‹ Cours d'archéologie sacréeChapitre 9 sur 43 · MO · texte numérisé non relu

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fil Û'amianthe, « myxum ex ilippà amianlû u Au bord «Ifl' Imssîd, un agoeau d'or, pesant 30 livres, rcpaiidait l'eau. A ilroilc, la slalue de Ji^us-Cbrist, cd argent et du poids de 170 livres. A gauche, 1» Bienheureux Jcau-Baptiste» aussi eo argent, du poids de 100 livres, et tenant à la maia l'inscription Tilulum : « Voici l'Agneau de Dieu, voîcî celui qui efface les péchùs du monde. » Sept cerfs en argent) pesant 80 livres, versaient aussi de l'eau ii la fontaine sacrée ; symboles chers à l'aoliqnitii chrétienne, ils rappelaient le beau passage des Sa ioIes-Ëcri turcs : « Comme lo cerf soupire après les fontaines d'eaux vives, ainsi mon Amo soupire après vous, ô Dieu ! »

Ce qui reste de l'ancien baplislùrc de S.-Jean-dc-Lalraa ne dément pas Anaslasc. L'édillce est octogone. Ses liuil colonnes do porphyre sont des plus belles de ce genre qu*il y aitâKome. La fontaine est un ovale de basalte noir, tirant sur le vert. Les membres de l'arclii lecture ont été emproniés k des monuments plus anciens. La décoration modcrao est d'Urbain VIIL

S. Grégoire de Tours rapporte que S. Grégoire de Langres, son parent, avait, à Dijon, une maison attenante an baplislère, oii l'on gardait les reliques d'un grand nombre de saints (1). Il se relevait furtivement la nuit, pour y aller prier et chanter des psaumes. La France a perdu ces anciens baptistères; quelques villes, Ais en Provence, Angers, en ont conservé des vestiges.

En Italie, outre S.-Jean-de-Latran, on compte quelques églises qui ont retenu l'usage des grands baptistères : Ra-

(1) t Cuni apud D'wioncnse cmlram moreretur. > Dijon a fait partie (lu diocèse de Langrcs jusqu'en 1731. Aulrctois les évè^ucs de L^ngres y avaient une résidence.

venne, Florence, les ëvèchés de Toscane. Celui de Florence a 85 pieds de diamètre. Il est octogone et décoré de seize colonnes de granit supportant la voûte qu'André Tasi , disciple de Gimabué, orna de belles mosaïques. Ses fameuses portes, sculptées par L. Gbiberti, auraient été dignes, selon Micbel-Ange , d*étre celles du Paradis. Le baptistère de Pise, construit par Dioti Salvi, de 1152 à 1 160, est aussi octogone et à coupole. Il est tout de marbre et couTert en plomb. La cuve octogone de marbre et ornée de roses sur les faces, est divisée en cinq cavités. On pense que le ministre du baptême se tenait dans la cavité centrale et baptisait les enfants plongés dans les quatre baignoires environnantes.

Les cuves baptismales entrèrent de l'atrium sous le porche des églises et ensuite dans l'église même. Elles y sont restées communément, et peut-être pour des raisons symboliques, près du portail, au bas-côté nord. Leurs formes et leurs décorations correspondent, pour le style, à celles que présente l'architecture. Quoiqu'il y ait eu des fonts baptismaux en bronze et en plomb, les canons ont prescrit' de les faire en pierre : c'est de la pierre que Moïse fit jaillir pn^hétiquement pour son peuple une eau miraculeuse, et le Christ, qui est la fontaine d'eau vive, est aussi la pierre angulaire (1).

M, de Gaumont a établi une classification des fonts baptismavx qui embrasse, autant que possible , l'infinie variété de ces monuments. Ils sont, à l'époque romane, en forme d» cuve cylindrique, ovale ou quadrangulaire ; ou

(I) Durand : c Débet ergo forts esse lapideus; nam et de silice o^Wj in baplismi prœsagium emanavit. Sed et Christiis qui est fans vwui est lapide an^ularis et pelra. > Lib. VI, c. 82.

bîcD pedicuiés soit à ud scoI pivot, et alors on peut les ap- ' peler simples ou tnonopéJiculés; soit h plusieurs colon' netles ou supports auxiliaires, et alors oq peut les dire composés.

Les cuves dc sont pas toujours sans ornements. Elles sont quelquefois ornùes de lignes géoDiétriqucs en relief oa en creux, cantonnées de qualre colonnelles ou ornôes de ba»reliefs, de masques humains, de l'image du poisson. Les colonnelles des fonts pédicules sont rondes, octogones ou carrées. Les moulures en fixent ta dale. Il y a aussi des fonlj k caryatide, c'est-à-dire dont la cuve est portée par des \ statues.

Au Xnr siècle, c'est la même variété de conception ; mais le style est gothique. De^ arcatures ogivales sont appliquées aux surfaces. La forme oclogonalc devient beaucoup plus commune, quoique la cuve reste ronde à l'intérieur. Beaucoup d'auteurs voient dans la prédilection pour celle forme une application du symbolisme attaché au nombre huit, signe de la perfection et dc la régénération.

Le XIV° siècle suit à peu près la même voie. Cependant il néglige les fonts pédicules composés, adopte de préférence la cuve octogone posée sur un large piédestal ou support de même forme. Les pans sont ornés d'arcades, de dais, de réseaux de fenêtres en style rayonnant. « L'un des plus beaux fonts que j'aie rencontrés, dit M. de Caumont, est celui de Uayence. 11 est en plomb et présente l'image d'une coupe multilobée, d'un diamètre considérable, qui repose sur un court pédicule octogone. Les lobes de la coupe sont entièrement ornés de moutures dans le style du XIV siècle, et des images du Sauveur, de la Sainte- Vierge, de Saint-Martin et des douze apôtres. Il a élé fondu en

1328. » Gelai que nous reproduisons (1) est du même siècle. Il appartient à la cathédrale de Langres. Le palmier se fait remarquer au milieu de la décoration. Le piédestal est, comme la cuve, à huit pans, dans lesquels se dessi* nent des ogives subtrilobées. Il est probable qu'il était posé sur une ou plusieurs marches.

Aux XV et XVr siècles, les fonts se distinguent par les moulures grêles, prismatiques et les réseaux flamboyants. En outre, la cuvette est parfois octogone à Tintérieur comme à l'extérieur, et divisée en deux parties. Il lui arrive aussi de prendre la forme d'un calice. Le baptistère de Notre-Dame de Strasbourg, sculpté, en 1453, sur les dessins de lodoque Dotzinger, est l'un des plus beaux ouvrages A' orfèvrerie en pierre que l'on puisse voir.

Les fonts modernes sont le plus souvent en forme de coupe aplatie, portée sur un pédicule rond, carré ou en balnstre(2).

Les anciens fonts n'étaient pas communément fermés d'une manière aussi simple qu'ils le sont aujourd'hui, par le moyen d'une planche et d'un cadenas. Ils avaient une couverture pyramidale en bois, une espèce de dais ou de tourelle sculptée dans le style de l'époque. Pour l'ôter de dessus les fonts, on la faisait mouvoir horizontalement par une barre de fer attachée au mur et qui . I4 soutenait à Tane de ses extrémités.

(1) Planche V, fig. 4.

(3) Les décrets de conciles et les statuts de synodes modernes ordonnent que le vaisseau qui contient Teau pour le bapiêmc soit de plomb , d*étain ou de cuivre étamé, exactement fermé par un couvercle solide de même métal. Ils proscrivent les cuvettes de terre cuite. Une balustrade fermant à clef doit séparer le baptistère du reste de réglisc.

Il n'est pas rare de rencontrer d'ancienoes cuves b moles Iransformées cd bénitiers. Ceux-ci, néanmoios, sont nne classe de monuoienls à part, mais d'autant moins fixes | dans leurs formes qu'on put les traiter en toute liberté. L'igDoraucc ou la mauvaise foi seules n'ont pas craint d'à- ' vancer que l'eau bénite était une innovatiou dans V Elle est aussi ancienne que le Christianisme, et les tradi- { ttoos juives el païennes mettent hors de doute qu'elle est une des choses auxquelles on attacha primitivement, avec le sens de la purification, un rite de bénédiction ou de consécration. Il n'y a rien de surprenant en ces paroles do Terlullien sur le baptême : « Omnes aquie de pristinà originis pTotrogativà sacTamenlum sanctt'liealionis consequutilur incocalo Deo. Supervenil enim tlalim Spiritus de cœlis, «I aquis superest, sanctificam cas desemetipso, et tta sanctificaia vim ianclificandi combibutu. y> Aussi est-ce aux catacombes \ qu'il faut aller chercher les premiers bénitiers. Ils y sont ' pratiquésâ la porte d'entrée des salles souterraines qui ont serri à la célébration des saints mystères. Leiuf aétécreasé en forme de petite niche à la portée de la main, et on y a scellé un vase de marbre, de verre ou d'une terre cnîte dont la pâte est très-fine. D'autres vases de même nature y farent posés sur des piédestaux.

Ils reparaissent dans les basiliques, et on anralt tort de les confondre avec la fontaine, cantharus, qui jaillissait au milieu de l'atrium. L'eau commune ne servait qu'à enlever les souillures matérielles que les convenances vulgaires ne tolèrent pas dans un lieu respectable. Ce fait est dans la nature et il appartient à tous les cultes. Il est dicté par le sentiment qui porte l'Arabe à faire ses ablutions à la /esquia de ses mosquées.

Les bénitiers placés à la porte de l'église, sous le porrhe

OQ en entrant dans la nef, sont isolés ou bien altachés au mor de Téglise ou taillés dans une pierre qui fait partie de la construction même. Ainsi» en sortant de la sacristie de la cathédrale de Langres, on trouve, à main droite, un petit bénitier sculpté d'une pierre d*un pilier, laissée en saillie. Les bénitiers de cuivre et de plomb ne sont pas rares. Au diocèse de Langres, il en est de fer, en forme de cloche renversée, larges de 50 à 60 centimètres, dont je De puis préciser Tâge , mais qui paraissent anciens. Les modernes ont eu le goût des bénitiers consistant en un gros coquillage dont les bords sont garnis d*une lame de cuivre. A Bourbonne-les-Bains, on a creusé et transformé 60 bénitier un chapiteau corinthien de l'époque gallo-romaine. Hais je n'ai pas à dresser le catalogue des bénitiers de fantaisie.

En général, on doit regretter la perte des fonts baptismaux et des bénitiers romans ou gothiques que l'on sacrifie journellement soit à cause de leur massivité qui exige une trop large place, soit parce qu'on méconnaît leur mérite archéologique. Combien, à cetle heure, gtsent sur tes cimetières des églises de campagne, en butte à toutes les causes de destruction.

Pour ce qui regarde en particulier les fonts, je me permettrai de dire qu'on est souvent attristé du peu de soins qui les entoure en certains diocèses. Sans reporter son esprit aux siècles où le baptistère était un édifice presque rival du temple, on souhaiterait que la dignité du baptême portât à entretenir el à orner le baptistère comme Tune des parties principales du lieu saint. Il ne faudrait pour cela que se pénétrer davantage de l'esprit de l'Église.

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