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regarde. La rubrique exige que l'on établisse, aitlont qa^ possible, pra silu, la même disliDcliuii dans le lieu de U sépulture.
La (tgnre de la croi\ se monlre sur les sarcophages clirèliens des |iremiers siècles. On dislingtiaît partout les sépultures cliréliennes au moyen de ce signe. Le moine Jocelin, en traçant la vie de S. Patrice, au V" siècle, assure qu'il commanda de planter une croix à la tête des tombeaux des fidèles enterrés hors des cimetières : n SanclHS signifrr do— minici vrxilli, ut ipse agere consuevit, constttuit ad capvl cujtulibH chrinliani cxlrà cameierium Sfpultî, crucem fi~ gère, u La croix du cimetière indiijuail assez que lous lea morts qu'il renfermait étaient des frères en Jèsus-Christ. Lanfranc, dans les statuts destinés aux moines de soo ordre, veut qu'il y ait une crois â chaque tombeau : a Posttoque corporc ubi poni soiet, ftgalur crux ad capul ejust » Durand mentionne l'oLligation de mettre une croix aux sépultures isolées : « In quocitmque toco exlrà cœmeUriim ckrtstianus irpelîatur, semper crwx capiti illius apponi dehet.»
On peut distinguer diverses espèces de tombeaux depuis l'époque mérovingienne jusqu'à la un du moyen-âge : les coffres contenant les restes des morts, les tombes massives d'une apparence extérieure analogue, les pierres tombales plates et les tombeaux portant la statue du défunt ou des sculptures élevées au-dessus du sol. Les premiers, ea forme d'angles et enfouis sous terre, présentent rarement des traits qui en caractérisent l'âge. Ils sont en pierre tirée des lieux voisins de la sépulture et de la nature la moins rebelle au ciseau. Ils sont enterrés com[iIèlement ou le couvercle est à fleur de terre. Ces colTres, généralement moins larges au pied qu'à la I6le, sont fermés par nn couvercle
plat oa bombé, prismaliqae ou en dos d'âne. Ils peuvent être composés de quatre morceaux ou davantage, surtout si le pays ne fournit pas de grandes pierres faciles à lailler. Souvent les eaux ont charrié de la terre et des détritus au fond de Tauge, lorsque le couvercle ne fermait pas exacte* tement. Nous avons déjà indiqué les objets que Ton peut y rencontrer : des armes, des bachettes, des sabres ou des poignards, des boucles de ceinturon descendues sur Tos du bassin après la pourriture complète des chairs, des agrafes et des médailles. Celles-ci fixeront une date au* delà de laquelle la sépulture ne remonte pas; mais elles n'en précisent pas pour cela l'époque. Les médailles romaines sont quelquefois mêlées aux monnaies mérovin* giennes. Les fioles et les vases pour Teau bénite, le charbon et l'encens ne laisseront pas moins d'incertitude.
H. de Caumont enseigne que Ton commença, au XIF siècle, à creuser une écfaancrure circulaire à la partie supérieure de l'auge pour recevoir la tète. Quelquefois il y a seulement une sépar'ation entre deux petits dés carrés ménagés en saillie. Dix reste, ces traits ne sont pas constants. On estime qu'à partir du XIV^ ou du XV^ siècle, le couvercle prismatique du coffre prit une forme plus élevée et des arêtes plus vives. On attribue aux XV* et XVP siècles l'usage d'y sculpter en relief ou en creux les signes qui marquent la profession du défunt. A Âubigny , la mousse noire et séculaire qui garnit les tombeaux de ce genre ne cache aucune inscription, mais diverses figures d'instruments de métier : le marteau du tailleur de pierre, le fer à cheval du forgeron, la serpette du vigneron. Les cercueils à couvercle bombé, trouvés en terre à Champiguy-les-Langres , me paraissent beaucoup plus anciens. Us renfermaient des ossements et plusieurs grains de ver-
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rolerie taillés U faceltcs et qai paraissent, i eo joger par quelques restes de fil de fer oxydés, avoir été eochsioés de maaiére k former des bracelets ou des colliers. A la lêle du colTre, la trace du ciseau dessine uoe croix au milieu des coups de ptc qui ont formé de petits troas dans te pierre; mais je a'oserais pas affirmer que cette croix est un signe hiératique. Ou stgoale des monuments de ce genrv sur beaucoup de poinis du pays de Laugres. Ceux qUQ j'ai vus m'ont convaincu de l'impuissance de l'archéologi» h assigner une date au plus grand nombre.
On découvre aussi, au milieu des campagnes et dans les anciens cimcliêres, des squelettes couchés en terre, avec une pierre pour oreiller, et protégés par des briques ou des pierres inclinées qui se loucbent au sommet.
Les vieox cimetières de Saint-Geûsmes, de Sainl-Cier" gués, de Mardor et d'autres renferment des lombes massives d'une forme extérieure semblable à celle des aoges dont nous venons de parler. Le dessus est taillé souvent do manière à reproduire la ligure de la croix. Je ne hasarderai point une date précise sur lenr origine. Mais je puis dire que ces tombes ne m'ont jamais paru remonter au-delà de l'époque ogivale. Je baserais celle appréciation sur les formes aiguës de la partie supérieure cl la forme mince et alongée de la crois qui, parfois, s'en détache en relief.
En Italie, dans nos musées du midi, à Marseille, à Arles, à Bordeaux, en Afrique, par exemple près de Cherchell, on voit des tombeaux chrétiens qui ressemblent aux sarcophages des catacombes dont j'ai parlé en décrivant ces cimetières et en traitant de la sculpture. Ces monumenb ne se rencontrent pas dans les pays du nord (1).
(t) Près de ClicrclicII, sur uit [lavc en mosaïque, est ud lom-
Les monumenia arcuata sont pratiqués, comme aux catacombes, dans l'épaisseur des murs. Au IX^ siècle, un évêquc de Naples en disposa une série pour y mettre les corps de ses prédécesseurs et il fit peindre au-dessus leur image (1).
On connaît des exemples très anciens des figures des morts sur les tombeaux. A Saint-Denis, on voit, à Tentrée de la crypte, le couvercle du tombeau de Frédégonde que l'on y à transporté de Saint-Germain-des-Prés. C'est une mosaïque en fragments d'émaux de diverses couleurs incrostés sur une pierre de liais. La tète, les pieds et les mains étaient figurés sans doute en plaques de métal ou peut-être reproduits en bosse. Ces parties ont disparu. Les traits de la draperie et des ornements sont dessinés par un filet de cuivre en incrustation. Frédégonde porte en main le sceptre, et, sur la tête, la couronne à trois fleurs-de-Iys. Des fleurons ornent les bords de la tombe. La mosaïque se montra sur les tombeaux jusqu'au Xir siècle. La rareté des églises mérovingiennes explique celle des tombes de cette époque. Peut-être ces dernières ont-elles, en plusieurs endroits, subi le sort auquel Théodulphe d'Orléans, cité par Dom Martène, condamnait, au VlIP siècle, celles qui étaient dans les églises soumises à sa juridiction. Il ordonna de les enfoncer sous le sol et de les couvrir d'un pavé : « Tumuli qui apparent^ profundiùs in terram miitantur et pavi'^
beau chrélien sur lequel le Bon-Pasteur est sculpté entre deux agneaux et deux palmes. Là aussi, parmi les ruines de Julia-Cœsarea, on trouve des cubes de pierres creusés, ayant moins de 50 centimètres sur chaque face et remplis d'ossements. L'orifice est ferme d'une plaque de marbre ou d'une lame de plomb.
(i) Boll. Vie de S. Jean, au premier avril, p. 35. t Aptavit tinicttique prœdecessorum arcuatnm tumuluinyOcdcmpcr corum effigies dej^nxit.»
mmlo denuper facto, nullo (umutorum fasligio apparente, tt* ctesia: revereniia conservetur. » Celle mesure, barbare sons un rappurl, i^lait propre à conserver pour la postèrilt- lea pierres («mbales ; mais le lerme fastigio cl le sens général du déeret indique plutôt de^ tombeaux sailtauts el propres il encombrer les ùglises.
Une ancienne chroni([uc, citée par Dont Martine ineilliunuti un monument funéraire d'un caractère siogalieT et ipii fut élevé, en 870, par Goderic, abbé de Crojland, à la mémoire d'un abbé qui avait été massacré par les païens avec 8V moiuus de sou monastère : n Ponens siiprà corptu ahbalii t» tnrdio filionim suorum quiesccnlis petram pyrammiilatem treupedes m altittulme et ires in lontiiludtne, et unwm III lalitudiae coutineiUem, tnsculplasqtie imagines abbatis tt monachorum morum ciratnutantium geiitantem{l). »
L'archéologie possède des documents plus nombreux et plus précis sur les formes et les dccoralions des tombeaux <]ui, depuis la fin de l'époque romane, ont été exposés anx regards des fidèles, soil sons des arcades pratiquées dans Ici milrs, soit isolément, soit sous la forme de dalles sculptées,
Les monuments arqués avaient l'avantage de décorer les surfaces des murs, de lier les tombeaux à l'édifice el de ne pas l'encombrer. Le stjle des arcades peut servir à révéler ta date du tombeau. Elles reposent ordinairement sur des colonnettes, et sont à la période golbique surmontées de pinacles, accompagnées de contreforts ou d'autres membres de la construction ogivale lïgurés par la sculpture. Le tombeau lui-même est plat ou prismatique et supporté par un soubassement massif, sur des colonnes os
(I) D, Martène. De aitt. monach. riiib. Lib. V, c. H.
des cubes de pierre. Au XIP siècle, il s'enrichit des mou* lares de l'époque. Alors aussi commence à paraître la statue du défunt étendue sur le tombeau. Ceux de Richard-Cœurde-Lion, de Henri II, d*Éléonore d'Aquitaine , son épouse» que le gouvernement avait enlevés à Tabbaye^de Fontevrault, en présentent des exemples remarquables. Leur royal costume est orné de peintures. La statue de Henrile-Large, comte de Champagne, mort en 1180, fut aussi couchée sur son tombeau revêtu de cuivre émaillé. Les pierres tombales sont rares à cette époque et demanderaient à être relevées et conservées avec soin.
Du Xnr siècle au XVI% on continue à étendre la statue du défunt sur le tombeau isolé ou abrité dans une arcade ou par un dais. Mais , au XVP, la statue , au lieu d*étre couchée, se relève souvent et s'agenouille, les mains jointes, comme si le défunt adressait une prière à Dieu.
En général, et durant toute la période ogivale, les tombeaux des grands personnages sont exécutés avec art et quel • quefois avec un luxe inoui dans les détails de sculpture. La statuaire y devance les progrès du siècle sous le rapport de l'imitation du corps humain. Dès le XV* siècle, on recherche les matériaux précieux et qui peuvent être sculptés avec le plus de finesse, tels que le marbre et Talbâlre. Cette époque est parfaitement caractérisée dans les tombeaux de l'église de Brou , couverts de dais à jour , et dans ceux des ducs de Bourgogne, au musée de Dijon.
Les pierres tombales, gravées en creux, se sont extrêmement multipliées pendant la même période. La plus grande partie des vieilles églises rurales en conservent une ou plusieurs, et il en est qui sont toutes pavées au moins de leurs débris.
Au XIIP siècle, il n'y a souvent qu'une simple croix
avec on sans ÏDScriplion. La pUiparl des toscriptions frai^^ faises de celle époque mârilent d'être recueillies (t). Déjki an grave aussi en creux l'image da défunt sous tine arcade 1 golbique, le plus souvedI Irilobée cl surmonlée d'un fron-- I Ion triangulaire dont les rampants sont oroés de crosses végétales. Cet encadrement est toujours dans le style de l'époque. A mesure qu'on approche de la Renaissance, il perd de sa simplicîlt^ ; les angles qui restent vides entre le fronton cl la bordure de ta dalle se remplissent de réseaoz | de fenêtres rayonnantes ou llamboyantes, d'écussons etilA j mille autres détails. Quelquefois l'ensemble de cette déco- i ration représente la façade d'un édiûce gothique avec M j toiture. Mais, durant les troissiêcles de la période ogivale* I on ajouta h l'image du défunt d'autres figures qui ont du ra[H | porlavcclni. Souvent dos anges tiennent des chandeliers, I balancenU'enceQsnir de chaque côté de sa tête ou lasoa- I tiennent de leur main, quoiqu'elle repose déjà sur ua couc- J sin. De chaque côté, le long des contreforts qui appaïeot
(1) L'inscription suivante CEt grnvcc autour d'une croix, sur une longue diillcruncrniic du XIII° siècle, que l'on voit à Andelot et qui a c(c relevée par M. rérieJ (iUm. de la Soc. arch. do Langrcs) :
Ci (jit Guiîîc dit Loitbart
Que Danic-Dcu (Dominus Deus) traie à sa part
Mil doits cens septante sept
Il dévia sicon (sccundum) Dcu seit (Dcus scit).
Proies celui qui tout a fait
Que de Mlle (sua) ayme marct ait
Si aura it par sa doucour
Que tnul dona pour novc amour
Ans ahbais aux abbcis
Et si randi autrui ehalciz.
Tii qui ci vas la bouclic clause
Garde lou corps qui circpousc.
Tcis cum In cis et je ia fui
l'arcade, oa voit qoeiqnefois le prêtre et les ministres qui Ggurent dans la célébration d'an service ponr les morts. Au XVI* siècle, on rencontre des pierres tombales creosées de manière que l'image do défont ressorte en plein relief ainsi qoe Fencadremeot dont elle est entourée (1).
L'image do défont doit toojonrs être examinée avec nne ecrupoleose attention : je le dis poor les statoes comme pour les gravures en creux. Dans la pose do personnage, dans les détails do costume et les accessoires qui s'y rattachent , rien n'est indiffèrent.
Le P. Anselme assure qu'il y avait des règles déterminées snr cette matière comme pour tout ce qoi rentre dans, le blason. Je ne pense pas qu'dies aient été constamment et aiootieoseflMot observées. Néanmoins je les transcrirai d*oprès le savant faéraldiste ; elles pourront donner lien à des remarques utiles :
« L L^ rois et les princes en qnelqQe part et façon qu'ils mourussent estoient représentei sor leors tombeaux re- Testos de leur cotle-d'armes, leur escu, tymbre, bourlet, couronne^ dmier^ aopports, lambrequins, ordres et devises aa-dessQs4o leur effigie et tout à l'entoor de leors fom-» heêmx (2).
(I) Exemple au musée lapidaire de Langres et à l'église de Charinotlies où ^t la tombe du chevalier Perceval de Montarby.
(3) La cotte d*armes est un petit manteau descendant à la cein* ture ou un peu au-dessous, ou\*eil par côté et à manciies courtes. L ecu est le champ ^«li renferme les métaux el les émaux des armoiries. Le timbre se met sur Técu : c'est, suivant les personnes, une tiare, un chapeau, une milrc, une couronne, un casque. La couronne varie selon la dignité et le degré de noblesse. Le cimier est la partie supérieure <lu casque, aujourd'hui de crins. Les su^ ports sont les anges, les hooimes, ies saavages, les lions, les ai* gles» les licornes et autres animaux qui tiennent Técu ; les hm»
B il. Le« chevaliers et simples gentilshommes ne ponvoieat estre représentez avec leurs cotle-d'ariues, si ce n'est qu'ils eussent pordu la vie dans un combat, bataille ou renconlre, avec la personne de leur prince, on à son service, ou bien qu'ils fussent Diorls et enterrez dans leurs seigneuries, et en ce cas pour donner à connoistre qu'ils estoicnt morls dans leur licl en pleine paix, ils esloient repri^sentez avec leur colle-d'armes desceinle, la leste découverte sans casque, les yeux fermez, et leurs pieds appuyez contre le dos d'uu lévrier, et sans aucune espée.
a m. Ceux qui mouroient te jour d'une bataille oo d'une rencontre mortelle du côlé des victorieux , dévoient estre figurez l'épée nue, levée au poing dexire, et leur escu au senestre : le beausme (casqnc) on teste, que quelques uns ont cru devoir eslre fermé et la visière abbalue. en signe qu'ils esloient morts en combattant contre leurs eonemis, ayant leurs coite-d'armes ceintes sur leurs armes, et au-dessous de leurs pieds un lyon.
n IV. Ceux qui mouroient en prison on auparavant qu'ils eussent payé leur rançon , cstoient figurez sur leurs tombes sans espérons, sans heaumes, sans colle-d 'armes, et sans espée, le fourreau d'icelle seulement ceint et pendant h leur coslé.
» V. Ceux qui mouroient en rencontre ou bataille du côté des vaincus dévoient estre figurez sans colte-d'armes. l'espée ccinle au costé dans le fourreau : la visière levée et ouverte, les mains jointes devant leur poictrine et leurs pieds appuyez contre le dos d'un lyon mort et terrassé.
bretiuins sont des morceaux d'clofTc dccoupcs qui desceodent du casque. Ici, un cnicnd par ordres les insignes des ordres de chevilerie.
o VI Le gentilhomme qui «voit esté vaioça et taéeil thamp-clos, eu combat d'honneur devoit esire figuré sur ^ tombe armé de toutes pièces, sa hache hors de ses bras couchée auprès de lui : le bras senestre croisé sur le dextre.
» VU. Le gentilhomme victorieux en champ-cloS, Ton le figuroit sur sa tombe, armé de toutes pièces, sa haché entre ses bras, le bras dextre croisé sur le senestre.
9 YIIL Quant à ce qui concerne les tombeaux des ecclésiastiques. Ton a de coustùme de les représenter vestus de leurs habits sacerdotaux. Les chanoines avec le surpelis» bonnet carré et aumusse.
» IX. Les abbés , avec leur mitre et leur crosse tournée à gauche (1).
» X. Les évesques avec leurs grandes chappes, les gants aux mains, tenant leur crosse avec la gauche et semblant donner la bénédiction avec la droite, ayant leur mitre sur la teste, et leurs armes à Tentour de leur tombeau tenues par des anges.
» XI. Les papes, cardinaux, patriarches et archevesques sont aùâsi tous représentez avec leurs habits pontificaux (2). »
En général, les personnages ecclésiastiques ont les mains croisées sur la poitrine. Il en eist ainsi pour l'évèque, à moins qu'il ne bénisse de la droite. Au contraire, les laïques des deux sexes ont ordinairement les mains jointes et
(i) C'est-à-dire en dedans et du côté du défunt. On indiquait ainsi qu'il n'avait pas de juridiction extérieure sur les peuples^ mais seulement à riniérieur des monastères. On verra cotte loi bien observée au moyen-âge en toute espèce de monuments; L'abbé et le prêtre portent la chasuble «t non la chape réservéd é rëvèque.
(2) P. Anselme, LePalcùs de V Honneur^ ch. 36;
reïevéM. I,a levretle est coni mu Dénient aux pieds des Tentircs ; le chien se voit aux pieils des honimçs et i]ueli]uefois des ecclésiastiques : le lion est souvent a ceux des ebevaliers. Litrsque ceux-ci sont armés de toutes pièces, ils parlent. outre les armes que nous avons nommées, la ceinture, la dague, des brassards avec cubiiiéres. des cuissards avec genouillières , et sous la cotl« d'armes le hauberl, jaque ou cuirasse de mailles qui protège tout le tronc, depuis les épunles.
Les vâlemenls des femmes, on le pense bien, ont beflncoup varié. Cependant, durant l'époque ogivale, elles sont toujours velues du stircoi, robe élégante dont la coupe dessine naturellement une taille svelte et gracieuse. Souvent un manteau plissé ou drapé largement le cache en partie. Aux Xlir et XIV siècles, on remarque la cotte hardie, à manches justes, et boutonnée Sur la poitrine. L'auniusse e( le vuile tombant de chaque coté servent de coiffures. Au XV* siècle, la robe est h point et décolletée ; elle s'eDricliit de perles et de (jalons.
En général, le sculpteur met du luxe dans les couteaux à gaine, les aumônières, bourses ou escarcelles qui pendent aux côtés des personnages.
Les pieds, les mains, la figure ont été souvent représentés par des plaques métalliques, en cuivre doré oa émaillé. Elles ont presque toujours disparu, parce qu'elle tentaient la cupidité et qu'il était facile de les arracher.
Ces notions relatives à la manière de figurer les morts sur leurs tombeaux s'appliquent à la plupart de ces monuments ; mais il en est dans lesquels on a réalisé des conceptions particulières, principalement au déclin du moyenâge. Telle est la pierre tombale de Guiberl, médecin des rois Jean, Charles V et Charles VI, que Ion voit, près de
LangreH, dans la chapelle de Celsoy , dont il fut le fondateur. On me permettra d'en reproduire la description que j*ai insérée, en 1847, au BulUlin monumental (IJ.
Cette tombe est en pierre de liais, large de 1 m. 45 cent, et longue de 3 mètres. Assis dans une chaire gothique , maître Guibert s'enveloppe d'une longue robe dont le capuchoq est ramené sur sa tête. Il appuie la main sur un pupitre dressé devant lui. Les feuilles métalliques où se dessinaient sa figure et celle des autres personnages, ayant été enlevées* on ne peut pas juger de sa physionomie ; la forme du vide indique assez qu'une barbe vénérable eq^sevelissait son menton. Une banderole formée d'une plaque incrustée et perdue semble sortir d'un nuage.
A la gauche de Guibert, un clerc tient une longue baguette. En face on reconnaît ses élèves, qu'il surpasse de beaucoup en stature; le profil de leur silhouette en creux les montre lisant ou attentifs à sa parole. La scène s'encadre dans une arcade subtrilohée.
L'ensemble des ornements représente une façade en style gothique. La plume ne saurait décrire, l'imagination concevoir une si exubérante richesse. Galeries, pinacles, guirlandes, clochelons, rosaces épanouies sous mille formes, trèfles, rinceaux, nervures, archivoltes étoilées, mosaïques dans la toiture, effrayaptes gargouilles, toute la profusion du XV* siècle s'y répand k Hots, toute sa magnificence se condense et rayonne sur cette merveilleuse tombe.
Cependant, au sein de cet éblouissait nuage, sous les
(i) Il est peu de tombes en France qui puissent rivaliser avec celle-là; mais les complicaiions de ses détails ont empêché jusqu'ici la société française pour lu conservation des mpouments et la société archéologique de Langres, d*eu faire exécuter la gravurt.
(lais en denlclles qu'un habile ciseau a (inemcnt découpés, ressorlenl plusieurs personnages inlOressanls. Au sommet, le Pérc-Éleriiel trône dans la rt^gion des asires et reçoit l'âme du défunl, sous lesymbolu d'un petit corps d'enfant. La nudité des pieds , la barbe, les cheveux flottaols et le nimbe caractérisent la personne divine. Plus bas , six anges, aussi nimbé*, nu-pieds, en longues tuniques, se rangent symétriquement dans une galerie. Denx enceoseot eu alternative, deux portent des flambeaux; les nutreB jouent, celui>ci du violon, celui-là d'une espèce de guilara ou de mandoline. On reraar(|uc de plus les oflîcianls d'ua service funèbre, des acolytes avec la croix et l'eau bénite, le prâtre revêtu des -ornements sacerdotaux, en particulier de la primitive chasuble, ample manteau a une seule ouverlure. Enlîn. la dalle est cantonnée par les attributs emblématiques des évangélisles. Ions quatre ailés et circonscrits dans une auréole en quatre-feuilles dont les lobes sont sér ' parés par un triangle.
L'Inscription est d'un poète naïf el enthousiaste :
Ci gisl la peur à iidcur fine
De science de médicinc,
Maisire Guiberl die de Celsoy,
Lequel vo Dieu penser à soij,
A fait celle cliapelle faire
Et fumlée de grand doairc
Maisire fn es ars excellent
Et en médecine enscmcnl.
De la pratique souverain
Pareil n'avait eu corps humain;
Médecin fu des riiîi de France
Jean et deux Charles saru doublante.
De bénéfices habondance
Ot et du surplus soufisance :
Troi* prébendes cl calhedrautx
Loon, Châhm et aum Meaulx.
A Paris en son bel inanoir
Fini ses jours, por dire voir
Lan de grâce M CCC et X
Et lin ce m*est advis.
An mois d*Aoust près de la fin
Jour de Saint^Augustin.
Priez Dieu de cuertz loial
Que fait doint son palais roiaL Oo voit aisément qu'un G fut omis dans la date. I^e règne du roi Jean i:ommence en 1350; en 1318» Charles V fit une donation en faveur de son « ami phisicien Gui-berl de Cehoy^ pour les bons et raisonnables services par lui rendus. » D'ailleurs le monument lui-même corrigerait cette erreur par son caraclère architechtonique.
A la Renaissance, les dalles funéraires gravées sont moins nombreuses ; on en simplifie les dessins. Les inscriptions« au lieu de leur servir de bordure, sont placées au milieu. On abandonne la coutume d*y figurer le défunt et Ton se contente de marquer sa profession par un attribut à côté de la croix : le calice pour un prêtre, le glaive pour un guerrier. Les statues se couchèrent encore sur les tombeaux , comme au moyen-âge ; mais elles y furent très souvent agenouillées. Le marbre noir est fréquemment employé. Bien souvent les artistes adoptent une idée bizarre et de mauvais goût : la gravure en creux et la statuaire figurent le défunt à l'état de cadavre, à peine voilé par le suaire, ou à Tétat de squelette entr'ouvrant son cercueil au jour du jugement. La mort en squelette armé d'une faulx remplace quelquefois l'image du mort. Les statues en bronze deviennent moins rares (1).
(4) A la calbcdralc de Langrcs, le tombeau du cardinal d r
— asî —
I tombeau dâs Guises, dej fragments, les statues on marbre btaac de Claude At4 Lorraine etcCAnloinelte de Bourbon étaient élenducs sor I DU massif décoré de bas-reliefs ea albâtre. Elles s'abrilaieol à sous an entablement en pierre porté par quatre cariatides 4 d'albâtre symbolisant les vertus cardinales. Au-dessus, les statues de marbre des deux époux étaient agenouillées, les mains jointes, Claude, couvert du manteau ducal, ayant devant lui sa couronne posée sur un suaire ; Antoinette, velue aussi d'un riche manteau et coiffée d'un cfaa- | peron. Aa-desstis de leurs létes se détachaient, sur la n raille, les armes de Guise et de Bou rbon- Vendôme (I).
Les inscriptions funèbres gravées sur la pierre, le m< bre ou le cuivre et entourées da carlonchea, sont souveol I encastrées dans les murailtes des églises. On perpétue aussi j par ce moyen le souvenir des fondations mortuaires.
Il convient d'autant mieux de veiller à la conservation i] des anciens monuments funèbres, tombeaux ou pierres tombales, qu'indépendBmmentde l'iotérfit archéologîqaeqti'ib doivent exciter, ils se recommandent presque toujours par une certaine importance historique. En effet, ils consacrent la mémoire des seigneurs, des personnages distingués par leur rang ou leur fortune, de la localité où ils sont érigé*. Rien n'est plus sage que de soustraire les dalles gravées posées dans les nefs au frottement de la chaussare des fidèles qui tes use comme une lime. Il est facile de les relever contre les murs, sauf à désigner, si on le juge k pro-
Givry, mort en I06I, ëtnit en marbre noir; sa st.itue en bronae était agenouillée, les mains jointes.
(1) Voyez les Mém. de la soc. nruh. Ac Langres , Art. de M. Fériel.
pos, au moyen d*uDe inscription sar les pavés qui les remplacent, le nom des personnages dont elles recouvraient les ossements. S'en servir pour y planter des bancs, des grilles de fer , les placer au seuil des portes , à Feutrée du sanctuaire, là où il faut une grande pierre, parce que Ton y passe davantage, les couper, les retailler, sont autant d'actes d'un inqualiGable vandalisme ; et cependant il n'en est peut-être pas de plus communs.
Si la sculpture des tombeaux est digne de respect, les inscriptions sans lesquelles ils seraient souvent muets ne sauraient être négligées. Nous conseillons de les reproduire par l'estampage. Voici un procédé simple, facile, applicable k toutes les gravures en creux et au moyen duquel noua avons relevé tous les dessins de pierres tombales chargées d'ornements :
Vous nettoyez la dalle ou l'objet h estamper. Vous prenez une ou plusieurs feuilles de papier mouillé, non pas cependant au point qu'il ait perdu sa consistance ; vous rétendez sur l'objet. Vous pressez dessus à l'aide d'un tampon qui le fait entrer dans les creux, sans le déchirer. Poia, avec un autre tampon légèrement imbibé de mine de l^omb délayée dans un peu d'eau ou d'huile, vous le frottez sans pénétrer dans la gravure. Alors vous retirez doucement le papi^, après l'avoir laissé sécher au besoin, et vous avez tous les dessina en creux reproduits en blanc.
Quelques observations sur les nouveaux monuments funèbres ne seront pas déplacées à la suite de conseils qui ont pour but la conservation des anciens.
Selon nous, trois conditions essentielles sont requises, afin qu'un monument funéraire soit convenable pour une sépulture catholique. U faut en bannir les symboles païens; lui donner une forme et des ornements qui mettent en évi-
dcnce l'idée chrétienne de la morl ; eitlin imprimer à l'eiH semble <le la composition un caractère grave et calme a&^ lureltemenl exigé par un tombefiu.
Parcourez les cimetières des Tilles, vous trouverez des | tombeaux carrés, ornés de tétcs de larves et de pleureuse», de chouettes, de Qambeaux d'byménée renversés, d'urne» ' cinéraires, de sabliers ailés ; en vain désirei-vous un signe i de notre foi, une croix, nn mot dans l'inscription |>onr ' rappeler rimmorlalilé en Jésus-Christ. Rien , rien qoc des signes de paganisme, si tant est qu'ils vous oliHgent A ' conclure que là repose un homme plutôt qu'un animal chéri. Cependant chez tous les peuples, môme les plus bar- I bares, la religion a consacré la mort. Il raltaîl une civilisation comme la nôtre pour ôter au dernier sommeil de l'homme le sentiment religieux.
Ne devrait-on pas. au contraire, manifester nettement la pennée chélienne? La croix, et je ne parle pas d'un« croix microscopique, ne ponrrait-elle pas dominer toute rornemenlalion, diriger les regards en haut et faire, autant que possible, partie de la construction même du tombeau? La croix, c'est te salut des morts, c'est la consolation et l'espérance de ceux qui survivent et qui les pleurent. Pourquoi craindre aussi d'ajouter à l'inscription une parole liturgique, empruntée au langage même de l'Église?
Enfin le tombeau doit respirer la gravité et le repos de la mort. Il repousse les sculptures légères, les nudités, les images riantes. Un artiste chrétien saurait néanmoins tempérer cette austérité par quelque délicate allusion, s'il s'agit, par exemple, d'ornementer le tombeau d'une pieuse femme, d'un jeune homme ou 'd'un enfant. Ici surtout, dans le plan comme dans l'inscription et la décoration, nous avons horreur des excenlricitrs. Il est peu de cime-
liëres de grandes villes où plusieurs ne provoquent des érlafs de rire.
Les cimetières, outre les tombes des défunts, contenaient souvent une chapelle dédiée à S. Michel, protecteur de nos âmes : « Libéra animas omnium fideliwn defuncîorum de pcenis infemi et deprofundo lacu ; ne absorbeat eas tarîarus^ ne cadant in obscurum ; sed signifer sanclus Michael reprcesentet eas in Iticem sanctam qtiom olim Abrahœ promisisti et semini ejus. » Ces paroles, chantées par TÉglise à l'offertoire delà messe des morts, le récit apocalyptique du combat livré k Satan par Michel et ses anges ont engagé à mettre sous son invocation les chapelles des cimetières (1). J'ai dit ailleurs que, dans leur enceinte, on représentait aussi le sépulcre de N.-S. au moment où il reçoit la sépulture. Dans tous les cimetières s'élève une grande croix que le moyen-âge sculpta avec un soin particulier. Le fût de la colonnette est souvent orné de Qeurs-de-lis, au XVI* siècle. Des touffes de feuillages terminent l'extrémité des branches. D'un côté de la croix, on représente le cruciffx ; à Fopposé, la Sainte-Vierge tenant TEnfant-Jésus dans ses bras. Us sont quelquefois entourés d'un cercle ou d'une auréole en pierre. Ces sculptures, exposées aux intempéries de Tair, sont ordinairement noires et frustes (2).
Enfin les fanaux de cimetières ou lanternes des morts aontdes piliers creux, des colonnes creuses, rondes ou octogones au sommet desquelles on plaçait, pendant les nuits, noe lampe allumée. On y montait, soit jiar un escalier in-
(i) A Chaumont, Téglisc Saint-Michel n'était primitivement que la chapelle du cimetière de U\ paroisse de S.-Jcaii Baptiste.
(S) Planche V, flg. 5, croi]( de cimetière à Vignory.
— JSb —
lérieur. goil en su iTaDi[K>nnant ans pierres de U tourelle. où l'un oiénageail des vides ou des saillies ponr les pied» et les mains. Le lanteraon clait surmonlk^ d'une crnii. Il y avait à la base du rnoonnient des degrés et une Inblc de pierre en forme d'autel. QuuUiuefois, comnw Si Monlinorîllon et à Foolevrault. la lanlemi) des morts »'dùve audessus d'une chapelle sépulcrale.
Les ouvertures dont nous avons coiislalÉ l'osi^lence ait mur de l'abside d'une foule d'églises rurales, depuis leXIl' jusqu'au XVl" siècle (1) out-elles pu servir à placer une lampe de cimetière? Je ne suis pas éloigné de croire qne telle fut souvent leur destination. La raison du doute, col que je n'ai pas été h même d'examiner la conslrucllnn intérieure de ces ouvertures el de voir si une I«mp« y pouvait brûler facilement. Elles sont murée« ou bien fermées exlêrieuremenl par une forle grille et, du cùlé du «auclualre, par les boiseries des retables.
Quoiqu'il en soil, l'usage de ces fanaux de cimelièrc s'explique par plusieurs raisons. Il peut dériver de l'wwge de plai-er des lampes sur le tombeau des saints. Li lumière de ce phare aurait encore la signiticalîon des lumières liturgiques à rolTice des morts, ou bien elle symboliserait l'âme, tiamme inextinguible qui survit à la diswtution temporaire du corps. Enfin elles pourraient être en niême temps une marque de respect |ionr les défunls et un mojen de dissiper les terreurs des vivants, selon ces paroles du psalmiste : « IS'ontiiiiebiaà limure noctuino... à negotioperambulante in tencbris. »
(1) fiigc 183 de lii |irciuiùrc |iurlic.
VASES SACRÉS. — DYPTIQCES.
SOMMAIRE — Le calice. la patène et le chaiomeao. — Le ciboire et Voêtensoir. — Lef borettrs. — Les vaan des Sointes-Hailes. — L'enreneotr et là narette. — Le llabelhiai. — Les dypiiques.
Tous les objets énumérés dans ce sommaire se rattacbeni au nervice de radtel on à TadministratiôD des Sacrements. Je les réunis sous un titre qui ne leur appartient pas à tons ; mais il est inutile que je précise la dignité de chacun ou qne je me justifie de les avoir rapprochés danâ f^et ordre : Tarchéologue ne saurait éviter tout arbitraire dans la classification du mobilier des églises.
Dès lèâ temps apostoliques, la religion chrétienne a éhoisi pour soi] culte des instruments que Ton né devait plus ensuite convertir à des usages vulgaires. Les canons des Apôtres, dobt TàiltoHté n*est pas nulle, bien que leur authenticité né puisse être défendue qdant à la lettre, disent expre^ment : « Vas sanciificaium nemo aYHpUùs in u$um $uum tantertài ; hoc efiim fit prœter jus et conlrà Uges : si quis deprehensus fueriî mulctetur. » Qui pourrait croire ïjtiô rÊgiîse eût permis de renouveler, pour ainisi dire, le festin de iBs^hhazar, en ne portant point celte loi? S. Jérôme ne craint pas d*enseigner que nous devons accorder au calice la vénération que nnus inspirent le Corps et le S<ing de Jésus-Christ, et c*est dans cet esprit que la discipline ecclésiastique a toujours soustrait plusieurs vases sacrés au contact des mains profanes. Dans les premiers siècles du Christianisme, les vases d*église étaient désignés sous le Dom général de minislcria sacra ; on les confiait à la garde d'un stationnaire ou sacristain qui les tenait sous le sceau.
Voici rf> qu'un lit dans les aclus ilu marlvredeS. ^ilippff d'Héraclée, recueillis par Huinarl : a i'ostero die sialionariux, miniiUriii omuibus ecdviia inventis atque tignaûtt, egrediebalur. »
Du CALicK (1). Od ignore quelles étaieol U aiatïëre la foriue du calice doDt Nittre-Seigneur se servit, lorsqu'il' établit la Saigte-Eucharisiie. A Jérusalem on en conservait un en argent et à deux anses comme étant celui dela Cène: le tëmoigaage d'un évtjque franc, rapporté aai moyen-âge par un moine crédule, ne suffît pas pour Sd garantir l'origine. A Valence, on avait la prélentiuod« posséder la même retique : c'était un vase en agalbe.
L'antiquité nous laisse dans ta niéuie incertitude flor In calices des apôtres. lIonorinsd'Aulun assure en vain qu'il» étaient de bois. Sa parole aurait besoin de preuvi
Les anciens calices se divisent eu plusieurs espèces : le*.calices proprement dits, qui servaient au célébrant pour 1|, messe ; les calices minislùriids, ralires minisltriales, nouimtt aussi parfois aniati, c'est-à-dire à une ou à deux ances, avec lesquels on donnait la communion aux Gdèles sons l'espèce du vin. Ce point de la discipline était généralement abandonné, au XII' siècle, en Occident. Les exceptions accordées à des laïques pour des causes graves, les coDcessiona faites à des hérétiques qui paraissaient revenir à la foi n'étaient pas de longue durée (2). La communion sous les deux espèces se perpétua néanmoins dans quelques moaas-
(1) Sur les lalices, voir les nnciens lilurgisles ; D. Uarlcne, De atiliq. eccl. Tilibtu; Grniicolas, les anc. Liturtf. ; Kraser, sect. 111, art. 4 ; Barraud, Notice sur les Calices.
(2) Benoit XIV. De mcri'san. miss, sacrifie. lib.;,il, c. 22. De rommunianc iiopuli. ^ , ^
lëres. Lebran-Desmarettes dit que les mitiislres de l'autel vont , après la communion de l'hostie , à un petit autel nommé la prothèse : a Le diacre y ayant porté le calice , accompagné de deux chandeliers, tient le chalumeau d'argent par le milieu, l'extrémité étant au fond du calice ; et les ministres, ayant un genou sur un petit banc tapissé» tirent et boivent le précieux sang par ce chalumeau. » Il en était de même à Saint-Denis. Les calices ministériels n'étaient plus nécessaires après l'abolition de la communion sous l'espèce du vin par le peuple. Cependant il est boA de remarquer que« dans plusieurs églises, comme à Saint- Martin de Tours, à Notre-Dame de Paris, on suppléait à la communion sous l'espèce du vin en donnant du vin à boire à tous les communiants , dans un calice consacré. Oo pourrait donc rencontrer des calices d'une capacité extraordinaire et qui auraient servi jusqu'au XVIIF siècle. Il y en avait aussi que l'on employait pour recevoir l'offrande des Gdèles à la messe.
Les auteurs anciens mentionnent très souvent les calices ministériels. S. Boniface, lapôtre de la Germanie, demande à Grégoire II s'il convient de consacrer plusieurs calices pour la communion du peuple. Le pape répond qoMl faut , à l'imitation de Jésus-Christ , n'en consacrer qu'un seul. Il est sûr, néanmoins, qu'une coupe plus petite servit d'ordinaire au célébrant. A plusieurs fêtes, des ordres romains prescrivent de préparer trois calices, l'un pour la consécration, l'autre pour la communion du pape, le troisième pour les autres communiants. On lit dans l'histoire des Francs par S. Grégoire de Tours, qu'il y avait un calice pour la communion du roi, un autre pour celle du peuple. Anastâse-le-Bibliothécaire enregistre beaucoup de grands et précieux calices ministériels donnés par les papes
toit basiliqnes. Au rapport d'Amalaire el des bm^apbes (le Saint-Remi , cet évûque avait fait graver sur un calice les vers suivants :
( BavTÏat h'mi: papulux vitam de sanguine tacro, fnjiTto tflcmui quem ftiâit rulnerc Chmlu*. liemiffiiia TEddit Domino «ta vnUt nacirihiii. i
Il ^/ avait encore tes calict;.o baptismaux <|ui servaient i la communion des nouveaux baptisés , ou dans lesquels on metlnît le lait et le miel qu'ils prcoaieiit, selon cette parole de l'apôtre S. Pierre : n Quasi modii <jeniti infantes Jac et nul concupiicile, et en signe qu'ils entraient tlans la Terre de promission où coolent le lait et le miel de la grâce.
Enfîn les églises avaient des calices d'ornement que l'oD plaçait sur les autels ou que l'on suspendait par des chaînes, comme les couronnes de lumières. Les Coulumesde Saint-Bénigne de Dijon disent ; « Anté Primant calices aurei ceteragtK ûrnamentonim insignis super allart ponuntur, , nec auferuntur quousqué sexla finiatur (1). »
Si on considère les calices sous le rapport de la matière. on reconnaît qu'en général il n'est aucun objet servant au culte dans lequel on se soit elTorcé de mettre plus de prix. Leur richesse était communément en raison de celle des églises ou des donateurs. Suger ne comprenait pas que l'on pùl hésiter à prodiguer ici les trésors, après que Dieu avait ordonné d'emploj'er l'or pour les vases qui recevaient le sang des boucs et de la vache rousse, durant la loi mosaïque. S. Benoit d'Aniane, au contraire, ne voulait pas de calice d'argent. Ceux avec lesquels il célébra étaient de bois; il toléra ensuite le verre et l'étain. S. Golomban adopta les
(I) (^|i. .'i. Ik Miir. j\:itliv. i}(iiii)i. tujnniiir.
l^alices d'airaio ed mémoire des clous qui persèrent les membres de Jésus cruci6é. Ou a retenu cette sentence de S. Boniface de Mayence, répétée au concile de Tribur, sons Formose, en 894 : « Quondàm sacerdoles aurei ligneis calteibus utebantur^ nunc è cantrà lignei sacerdoles aureis tituntur calicibus (1). »
Je ne m'arrêterai pas longtemps à montrer , par des textes, que tout le monde a sous la main, la variété des matières dont on a fait les calices. Il y en eut de bois. Léon IV les proscrit au IX^ siècle. Au Xr« cette défense est renouvelée par un concile de Rouen (1074) : « Ut calices non sint œrei %>el lignei (2). Le bois pouvait s'imbiber du précieux Sang, et conséquemment il n'était pas convenable. En outre, il est sujet à la corruption, et son peu de valeur aurait eu quelque chose d'indécent dans une riche église.
Il y eut des calices de verre. S. Exupère de Toulouse, pour secourir les pauvres, échangea les vases précieux de son église contre un panier d'osier où il mettait le corps de Jésus-Christ, et contre un calice de verre pour recevoir le sang divin (3). S. Hilaire d'Arles et plusieurs saints évèqoes pratiquèrent la charité en vendant ainsi l'or et Targeni des vases sacrés qu'ils remplaçaient par des vases de verre (4). Le verre était une substance honorable, et sa
(1) Cette parole mofdaiile, el dont on a souvent abusé, a été méchamraeni appliquée à la crosse cpiscopale. Assez de faits dnns rhistoire montrent que ceux qui possèdent un calice ou une crosse d'or savent au besoin revenir a la croix de bois.
(2) Labbe, col. 313, tome X.
(3) S. Jérôme qui admirait ses émincntcs venus, dit de lui : c Sanguinem portai in vitro. >
(4) Voir les faits rapportés par Grnncolas, op. cit. Voir aussi la notice sur les calices, par M. Tabbé Baraud, au Bull, monum^
tramparenre pfrni«irail au (iréire de s'iifssun-r dm la malière de In cuo-f^cralion. Mn'n -«a friigilîit^ le fil condamner. ■ Lo précieux gnog y Olail en (M^riî. el le respect f|iie l'on duîl a» raliee coiisacrt oblige à le fabriquer de sorle qu'il db se lirÎM pas irop facilcmcnl. Léon IV prohiba lesralieestle •erre en niôiiic Icnip* que ceux de bois : « Ae <pii» ligato attt Hireo calice nudcal missam rflebrare. » Cependant, au X* MÎècle . les inuines de S. Winoe s'en servaJefil encore : 0 Addtre posnem. <lil 0. Marlèoi-. S. WinoH monochoi qui s(Kulo rtiàm ilecimo vaxe cilreo ulfbanfur ad sacrum mitstf taerificium oH'nendum (t) : » et it ) a quelques exemples de calices en crislnl poslt^rieurs à celle date.
On en fil de corne. Le cunrile de Calchul les inlerdîl en 787 : ci AV de cornu boris euiix aut pateitn ftertl ad sacrifirandum. tjuii'l dr tanguine «uni. » Il y en eut de marbre ci d'ivoire. Ilan« te teslanieni du comte Ëvnrtl. Tondateur d'une abbnje au diocèse de Tourna}' (837), on lit : a Calîrem fbameum rum patenà paratum unum ; eatktm de nnce rt argento rt auro paratum unum. n
Lis calii'esiléuiu ont i:ti^ rcjuliï:!, ;i causi; de leur pau~ vreli^ . saus doute, par divers euncilcs et constitulîoDS ecclêsiasiiiiiK's ; mais il est plusieurs saints personnages, iiurtoul au suin des ordres religieux, qui les ont adoptés par esprit de pauvreté et d'humilité. Ils ont élè expressément tolérés jusqu'à noln^ temps pour les églises absolument dénuées de ressources.
Les calices de cuivre furent uussi en usage : nous avons cité l'exemple de S. Columban. Uu ctniilc de Reims, au VllI' siècle, les condamne parce qu'ils engendrent uue
(I) D. Marlèni', lie mil. ni;mcli.
Irouille capable de provoquer des vomissements. On exigeii dans la suite que les calices de cuivré fussent dorés au moins au-dedans de la coupe.
Nous avons établi ailleiit^s (1) que les églises des trois premiers siècles possédaient déjà des richesses considérables et entre autres des calices d*or et d*argent. Ce sont les matières que rhistoire mentionne le plus souvent. Que Ton ouvre le livre d'Ânaslase-le-Bibliothécaire, les calices ministériels et les calices ordinaires d*argent et d*or y paraissent, pour ainsi dire, innombrables. Ils figurent au milieu d*autres vases : ama, amulOj canthara^ gabata^ j^ropl*e^ à renfermer Teau, le vin et d*aulres offrandes. Etcen*est point seulement à Rome qu*on les rencontre. Il y en a de semblables en Afrique, en Espagne, chez les Saxons et parmi les barbares qui sortent à peine des eaux du baptême. Un inventaire des vases de Téglise de Carthage, pillée par les Donatistes, mentionne a deux calices d'or, six d'argent, six amphores ou amœ d argent,' cuccumellum orgenteum ou vase d*argent à large panse et ptopre à être mis sur le feu (2). » Gbilpéric rapporte de son expédition d'Espagne a soixante calices, quinze patènes, vingt étuis OQ couvertures d evangéliaires en or très pur et garnis de pierres précieuses (3). » Dans la vie de Saint-Ina, roi des Saxons occidentaux, an VIIP siècle , je lis une curieuse description d'une chapelle qu'il offrit au monastère de Gladston, en l'honneur de la Vierge Marie : <c Ad capellam illam construendam duo milita et sexcentas et qiuidraginia
(i) Première partie de ce cours, page 123.
(2) Baluze, MiscelL lome II, p. 90.
(3) S. Grégoire. Htil. franco c. 10;
littrat argenti dunavit ; ei aUare ex âitcenlH ei trx4igûH» qualjior lUirit atiri eral. Un calico cl sa paii'ne de dii lî- \rcs cil or. Un encensoir d'or de huU In res ol vingt mar«. mancis. Un candélabre de do«ïe Ii\res el demie en argent. Descotivcriures d't^vaiigf'liaires de \ingl livres el quarante marcs d'or. Des vases pour l'e.iu cl autres loscsdauli'l. de soixanlc-dix livres d'or. Des jilnts d'or de Iiuil libres. Un vase pour l'eau bèoilede ving( livres en argeoi. Le« images de N.-S., de la B. Marie , des douze apAlrcs, du |>oitIs de cenl soixanle-quinze livres d'argeiil el de vingl-huil d'or. l.es vêleiDfnls d'aiilcis cl les ornemenls sacerdotaux habîlemenl lissus et relevés parlotit d'or el de pierres précieuses (t). »
Les calices en pierres précieuses ne sont pas très rare*. Urucehaut en donna un eu unvs à l'église d'.'Vuncrre; S. Bernehard de llildeshcini, au X' siècle, en posséda d'onvx el de rrislal ; Vicier III en légua deux d'onvx au .Munl- Cassin. Il v eu avait plusieurs à Saint-Denis, avec coap«s en agatbe el en cristal de rocbe.
Les oroemenis des calices consistent en ciselures qui reproduisent le slvie (le ta srulpliire au temps de la fabrication du vase ; les feuilles, les (leurons, K<s enroutemenls, les moulures qui servenl d'encadrement aux médaillons historiés ou qui enclidssent les pierres précieuses rappellent, les grands ouv rages de l'époque. Les pierres précieuses se plaçaient principalement sur le pied et au na'ud entre le pied et la coupe. Celait surtout au pied el autour de la roupequet'éiuai Heur appliquait ses coniposi lions bisluriéts. Il faisait ruurir les nielles à la lige el sur tout l'extérieur
(tj HiillaiidiflL'^, »u l> f.
du vase. Ce genre de décoration parait dès le VIP siècle et se maintient jusqu*aux temps modernes. « On nous fit voir à Chelles, disent les auteurs du Voyage littéraire^ le calice de S. Éloi dont la coupe est d'or émaillé. Elle a près d'un demi-pied de profondeur et presque autant de diamètre/ le pied est beaucoup plus petit. » Mabillon dit, dans son commentaire sur un ordre romain, que le calice de S. Malachie, conservé à Clairvaux, était orné à la lèvre de quatre petites clochettes. D. Martène et D. Durand n*ont pas noté cette circonstance ; mais D. Gerbert observe qu'il y avait plusieurs calices de S. Malachié (1).
A S. Josse-sur-Mer, on gardait un calice, dit de S. Josse, en fonte, d'une forme basse, mais à coupe large et muni de deux anses. Sur la coupe, le Christ siégeant entre S. Pierre et S. Paul; de l'autre côté un agneau entre deux anges. Sur. le pied on voyait quatre figures de saints avec le costume de leur ordre et accompagnés d'inscriptions portant leur nom et leur titre, un prêtre confesseur, S. Martin, S. Benoît, S. Vedast. On lisait de plus sur ce calice :
c Cum vino mîxta fit Chrisli Sangtiis et unda. Talibus his mmptis salvatur quisque fidelis, >
Les anciens calices diffèrent généralement- des calices modernes en ce qu'ils sont moins élevés, mais plus solides sur le pied. La coupe est plus large ; les bords sont droits et ne tendent pas à former une lèvre ou à s'ouvrir comme
(I) «Nouseàines l'honneur de dire la saiiUe iMesseavccIe calice de S. Bernard et avec celui de S. Malachie. Ils sont tous deux si petits qu'ils n*ont pas un demi-pied de hauteur ; mais la coupe est fort large et peu profonde. > Voy, lUl, Voyez Gerberl, Velus litur.atem. Dis. IH, c. 2, p. 219.
la corolle d'un lis. Celte dernière ilisposilion est ïncoDimoiIa et dangereirse. Les calices des derniers siècles ont assea BOuveol la coope en or ou dorée, contenue dans une espèce de réseau ou d'enveloppe ciselée à jour et que l'un pourrait comparer aux calices qui soutiennent les piMaltts des Heurs. Les sujets historiés ciselés, frappés au repoussoir, son! or-i fliDairement empruntés à la passion de Notrc-Se>gneur. La vigne et les raisins y paraissent souvent , et toujours le pied porte une petite croix en creux ou en relief qui indique au prêtre, pour la messe, la parlie antérieure (lu , vase sacré. La forme arrondie prédomine dans la lige des calices muderoes : il y avait sous ce rapport plus d» variélii dans ceux du moyep-âge (1). |
De la patènf.. Ce que nous venons de dire au sujet du |' .calice peut s'appliquer en partie aux patènes. Nous reirou- ' yuns, en cITet, les mêmes matières : verre, corne, îvoiro, cuivre, étain, argent et or (2j- Les émaux, les ciselures, les jj perles et les pierres précieuses décorent le dessous du disque. Flodoard dit, en son histoire de l'église de Betma : aCalicemmajoremcum patenâ l'ecit exauro, tapidumque pretiosioTum illuslravit nitore (3). u II y a de petites patènes pour le service particulier du prêtre et de grandes, en forme de plats, qui correspondent aux calices ministériels : cellesci pèsent vingt, trente livres : « //œc dona constituit [3. Silvestre) patenam argenteam pensantem libras XX , ex dom Çonstantini Augusti ; a et p| us loin : a Patenas argenUa»
(1) PInnche VI, fig, 1 cl 3.
(3) Il y eut même linsiquc ledcmoiitrc
(3) Lib. 111, c. 5.
(3) Il y eut tnëmej mais par exception, des p mènes d'osier, ^insi que le dcmoiitrc le Tuit déjà ciié de S. Exupèrc de Toulouse.
J[III pensantes stngulas libras XXX (1). » Elles avaient souvent des anses ou des oreillettes. Dans quelques diocèses, le prêtre qui distribue la communion tient à l'index de la main gauche, par une petite anse, une espèce de patène nommée en latin scutella. Placée sous les lèvres des communiants et au pied du ciboire, elleTecevrait Thostie <|u'un accident ferait tomber.
Les ornements extérieurs de la patène représentent soufrent des personnages ou des scènes historiques plus ou moins en rapport avec le Saint-Sacrifice auquel elle doit servir (2). La rubrique de certaines liturgies prescrivant ^e la donner à baiser aux fidèles, y a fait graver le plus souvent une croix ou Timage de Noire-Seigneur (3).
D'après les idées symboliques du moyen-âge, le calice représente le tombeau de J.-C, et la patène la pierre qui <n fermait l'entrée. Lecorporal est le suaire du Seïgneur ; le voile qui le dérobe à nos veux montre la nuit qui se fit <au dernier soupir du Christ, et la nuit spirituelle qui cache à la raison le mysterium fidei.
Chez les Grecs, les patènes se nomment disques. Il en «st qui ont un fermoir à charnières. La différence des rites ^ dû nécessairement introduire une différence dans les objets qui servent immédiatement au Saint-Sacrifice. C'est de là qu'est né, en Orient, l'usage de ce que le P. Lebrun appelle Yéloile de la patène. L'hostie sainte, placée dans le
(1) Anastase. Vie de S. Silveslre, Op. ci(.
(2) Planche Vf, fig. 3.
(3) Je ne parlerai pas des plats et des coupes ordinairement en cuivre, qui servent pour les quêtes et pour rofTraiidc. H en est <]ui remontent au moyen-nge cl que rarclicologue ne doit pas mépriser.
tliiiqiie, ost recouverte en parlie par dcuiL arcs il'or on d'argent qnj se croiseol et la protègent contre les contacts des voiles doitl tes liturgies urieiilales pre^riveot l'euiptoi. Cet iustrumeut se oomiae atlerel signifie, d'âpre les lilui^tstes les plus accrédités, l'éloîle qui guida les Mages à Bethléem : « I>iii>n5 SieUa suprà ubï eral puer. »
Ouelqnea mots mainleDaDt sur les boslies. Ouraot le» premiers siOcles, le pain eucliaristique ne ditl^re en rien de relui qui servait à la nourriture ordinaire . puisque tx sont les lidéles eu\-aiènies qui le roiirnîssenl. La crainte d'abus Doaibreux et des raisons de haute convenance lircDl cesser cet usage, et le pain qui devait èlre consacré devint l'objet d'une préparation spéciale et souvent réservée (!].
De bonne heure, en Occident surtout, la forme de l'hoslie fol circulaire, ce qui lui fit donner les noms de corona. de nummus, de rotiiUi et de lirculus : n Panis consccrandus, dit ilonorius d'Autun, t'ii modum àenarit formari vtl fieri de~ bel (2). V Jusqu'au XII° siècle, les pains destinés à la communion des fidèles étaient plu^ grands qu'aujourd'hui . puisque les rubriques ordunnaienl de les ruiujire. Plusieurs ordres anciens prescrivent d'en placer les fragments « in sacculos acolijthorum, ne quiil cr fracUoiie eiichariMici patiis in terram deciderel. >•
Dans le principe, on y figurait seulement une croix, comme le prouvent d'aneiËnnes peintures, celles surtout
(1) Plusieurs saints iursonmigcs en faisnicnt une de leurs |ilui iluuues uci:U|ialioni : S' Itndegiiudc, S. Veiicc^las de Boliémc , S' Julienne Fitleonicii, ci beautoup (i'uuires (ju'on pourrait cîlcr. Itien u'e^t |ilus ëdiliaiil i]ue le suiri a|)|itirLé dans les monnstèris â la conreclion du (laiii cucliarisliquc : 1>. lUnrlèiie, De anli^iù* mouachontm riiibus.
(3) Honorius d'Aulun. Gemma animic.
de S.-Laurent-bors-des-Murs. Le deuxième concile de Tours 9 tenu en 567, proscrit tout autre dessin. Cependant, dès le Xir siècle, Timage de Jésus-Christ était déjà plus commune que la croix simple : « Ideà imago Dotntm\ dit encore Honorius d'Autun, in hoc pane cum lilU' ris exprimitur , quià in denario imago et nomen impera^ taris scribitur. d Aujourd'hui, celte môme image de Notre- Seigneur crucifié, attaché à la colonne de sa flagellation ou sortant du tombeau, est le sujet communément imprimé sur les hosties. Il convient d'autant mieux qu'il est autorisé par des apparitions miraculeuses (1). Toute autre figure, même celle de la Vierge, que parfois l'on y dessine, serait moins bien placée sur les saintes espèces (2).
Le pain eucharistique des Grecs est rond, carré ou même en croix à quatre branches égales. On y imprime des croix et les lettres grecques ICXG NICA, qui rappellent le triomphe de J.-G. Le prêtre le divise en morceaux au moyen d'une lancette dont le manche se termine ordinairement par une croix et qui symbolise la lance avec laquelle le soldat perça le côté de Jésus crucifié. Les cophtes figurent sur leur Corban (3) une croix plus grande, emblème de J.*G., environnée de douze croix plus petites , emblèmes des apô-
(i) Voyelles vies de S. Raymond de Pennafort, de S* Julienne Falconieri, de S* Agathe, de S* Hildegonde, 5 fév. apud hollande p. 7Sâ. — On trouve de semblables exemples dans le père Boni* face Bagatta : Admirandus orbis Christiania C. 2, lib. 3.
(2) Il ne parait pas qu'il y ait eu des moules ou fers à boslies avanl le IX* siècle. A partir de cette époque, Tusage de ces instruments se repandit et devint général. On en rencontre parfois qui remontent à plusieurs siècles et qu'il est important de conserver.
(3) C'est le nom que donne à leur pain eucharistique le père Micliel Wansleb d'Erfort, auquel nous empruntons ces détails.
trcs. Anlour du carré qui les renferme es! grav^ en lellres i coplites le trtsagion : Agios d iheos.
De ciiALiTMEAU. PouT la coiiimunioii du calïcff, on se | servait, ea Occident, de fislules , nommées aussi cbalu- | meaus, syphons, canules, et en latin luhuli, pipœ. arun— dines. Ces (ubes droits, s.tns aucune courbure et quelquefois pourvus d'une anse, étaient d'argent, d'or, d'ivoire oiï j d'autres malières. Après la communion, le diacre sufait !« | chalumeau euchsrisliijue et il en Taisait l'ablulion avec du J vin. Cet usage a duré jusqu'au Xll" siècle dans quelques ] parties de l'Europe, jusqu'au XVT dans plusieurs couvents, jusqu'à la révolution dans les monastères français deS.- Uenjs et de Cluuy. Nous avons sur les clialuineaux cucha- I ristiqncsdes témoignages qui remon(enI au IV siècle. II e est question dans la poésie qui précède le traité de PaschasB' j Ratbert sur le corps et le sang du Seigneur (t).
Lorsque le pape célèbre solennellement la messe, il communie encore avec le chalumeau , ainsi que le diacre et le sous-diacre. Les auteurs ne s'accordent pas sur la raison dece riteaboli partout ailleurs. Les uns pensent que Rome l'a gardé en mémoire de l'ancienne et générale discipline. Selon d'autres, c'est une mesure de précanlion qu'il convenait (le prendre pour éviter l'elTusion du précieux Sang entre les uiains des papes qui sont, pour l'ordinaire, débilités par l'âge. Mais Rocca fait observer sensément que le pape ne communie point aia^i aux autres messes et que l'explication ne vaut pas pour le diacre et le sous-diacre. Il donne ensuite son opinion : le pape communie au moyen
(t) Un écrivain de hi {mliciilc A1lcin»<;iic n consncré n teiirlijstoirc un ouvrage sjiccial ; Vogl, Ilisluria fisluliv eucharistica:. Brème, 1740.
du chalomeaa pour rappeler le roseau avec lequel on présenta au Sauveur Féponge pleine de vinaigre (1). Le diacre et le sous-diacre, en communiant de même, rappellent la participation des hommes à la passion de Jésus-Christ f2).
Les Grecs ne se servent pas d*un chalumeau, mais d*une cuiller avec laquelle on prend le Pain consacré teint du précieux Sang (3). Cet instrument, nommé en grec labiSf figure celui dont un séraphin se servit pour prendre le charbon avec lequel il purifia les lèvres du prophète : o Chrtstus enim carbo vivus est^ dit S. Germain de Constantinople, indignos e( temerè accidentés exurens. »
Pu CIBOIRE. Le ciboire qui renferme la Sainte-Eucharistie déposée au tabernacle, a succédé aux colombes, aux tours et aux coffrets ou boîtes dont nous avons parlé en traitant de Tautel. Autrefois on mettait les hosties sur la patène pour la communion des fidèles à l'église; depuis que Ton a réservé les hosties pour les communiants valides, CD a dû les déposer dans un ou plusieurs vases propres à cette fin. De là le ciboire. Son nom vient de cibus , parce qu'il contient le Pain supersubstantiel , à moins qu'il ne le tire de l'ancien ciborium avec lequel il n'est pas sans analogie de forme pour la partie supérieure. Le ciboire, par sa dignité, est presque sur le rang du calice et de la patène ; on le fabrique des mêmes matières précieuses, et il reçoit
(i) Ce symbolisme est aussi indique par Cnsalc et d'autres liturgistes. 11 est à remarquer que les chalumeaux portent souvent le nom de arundines, ainsi que nous l*avons déjà fait observer.
(2) V. Roccn. De Solem, comm, sum, Ponlif. Tome I" de ses fcuvres. Nous donnons le dessin d*un ancien chalumeau, planche Vly fig. 4. Il est tire de D. Gerbert, Vetiis liturg. alemanica,
(3) Planche VI, fig. 5.
(]«s ornements semblables. On a coutume de l« revMir d'ui ^ pavillon du soie ou de velours qui rappelle celui du luipûtisoriuin el les voiles qui tapissent l'intt^rieur du tabernacle ou qui le recouvreul, mCme exti^rieuremenl, dans beaucoup il'i^glises. Il est possible que , parmi les espèces de vases qui renfermèrent, au moyen-âge, la Sainte-Eurlia- | ristic, quelques-uns aient ressemblé aux ciboires xcluels. Je suis porté ù le croire particulièrement des pyiidcs dual les ciboires ont retenu le nom et qu*on voit anciennement au nombre des vases sacrés : u ProottUaiur ut m pjfxidi mundâelhoiiestàhosliaresereelur, n diluncoacilrd'EvreuSi en 1 l'J5.
Lorsqu'on esamine ccrlnini-s sculptures ou mioialurtt anciennes, on trouve parfois, mêlé aux autres instrumeoU liturgiques, un vase en forme de doUam, Plusieurs auleurt t'ont pris pour un vase eucharistique, destiné à conserver i le précieux San^. comme le ciboire conserve l'hostie coa* 4 sacrée. Le R. P. Cahier, qui a eu l'occasion de décrire on ivoire sur lequel est gravé un barillet de ce genre, n*ow se prononcer. <( L'existence d'un vase eucharistique, ditil, qui fut un vrai dottum, est simplement probable pour moi (1). » Voici, du reste, les raisons que le savant jésuil» apporte à l'appui de ce fait qu'il n'admet cependant, comma nous venons de le voir, que sous bénéfice d'inventaire. S— Ambroisc, en parlant du laberuacle cbréticn, se sert rtr — " expressions suivantes : 'i Ifiî arca Testainenti undique gtir^r^ lecla, id est doclrina Clniali... Ibi dolivmaureum kabetm, — : manna, yeceplacutttm sciltcet spiritalîi alimonicE (2), v ^S^
(I) ilélangcs d'Archéologii; seriiiiiie lÎM'iijsoii du "2' koluinc. {1} S. Amluoisc, Kpini. IV ad Fc/ir.
Ambroise écrivait à l'évèque de Cômc et l'exhortait à une vie sanctifiée par la prière ; il oe serait donc pas surprenant qu'il rengageât à chercher Tesprit de science et de piété en présence de J.-C. caché sous les voiles du Sacrement. Tant que subsista Tusage de donner la communion aux laïques sous les deux espèces , on réservait souvent l'une et l'autre, dans les principales églises, afin de pouvoir donner le Viatique aux mourants. Dans ce cas, un barillet d*or ou d'argent n'était-il pas franchement le vase le mieux approprié à une destination aussi délicate? Outre qu'elle indiquait assez clairement le contenu, sa forme prétait à une fermeture exacte qui pût prévenir toute effusion dans le transport.
Ob l'ostensoir. De tous les vases sacrés ou liturgiques, voici celui qui offre le plus de variété dans sa forme, ses dimensions et ses ornements. L'ostensoir est destiné à mettra en évidence la Sainte-Eucharistie, quand on l'expose à l'a-» doration des fidèles. De là les mots : osiensorium , ostensoir (1), et monslrantia. monstrance. Assez souvent on Tap* pelle solet'l, parce que le cristal à travers lequel on aperçoit l'hostie consacrée, est communément entouré de rayons d*or ou d'argent, imitant la représentation vulgaire de l'astre du jour. On trouve enfin, appliqués à l'ostensoir, les noms de Custode et de Melchisedecs ; le dernier rappelle le saint patriarche qui vint à la rencontre d'Abraham, portant dans ses mains le pain et le vin qu'il devait lui offrir.
C'est au XIV" siècle seulement, plusieurs années après J*institution de la Fête-Dieu, qu'on commença à exposer
(t) Dérivé de ostendercj montrer. Le mot monstrantia, tiré de mnnstrarr, offre le même sens.
— »ii —
la Sainle*Hoslie sou^ le criblai îles nionslranm. L'uMge qui iiuit alors ilc Tairv des procc!>9iuii$ iriumpbale-s dosil iialurellement avoir pour résultai de duoner une graudc io) porta net- à l'usleosoir, celle espace de labcrnade porlalifelIraiiKparcnl. coumiC' on l'a défini (I).
l.es pretuiors astcusoir^ cuiisisUiicnt l'u uac 6ÎmpK' boite garniu d'uu wttc, suriuonlvc d'une croîs i-t po>ant sur UD pivd gt'ni^raleiiienl aaci bas el de forme ovale ou oclogoue. On cite plusieurs vases de celte espace servant â la fois de iQonstrancc et de ciboire. I.a lin du \IV* biècle til □atlre l'ostensoir à luurcilL-. t«s luiniaturn de l'époque nous en oITreut plusieurs, percés à jour sur leurs quatre faces. Eu venu de celle loi baruiDiiiijui? que uou» avoua déjà iigaaiée, tous les délaîls de leur urueweutalion reproduisent le stv le arcbitecloniqucqui llorissiiil alors ^2). hèi |p régne de Louis Xlf , la forme de soleil inusitée au inoyea> jlgc cl niaiotenaul doiuiuante, cuuiiueuce à so uroalrer ; uo la voil ravouner dans un manuscrit de la Sainle-Cbapelle, au milieu de la lettre majuscule qui ouvre l'office Je la Ftle-Uifu. lille si' produit aussi, (juuique lîuiide eucore, daDs une niuiislraiice donnée, par Cliarles V. h la cathédrale il'Ai\-la-Cbapi!llo. L'ordre de Citeaux avaitune
(1) Quuii^u DU ne ^aclie )ins :iii jusie raïuu-c où surtil, pour la |iit:iuii.Vc fuli, la iiruefssiuii ilu S.iiiil-Suirtinciii , il esi ccriaio qu'elle se faisaiui Sf ,is n. 1320. ii Clr.nn-s cri 1330. el «joc 1*m- |iusiiion lui Csl riiUt.iLile île >.i iiiii>sjiii'[', tiicii i|ue, daus le {triovi|ic , (III n'j uU i>;i* i»ii Iv l>-a ^aiiilCj-Esiiêtes a jécoutcri. — Voir Thiers, Tràilc ih i'cjrpotiliiin du S.-&ier.
(2) On rC|ir<-fciUc prilitiairi inuiil S" Cliirc avec un ostensoir (If ce f;ri:\ ,:■.'.-. , . ' . - . i[ t'onlri'iJït rortuel- U'Uictn ■ , 'le j.rii^le Irèi-saim ^ac^elllCIl[ ciiftTiiio iii i iijiwi uiiicnh'i't hiini chiir iiiflutà. Mais nous jugerun:. ci'i iiifxactiuidc; eu icoiu'graiil.ic.
espèce d*osteDSoir gracieux et symbolique. Une vierge tenait dans sa main le tabernacle qui renfermait les Saintes-Espèces et qu'on appelait pour cela la smpense. Au temps de Tabbé de Rancé, ce suspensoir, inusité dans les autres églises, fut traité d*innovation, ce qui donna occasion au saint religieux de composer les distiques suivants :
< Si quœras natum cur matris dextera geslat, Sola fuit tanlo munefa digna parens.
Non })oteral fungi majori munere mater ;
Non paierai major dextera ferre Deum [i). »
A Marseille, la statue de la Sainte -Vierge servait aussi d'ostensoir dans les processions ; par un privilège spécial, on plaçait entre les bras de la Vierge une boîte de vermeil, ornée d'un cristal et contenant la Sainle-Hostie.
Il n'existe aucune règle qui détermine les dimensions de l'ostensoir ; aussi trouve-t-on. sous ce rapport, des différences considérables. A Notre-Dame de Paris, on en voyait un qui mesurait cinq pieds en hauteur et qui était enrichi de précieuses ciselures.
La matière des monstrances n'offre pas moins de variété ; l'or, l'argent, le vermeil, et à côté, le cuivre ou l'étain pour les pauvres églises. L'ostensoir de la cathédrale d'Eichstat pèse 40 marcs d'argent : il est enrichi de 350 diamants, de 1,400 perles, de 250 rubis, sans compter les autres pierres moins précieuses. Celui de Notre-Dame de Paris, dont nous avons signalé la grandeur, était en vermeil et pesait 300 marcs ; l'orfèvre Ballin l'avait achevé en 1708. Bien qu'il y ait une grande liberté dans le choix
(1) La Trappe mieux connue, 1834.
— Si» — de \» matière, il faul. en ce qui coDccrne le cristal el Im
croissants, se cflofonner h cetle prescriplion du (jualrième concile <le Milan : « Taheritaralum qaod ageivUs proeetsionibm. vtl erpaitmda sacra asiitt mui r$t. pellucido vitro vsl chni$talto eirntmdalam sil... ipaa aulem lunula tallem cum supposito parviilo scuto, fx argenlo contlfl. n On préfèn avec raison la lanetle qui entoure el préserve Tbostie entière au croissant qui en protège seulement les bords in- Krieurs.
On sculpte ordinal remenl sur le pied, des anges ua des vieillards adorateurs, le ptïlican symliolique, l'agneau im- Uolé et d'autres emblèmes qui se rapportent h l'Eucba— rislie ; autour de la lige, les ciselures s'allongent en épis el s'enroulent en branches de tigne. Une crois, placée audessos des ravons. domine toute l'omenico talion. Il eal d'usage, lorsque la Sainle-Hoslie est renrermée dans l'ostensoir, d'orner cette croit d'une couronne royale où, bien souvent, les pierres tes plus précieuses élincellent. Nous n'admirons pas les aigrelles. t^s fausses perles, les oroemenls en paillelles de couleur el d'or qui remplacent quelquefois la couronne simple et grave.
Des Bi'BETTES. Durant les premiers siècles, les fidèles fouroissaienl eu\-mèmes le vin qui servait de matière au sacrifice. Des vases, appelés scyphi. gemelliones, et plus communément ama- ou ainutir , selon leurs dimensions, étaient préparés pour recevoir celle oQ'rande. Tous ceux qui assistaient au Saint-Sacrifice, communiant alors sous les deux espèces, la moindre de ces urnes ou amphores devait contenir beaucoup plus que les burettes d'aujourd'hui. Aussitôt que le peuple cesse d'offrir le vin, les burettes preooeni a peu près la forme actuelle el le nom d'ur»(>Ji qu'on trouve pour la première fois dans one lettre
do B. LanfraDC (I). Quant au terme français de burefle, il vient, dit-on, du vieux mot butretle^ dérivé lui-même de buis, parce qu'anciennement le bois de cet arbuste aurait presque exclusivement servi à la confection de ces vases liturgiques.
Si maintenant nous considérons les burettes sous le rapport de la matière , nous trouverons les mêmes variétés que pour les calices. En première ligne figurent Tor, l'argent et les pierreries incrustées. Anastase nous apprend que souvent les papes donnèrent des vases de cette espèce, pesant jusqu'à dix livres et plus : « FecU amas argenteas Fi, pensantes Itb. XIII; scyphos duos pensantes singuli lib. JiT (2) . n Il y en eut de bois. L'étymologie que nous avons donnée du mot burette suffirait seul à le prouver. Il y en eut aussi de corne. L'étain s'emploie dans les églises pauvres; mais le cuivre est dangereux ; quant au verre ou au cristal, il convient parfaitement à raison de sa transparence.
Beaucoup de burettes offrent une riche ornementation qui consiste principalement en moulures , arabesques et feuillages ; plus rarement le burin de l'orfèvre y a gravé des médaillons historiés. Il n'en fut pas toujours ainsi, surtout aux premiers siècles : leurs dimensions, bien plus considérables qu'aujourd'hui , présentaient alors un large champ au travail de l'artiste. Bianchini , dans sa belle édition d'Anastase-le-Bibliothécaire , a reproduit deux âmes d'une haute antiquité. Sur l'une on voit un bas-relief représentant les Noces de Cana et le changement de l'eau
(I) Labbe, Epis. Lanfranct ad Johan. Rolho. episc.
(3) Aoastase, Vita Grcgorii IV. op» cit. — Nous pourrions cilér baucoup d*autres passages du même liistorien et nombre d'ar* ticles Uris d'anciens inventaires.
en vin ; sur l'aulre se délacheol la figure du Christ ea- 1 touré de quelques-uns de ses apôtres, et plusieurs mé- [ dailloDs servant d'encadrement à des colomlies, à de pelils J agneaux et à d'autres symboles familiers aus premiert ( chrétieDS.
Aux burettes, les Anciens joignaieut le colatorium on couloir. C'était un vase percé d'une grande quantité de | fines ouvertures et destiné à filtrer le vin qui devait Sire | consacré (1). Le premier ordre romain l'énumérc parmi les vases nécessaires au Saint-Sacrifice,- d'après le 060viéme, il doit être « ex aliquo melallo^ habens phtrinia quasi ' acûs {oramina. » Le même ordre décrit ensuite la manière I de s'en servir. Au moment de l'OITertoirc. le sous-diacrs J porte le vin à l'autel ; à l'un de ses iloigls est suspendu le colalorinm que te diacre prend de la main gauche et place à la bouche du calictten y versant le vin. Anastase, racoutanl les largesses des souverains pontifes, nous apprend que | Sergius II en fit faire neuf en argent. Le cardinal Bona vit deux de ces inslromenls au musée Barberini, et Biaochini en a fait graver plusieurs dans son deuxième volume d'Anaslase. Un d'entre eux offre un dessin très délicat, assez semblable à un riche réseau. Depuis longtemps le coialo~ rtum a cessé d'être en usage, quoiqu'on ne sache pas au juste l'époque oii il a disparu. Il esl certain, d'ailleurs, qu'on ne l'a pas employé dans toutes les églises.
De l'encensoir. L'abus que le sensualisme païen Gl des parfums o'empécha pas les premiers chrétiens d'en prescrire l'emploi pour les cérémonies liturgiques, et l'opiaion qu'a
(1) Le mélange jilus ou moins Irout>lc et épais de toutes 1rs voriétcs de vins qu'oITraicni anciennement les fidèles, explique l'usage du colatortvm.
soutenue, sur ce sujet, le savant rédacteur des Annales ar^ chéologiques ne nous paraît pas suffisamment démontrée (1 ). Le but et les dimensions du présent ouvrage ne permettant pas d'entrer à ce propos dans de longs développements, on citera seulement ici quelques faits et quelques témoignages qui se rapportent, soit à l'emploi des parfums et de l'encens, soit à Testime des odeurs.
L'encens et la myrrhe figurent parmi les présents symboliques que les rois Mages offrent à l'Enfant de Bethléem. J.-C. se laisse parfumer dans la maison d'un Pharisien ; il loue même Harie-Madeleine d'avoir versé sur ses pieds sacrés ce nard précieux. L'apôtre bien-aimé nous parle, dans son apocalyse, d'anges qui balancent les encensoirs d'or, brûlent des aromates et chantent les louanges de l'Agneaa. Les Saintes-Uuiles qui furent en usage au berceau même du Christianisme , puisqu'elles sont la matière de plusieurs sacrements et de toutes les consécrations, contiennent du baume, et plusieurs autres parfums dans les églises d'Orient. Une pieuse légende nous apprend qu'on ne trouva que des fleurs dans le tombeau de la S'* Vierge, au jour de son Assomption. Est-il besoin de redire ici les fleurs semées sur les tombeaux des saints et tant de martyrs dont les corps exhalaient une douce odeur ou bien laissaient découler une huile parfumée (2) ?
Passons maintenant aux témoignages. On lit dans le quatrième des canons apostoliques : « Offerre non liceat aliquid ad altare prœter novas spicas. . • et ihymiama id est incensum
(i) Annales archéologiques , tome IV.
(2) Bollaod. Chaque volume en renferme des exemples. Dieu lui-même, par ces miracles, oe recommandait-il pas remploi des odeurs et des parfums ?
tempore quo tacra etUbrahir oblatio. u Le marhr S. Hîppoljle dit, en parlant de l'anlerhrisl : o Lugebunl erclttitr. qvia nec obinlio, nec iufflus fiet (t). » L'usage, la profasion même des parfanis pour les sépultures cbrétieunes ressort de CCS mots de Tertullieii, partout cil^s : « Scimt Sabei plart's et carioris sua$ merres Chrhiianis ffptlitndi$ proftigari , quàm diis fumigandis (2). o S. Ambroise souhaite qu'un ange accompagne chacun des prêtres qnî enrensent les autels : a Atifue vlinàm nobù qiioque adolenlibuf altaria... axsi&tnt artgelos {3). » S. Damaseénumère l'encens parmi le« pieuses oOrandes que Conslanlio faisait aux églises : n Donum aromutiaim anlé altaria sitigulis annis libras quadragintas. » Signalons enfin l'accord unanime de toutes te« liturgies anciennes sur ce point. — De tous ces faits et témoignages, on doit conclure que l'emploi des parfums Gl toujours partie inti?grante des offices liturgiques; rien n'indique qu'il ait en pour cause unique, comme le prétend Claude de Vert, les mauvaises odeurs qui viciaient l'air des «atacombes.
L'encens et les autres parfums se brûlaient dans les vases que nous appelons encensoirs et qui porleni, dans les écrivains ecclésiastiques, les noms de thnribttta, thymiamalerta. mffloria, acerrœ, incensorta, elc.
Les premiers accessoires ne furent d'abord que de simples cassolettes , dont les formes pouvaient varier à l'infini. Les unes fixes reposaient sur un piédestal ou sur un trépied ; d'autres étaient mobiles. On portait ces dernières.
(t) S. Ili|>|).ilylc, Oral, de micrhmlo.
(3) Tcriullicn, ÀpoL c. ii, avec les [lolcâ de llavcrc
(3) S. Amb. in Cnp. I. I.uar.
toutes fumantes, autour de Tautel et dans la nef, au mo* nieot de Teneensement solennel. Le deuxième ordre romain indique le moment où a Thurtbula per altaria portant tur et posteà ad nares hominum feruntur ei per manus fumu$ ad 0$ trahitur. » Malheureusement nous possédons trop peu de détails sur ces anciens encensoirs, dont plusieurs reproduisaient la forme de différents animaux, d'oiseaux surtout, de reptiles et de dragons. Aucune date ne révèle Tinstant précis où l'encensoir, diminuant de grosseur, commença d'être suspendu aux bbatnettes à l'aide desquelles on le balance aujourd'hui. Il est certain toutefois que cette forme remonte à plusieurs siècles et qu'elle était commune au Xir. Le moine Théophile, en son Schedula, ne permet aucun doute à cet égard. Une mosaïque de la même époque, reproduite par Ciampini, fait voir, au milieu d'autres instruments liturgiques, un vase inférieur, surmonté d'un petit couvercle en opercule mobile et muni de trois chaînettes. Cependant, le XIIP siècle offre encore des encensoirs fixes et de forme ancienne, employés concurremment avec ceux à chatnettes ; ainsi, à l'église de Hayence, deux grues en argent et de grandeur naturelle étaient placées aux deux côtés de l'autel ; on les remplissait de braise, et la fumée de l'encens sortait de leurs becs (1). Le nombre des chaînettes n'était pas déterminé ; Honorius d'Autun mentionne des encensoirs qui en avaient quatre, d'autres cinq, et quelques-i|ns même qui n'étaient suspendus que par une
(!) Ce fait est emprunte à Hurler. Voici, du reste, le texic dont il donne la tr.idu(!lion : « Ilem accrras argenteas et grues foncavcaianlœ magnitudinis cujns vlvœ, qwv solebant poni juxta altare hinc et indè et dorsa patebani, impositiiqne carbonihus cl thur fumtim per gntlura cl rosira cmlllcbanl, % ,
seule (t). Du reste, quel qu'en soit le nunibre, il est facile de s'assurer, en consultanl les miniatures de l'époque, qu'elles étaient bien moins longues qu'on ne les tait *ajourd'buî (2).
L'or et l'argent furent autrefois et sont souvent encore aujourd'hui la matière des encensoirs. S. Damasc en signale deux, dus à la libéralité de Conslanlin : o Tht/mtalort'aduofecilexauropunssimopensenlia, lib, .Y,ï,V.»L"învenlaire de l'abbaye de S. Riquier mentionne : « Iticmtoria argenlea auro parafa I V [3). » Outre les deux grues d'argent dont nous avons parlé, le trésor de Mavencc renfermait dix encensoirs dorés et un autre en or pur. Le cuivre et méms le fer sont néantiioios plus communément employés.
Les ornements dont s'enrichit l'encensoir sont , avant | tout, des moulures, des rangs de perles, des billettes. des têtes de clou, des arabesques et souvent des anges à l'endroit où les cbaineltes sont agrafées. Parfois ta disposîlioD des ouvertures à travers lesquelles s'échappe la fumée des parfums forme un dessin plus ou moins délicat. Au moyenâge, les encensoirs n'avaient pas la même pesanteur qu'aujourd'hui, et leur ornementation, moins riche en lignes et figures géométriques, l'était beaucoup plus en tout ce qui lient au règne animal. Les annales archéologiques ont donné la description d'un encensoir XII* siècle, trouvé â Lille. Le pied est formé d'une rose à six lobes ; sur la cas-
()j Gcmmn anima; Lib. I, c. 12.
(2) Le uioyeu-âj;e ne cunnaissflil |jaj ces clmîiics longues de deux niùlrcs cl plus, iJuni l'iis.ige su|1[iosg de h pari du thurifcntjrc une force cl une lulrcssc ijiii jieiitêtrc cuiivicnacnt [>cu à 1.1 griivitc sulcnncllu des cérémonies relij;icuscs.
(3) Mon. 18 fch. Vk (le S. .hujilbcrl.
solette propremeot dite se jouent des oiseaax, des dragons et des lions ; la calotte se couronne de trois petits personnages accroupis qui regardent un ange assis sur un trône. Quant ao symbolisme de Tencensoir, Honorius d*Autun ne laisse rien à désirer dans le commentaire qu'il en donne : fi L'encensoir signifie le corps de J.-C. ; l'encens, sa divinité; le feu, l'esprit saint qui habitait en lui... Les trois chaînettes indiquent que la personne de l.-C. se compose d'un corps humain, d'une flme raisonnable et de la divinité du Verbe (1). d Un grand nombre d'autres textes analogues ne permettent pas de douter que ce sens ne soit traditionnel : en voici quelques-uns : Innocent III : « Nom sieiU in Thuribulo pars superior et inferiar tribus caûienulis uniuntur^ ità très in Christo sunt uniones^ quitus divinitas el humanitas conjunguntur . Unio camis ad animam ; unio divinitatis ad camem et unio divinitatis ad animam. Qui^ dam autem cartam unionem assignant^ videlicet deitatis ad eompositum simul ex anima ei came ; nam et quœdam thuribula quatuor habent cathenulas (2J. » Durand de Mende offre le même symbolisme et presque dans les mêmes termes. S. Germain de CP. avait dit bien avant eux« en sa Divine Théorie : « Thuribulum indicat humanitatem Christi; ignis divinitatem, » — Dans un sens moins élevé, mais également autorisé par une constante tradition, l'encensoir est le symbole du chrétien : a Potest etiàm dici per thuribulum, cor hominis^ » dit Durand de Mende. Les charbons ardents
(!) Gemma^ lib. I. c. 12.
(â) Innocent III. De Sacra aliaris nup, lib. 2, c. 17. — Durand, BatUmak. lib. 4, c. 10. — S. Germain, bibl. vet. Pat, tom. !2. — Amalairc Fortunat. Deeccl. off. lib. 3, c. 18. ^Duranli. De rit. ceci. lib. 1, c. 9.
— »tt —
BÎgnîfîeol la ferveur el la ilévulioD, et L'enoeos qui se vâslitise daos l'espace, le scDliaieot de l'àiue qui s'envole vers le Seigneur : a Dirigatar, Diimine, oralio ima sicut iattn- Mum in cùtispeclu luo! r> Écoulons encore Alcula : n Tkuribultim est corput plénum odure bono (I). »
La nai:eUe, en laliu nauiVu/a, est le ^ase desliaé à contenir l'eoceus; son doui lui vient proliablement de sa forme la plus ordinaire qui rappelle la forme d'une petite na- . celle. Sa matière et son oraementalion, si nous y ajoutoni 1 toutefois l'emploi fréquent des pierres précieuses, sont loi mêmes que celles de l'encensoir. Nous sommes pauvres en documents sur la forme de ces boites à encens durant le moyen-âge, et nous le regrettons ; cependant, d'après le peu de témoignages recueillis, on sait que plusieurs s'éloignaient beaucoup de la forme actuelle. C'est ainsi qu'à cette grande église de Mayence dont le trésor était si riche, on comptait, au XI IT siècle, onze boites a encens, dont une. faite d'un seul onyx, ayant là forme d'un crapaud ; la lèle était une topaze grosse comme la moitié d'un ceaf, et les veux étaient deux rubis. — La navette possède aussi un sens symbolique, dont Durand de Mende va nous ouvrir le mystère : « Navicula verb in quà incemum repomtur, désignai quàd per orationem, quam incensum signi^cal, de hujus mundi mari magno et spatioso, ad cœkstcm patriam salagamus natigare {2). i> Ce symbolisme, on le voit, concorde merveilleusement avec le dernier sens que nous avons ' donné à l'encensoir.
Di; t'LABELi.UM, Ce nom rappelle un usage liturgique.
(t) Alcuin, De dk: >.jj. v (■i) Diirarxl. Iltih» U.
autrefois général, mais qui n'existe plus que dans TÉglise d'Orient. Dès les premiers siècles et pendant de longues années, on se servit d'un é\entail ou flabellum, pour la célébration du Saint-Sacrifice.
L*autear des Constitutions apostoliques , Amphiloque , dans la vie de S. Basile; Cyrille, évéque de Sc)topulis, dans celle de S. Euthemius; les liturgies attribuées à S. Basile et à S. Ghrysostôme, ainsi que divers rituels en font foi pour rOrient (l). L*éventail s* est conservé dans les « églises grecques, sous le nom de riphidion. Sa forme invariable reproduit un chérubin à six ailes : a Ligno in cheru-htm faciem et alarum senario circumstipatum cœlato stipitiqueaffixo [riphidion), hàe forma conficiunt (2). » A défaut d*éventail, on agite un voile sur les Saintes-Espèces.
L'histoire ecclésiastique signale de temps en temps l'usage du flabellum en Occident. Jean Moschus raconte qu'un évéque d'Italie, célébrant en présence du pape Agapit, ordonna an diacre qui tenait l'éventail de se retirer en arrière, aGi de laisser descendre le Saint-Esprit sur les Offrandes. Udalric, dans sa rédaction des anciens us de Clu- Dy, témoigne que de son temps l'usage s'en continuait dans les monastères. Durand de Mende le mentionne en passant : « Materiale flabellum adhibetur. » Un cérémonial de Jacques Cajétan, litnrgiste qui vivait sous le pontificat de Nicolas V , exige l'emploi de deux éventails. aux messes où assistent des cardinaux. Encore aujourd'hui, quand le pape officie, on porte devant lui des éventails qui rappellent la
(I) Const. aposl. lib. 8, c. t2. -- Analectorum grwcorum^ l. 1.
(i) Gonr, Riîuale Grœcorum, p. 437. La fig. 0 rcproJuilc à la planche VI, csl liréc de ccl ou>rago.
— SM — Iradllioo; mais, comme te dit le cardinal Bons eorum inler missam mus est (1). a
Nous avons vu sur quel type invariable se modèle le rtf/it'^ion oriental. Les églises d'Occideot devaient offrir [ilui de variété dans la forme de leurs éventails; mais on est loin de trouver sur ce point autant de détails qu'en désirerait la curiosité de l'archéologue. Plusieurs miniatures oITrenl des flahellum en forme de roue : « Radiis velut i circula ad cmlnim coemiiibus, dit Gerbert qui en a fait graver un de cette espèce en son ouvrage sur l'ancienne liturgie d'Allemagne. Don) Martène vit à l'abbaye de Tours un ancien éventail qui ressemblait beaucoup à ceux dont at servent les dames. Il était seulement plus lai^e et portail écrits, en guise de bordure, les noms de plusieurs saiots'(2).
L'emploi du flabelium s'explique jtalurellemmt par le double office qu'il remplissait en tempérant l'ardeur de l'air et en écartant des Sain tes- Espèces les insectes avides et importuns.
Les deux grands éventails que l'on porte de chaque côté du pape , doivent ètrç considérés comme de purs ornements. Ils sont de plumes blanches d'autruche auxquelles on a réuni les extrémités de longues plumes de paon.
Le flabelium a, chez les Orientaux, divers sens symboliques. Il rappelle la descente du Saint-Esprit sur les apô-
(1) Jean Mosehus, !n pralo spirit. c. ôi. — Udalric dans le Spic. d'Afherij, I. IV. — lïoii.i, /Ifriiiii lilur(jicarum, lib. I, c. 23,
(2) Voyage litléraire, )i. 231. — Cci éventail prcsuntuil aussi l'iuscriplion suivante, qui se i'.ip|>urlc -.mx difrùrciil^ usages naturels du ftahelbtm :
Sitttl tluii quœ mndicum lonfcrl (relaie {InltUiiiii ; Infestas abjkll musvas, el tempérât ivslHm>
Ires, les battements mystérieux des ailes des anges. S. Hildebert du Mans nous a laissé une gracieuse interprétation pour les Latins. On lit dans une de ses lettres : « Flabellum iibt mt$i congruum scilicetpropulsandis miiscisinstrumentum. Attende ergà quibus mmcis immolantes Domino sacerdotes graviiAS infestentur. Mille sunt occursantium phantasmata cogitationum^ quœ velut qiœd(Èm muscœ sacrificantes altaris ministros infestant et impediunt. Talium portenta muscarum patriarcha nos Abraham propulsanda prœsignavit^ cum à saerificiis aves abegit incursantes. Dum igitur destinalo tibi flabello descendentes super sacrificia muscas abegeris, à sacrificantis mente^ supervenientium incursus tentationum catholicœfidei ventilabro exturbari oportebit. » La même idée 86 retrouve dans la 37* lettre du saint évëque (1). Écoutons maintenant S. Eucher : Intelligantur per aves super^ fluœ eogitationes^ quàd monstratur per Abraham qui cum sacrificia Deo offerret aves abigebat^ etc. (2). »
De l'osculatoridm. Durant les premiers siècles du Christianisme, le clergé d'abord, les fidèles ensuite, se donnaient mutuellement le baiser de paix avant de participer à la Sainte-Communion. Cette coutume a cessé depuis très longtemps dans l'Église, quant à sa forme primitive, du moins pour les simples fidèles; mais, avant de disparaître entièrement, elle donna naissance à uo nouvel instrument liturgiqueqni vint enrichir le trésor des églises. Nous voulons parler de Yosculatorium ou tabula pacis^ appelé simplement pata; en français ; tous ces noms lui viennent de ce que, baisé d'abord à l'autel par le prêtre célé-
(t) Labigne, Appendix biblioth, patrûm.
(2) S. Eucher, liber formnlarum, c. V.
— ît* -
branl. il est présenté eiisuile ans autres ecclèsiasliqo** qni lu liaîseut h h'ttr tour pentlant (|iic le cérL^iiiouiaire «dreste à cliacuu ci-s lieux mots : pax Ucum. Souvent aussi, au moment de l'offrande, on donne à baiser aui fidèles l'il»trunieot de pais au lieu de la {latf^ne.
Divers métaus, tels que l'or, rargcnt, l'airain, le cuivre ou l'étaio sunl la matière ordinaire de \' ntculalorium. Le inojeD-âge y consacra parfois des pierre:s d'un plus OU moins ^rand pris. Un eoucile de Bajeus, tenu en 1300« se sert du mot marmor, coiume sjnonyme ô'oiculatorium, el dans plusieurs inventaires, ce même inslrumeul est dé- J signé sous le nom de Io/ji» pacîi. — Sa forme la plus coni-« luune aujourd'hui esl (.vile d'une plaque moins large qoeJ longue et cintrée dnns te haut : de là n^suUc que trop sou-l \eat, sauf la dilTéreuce de métal, il ressemble au fer â repasser de la lingère. Si l'on tient à conserver cet amorlit-'l sèment en demi-cintre, ne conviendrait-il pas d'eu romprK'j la monotonie, en pla^'anl sur les côtés quelfiues ornements saillants qui se prolongeraient en hauteur jusqu'au niveau de sa courbe ou même au-delà : on se rapprocherait ainsi du moyca-â^e <]ui couronnait ses oscu/atori'a d'une ogive contournée de clochetons, de Irélles ou de rosaces ?
L'instrument de piiix refoit de nombreux ornements, moulures ou sculptures, tantôt frappées au repoussoir el présentant un relief, tantôt gravées en intaille, très souvent remplies par de riches niellures. La rubrique prescrivant de le baiser, il esl bon d'y placer une croiv ou l'image de Notre-Scigneur. Tout autre sujet serait ici moins convenable. Lien qu'on tmuve (!e nombreux exemples du contraire. Tel est celui qu'ollre une /lap'x du WL siècle, due au célèbre orféiri' Tomaseo l'iiiiguerra el que Florence
conserve précieusemeDt dans son musée. Ëile est d'argent, et l'artiste y a gravé et niellé une Assomption de la Vierge. Dans le milieu, vers le haut, l.-C. , coiffé d'un bonnet de doge, pose à deux mains une couronne sur la tête de Marie, qui s'incline vers lui. Ces deux figures sont assises sur un trône dont deux anges debout et 4enant des vases remplis de roses, soutiennent la corniche. Sur le premier plan, S. Augustin et S. Ambroise sont à genoux. Au second plan, on distingue S'* Catherine , S** Agnès et S. Jean-Baptiste ; trois saints *et trois saintes s*aperçoivent sur le troisième plan (1).
Des vases des Saintes-Huiles. Après la divine Eucharistie, les Saintes-Huiles sont Tobjet le plus digne des respects du chrétien. Dès les temps apostoliques, il y eut des yases particuliers destinés à le^ contenir et que mentionnent en leurs écrits S. Optât, Anastase-le-Bibliotbécaire, Grégoire de Tours, Venance Fortunat , S. Ouen et une foule d'autres (2). Chrismale vasculum^ ampulla chrisma" tis^ chrismatorium^ chrismarium^ elc, tels sont les noms qu*on trouve le plus communén^ent appliqués aux vases des Saintes-Huiles par les écrivains ecclésiastiques et dans les inventaires des églises (3).
11 est à regretter qu'on n'ait presque point de détails sur la forme de ces vases et les transformations qu'elle a
(I) Ce qui rend encore cette nielle plus célèbre, c'est qu*il s*y rattache une découverte fameuse, celle de la gravure.
(S) S. Optât, lib. 2. — Anastase, Vie de S. Innocent. —Grégoire de Tours, Uvre des miracks de S. Martin^ lib. i. — Fortunat, Vie de S. Germain^ c. 47. — Saint-Ouen, Vie de S. Léger.
(3) Du Gange, Glossarium mcdiie et infinnœ lalinilalis , orï. Chrismatorium.
dû sabir. Etie est aujourd'hui d'uue très grande simpUdIé et n'offre que peu d'oroemeots ; chacune des ampoalei porte un chiffre particulier qui sert k la distinguer, et nie petite croix en couronne l'opercule. D'assez bonne henre, sansdoule, on les accoupla par paire on trois ensemble, selon les lieux et le plus ou moins de commodité qu'une telle disposition pouvait offrir. Ce n'est cependant qa'an XV siècle qu'on trouve pour la première fois cette furme signalée dans deux inventaires cités par Du Cange. Le premier porte : • Item, un crumier d'argent véMà 3 étaiz.i Oo lit dans le second : « uog creimeau à 3 toumelles, doit le pié est en façon de boële pour mettre pain à chanter. ■ — Ces vaws n'ont pas tous les mêmes dimensions, et, sous ce rapport, il y a bien des nuances entre ceux que possèdent les petites églises et ceux dans lesquels les évéquei consacrent les Saintes-Huiles, le Jeudi-Saint de chaque année. Les aniponles dont on se sert en France, pour l'adminisIratioD des Sacrements, ne sont pas toujours asset larges, de sorte que souvent le prêtre ne pent faire let onctions avec le pouce, comme cela est prescrit dans le rituel romain. Ce rétrécissement, ailleurs inconnu, et, par suite, l'emploi d'une spatule, seraient-ib dus à une délicatesse mal placée?
wnetum Chrisma servaretur^ Ravennati ecclesiœ dono de- Ht (1). »
On ne doit pas conserver les Saintes-Huiles dans le tabernacle avec la divine Eucharistie, mais bien dans les fonts m ailleurs, pourvu que le lieu choisi soit propre et convenable. Déjà, à deux reprises, en parlant des ouvertures qu'on trouve souvent dans le sanctuaire de certaines églises, nous avons émis l'opinion que ces ouvertures étaient destinées à garder les Saintes-Huiles. L'Italie en offre actoellement des exemples nombreux, et ils ne manquent pas en France.
Dtptiques. Parmi les objets d*art qui ont figuré sur les BOtels et que Ton déposait au trésor des églises avec les vases sacrés, nous remarquons les dyptiques, dipluchos. Ce mot, dans son acception la plus générale, indique des tableaux ou tablettes qui se pliaient en deux et se fermaient comme la couverture d*un livre (2). Chez les Anciens, on y gravait les noms des magistrats, des questeurs et des consuls. Quelques-uns de ces tableaux ont passé aux mains des chrétiens qui les firent servir à différents usages liturgiques (3).
Les dyptiques en usage dans l'église ont été appelés ca-
(1) Boll. Vitamncti Maxitniani Ravenna. au 22 feb.
(2) Au lieu de deux panneaux, s*ils en avaient trois, on les nommait triptyques ; penlaptyques, quand ils déployaient cinq feuilles; et enfin poliptyqueSf quand ils en offraient davantage. Le nom général que Gori leur applique est celui d^hagioptyque.
(3) C'est ainsi que plusieurs dyptiques consulaires très curieux ont échappé à une entière destruction ; on peut voir à ce sujet d'intéressants détails dans le 3* volume des Institutions liturgiques de Dom Guéranger. — D*autre part, Theurcuse idée de les faire servir à la reliure des livres liturgiques, n*a pas moins contribué k la conservation d'un grand nombre de ces riches ivoires.
— V,i iahgfVB tKlfsiasliquFs, catalogues des êrfqwi. crées- On peul les diviser en Irois classes, d'après li qu'ils caiiltnaienl. Les uns poruicnl les ooms d d'aiilres cpiu rie personnages tivanis; d'autre* enfin c«it I de |>ersnniies mortes dans la comninnion de l'Ef^lise.
Les preoiiers consacraienl spécialenieol la mcntoircdMJ pasiears qui a\aienl mérité d'êlre proposés, à l'itnilalioa 1 et au ruile des fidèles. La coulume de lire leurs n canon de la me^se a Caii naîire le mot de canonisatMOt 1 L'ins^riplioa sur ces (ablelles équi\alait au jugement ec- ' rlibiaslique qui, plus lard, plara les saiols sur nos aalels, après uce senleore prononeèe dans des formes particulières.
I.e3 d\ptiques des titaiils renfermaient les noms du pape, des patriarches, des éf éques et d'aulm membres du clergé, ceux des empereurs et des princes, des personnages ks plus considérables el ceux des fidèles qui faisaient des dons aox églises. C'étail one preute de communion ei noa marque d'honneur. Aussi l'Iiisloire des hért-sies, surtout «n Orient , est remplie des luttes qui se tenninaieBt par l'inserlion aux dupliques des nom» des adversaires réconriliés. En lançant l'anathvme. on eiïaçait des tablettes les noms de ceux que l'on voulait atteindre. Oo comprend pourquoi elles ofTreot souvent les noms desqaaire premiers conciles (pcumcnique!; el ceux des «églises auxquelles les apôtres ont adressé les épilres qui font partie du Nouveau- Testament.
On lisait sur les dvptiquesdes morts les noms des fidèles pour les^pels on învo<]uail la miséricorde divine : « Pou nia rrrba (jU'hiit •fintur in fvmno padf. dit Alcuin. usus fuit antiifuortim finit tiiam romana agît Ercletia ut slalin refitarenlur à dyi'lîchis iwinina defiin'-torum. » La cérémonie Je celte lecture sulenoc le s'tst perpétui.^ en quel-
lines églises à certaines messes offertes pour des bienfaiteurs défunts. Nous n'avons guères conservé d'autre souvenir des dyptiqoes anciens que les lettres N. N., mises» dans le canon de la messe, au mémento des vivants et à celui des morts.
Les noms étaient souvent en très grand nombre sur les dypttques; maison n'en lisait qu'une partie soit à Tau tel, soit à l'ambon. La lecture solennelle par le diacre ou le sousdiacre était un véritable cbant, comme le démontrent les notes musicales qui parfois accompagnent les paroles (1).
Plusieurs auteurs, et surtout Gori, ont recueilli et expliqué, avec beaucoup d'érudition, les anciens djfptiques, dont beaucoup enrichissent encore les musées et les bibliothèques, entr'autres celle du Vatican. Ces tablettes étaient le plus ordinairement en bois peint ou en ivoire ciselé. Il y en eut en or et argent. Ici, comme en toutes choses où la matière n'est pas nécessairement déterminée par la destination de l'objet ou par une règle de l'Église, la richesse est proportionnée aux ressources des égliseï^.
Ce qui rend principalement les dyptiques précieux comme moDilments d^af t, ce sont les décorations qui les revêtent. Ainsi lés images du Christ, de la Vierge, des apètres ou d'autres saints y ont été peintes ou sculptées avec une délicatesse inouie. On y traça même quelquefois les portraits des personnages à côté de leurs noms. Là foltne la plus
(4) Le R. P. Cahier, au 11* volume de ses Mélanges, parle de certains dyptiques exclusivement employés au chant des psaumes du graduel, et que, pour cette raisoo, on nommait chanloirs, cantatoria. Il cite à ce sujet cette rubrique du missel du Mont-Cassin, iosérée au De antiquis numachorum ritibus de Dom Hartènc : c Qiu autem responsorium vel alléluia cantaverinty in speciosis tabuUs efrtir- $teis content. •
rummune des ilypliques repliés était à peu près carrée d. assez semblable à celle des canons d'auteU.
Outre ceus qoi servaient dans les offices liturgiques, il en est que les chrétiens portèrent habituel lemeol avec eus. Cet usage n'est pas abandonné des Orientaux ni des Busses. Il n'est pas rare de les voir suspendre à leur cou un duplique en cuivre. Je petite dimeosion et présenlaDt, par exemple, sur les deux \olets, les bustes des douze apdtres, et sur la plaque du milieu, l'image de Notre-Seigoeur. Ob l'ouvre quand on fait sa prière et on le traite, es IodU circonstance, avec un profond respect (I).
Il est difficile de Sxer l'époque k laquelle les djpliquci ont paru dans l'Église. Divers lilurgisles les font remonter jusqu'aux temps des apôlres. Ce qu'il y a de certain, c'est que les plus anciennes messes en font meatioo. On lit dut laliturgiedeS. Marc : a Diaconuidypticatnoritiorwnlegil.» Ceux qui étaient ornés des images des saints et dont les fidèles se munissaient, comme ils auraient fait de reliquaires portatifs, se sont multipliés au temps des peraéculioBS, pendant les trois premiers siècles et à l'époque où les fureurs des Iconoclastes obligeaient les fidèles à soustraire les saintes images à leurs regards. Les peintres grecs ont envoyé à l'Italie, au moyen-âge, une foule d'ouvrages de cette espèce. On a cessé de lire les dyptiques dans la liturgie vers la fin du Xr siècle. Le micrologue que l'on a attribué à Yves de Chartres en parle encore.
C'est par extension et improprement que l'on a quelquefois désigné sous le nom de dyptiques les listes an
(I) Voyez les Boll. au premier lome de Mai : Appadix éeBagkflifchis grœcortm alqne MoKorum.
noms des évéques qui se sont succédé sur un siège et les registres contenant les actes de baptême et d'administration ecclésiastique.
DES VÊTBMEFITS LITURGIQUES.
SOMMAIRE. — QnesiioD^%énéraI«s sar Horigine des ▼èt4BiiieDU liturgiques, sur leurs cou^ Inrs «t sur la cooTeatuoe du retour à leur fMine aoeieone. — Costume clérical en Mors des oéréKonics liturgiques et psrties 6è ce costnoie qu'il est permis aux laïcs dé rwétir : la soutane, la ceinture, la barbe, la toosare, le camail, la cbape et le surplis. ^-▼Meownls saceraotanx : Vamict, Taubeet le cordon, le manipule, Pétole, la tunique. la daknatique et la cbasoble. — Véteoienis épiscopeux : la mitre, la tiare et le chapeau en cardinaux, la croiw, l'anneau, les gants, la croix pectorale» les sandales et la roule ém pape; enfin le pallium. — Notions succinctes sur les costumes liturgiques en Orient.