Les vêtements des clercs et des prêtres
Bien que les vêtements proprement liturgiques soient Tobjet principal qui doive fixer notre attention, il me paraît boo de consacrer quelques lignes à certaines parties du costome clérical qui ne sont pas réservées au prêtre ou dont il ose dans la vie commune.
La pénule, dont parle S. Paul, était un manteau court, fermé de toutes parts. Les chrétiens, clercs et laïcs l'ont porté dans les premiers siècles. Le pallium des philosophes était un manteau de couleur noire ; il revêtit également les ministres de TËvangile. Souvent aussi Thistoire les représente avec le birrus de laine ou de soie. C'était un manteau , quelquefois très riche , qui couvrait les. bras et la poitrine sur laquelle il pouvait s'agrafer. La pénule et le birrus avaient un capuchon. Je parlerai plus loin des autres vêtements conservés par la liturgie. Les sandales ont été la chaussure des clercs durant les premiers siècles. Constantin accorda aux clercs de l'Église de Rome la chaussure des sénateurs, qui ajoutaient aux sandales une espèce de chaosse de lin ou de laine blanche. Le brodequin ouvert ou lacé fut en usage dès le IV* siècle ; mais il y eut des évêques qui portèrent longtemps encore les sandales à coorroies.
L'habit long, vestis ialaris^ a été de tout temps prescrit aux ecclésiastiques. La soutane, sx^bianeum, soianum, sub-
est une transforma lion d« la toge .
qui est devenue, plus tard, un habit de dessous, relative ment aax vâtemenls sacrés. La ceintore claît aalrefois mile pour enserrer les plis autour du corps; on la conserve encore aujourd'hui , quoique la soulaoe ail perdu de MB ampleur (2). Les canons des conciles el les antres règl»' | méats qui déterminent le costume ecclOsiasIique se i leatcDl, le plus souvent, de prescrire , sans esplîcation, la \ robe lalaire; d'une autre part, les monuments Ggureni d'onliiiaire les personnages ecclésiastiques en habits s; C*e$t ce qui ne me permet pas toujours de suivre la sérig I lies modifications que les Tétemenls aucteos ont (raverséet. J En 888, an concile de Meii a dit : r Vt amno cU arma porlel vel indummta laïtalîa xndual, id est coUoc e m*iateUos sine rappa non portent tl laïci cappa* non portmUm En 1148, un concile de Reims ioterdil à tous les dercil de rechercher dans leurs habits la variété des conlears, H^È celui d'Avignon, en 1209, prescrit à ceu\ qui sont dans \9 entres sacrés d'avoir des vétemeots fermés en baat, et H condamne les vêtements rouges, verts on de soie. Le con~
(1) Une bulJe dUrbain VIII. en 1621, sVïprinic aiosî : . Omîtes (clerici) (ffjlAnt rtites talarfi, lire ut itxmtt aibianatj à eoUo utque ad tatot liemisMS et detuper prœàncins. i Du Cange dit que nous appelons soutane une espèce de robe quôd forU sullattonom seu TurcoTum ivtlit yropria fuerit. Le mol soutane ne dérÏTe-i-il pas plutôt Je subianua que l'on emplovail pour inferior ?
(î) Divers conciles ont déleniju le luie des ceintures. Le concile de Tréïise en 1601 : « \uUus cl^rr'unntm Jc/Vt-hi liiiinnen metirtimiJioii coiori* i-toiurd. wd latuton niijrri eoloris, excepta R. 0. Dtrtato, etc.» Lesvnode de Milan, en ITiTi : < y'rtjue ciniptla serio irftme milur confi'j'lu aat î- ciirin o'nfei'ta atthibeaitt. i Un cdil de larctievcque de Cologne, en 1 337. repr»tr)io ;tux ckrcs l'usage des ceintures d'or et d'ai^<^ni. dont d coniiciidrait bien raieui de donner le pri\ aui iiainie^.
cile de Toors» en 1230, ne veut point qu'ils paraissent en public a niêi in eappii clau$%$^ vel in manullis. clausa etiam habeant iupertunicalia. » En 1 324, le concile de Sens exige Fnsage de souliers noirs et décents et condamne les souliers rouges, verts, jaunes et blancs. Écoutons un concile de Paris, en 1428 : aPriBcipui inhibemus quibuicumque ne partent tunicas colorum rubearum vel viridium per inferius (ml superius porfilalas (brochés) aut nimiùm eaudaias : née eiiam magnoê eolleios revarios, aui numicae ntmttîffi grosêoê nu caudaUu ; sed ne nimia hrevitaie aul hngitudine noUm^ dos, née seissas à parte posteriori seu à parte anieriori ni$i mque ad genua. » Au XVI* siècle, les conciles ont à lutter contre les modes mondaines qui envahissent le sanctuaire ; oû les entend proscrire les chaussures dorées, les manches fiBodnes, les chemises et les collerettes plissées avec art et brodées, la soie et les rosettes de rubans. On recommande , non plus seulement les couleurs brunes et sans éclat, mais le noir pour tous les vêtements apparents (1). Depuis loi0, les évéques ont conservé les teintes vifdettes pour la soutane; des chanoines partagent ce privilège. Les papes portent la soutane blanche, et les cardinaux, depuis Innocwt m, la soutane rouge. Les enfants de choeur ont gardé, diims beaucoup d'églises, la soutane rouge ou violette qui était autrefois adoptée pour tout le chœur, et que l'uniformité de la discipline a fait remplacer par le noir (2).
JL
I) Voyes la compilation de Chamillard De Cortmâf tonswrâ et dêfkoffgm. 1690.
^) Les élèves des divers collèges de racadémîe romaioe se distiogoeot par la couleur de la soutane. Le collège germanique esleta soutane rouge, le séminaire romain I9 porte violette; ]esor« pbelins, hhmcbe, etc.
Quant à la barbe , pour ne point parler des Orien-> taui . ni des ordres religieui qui ne se sont jamais rasés, on voit qu'elle a été soumise, en Occidenl, k une discipline variable. On défend de la nourrir, c'est-àdire de l'entretenir avec trop de soin ; mais il est interdit de la raser, par le concile de Barcelone , en 540 , par cdsi de Lacques, en 1625, et U dit positivement qu'il entend suivre en cela l'esprit du concile de Trente : • Concilii ÏWdenh'nt oesitgiti it^utrendo laneimut ut eleriet.... barbam item lu rodant ted œqualiter attondeant. D'autres condles ordonnent de la renouveler, c'est-à-dire de la tailler convenablement de quinze en quinze jours, ou seulement ane fois par mois. Ainsi le concile de Narbonne, en 1551 : « Barbam rodant saltem lemel in mmu ; » et le synode de Burgos, en 141 1 : « CUricui ad minus urnel m meiue 6arbameta^lhsrtnovari faeiat. ■» Il est fréquemment recommandé de tailler la barbe à la lèvre supérieure, de manière qu'elle ne puisse causer d'accident lorsque le prêtre, h la communion, boit le précieux Sang (1).
n est peu de défense aussi souvent renonvelée pat les conciles, s' adressant aux clercs, que celle d'entreoir de longs cheveux, comme ceux des femmes : < Nte ipta nolura doeet, dit S. Paul, quod vir quidem si comam nitlnaf
sommet, eo forme de cercle, oa de façon que les cheveux ne forment qu-one couronne. Anjoard'hni, la tonsure n'est plus aussi large, si ce n'est dans quelques ordres religieux, et on la proportionne à l'ordre dont l'ecclésiastique est revêtu •
Beaucoup d'auteurs pensent que la tonsure ne remonte pas au-delà du.V siècle; mais plusieurs la croient des temps apostoliques. Ils disent que S. Pierre la porta luimême en mémoire de la couronne d'épines (1). Quoiqu'il OB soit de cette tradition, l'Église impose la tonsure aux ecclésiastiques en signe qu'ils sont tenus de renoncer aux soperfluités et aux vanités du monde. Sa forme symbolise i la fois la couronne royale du sacerdoce et la couronne qui ensanglanta le front 4o Sauveur, dont le prêtre doit plus spécialement méditer la passion et partager les souffrances.
Vers le milieu du XVir siècle, les ecclésiastiques commencèrent à porter des perruques. L'usage de cette espèce de coiffure fut connu des Anciens. Je ne crois pas devoir entrer sur cette matière en des détails qui seraient d'un trop faible intérêt pour l'archéologie religieuse. L'étude des anciens tableaux, par exemple, oblige, à descendre quelquefois à des faits peu considérables en eux-mêmes, mais importants en iconographie (2).
Les vêtements de tête employés par les clercs ont été nombreux et de formes très diverses (3). Les moines ont
(i) Voyez la compilation de Chamillard, p. 407 et suiv., où l'on trouve les diverses manières dont ce fait a été raconté et compris.
(3) Voyez Thiers, Hist. des Perruques^ où Ton fait voir leur origine, leur usage, leur forme, Tabus et l'irrégularité de celles des ecclésiastiques, in-8*, 1776.
(3) Cf. R. P. Raynaud, De pileo cœterisq. cap. tegmin. lome
ïeDDCnieRt le capuchon, el beaucoop d'oi le conservent encoru,- mais ou conçoit que sa forme, set ' dimcQsioDS, la manière de le radacher aux vêtements Al corps ou de Vea séparer, ont dû subir des cbangemenll i dont je De puis m'occuper. Le capuchon fourré et délacbé i du reste du costume a sans doute fait naître l'aumasse, que les laïcs ont portée autrefois comme les ecclésiastiques. C* n'était, avant le XIIT siècle, qu'un bonnet rood, de pelle* (crie et qui desceodail jusqu'aux oreilles, il s'agrandit en- < suite, de manière à couvrir de plus le cou el les épaules. | Sa couleur était noire, grise, blanche ou nioucbelée «le | blanc. Arrivée à ses plus grandes proportions, raamusae I devait être extrêmement chaude. C'est saos doute ce qaï . détermina h la faire descendre sur les épaules, en décou- ' vrant In tële, soit que l'on gardât ou que l'on supprimât le | capuchon. L'aumusse actuelle, qui est un ornement àt . cbœur pour les cbanoines, dans beaucoup de cath^ral«s, consiste simplement en une large bande de fourrure qn'ib ^ portent sur le bras gauche et qui est bien éloignée de l'ancien vêtement de télé dont elle a conservé le nom.
Selon Claude de Vert, le camail n'est que la chape raccourcie, le manteau talaire devenu mantelet : a La chape, c'est-à-dire le grand manteau de serge noire, violette ou rouge que les ecclésiastiques portaient autrefois par-dessus l'aube, a souffert, aussi bien que l'aube, de notables allérations, ayant été complêleracuf réduite à une espèce de mantelet appelé vulgairement camail. En sorte que, de trois habits longs que portaient continuellement les clercs,
XIII (le ses œuvres: Tliicrs, np. r'n. ; D. Claude de Verl. Erpf'f' i(m (i'rriii. Tumc 11.
à savoir : la robe ou soutane, Faube et la chape« il ne feur resté plus proprement que la robe ou soutane, Taube ayant été raccourcie de moitié, et la chape des deux tiers. Où l'on voit que Tbabit de dessous s'est toujours plus défendu, savoir : la soutane plus que l'aube, et Taube plus que la chape. Ainsi, Faube s'est toujours mieux maintenue à Fau* tel, que non pas les habits de dessus, je veux dire la tuniqae« la dalmatique et la chasuble (1) »
Dom de Vert a bâti, au sujet de la barrette, un système plus ingénieux que fondé. Il pense qu'elle s'est formée d'un bonnet rond, de laine, que l'on portait sous lecapudioo et qui présentait de petites pointes ou cornes lorsqu'on le prenait avec les doigts pour Fôter ou le remettre. Benoit XIV rejette l'opinion de De Vert ; il pense que la barrette est ainsi nommée de la partie supérieure du birras« btrretum^ qui couvrait la tète. Elle ne paraît point avant le IX' siècle, et elle a pu s'introduire progressivement à mesure qu'on abandonna l'usage d'aller à Fautel, la tête couverte de Famict. Les Italiens ont donné trois cornes à la barrette ; elle en a quatre en Espagne où elle présente ainsi la figure de la croix. Le concile de Halines , en 1607, d'accord avec uq concile d'Aix, a dit : « Cléricale birreium^ cum est ecclesiasUcorum hominum proprium , ad cruciêformam confectum semper gérant. » En 1550, un synode de Cambray ordonna de la porter en public et surtout dans l'église. D'autres synodes recommandent de la poser avec aplomb sur la tête (2). Le mauvais goût et une tendance générale à déformer les vêtements que la tradition
(1) De Vert. Explic. Tome II, pngc 297. (i) V. Charoillanl, vp, cii.
s exirëmêi
e la reÎDtun chanoines réguliers de S. Augustin le melteal dans comoiune, ainsi que les religieux bospitaliers du Grand- i Saint-Bernard ; mais il est réduit, pour ces derniers, à tlfl I simples tresses blanches (t). C'est la plus étrange des rà* | duclions que j'aie remarquée entre toutes celles qui ont I rendu les anciens vêtements ecclésiastiques mécoaoaissables.
Les ornements que revêtent les miDislres sacrés poar h célébration du Saiot-SacriCce sont l'aniict , l'aube et le cordon, le manipule, l'étole, la tunique et la dalmatique, la chasuble.
L'amict. On célébra le Saini-Sacrifice, jusqu'au Vll° on Vlir siècle, sans avoir aucun vêtement sur le cou. Mais alors on trouva plus convenable de le couvrir d'un voile. C'est ce que prouvent les monuments rapprochés de cet âge. Plusieurs auteurs enseignent que l'amict avait pour but de protéger la gorge contre les causes de rhume. Autrefois il s'étendait sur toute la tête, et on ne le rejetait sar les épaules que pour le commencement ou même pour le canon de la messe. Nous remarquons des vestiges de cette tradition dans les rubriques de l'ordination du sous-diacre, dans celles du missel romain qui prescrivent de placer l'amict sur la tête avant de le faire descendre sur le cou, et enGn dans tes usages de quelques ordres religieux. On retrouvera cette coutume en beaucoup d'anciennes images. Amictus vient do amicire ; mais le même vêtement a été
(I) Je n'ùurais pas reconnu le surplis ttnns CCS bandes légères, aans les cxplicalioiis que je reçus, au Grand-Sainl-lScrnard, des religieux eux-mcnies.
désigné aussi soas le oom de anabolagium ou anabolarium, do grec anaballeêthai. Les femmes se servaient autrefois d'un vêtement de cette espèce, ainsi que nous l'apprend* entr'autres* S. Isidore de Séville. U était communément de lin, et quelqqefois de soie, ou j^aré de broderies. Alors même qu'il ne servait plus à envelopper la tête» on le disposait, comme à Milan, an.XYP siècle, de manière qu'il formât une sorte de collet sur la chasuble. Cette partie restant visible, continua à être parée. En général , le mot veitii paratas^ appliqué aux vêtements de lin, désigne une parure consistant en un ornement d'or et de broderies, quelquefois historiées, que l'on attachait au tissu. La liturgie a elle-même fixé le sens symbolique que nous devons attribuer à l'amict. L'évêque dit au sous-diacre qu*il ordonne : a Accipe amictum per quod designatur casiigatio voci$;9 et le prêtre récite, en prenant ce vêtement» la prière suivante : a Impane^ Domine^ capiti tneo galeam ia~ huii œtemœ ad excusandos diabolicos effedus (1). »
L'aube. L'ancienne tunique blanche , qui appartenait au costume des nobles romains, a été conservée dans l'ËSglise ob elle est devenue un ornement propre aux ministres sacrés. Les Grecs la nomment poderis, et les Latins alba et tamiiia. De nos jours , l'aube est souvent très riche en broderies. Au moyen-âge, elle était aussi brodée. Les franges d'or, les fils d'or mêlés au tissu, les pierres fines, les parures lui prêtaient leur éclat : « Quod auUm atinfrigium haibet^ dit Innocent III, et gemmata est in divenis loeis, et variis operibus ad deeorem , illud insinuât quod
(i) Voyez de plus Innocent III, Durand, Rupcrt, De Div. Offic. Lib. I, c. i9.
qnefois pourvue de manches que l'on proficrivil da&s h RDÏIe. Les papes, dés le siècle suivant, furent représeoM vt'tus de la chape. Cet orDcmeot est d'une grande luajcsli lorsqu'on ne lui enlève pas l'eUet naturel de la draperie. Au mâj'en-Â{^e. la chape ne resta puini, dans ta rigueur du terme, un manteau pluvial. Aussi, de simple qu'elt* était, on la voit s'enrichir de broderies. d*or, de pierra précieuses. Au bord inférieur, on la garnissait Tolonliert de houppes et de duchetles, comme ta robe du grandprêtre chez les Hébreux. Telle était celle que Guillaama d'Angleterre envoya à S. Hugues de Cluny : a Cappam pmi ttuream tolam, l'n qua vix nisi auruni apparel. vel electnim (or et argent), vel margarilaritm lextus aul gemmarum $t~ ries : inferius autem utidique tintinnabula reionatilia, ipta^ que aurea pnuieni {!]. » Les chapes modernes ont IransformV- le chaperon en un grand collet qui ne sert à rieB pour la léle.
Aujourd'hui, la chape est l'habit des chantres. Dès le XHP siècle, Honorius d'Autun disait : « Cappa pra~ pria vestis est rantorum. » II indique qu'elle était ouverte par-devant, ornée de franges au bas et pourvue d'un ca- puce (2\ Pour les cardinaux, le capuchon est doublé d'her- — mine. A l'exception de quelques jours oii le pape revêt la.^ chape blanche, il la porte rouge. S. Pierre Damtcn disailV^ j au sujet lie l'antipape Cadaloiis : a llabes morem romam m Pontificis rubea m cappam. »
Plusieurs auteurii font dériver le nom du xuperpeUiciut^::^
(I) .\iiori- b. mir. S. Iliit,.. cji l)i: Ciingf. [i) [Un;iMil iHnis ii]i|iicin! i]u\iii ne s'en sci'
OQ surplis, de veslis super pelles, parce qae ce vêtement aurait recouvert les robes à fourrures qui étaient d'un usage commun. Ils pensent que l't^paisseur de ces fourrures avait déterminé la grande largeur des manches. Durand deHende est de cet avis : « Dtctum est superpelUcium eb quod antiquitus super tunicas pellicias de pellibus mortuorum anima-lium factas induebatur^ quod adhuc in quibusdam ecclesiis observatur. » Vers le commencement du XVIir siècle, on avait déjà réduit la grandeur des manches* et Ton imagina d'attacher derrière ce vêtement des ailes plissées. Idée bizarre , non-seulement parce que ces ailes ne resaonblaient à rien, mais aussi parce qu'il est peu naturel de vouloir emprunter aux images des anges un attribut qui leur est propre. Il y a, au moyen-âge, des exemples de surplis à capuchon.
La longueur du surplis a varié. Il est raisonnable de le considérer conune un diminutif de Taube. On lui donne aujourd'hui le nom de rochet lorsqu'il est à manches élroite8*(l). Au moyen-âge , le surplis et le rochet sont qodquefois distingués et d'autres fois confondus. Plusieurs croient que le rochet était , au XVT siècle, le surplis sans manches que l'on porte encore de nos jours en certains diocèses (2).
(1) Le root rochetum vient du nom roccus , roch en tudcsquc, par lequel on désigne un habit de dessus.
(9) LiC rabat que gardent les prêtres français est un prolongement du collet de la chemise que l'on commença à rabattre dès le milieu du XVi* siècle. On en vint, pour plus de facilité, à détacher ce collet qui fut adopté comme ornement. En France, au XVli* siècle, il sëlargit et s'allongea en une bande de toile qui diminua dans la suite et subit des changements tant sous le rapport de la forme que sous celui du lissu.
Od se seri, en Ilalic, de surplis à plis exIrèraemeDl fi ft qui De descendent pas au-dessous ( chanoines réguliers de S. Augustin le mettent dans la vie coinniune, ainsi que les religieux hospitaliers du Grand- Saint-Bernard ; mais il est réiluil, pour ces derniers, à ds 1 simples tresses blanches (1). C'est la plus «itraoge des r6> I ductions que j'aie remarquée entre toutes celles qui onl I rendu les anciens vêtements ecclésiastiques mécooDais- J sables.
Les ornements que revêtent les ministres sacrés pour la i célébration du Saint-Sacrifice sont l'amict, l'aube et la j cordon, le manipule, l'étole, la tunique et la dalmatiqu«, la chasuble.
L'amict. On célébra le Saint-Sacrifice, jusqu'au Vil* on vue siècle, sans avoir aucun vêlement sur le cou. Mais i alors on trouva plus convenable de le couvrir d'un voile. C'est ce que prouvent les monuments rapprochés de cet âge. Plusieurs auteurs enseignent que l'amict avait pour but de protéger la gorge contre les causes de rhume. Autrefois il s'étendait sur toute la têle, et on ne le rejetait sur les épaules que pour te commencement ou même pour le canon de ta messe. Nous remarquons des vestiges de cette tradition dans les rubriques de l'ordination du sous-diacre, dans celles du missel romain qui prescrivent de placer l'amict sur la tète avant de le faire descendre sur le cou. et enfin dans les usages de quelques ordres religieux. Oo retrouvera cette coutume on beaucoup d'anciennes images. Amictus vient de amictre ; mais le même vêtement a été
(1) Je n'aurais pas reconnu le surplis dnns ces bandes légères, sans les cxplicalions que je rei;uË, au Grand-Saini-lScrnard, des religieux eux-mËnics.
désigné aussi sous le nom de anabolagium ou anabolarium^ du grec anàballeêïhai. Les femmes se servaient autrefois d'un vêtement de cette espèce, ainsi que nous l'apprend, entr*autres« S. Isidore de Séville. Il était communément delin« et quelqqefois de soie, ou j^aré de broderies. Alors même qu*il ne servait plus à envelopper la tête, on le disposait, comme à Milan, an.XYP siècle, de manière qu'il formât une sorte de collet sur la chasuble. Cette partie restant visible, continua à être parée. En général , le mot v€$Ui paraUu^ appliqué aux vêtements de lin, désigne une parure consistant en un ornement d'or et de broderies, quelquefois historiées, que l'on attachait au tissu. La liturgie a elle-même fixé le sens symbolique que nous devons attribuer à l'amict. L'évêque dit au sous-diacre qu*il ordonne : a Accipe amictum per quod designatur casiigatio vacis;^ et le prêtre récite, en prenant ce vêtement, la prière suivante : a Impone^ Domine^ capitt tneo galeam âaïuUi œtemœ ad excusandos diabolicoê effedus (1). »
L'aube. L'ancienne tunique blanche , qui appartenait au costume des nobles romains, a été conservée dans l'ËSglise ob elle est devenue un ornement propre aux ministres sacrés. Les Grecs la nomment poderis, et les Latins alba et tamUia. De nos jours , l'aube est souvent très riche en broderies. Au moyen-âge, elle était aussi brodée. Les franges d'or, les fils d'or mêlés au tissu, les pierres fines, les parures lui prêtaient leur éclat : « Quod auUm atirtfrigiutn habet^ dit Innocent III, et gemmata est in ditersis locts, et varits operibus ad deeorem , illud insinuât quod
(i) Voyez de plus Innocent II!, Durand, Rupcrt, De Div. Offic. Lib. I, c. i9.
Propbtti dicU in psabm ; Aslitit rfgina à drxtri» mit « ' veslitu dfaurato ctTcumdaia varielatc. » Benoîl XIV assure qu'anciennement, le Vendredi-Saint, les prùtres revélaieol l'aube uoire. Sun nom itiilique assez quelle est s.i couleur ordinaire. Les paroles que l'on ri?cile en la prenant nous instruisent du sens moral que l'Église y attache : elle est le symbole de l'innocence et de la pureté du cœur : a Dealba me. Domine, et miinda cor meum. a Les plis de l'aube 9ont maintenus par un cordon eu une ceinture. Benoît XIV observe qu'il faut placer la ceinturenon à la hauteurdela poitrine, mais autour des reins. Elle est aussi ancienne que l'aube, et il n'y avait cliez les Romains que les elTèminèi qui osassent paraître eu public avec l'aube flottante. Dant l'ancienne Loi, comme d,-)ns la nouvelle, on a toujours considéré la cérémonie qui consiste à se ceindre les reit» comme symbolisant la mortification de la chair et de sa convoitises. Aussi l'Église met ces paroles dans la boncha il» ministre qui prend cette ceinture : « Prœcinge me. Domine, cingulo puritatis et extingue m lumbis meii humonm Ubidinis ut m me matieal virtus conltnentiœ et castitatis. b Il n'est pas rare d'entendre mentionner, au moyen-âge, des ceintures en or, brillantes de pierres fines et de perles. Les évoques portent seuls, en France, la ceinture de soie blanche, frangée d'or ou d'urgent aux e^ilréniilés. Les prêtresse contentent d'un simple cordon.
Le hanipllh. Le manipule, selon son étymologie, est un ornement de la main. Il n'appartient pas à la haute antiquité. Les uns le Tont remonter au-delà du VIIT siècle; selon les autres, il dalc de cette époqne ou même d'une époque plus récente. Cette controverse nous semble rouler sur un malentendu. Elle s'est produite parce qu'on n'a peut-être pas pris k'soin de distinguer le linge ou mouchoir
qui a précédé le manipule et le manipule considéré comme ornement. On se servait autrefois, en effet, d'nn mouchoir posé sur le bras gauche et destiné à essuyer la âueor du front. Il est appelé sudariolum, sindo, fano^ mappula^ manulat mantile. Alcnin dit : « Mappula quœ in sinistra parte gestatur, quà pituitam oculorum et narium detergimus, prœsentem vitam désignât (1). )» Ives de Chartres en parle dans le même sens au XI' siècle. Mais Hiigues de Saint-Victor, Honorius d*Antun, Innocent lll et Durand ne font plus, aux deux siècles suivants, que des allusions à l'ancienne destination de ce mouchoir. Nous en concluons qu'au XII* siècle, le manipule devenait un véritahle ornement. Aussi, en 1200, sous Eudes de Sully, un synode de Paris décrète qu'on mettra sur l'autel un manuterge avec le missel, « ad iergendum os et nares, si fuerit necesse. » Toutefois le manipule était déjà un ornement dans quelques églises. S. Grégoire- le-Grand accorde aux prêtres et aux diacres de Ravenne le privilège de le porter. S'il n'avait été qu'un mouchoir, il n'aurait pas été ainsi réservé, et tous les prêtres auraient pu le porter, puisque tous éprouvent les besoins auxquels il devait satisfaire. Autrefois on ne plaçait le manipule au bras qu'après le Confitear, au moment où on relevait les plis de la chasuble. Les évêques suivent cet usage, bien que la chasuble échancrée sur les bras ne demande plus à être repliée (2),
(1) AlcuÎG. De dîv. offic, col. 275 de la collée. d'Hittorp.
(2) I! y a ici une controverse. H est prouve par d'anciens ordres romains que Ton a pris autrefois le manipule avant d'aller à Tautel. D.Georgi etd*autrcs pensent qu*on ne Ta mis qu'après la confession des péchés, parce qu'il est 1c symbole des œuvres méritoires.
— aoo —
Les manipules n'avaient pas anciennement la forme qa'ils afTcclent aujourd'hui. Ils consislaicDl en nne baude de largeur égale d'une extrémité â l'antre, et ils étaient plus loDgs. On y consacrait de riches étoffes, des tissus d'or et d'argent. On y suspendait aussi des clocheltcs. Le manipule moderne s'élargit aux extrémités , et l'on j desdine denx croix. Une troisième est figurée an point du milieu que l'on fixe sur ie bras. Il suit la couleur de la chasuble. ,
L'évlîqne dit au sous-diacre, en lui donnant le manîpale : oAccipe manipulum per quem designalar fruclus bo- 1 norum operum ; » et le prêtre, en l'attachant à son bras poar [ la messe, récite la prière : nMerear, Domine, poriarema- 1 nipulum fletus et doloris M cum exuïlatione recipiam nvr- j eedem laboris. » Aussi les symbolistes sont unanimes à l'envisager comme le signe des travaux de celte misérable ti« ' et des douleurs de la pénitence. Ou le porte du côté gauche e( il offra une croix à nos regards : la gauche a toujonn ] désigné dans l'Ëglise la vie présente ; la croix du Sauveur parle d'elle-même.
L'ÉTOLE. L'histoire de l'étole n'est pas satis obscnrilé, et il faut, pour la tracer clairement, distinguer avec suin plusieurs vêtements anciens et divers changements de formes et de nom.
L'étole des Grecs et des Romains n'eut rien de commun dans la forme avec notre étole actuelle ; car c'était une espèce de tunique talaire et pourvue de manches. Primitivement les femmes et les hommes efféminés la révélaient seuls. Elle fut ensuite adoptée par les nobles et devint même une marque du souverain pontificat (t). L'historien Zo-
(1) Il csl bon de rcmaniuci' que la ltil>lc
zime raconte que les prêtres offraient à l*emperear, au moment où il arrivait au pouvoir, l'étole sacerdotale, et qu'on lui donnait dès lors le titre de pontife suprême. C'est une ëtole de ce genre que les évêques, les prêtres et les diacres portèrent dans les premiers siècles. Telles étaient celle de S. Jacques que Ton possédait à Jérusalem et dont se re^ vêtirent longtemps les évêques de cette ville, et celle d'or que Constantin donna à Macaire, l'un d'eux» sans doute en signe que le sacerdoce chrétien avait remplacé le pontiGcat romain.
Comment l'étole actuelle, si différente de cette tunique, a-t-elle reçu le même nom? Bona et d'autres liturgistes conjecturent que l'on a donné le nom de l'étole à la bande ou orfroi qui en était l'ornement principal et que l'on a prise pour le tout. Cette bordure précieuse a pu être envoyée quelquefois à la place de la tunique entière, par les empereurs qui l'adressaient en présent et par manière de décoration aux personnages qu'ils voulaient honorer. Du reste, le nom de stola n'est appliqué au vêtement en forme de bande, passant autour du cou et pendant par devant, que yers le VIII* siècle ; même il n'est pas accepté par tout le monde. On appelle auparavant cette longue bande orarittffi. Raban Maur dit : «c Quintum est quod ararium dicitur^ licet hoe quidam itolam vocenL »
L'orarium était, chez les Romains, une bande de lin qui avait de l'analogie, pour la forme, avec l'étole actuelle. Elle passait derrière le cou et descendait des épaules sur la poitrine. On s'en servait pour essuyer la sueur du vi-
aoteursprofaDesont appelé souvent stola en général un vêtement propre à couvrir tout le corps. Ainsi Pharaon donne à Joseph une étole ; Joseph fait le même présent à ses frères.
nge. S. Ambmisc raconio 4|uc, durant un» tompéle, «m4 Trière, pour sauver lo Saint-Sacreniciil, le n>il dntis son | orariuiu (fu'il enroula autour de son cou : « /.igari fectt lit oraria et orarium insnhit collo alque ilà se iajedt in mare.» S. Gré^ire du Tours rafiporle que l'on étrangla le fils du Sigîsmoud en lui serrant le cou avcv rorariom. L'élole aciuelle peut donc tirer son origine de ce v^lcaKnt. puist^u'il y a cutnniunaulv de furme cl do noio. ausai bien ' que delà bordure de l'ancienne tunique dont nous «vou J parlé.
Quoiqu'il en soit, t'orariuni ou l'étole ;i élé de bonofl J beure unvi^tcnicnt distinclif des ministres sacrés. La Mii<,.r l'or, les étoffes teintes ont succédé au lin. Au IV' siècle, UB I synode de Laodicée en interdit l'usage aux sous-diacres M] aux ministres inférieurs. Le diacre la porta d'abord suri l'épaule gauche, sans que les bouts vinssent su rattacher ] sous le bras droit (t), comme cela eut lieu plus lanl par ■{ raison de commodité. En France, il l'a mise, les deox bouts pendant par devant, ainsi que le prouvent d'anciennes statues. Dès le Vir siècle, le prêtre l'a disposée en croix sur sa poitrine pour ta célébration de la messe [2]. En d'autres temps, il la porte, comme l'évèque te fait constamment, en laissant les oxtrémités pendre par-devant. Le diacre, le prêtre et l'évêque ont autrefois gardé l'étolc en dehors de l'église et pour Ift vie commune. Elle suit, de même que le manipule, la couleur de la chasuble.
Les anciennes éloles èlaieul plus longues que les éloles
(I) Conc. Je Tolcilc. en 033.
(i) Conc. île Itrngiic, en 0~>>. Lu iii-u'i|>linG n varié sur rc puini, ■nr Innnccul III liîmoignc que ru*ni:e ;i Hnmc élaii ronlraire. Ofi. il., lib. I, c j3.
modernes. Elles ne s'élargissaient pas aux exlrémités. Elles étaient garnies au bas de franges et souvent même de clochettes. Kraser fait observer, à ce propos, que Ton aurait tort d'entendre, avec Georgi, par ces clochettes, des glands ou houles de fils d'or ou d'argent. Il cite en preuve les chasubles et les chapes du Trésor de Liège, garnies encore de véritables clochettes. Au moyen-âge, Tévêque de Paderborn, Meinwerc, contemporain de S. Henri, donnait à un monastère plusieurs étoles, dont Tune n'avait pas moins de vingt-sept clochettes. Du Gange en fournit d'autres exemples.
L'Église a voulu que Tétole fût le symbole du joug du Seigneur imposé aux ministres des autels qui recouvrent, en s'y soumettant avec obéissance , l'immortalité perdue parle péché. L'évéque, en effet, impose l'étoleau diacre en lui disant : « Accipe stolam candidam de manu Dei ; adimple ministerium tuum^ potens est enim Dem^ ut augeat tibi graliam 9uam. » Il exprime plus clairement la même pensée à l'ordination du prêtre : a Accipe jugum Domini ijagum enim ejuê iuave esl^ et onus ejus levé ; » et celui-ci, en revêtant l'étole pour les saints offices, la considère, dans la prière qo'il récite, comme la figure d'une autre étole glorieuse et impérissable : la gloire du Paradis.
La dalmatique, le colobe. Vers le II* siècle s'introduisit à Rome un vêtement étranger qui devint commun aux laïcs el aux clercs, c'est la dalmalique ou le colobe (la coule), qui ne diffèrent qu'en ce que la dalmatique est plus large et a les manches plus amples. Toutefois ces manches ne s'étendaient guère au-delè des coudes. La dalmatique empruntée, comme son nom l'indique, à la Dalmatie, était un vêtement talaire que l'on décorait, selon la dignité des personnages, de roses, de clous ou de raies de pourpre plus ou
moins larges ; et oa les appelait pour cette raison loJic/oDâ ou angustidaves (1). Les évëques la portèrent; S. Silveslro l'accorda aux diacres <}e l'Ëglise de Rome, et l'asa^ en devint peu à peu général pour les ministres sacrés. Lei évêques ont continué à la mettre sous la chasuble avec II tunicelie des sous-diacres. Les prêtres t'ont prise aussi, «1 les exemples d'églises où ils ont eu, jusqu'à ces derniert temps, la coutume de la garder sous la chasuble, sont même fréquents. La dalmalique moderne a les manches fendues et descend moins bas. Voici quelques passages des auteurs du moyen-âge ; ils compléteront ce qu'ils Douf importe de savoir Sa sujet de cet ornement :
Amalaire Forlunat : a Dalmatka duas coccineas fintai habel relrd, simiiiterque in anteriori partf... Ailqaœ (fa(matiew kabent vtginli oclo ^mbriaii anléel reirà... fl aliqaa trigenla el irtgtnta, singulœ linew altrinsfcus guindecim... iinùlmm lalus hi^et fimbrias,,.. ad dextrum latus non habcl (2). Il Le fond de la dalniittique était alors commo- Dément blanc ; les lignes rouges répondaient à peu près k celles que Iraccnl aujourd'hui les galons d'or. Il est des dalmatiques peu anciennes qui n'ont poinrde franges an côté droit, tandis qu'elles en ont au côté gauche ; c'était peutêtre pour laisser au bras plus de facilité d'agir. Mais Amalaire explique mystiquement toutes ces particularités : a Inconsuîilis eliam est , » dit Atcuin (3). Baban Maur : a Jï<sc vestis in modum cnicis est facta... Ilabet quoque et purpureos tramitcs ipsa lunica à summo ustjue ad ima, anti
(1) S. Grégoire. Ed. Migne, p. 1033, noie F.
(2) Fortunal, De ceci. off. )ib. li, c. 21.
(3) Akuiii, bc Dit: off., i\ l'cxplicnlion Jit sens Jcs vélemenls.
ac reird descendens^ necnon et per utramque manicam (i). » Les auteurs moins anciens, tels qu'Hooorius d*Âutun et Innocent m n'ajoutent rien à ces renseignements.
La tunique dont se revêt présentement le sous-diacre se confond avec la dalmatique. Elle était autrefois plus étroite que celle-ci et peut-être d'une étoffe moins précieuse ou plus légère. Honorius d'Âutun rappelle subtile ou Hricta tuntca (2). Les évêques mettent sous la chasuble» outre la dalmatique, la tunicelle du sous-diacre. Nous pensons, avec Hugues de Saint- Victor , Durand et Merati, qu'on peut voir dans cet usage un signe de la plénitude du pouvoir sacerdotal de l'ancienne Loi et de la nouvelle résidant en leur personne (3). Cela n'empêche point d'admettre qu'ils ont gardé ces vêtements parce qu'ils les portaient à une époque où ceux-ci n'étaient pas spécialement affectés aux autres ordres de la hiérarchie.
La chasuble. La chasuble, aux yeux de Tarchéologue et du liturgiste, est l'un des ornements les plus importants : il est le plus apparent, il sert pour les cérémonies les plus augustes; sa forme ancienne est majestueuse et on lui a prodigué toutes les richesses qui peuvent briller .dans un vêtement. La chasuble a été nommée casula, parce que, dit S. Isidore de Séville, elle ressemble à une petite case qui protège l'homme tout entier. On l'appelle aussi planeta, du grec planê^ qui signifie l'action d'errer ; elle tourne, en effet, autour du corps, et elle avait une forme indécise à cause de l'ampleur de sa draperie.
(I) Raban, De imt. cleric. lib. 1, c. 20.
(â) Honorius, Gemma, lib. I, c. 229.
(3) Merati, Comm. de Gav. P. Il, fit. 1, p. 149. Ed. 1763.
rï est cerUin qu«, primitivement, ta cbasoble a été m
babit profane. On l'interdisait aux moines parce qu'elle était trop somptueuse, ou du moins ils devaient n'uwr que lies moins rirbes et des moins érialantes : « Planeiicanm alque birrorum prelia simut et ambilionan decUnattt, » dît U Règle de Cassîen. Jean Diacre, décrivant le costume de S. Grégoire et de ses parcuts, représente ce pape et son pért revêtus de cbasubles d'une couleur brune : a CatUmei coloris, n Et on lit dans une vie de S. Fulgeace que des Gei> gncurs OQ nobles mirent un jour ce saint h l'abri de la pluie, en étendant sur lui leurs pfanrK«.
Au Vir siècle et alors que la cbasuble était encore portés par les laïques, les lois ecclésiastiques obligeaient le pr^tra 8 la revêtir comme une marque dislinctive (1). Lorsque l'admission des Barbares dans le sein du clergé menaçait d'amener la substitution de leurs babils étroits et peo dignes aux larges et nobles vêtemenis, les conciles mainte- , liaient la chasuble entre tous ces derniers. Un synode, présidé par S. Bonirace de Uayetux, décrète que les prttret et les diacres seront tenus de la prendre et de rejeter le sagum des laïcs. Elle est devenue on ornement particulier au prêtre, bien que le diacre et le sous-diacre l'aient revêtue en certaines circonstances (2).
Les plus anciennes cbasubles étaient toutes rondes, comme le sont encore celles des Grecs, c'est-à-dire qu'elles n'avaient ni manches, ni trous, ni échancrurepoor le bras, mais seulement une ouverture pour passer la tète. Il était, par conséquent, nécessaire de la relever, en la repliant de
(!) Concile de Tolède IV.
(2) Voyez Gavanti et Mcratî, P, I, til. Ifl.
chaque côté sur les bras» pour faciliter les mouvements du prêtre. Cette forme avait quelque chose de gênant, d'autant plus que les ornements dont on chargea les chasubles ou les étoffes épaisses que Ton y consacra ne permettaient pas de la plier aisément. On se décida à Téchancrer par €ôté en France et en Italie. Le plus ancien exemple est dans une mosaïque de S. Apollinaire de Bavenne, qui date de 567 (1). Cette échancrure s'agrandit successivement, mais sans que la longueur de la chasuble , qui descendait en pointe, surtout par-devant, fût diminuée. On rencontrera néanmoins des chasubles du moyen-âge qui sont parfaitement rondes.
Il y a une foule de statues , de pierres tombales , de pe^intures qui présentent la chasuble en draperie souple, avec des échancrures qui ne Tempéchent pas de couvrir les bras au-dessous du coude, ou simplement taillée en large pointe (2). La forme actuelle, que je n'ai pas besoin de décrire, n'est devenue commune qu'au XVIII'' siècle (3).
Les rubriques ne se sont pas modifiées en raison des changements qu'éprouvait la chasuble ; car sa forme ancienne explique seule pourquoi on la relève encore par derrière à la consécration; pourquoi les ministres la prennent du doigt, près de l'épaule du prêtre, lorsqu'il encense; pourquoi le diacre et le sous-diacre revêtent la chasuble, mais repliée, à certains jours marqués par la liturgie.
J'ai dit que l'on avait déployé une grande magnificence
(i) Ciampioi, Voyez la gravure 24, tome 11, p. 80.
(3) Cette dernière coupe est celle de la chasuble de S. Thomas de Cantorbéry, que nous donnons, planche VII, fig. 2. Elle est en soie violeUe, brodée au collet et ornée de galons.
(3) Voyez Lebrun-Dcsmareltes, Voyages liturg.
dans les dusubies, C«tles qui nous r«stcol eo fooî foi, bien que Ii.« Je&crifilions écrites. L'or, les broderies, la pierres [irécieuses, tes perles, les sonnettes en augmenlaleal parfois la pesanteur au point qu'il fallait être robuste po«r s'en servir. Le Iri^sor île Majence en possédait une de couleur violette, mais si lourde, à cause des [tetites lones et des astres d'or dont elle était parée, que le célébrant ëlaît obligé de l'échanger, â l'offertoire, contre une plus légère.
En France, mais non en Italie, on dessine sur la chasuble une croix, par le moyen des galons et souTcnt ausN par une couleur différente. Dans ce dernier cas, on jog» de la coulenr du ^élemenl, non par celle de la croix, mail par celle du fond. Eo règle géDi>rale, c'est le fond de l'étoffe, et non les ornements, qui détermine la couleur li-' lorgique.
La crois cuuvieul sur la chasuble dont on se sert spécialement pour le sacrilice qui renouvelle celui do Calvaire. L'agneau, le pélican y sont quelquefois brodés, et l'idée qu'ils rappellent est en harmonie avec celle de la croix. Mais il n'en est pas de même d'autres images, telles que la colombe, Ggure du Saint-Esprit, et le triangle rayonnant, emblème d'un Dieu en trois personnes. Si l'on veut faire attention aux insinuations qu'elles présentent tout d'abord à l'esprit, on pourra penser, avec raison, que le prêtre qui les porte à l'autel dit la messe avec une hérésie sur le dos. L'évèquc, en donnant la chasuble au prêire qu'il ordonne, prononce ces paroles : « Accipe vcslcm sacerdolalem per quain caritas intelligitur, polen$ est enim Deus ut augtat tibi carilalem cl opitu perfeclum. » Les livres des liturgistes sont, en ce point, l'écho fidélc du pontillcal.
Je ne veu\ pas cture cet article sur les vêtements sacerdotaux sans résumer ce que les symbolistes nous enseignent
toochant les rapports que Ton peot découvrir entre eux et la viedeN.-S. Nous avons vu, dans la première partie de ce cours quelques-uns des liens qui les unissent aux vêtements pontificaux de l'ancienne Loi, et nous avons entendu les leçons que TÉglise y attache pour notre édification spirituelle. Gardons-nous de croire que le respect pour ces idées soit de peu de conséquence. Si on l'avait entreleno depuis deux siècles, nous ne serions pas témoins de ces changements, de ces mutilations malheureuses qui ont arraché à plusieurs de nos vêtements liturgiques toute leur beauté. Veut-on, par exemple, que la chasuble reste un symbole de la charité qui couvre le pécheur et l'indigent d*un manteau protecteur? Il faut alors lui laisser son ampleur et la souplesse de ses draperies. Autrement le symbole n*a plus le fondement de Tanalogie et devient incompréhensible.
Herati a fait lui-même le résumé que J'ai en vue (1). L*amict, c'est le voile qui cache la divinité du Christ, oa celui qu'on jeta sur sa tête à la Passion; c'est encore sa couronne d'épines. L'aube représente sa sainteté, la gloire de sa résurrection, ou la robe qui lui fui donnée par Hérode. La ceinture symbolise sa pureté infinie, les fouets et les cordes de la flagellation. L'étole, figure le joug que N.-S. porta par obéissance à son Père, ou le lien qui l'attacha à la colonne. Le manipule, selon S. Thomas, représente la corde dont ses mains furent entourées par ceux qoi vinrent le prendre sous la conduite de Judas : « Destinât, dit Innocent III, quod Christus bravium obttnebat ifi via... Per manipulum enim prcemium designatur... Per
(1) Mcroti, Comm. in Gav. P. Il, tii. 1.
Itrmm rita prttsens accipitm'. » La chasuble, c'est la pliaitade tie la grâre et <Ie là cbaril^ en Jésus ; c'est l'aDiversalitédel'^list; : a Coiuta ma^ni sacerttotis est unirertalit EecUsia, de quà dicit Aponolus : Quolquot in Christo hoffizati rslii Chrt'itum mduisfts (I). » C'est enfin, à on aatrt point de vue. la robe- de pourpre avec laquelle fi. S. parut dnvaut Pilait-.
m. — Lot vrlemmit qntcopaux.
La HtTHE. Les anciens écrivains ont sonveot donné le même nom à des coiffures en elTct 1res dîflTérenles pour la forme : Milra, cidaris, liara, infula, phrygtum, corona taterdolalis. De là vient la difGculté de préciser les origiiK* des vêlements de l£te adoptés aujourd'hui dans la liturgie. Les antiquaires ont généralement compris, sous le nom de cidaris, un bonnet simple, liant soos le menton au moyen de cordons, ou serré par des rubans ou fanons pendant sur les épaules. La mitre et la tiare sont des cidaris très ornés, la première terminée en pointe et celle-ci par une forme arrondie. La mitre phrygienne avait la pointe rabattue et plus écrasée. S. Isidore, en ses Origines, a défini la mitre : u 3Iilra est pileum phrygium caput proUgens qualeesl ornamentum capitis devotarum ; serf pileutn virorum est. milra aulem fœmiiïarum{'î). u
C'est vers le \' siècle seulement qu'on voit l'usage de la mitre attribué cumtnunémenl aux évêqucs , et sa forme
(t) Innoccnl III. Voyez nussi la Somme ilc S. Thomas en divers cndroils île la troisième partie.
[2] S. Isidore fait allosion à la milre des vierges consacrées à Dieu el dont parle S. Optât au livre H* contre les Donatisics ; I C'iiiiprrhcniam imctiam eut m'itrnm ipse imposuernt. i
n*est même bien précisée» comme analogue à celle des mitres actaelleSy que par des textes et des monuments postérieurs d'un siècle. Cependant la mitre paraît avoir été « sous une forme ou sous une autre, une coiffure marquant la dignité épiscopale, bien avant cette époque. Il est possible qu'elle n*ait été adoptée d*abord que par quelques évëques et même qu'ils aient reçu du souverain pontife, comme un privilège, le droit de la porter. Le pape Léon donne à S. Ânschaire de Hambourg et à ses successeurs, avec le pallium, la faculté d*orner leur tête de la mitre : a Omari caput ejus mitrâ, portari ante ipsum crtAcem. » Le pape Alexandre III fit aussi la concession de la mitre à un évêque du Nord, Godewald. Théodulphe d'Orléansj mentionne la mitre pontificale :
€ Illius crgà caput resplendens mitra tegebat. >
Le silence d'Alcuin, d'Amalaire et deBaban, au sujet de la mitre, n'est point inexplicable dans notre opinion. Ils ne parlent pas de la mitre parce qu'elle n'était pas une coiffure liturgique commune à tous les évêques. J'ajoute que les évêques ont dû avoir de tout temps une coiffure distinctive plus on moins semblable aux lames d'or des apôtres Jacques et Jean, ou à la partie inférieure de la mitre, qui est plate et ceint le front comme une couronne. Il n*y a point d'apparence que ces deux apôtres aient pratiqué ce que les autres apôtres auraient rejeté, et leurs successeurs ont dû suivre leur exemple. Aussi nous lisons dans une lettre écrite par Théodose de Jérusalem à S. Ignace de Gonstantinople , et qui est aux actes du VIIF concile universel, qu'il a gardé a Poderem et superhume' raie cum mitrâ et pontificaïem ornatum S. Jacobi fratrts Domini etprimi archiepiscoporumj quo antecessorcs Palriar-
ektB circuttuimicti semper in sancla santlorum in^rtditban' tr. u Ennode dit, au sujet de S. Ambroise :
< Sacra tnlimilut gettabat liicida fronle DiitàncU} gcmmU (!)■ •
Voilà ce qui me semble le iniea\ fundé , d'nprès les jocuDienls qui se sont produits dans \es ardentes coDtroverset entre Du Saussay, Viscooti et Hugues Mènard suivi de plusieurs liturgistcs.
Les couronnes , tes lames précieuses . les rubans , posés sur le front des t^vt^ques des premiers siècles se sont Iran»* formés dans la suite en s'nnissant au bonnet, et ils ont formé peu à peu la mitre du moyen-âge. Nous en donnons des exemples, ptaorlie Vil. Dora Marlène remarque, avec raison, qu'elle est plus basse que ta mitre moderne : « ferai bicoTHis xtu bifida, sed ab hodiernà paulfi kumiUor, ut vîdereest inantiiiuhfpmopiirvmslatms,.,sigillis..- cfcarïM.» Elle était très ri«-lie et souvent ornée de pierres précieuses, de perles, de broderies, de fleurs et portait même des clochettes aux fanons. On lil dans un inventaire du trésor de S. Paul de Londres, au Xtll' siècle : « Vna mitra de dono Hiccardi fpisatpi ornata perlis aJbis pi-r loium campum et flosculis argenlels dfourala, lapidibus inscrits ordine spîsso, et defcit tiim campanuin in uno pendulorum (2). »
Le moyen-àgc considère unanimement ta mitre comme symbolisant resccllcncc de levêque dans la doctrine: « ililra scientiam ulriustiue Teslamenli significat ; Jiam duo
(1) Oïl lil aussi Sam ndintilus. Sur les couronnes dpiscopales voyez ilivcrs U'Hinij^nagcs (tnns ilu Siiu^s!iv, Pnnoplia cpisropalit. I.il". I. Ili- iiiiii<i. miliw, [i.igc.'il r.\ set].
{•2) liiic liai C iULiiii (l^iiis les l'ioUyom. nu pontifical, ch. 18.
eomua duo sunt Testamenta ; duœ fimbriœ ipiriius et littera ; cireulus auret^s qui anteriorem et posteriorem partem complectilur^ indicai quod omnis scriba dodus in regno cmlorum de ihesauro suo nova profert et vetera. » S. Thomas : « Per mitram scientia utriusque Testamenti ; unde et duo comua habet. D Dorand de Mende développe les mêmes idées (1). Si qoelqu^an les regarde comme des rêveries de ces écri-- Tâins, je le renverrai aux mitres elles-mêmes. J'ai vn, dans la collection de M. l'abbé Chaiiveau , vicaire-général de Sens, l'église et la synagogue représentées en broderies sur les fanons d'ane mitre ancienne, comme elles le sont en sculpture au portail de Reims, et par la plume de S. Thomas en son opuscule 52*. Du reste, les Pères disent des cornes de l'agneau dont il est parlé dans l'Apocalypse, ce que le moyen-âge a écrit sur les cornes de la mitre.
Les modernes ont donné à la mitre, surtout en France, une hauteur excessive, et ils l'ont doublée d'un carton si raide qu'elle n'a plus aucune grâce. Peut-être, d'un autre côté, les mitres nouvellement imitées du moyen-âge sontelles trop basses et peu majestueuses. Nous conseillerions on moyen terme.
Le cérémonial des évêques distingue trois espèces de mitres dont l'évêque se sert alternativement dans les circonstances fixées par les rubriques : mitrapretiosa^ décorée de lames d'or et de pierres précieuses ; mitra auriphrygiata^ en drap d'or ou de soie et d^or , rehaussé de quelques
(I) Innocent III. De sacra ait. mysL Lib. I, c. 59. — S. Thomas, au suppl. composé sur ses ouvrages, q. 40, art. 7. — Durand nous apprend que les licrctiques (Vaudois, Albigeois) tournaient en dérision les cornes de la wilrc, sur ces paroles : t Vidi aliam hesliam; habebat comua duo. i Calvin a dépasse, sur ce poiut, ses ancêtres.
perles ; mi'rra fintphx, un soie blanche oa mtoie en lîn oH Ion ne lolère que quelques franges rouges.
Je rcnroie aux c^nonistes et ans liturgistes sur le droit de porter la mitre, conféré par le pape aux abbés, anx chanoines et uiômc u des princes sécnlicrs. MatsjecroU devoir aux arcbôologues une courte notion sur la (iara papale et le cbapeau cardinalice.
Les images des plus auciennes mitres des papes trac^ au propjlée du mois de mai, par les Bollandistes. prouvent qu'elles finissaient en haut par une forme ronde, spbérique. Cette forme a été conservée dans la lîare qui est une mitre en or, à fanons, ceinte de trois couronnes de pierreries et surmontée de la croix sur nn petit globe. Avant Boniface VIH (129 V), elle n'avait qu'une couronne et s'appelait regmim. Cette couronne représentait, selon Durand, le pouvoir impérial, comme la mitre le pouvoir sacerdotal, lis sont tous les deux dans le pape , mais il communique l'un par délégation. Benoit XII (I33t), d'autres disent Urbain V, ajouta la troisième couronne, et l'on a, depuis, donné quelquefois â la tiare le nom de tn'regnum. Ce mot porte à croire que l'on n'avait pas simplement en vue d'orner la tiare ou de compléter un nombre mystique. AngeRocca explique les trois couronnes par la triple puissance impériale, rojale et sacerdotale (1), Du Saussay, par l'étendue de l'empire du Christ dont le pape est le vi~ Caire :
Ut trina rcriim machina CcEksIritim lerrcslrhim
(1) flocca. De Tiarœ, etc., lonie I de ses œuvres, p. 7. On vc^ ro i]uc l'on n'est pas d'accord sur l'cpoqnc de l'aildilion des dfrnicrcs couronnes. Consulter aussi l'ouvrngc du !'. ItHvnnud, Coroiui aiirea, etc., t. X de ses œuvres.
Et infemorum candita Fleetat genujam subdita (1).
En 1245, au concile général de Lyon, les cardinaux reçurent d'Innocent lY le chapeau ronge. Boniface YIII leur donna, selon quelques-uns, la soulane de même couleur. La barrette rouge remonte à Paul II, au milieu du XY* siècle. La tradition du chapeau est accompagnée de ces paroles : a Insigne singulare. . . per quod designatur qubd wque ad mortem et sanguiniê effusionem inclusive pro exal-tatione sanctœ fideiy pace et quiète populi christiania augmenta et statu sanctœ romanœ Ecclesiœ te intrepidum exhibefe deheas. x> A ce chapeau sont attachés deux cordons à cinq houppes ou glands, en raison de la dignité (2).
Le BATON PASTORAL. La crossc épiscopale ou bâton pastoral est d'une haute antiquité. Nous ne parlons pas de bâtons de voyage ni de ceux qui ont pu servir à soutenir les pas chancelants des apôtres ou des évêques accablés sous le poids de la fatigue et des ans ; mais de ceux qui présentent un caractère liturgique. Or, S. Gaudens de Brescia (387) dit, dans un sermon, en parlant de Tévèque : a Jam non propter se baculum portât , sed propter eos quibus dici necesse est : quid vultis ? in virgà veniam ad vos an chari^ tate? )> La précision avec laquelle S. Isidore de Séville et le 4« concile de Tolède (634] ont mentionné le bâton pastoral f rend inutiles de plus longues citations. Il a été
(i) Du Saussay, De Mitreœ antiq. Op. cit. p. 75. Ce verset est la traduction d'une parole de S. Paul.
(2) J*ai dit, p. 287, que les cardinaux avaient la soutane rouge depuis Innocent III : plusieurs auteurs renseignent. D*autres disent qu'ils la doivent à Paul H. Je n*ai pu constater quelle est la vraie entre ces trois opinions.