem et cloritatem in die judicii constquelur... Si obmilteretur non multum, ut aiunt quidam, curandum esset{i). n Don Marlène nous montre celte pratique suivie dmts les iiiooaslères (2),
Le lavaloire, à Cluoj et ailleurs, était une auge de six à sept pieds, creusée d'environ un denii-pîeJ , ayant un oreiller de pierre à la iCle et un trou au pied. On se servait aussi, à la même fia, d'une simple table de pierre ou de marbre. Au XVIII" siècle, on voyait encore aux cathédrales lie Rouen, de Lyon, celles qui servaient à la niorl des cha- Doînes ; « C'est peut-être de cet ancien usage, dît Lebronp 1 Desmarettes, qu'est résilie dans quelques paroisses, la ce- ' rémonîe superstitieuse de verser hors de la maison où vient d'expirer un mort, toute l'eau qui s'y trouve, a
Josepb d'Arimathie apporta, pour embaumer le corps de 3.-C., environ cent livres d'un mélange do myrrhe et d'aloës (3). Il est certain que les chrétiens ont mis de même une grande quantité de parfums dans les tombeaux des fidèles, surtout dans ceux des pcrsonnagesdislingués parleur rang ou leur sainteté. Terlullien, eu son Apologétique,
()) De offi. mor/u. n-SG.
(2) D. Martcnc. De ant'iq. monachorum rilibui , llb. V, c. 10,
(3) Prudence, De Excq. defunctorum, dit :
t Adspersaquc viijrrha sabwo Corpui meflkamine serval. >
Va jusqu'à dire qu*ilf emploient dé la sorte plus de parfuma d'Arabie et du pays des Sabéeus que les païens n'en consa*^ crent aux autels des idoles : nArabum ac Sabœorum mêrces pluris elcariùs Chrisiianis sepeliendts profligari^ quàm diis gentilium fumigandis. » S. Grégoire de Tours dit que S^^. Badegonde fut embaumée, et il parle ailleurs d'une couche de feuilles de laurier mise dans le cercueil de S. Valëre. L'usage de déposer dans les sépultures des feuillages odo* riférànts et toujours verls était répandu et s'est perpétué durant le moyen-âge. Durand cite le lierre et le laurier. Il ajoute qu'en divers lieux on y mettait aussi de l'eau bénite, des charbons el de l'encens : l'eau bénite pour écarter les démons ; l'encens pour dissiper les mauvaises odeurs on pour rappeler que le défunt avait oflert à Dieu, comme un parfum, ses bonnes œuvres, ou enCn en signe des prières qui montent au Ciel pour les morts comme la fumée de l'encens ; le charbon^ qui se conserve en terre mieux que toute autre subtance, pour montrer que cette terre ne peut désormais servir qu'à la sépulture : a Carbones in testimo^ nium quod terra illa ad communes usus ampliûs redigi non potesi ; plus entm durai carbo sub terra quàm altud. » Il in* terprète le laurier, le lierre et les herbes de cette nature comme symboles de la vie permanente du chrétien en Jésus-* Christ. La présence de ces objets dans les sépultures anciennes conGrme la parole de l'évêque de Mende. On y trouve des vases en verre ou en terre cuite. Ceux qui remon-* tent aux premiers âges portent quelquefois le monogramme de Jésus-Christ. Ceux qui sont à goulot contenaient de l'eau bénite. Ceux qui ont une large ouverture et une panse percée de petits trous renferment du charbon et l'on a pu y consumer de l'encens.
Après que le corps avait été lavé et oint de parfums, od
le reTfitait J'habils, pnls on l'cnï^loppail d'un sâaîre. C'est ainsi que de très-anciennes élolTes sont parvoouc5 jusqu'à nous. L'Iiisloire nous représente li*s laïques cdIktrésavcc leurs vôlemenls les plus précieux, les religieuses avec leur voile I)énil, les prêtres avec leur chasuble, les empereurs avec la pourpre et le diadème. Le corps de Charlemagne fut parfumé d'aromates, ceint de l'épée, coQverl du manteau impérial, Êleudu sur un siège d'or, il avait à la main un évangile d'or, et on remplit le tombeau de baume, de parfums et d'autres choses précienses. Saint Jérôme, dans lu vie de saint Paul, s'écrie: « Ëparguez, ô riches, épargnez, je vous en conjure, ces richesses que vous aimez. Pourquoi ensevelir vos morts dans des étoffes d'or? L'orgueil subslste-t-il au niiliea du deuil et des larmes? Les cadavres des riches ne savent-ils pourrir que dans la soie? » De là, le crime de la violaliou des s(>pultures si souvent et si énergiqucraent combattu par l'Eglise.
Outre les vêtemeuls que j'ai indiqués, an Buaire enveloppait le corps des défunts étendus au cercueil. Prudence nous l'apprend en son hymne déjà citée sur les funérailles :
I Candore nitcntia claro Prœlentlcre lintca mos est.»
L'eucharistie fut aussi donnée aux morts, par un abus que les conciles, cotr'aulres le troisième concile de Cartbagc et un concile d'Auserrc au VF siècle, condamnèrent comme entaché de superstition et contraire à la volonté de Nolre- Seigncur ; il a dit: «Acclpiteetedite;\> or, les cadayres ne peuvent remplir ces conditions. Je ne sais pas si un semblable rite aurait pu laisser quelques traces dans les anciennes sépultures^ Je le présume sur ce passage de la vie
de S. BirÎD, en Suri us, aa 3 décembre : « lnvenis$e corpus tpiscopi integrum cum duplici siolà et infulà nîbrâ è panno serico atque cum cruce è métallo confecta pectori ejus tmpoil ta: deniqué cum calice ad umbilicum ejus posito. InventuS'' qi^est annulus.i»
Les chréliens des premiers siècles abhorraient, je l'ai dit, les sépultures payennes, et ils en éloignaient leurs tombeaux pour les placer en des lieux réservés et bénits. Aux obsèques de sainte Radegonde^ selon le récit de saint Grégoire de Tours, une abbesse disait: « Que ferons-nous, si l'évéque n'arrive ? Le lieu de la sépulture n'est pas consacré par la bénédiction sacerdotale. » Au X' siècle, S. Dunstan apparaît miraculeusement pour demander que l'on exhume le corps d'un enfant païen enterré à côté de lui (1).
Lorsque l'Ëglise n'eut plus à redouter les poursuites des tyrans contre les Cdëles vivants ni contre les morts, ceux-ci furent ensevelis en dehors des villes, dans des cimetières en plein air. Ils s'établirent là surtout où quelque martyr avait souffert, où quelque miracle avait éclaté. On y amenait les morts de lieux éloignés , et il est plusieurs de ces immenses dortoirs où l'on compte de quinze à vingt mille cercueils de pierre dont les couvercles sont à fleur de terre. Citons en exemple les Alischamps d'Arles et le cimetière de Saint-Pierre-l'Étrier d'Autun.
On ne toléra d'abord aucune sépulture à l'intérieur des églises. Les personnages de haut rang seuls obtinrent» avant le VF siècle, l'honneur d'être enterrés à l'atrium, sous le portique ou dans les constructions annexes des églises.
(I) Voyez les BoUandistcs^ au 49 mai.
L'atrium du monastère de Sainte-Praxêde est cimelièro. Il embrasse un \.i5le cavean où l'on descend le corps des défunts. Au parvis de Saint-Glémenl, des têies de larves, proYenant delombeaus païens, atlesteDtqncsoti enceinte a reçu des sépultures.
Au Vr siècle, ce n'élail déjà plus aa prîvik^ge, e( tandis que l'on introduisait au portique des églises les lombes du vulgaire, celles des grands personnages péuétraienl au seîn du temple lui-même. Ces empiL'temcnts sur les ancîeunef lois ne s'effectuèrent pas en même temps partout. Les Gaules, et les pays germains en particulier, leur opposé* rcnl des barrières puissantes ; mais au IX* siècle, un concile de Mayence les levait déjà pour les dignitaires eccl^ siastiques et même laïques : n Nulliis morlaus inlrà ecclt~ siam sepeliatur, ni'si rpiscopi , mit ahfmles, aut digni preshyleri, aut fidèles la'ki. Parmi ces derniers, remarquons les fondateurs et les bienTaiteurs des églises.
Depuis le Xr siècle, la discipline s'est relàelièe en ce* point. Elle a laissé anx évëques on aux prêtres le soin d'ouvrir les portes de l'église au cercueil de ceux qu'ils estimaient dignes de reposer à l'ombre des autels, et la force delà coutume s'est trouvée souvent plus forte que les .lois(l).
Au moyen-âge, les nefs se sont remplies de tombes qu'on a rangées le long des murs, ,a l'inlèrieur et à l'extôrienr, quelquefois sous une arcade reproduisant, plus ou moins.
(1) Adjoui-il'liiii le l'ilui^l romnin ilil : • Uhi viijet aniiijua eontuetndo scjw/icnrfi mortuos hi cœmclcrtis, relinealtir; cl iibi fieri po- Icsl rcslitualur. Al rcro aii loain nfpiitiurœ dahilttr in ccclesiâ, hiimi taniiim dclur; cndavera amcm projw nllaria non acpclianiur. »
rarcosolium des catacombes (i). Eafin , autour des églises , même dans les villes , elles ont couvert un espace plus ou moins vaste, circonscrit par des murs, et souvent par des galeries couvertes. Il y en a encore un exemple au cimetière de Blesson ville (Haute-Marne). On lit sur les murs une traduction du Miserere^ en vers français, composée et peinte, si je ne me trompe, au XVir siècle.
Dans ces galeries nommées plus proprement charnier ^ earnarium^ que le cimetière lui-même, on exposait 9ou- Tent des têtes, des ossements, des parties de squelettes exhumés. Une charte d'un évêque, citée par Ducange et datée de 1161 1 porte : <x In coBmeterio prœdictus Manso in'tuiiu pietalisp carnarium ad ossa mortuorum reponenda de propriâ pecuniâ construxit. r>
C'était un louable sentiment qui poussait les fidèles à vouloir reposer dans l'attente du jugement dernier, à Tintérieur du sanctuaire inondé, pour ainsi dire, du sang de la victime qui nous a rachetés. La poussière des puissants et des petits* sévère et touchante leçon ! y était confondue, et le fidèle qui la foulait du pied en passant comprenait le néant des choses de ce monde. Mais l'orgueil de Thomme ne veut pas toujours s'abaisser, même devant les vers du sépulcre. Les tombeaux fastueux sont souvent d'ailleurs un hommage de ceux qui survivent à la mémoire du mort. Aux tombes plates se mêlèrent donc celles qui portent en reliefTimage du défunt, et les mausolées ou les tombeaux élevés achevèrent d'obstruer l'intérieur des églises. Nous ioivrons tout-à-l'heure cette progression.
(1) Exemples à Tcglise d*Âubigny , dans la chapelle de Jean d'Amoncourt à la cathédrale de Langres.
Le plus célèbre des cimetières à galei laato de Pise. 11 mérite iloubtcaieDt soa i qu'il renferme a élé apportée de Palestine. Jean ae trise ea fiit rarcliilccte. Conimeucé eu 1218, le monument fut achevé en 1283. Ce cloître déploie ses portiques ouverts sur un parallélogramme long do 450 pieds avec une largeur de 150. Ses arcades en cintre sont une preuve que l'Italie repoussait l'ogive. Elle ne parait que dans les meneaujL établis, probablement après coup, pour clore les arcades. La construction des portiques et le pavé sont en marbre blanc. Les murs sont ornés de peintures malbea* reusemeut endommagées, dues à des peintres illustres : Gîotlo, Benozzo GozzoH, les Orcagna, BulTamalco... Dei sarcophages antiques et les tombeaux des hommes dont Pisa a le droit de se glorifier représentent dans ce vaste proi noir la succession des siècles.
Les cryptes et les caveaux creusés sous les églises on les chapelles contiennent aussi des tombeaux. Qui ne connatt la crypte de l'abbaye royale de Saint-Deois , et les coups Idchement portés par la main inrâme des révolutions aux princes de la terre qui y dormaient leur sommeil ! « De Paris on va à Saiot-Deoys en France, dit Lebrun-Desmareltes , par les croîs ou Montjoyes faites en forme de pyramides, avec les statues de trois rois à chacune, où l'on fait des pauses quand on porte les corps des rois défunts pour y être enterrez. »
De prétendues raisons de police et de salubrité publique non-seulement ont fait interdire les sépultures dans les églises (1), mais ont prescrit d'éloiguer les cimetières en de-
(1) Dtit:i'cl du H juin 1804. Les cxcc))tions pour les orchcvè-
hors des villes et des villages. L'idée de cette dernière mesure remonte à Tannée 1776. Les lois qai blessent trop profondément les sentiments légitimes enracinés au cœur des peuples ont plié souvent en face des vieilles traditions. Lorsque la disposition des lieux qui recevaient les sépultures ne déterminait point par elle-même la position du corps, on s'astreignait à une règle d'orientation. Les pieds du mort sont tournés vers l'Orient , de manière qu'au dernier jour, lorsque les morts se lèveront de la tombe, ils auront la face tournée du côté où, selon la croyance com-^ mune, le Christ apparaîtra sur les nues du Ciel. Je crois que les raisons de l'orientation des églises ont toute leur valeur pour expliquer celle des sépultures (1). On peut constater la réalité de cette coutume dans les agglomérations de tombes des plus anciens cimetières, comme à Auhigny : a Débet autêm quisjiic sepelirif écrivait Durand, au Xlir siècle, ut capite ad occidentem posito pedes dirigat ad orieniem, in quo quasi ipsâ positione orat^ et innuit quàd prampîus est ut de occasu festinet ad ortum^ de mundo ad sŒ' culum» » Lebrun-Desmarettes assure que, nulle part, il n'a vu d'exceptions à cette règle parmi les tombeaux antérieurs au XVr siècle. L'usage de tourner le corps des ecclésiastiques dans le sens opposé serait donc moderne. Le rituel romain dit qu'à l'église on dépose le cercueil du prêtre en sorte qu'il ait la tête du côté de Tautel et les pieds du côté de ia nef. Le défunt semble bénir encore le peuple qu'il
ques, les évèqucs et les princes sont accordées par le gouveroe< ment.
(i) Voir la première partie de ce cours^ au chapitre sur le sym* hoiisme des églises.