‹ Cours d'archéologie sacréeChapitre 20 sur 43 · bc Vit. catil. ni(H/j. lil». 111, c · texte numérisé non relu

bc Vit. catil. ni(H/j. lil». 111, c

,-, . - .., I. I. ]'. 3-2*. Imp. roy. Le

même Tuil dans les antres Itisturicns grecs.

(2) Marsile Fi,

(3) G. Ceilreims, Hist. Ccih/icik/. ,

troooe, Lajard, Rosellioi eo oot recherché scrupuleasemeot les différentes figures et la pareoté (1). L'étonnemeot de ceux qui découvraient ce signe de la croix sur des monuments païens, aux premiers siècles de notre ère, ne peut donc s'expliquer que par le défaut de science sur ce point. Mais lors même qu'ils en eussent connu l'existence générale en Orient, ils pouvaient encore le regarder comme un signe prophétique. La croix ansée a de l'analogie avec l'ancien thau hébraïque, le thau samaritain, T, que les Pères considèrent comme la figure de la croix et qui est la lettre dont parle Ëzéchiel : « Et dixit Domtnus ad eum : Transi per mediam civitatem in medio Jérusalem, et signa iau super frantes virorum gementium (2j. »

I^es croix tracées sur les monuments chrétiens d'Egypte ou sur ceux des catacombes, et qui ont une certaine analogie de formes avec la croix antique (pourvue d'une anse 4>u d'une espèce d'anneau à la partie supérieure, doiventelles être considérées comme des imitations de cette dernière? Aucune raison tirée de la religion ne paraît s'y opposer. Les Chrétiens pouvaient même se complaire à reproduire ce signe que plusieurs croyaient prophétique» Maïs il nous semble difficile de passer de la possibilité du fait à sa certitude ; et il faut prendre garde, dans l'examen des croix, de prendre pour une anse un trait insignifiant oo la tète du P grec qui couronne si souvent une forme commune de la croix hiéroglyphique.

La croix revêt des formes très variées et divers orne-

(1) Mémoires de VAcad. des Inscrtp. et belles^ktlres, t. XVI et

(2) Ëzéchiel , ch. IX, v. 4.

ments ; elle prend autant de di^stgnalioDs partieolières : od l'appelle grecque, laline, de Saint-André, de Lorraine on archiépiscopale.. . On la dit gemmée, constellée, habitée, patlée.

Toutes ces espèces de croix se montrent fréquemment ; mais elles ne remontent pas toutes aux preaiiers siècles (I). La plus commune est la croix carrée, à quatre branches, nommée croix grecque, parce que les Orientaux l'ont conservée plus que les Latins. Elle est simple ou accompagnée des palmes du martyre, de l'alpha et de l'ômega, ou inscrite dans un cercle. Cette dernière forme se voit dans un« fresque des catacombes, où elle est cantonnée des quatre évangiles entourés d'un cercle et ouverts dans les angles formés par les quatre branches. On cite on très ancien cachet gravé, où la croix, en forme de T, l'ancien lliau bébraïque, se combine avec le X et le P composant le monogramme du Christ. Un serpent s'enroule au pied, et de' chaque coté sont deux colombes. Au-dessous est écrit le mot SALVS.

La croix gemmée, ornée de couronnes et de pierres précieuses, est de toutes les époques. Il n'est pas douteux qu'on n'ait eu en vue de glorifier, par cette représentation, l'instrument ignominieux de ta Passion du Christ : n O cruj splendidior cunctis astris !... Arbor dfcora et fulgtda. •» C'est l'expression d'un sentiment de l'Église depuis le supplice du Calvaire (2).

[i) Planche IX. Exemple d'anciennes croix hiéroglyphiques.

(2) Voyez Grctser et les Boll. Dissertniion du P. Jauning sur l'ancienne bBailique de S. Pierre. Je ne puis savoir quelle est l'origine de la croix arcliiépiscopale. Greiser dit qu'on en portait une semblable devant les patriarches. Du Cange incline vers une

Au premier âge du ChristiaDisme, la croix ne porte point le crucifix. Il semblé qu'on ose à peine le figurer par limage de Tagneau au pied de la croix :

< Sub cruce sanguinea niveo stat Christtis inagno (i). •

Avant Constantin , on ne Toit rien de plus. Le roof sanguinea n'implique pas nécessairement l'idée d'un corps crucifié. Encore moins est-elle dans cette parole de l'Apôtre, où plusieurs prétendent la voir, après S. Athanase : « O insensatt Galatœ...: Antè quorum oculos Jesus-Christus depicltu est^ in vobis crucifixus. »

An IV* siècle, il y eut sans doute quelques crucifix ; on ne comprendrait pas autrement ces vers de Lactance ou d'un auteur contemporain, sur la Passion :

« QiÛ9quis adeSy mediique subis ad limiiia templi

Siste gradum, insontcnique tuo pro crimine passum

Rcjptc^ me. . .

Cerne nianus clavis fixas tractosque lacertos

Atque ingens lateris vulnus, cerne indè fluorem

Sanguineumy fossosque pedes, artusqne cruenlos (S), i

S. Grégoire de Tours nous apprend qu'il y avait à Narbonne un crucifix peiqt avec une ceinture pour tout vêtement. Jésus-Christ apparut à un prêtre et lui ordonna de

autre opinion : * Longe magis arridet eorum conjectura qui cruces ûtas duplices profluxisse volunl ab his quœ in nummis Auguslorum Bysantinortim descriptœ visuntur, quas imperator et Augusta, sinis^ ira alter^ altéra lœva teneni, ita ut ita c/Jictœ sint quasi uterque crucent tenuerit, imperator quidem majorem ac cum majore transvcrsario stipitet Augusta vero cum minore, • Disseriaiion. De inf. œvi» num. g 23.

(i) S. Paulin, évéque de Noie, mort en 431.

(9) Ed. Migne. T. H, col. 283.

rouvrir d'un voile cette image indécente. Dam F pense que co foil a donné naissance à l'ancien usagede d'une robe Jésiiâ crucifié. Quoiqu'il ensoil, nous cuacluou (juc si la l'fuix hiéroglyphique était la plus commune nvant' le concile quini-sexte, la croix porlaul l'image du Sautear n'iïtait pas condamnée ni entièrement inconnue. La réserve gardée durant les premiers siècles de l'Église, dans ta représcntaliou du crucifix, lient spéctalemenl à ce que celle image aurait été plu lôlauisible que favorable à lacoo version des Juifs et des Gentils : Prœdicamus Ckriitum crucifieum Jadœis qaidem scandalum, genlibm auUin stuUiliam.

L'icunographie de la Passion, nous ramènera à l'hîsioirB du crucifix.

L'agks.ad. L'agneau est une figure do Christ, roodte sur l'Écriture et qui appartient, comme la croix, h tous lea âges. Isaïe avait annoncé le sacrifice du Sauveur sitos la figure de la brebis et de l'agneau ; chez tes Hébreux, l'agneau pascal prophétisait une autre victime; Jeao-Baptisle l'a désignée sous le nom d'agneau de Dieu. L'agneao de lApocaljpse a sepl veux et à sept cornes, c'est encore 3ésus-Chrisl.

Ce sjmbole est on de ceux qu'on trouve leplusfréi^uemment aux calaconibes et dans les œuvres primitives de l'art chrétien. On voit l'agneau debout sur la montagne d'où sortent les quatre fleuves du paradis terrestre; il a quelquefois une croix sur la tùtc. Les quatre fleuves, considérés dès le temps de S. Cyprien et de S. Eucher, comme ligures des évangi^listes, sont parfois désignés, par une inscription, sous les noms de Gelioii, IMiison, Tigre et Euphrale. Souvent l'agneau divin est entouré de brebis qui représentent les apôtres au nombre de douze. Le bon Pasteur porte sur SCS épaules la brebis égarée qu'il ramène au bercail; à

ses pieds sont les brebis 6dèles. Il tient à la main la douce flûte da berger (1). On montre sons la forme de Tagneau, les trois enfants dans la fournaise, Moise frappant le rodier ou portant les tables de la Loi et d*autres personnages de TÂncien-Testament. Au moyen-âge, il y a peu d'exemples du Christ sons l'image du bélier. M. Didron en signale an cependant à une clef de voûte de la cathédrale de Troyes.

L agneau pascal représenté avec la tète nimbée et tournée vers la croix ornée d'un étendard flottant au-dessus de loi, est très fréquent au moyen-âge. L'époque moderne, en France, a surtout figuré l'agneau immolé sur le livre des sept sceaux.

Le poisson* Le poisson a été peint ou sculpté comme symbole du Christ sur une foule de monuments anciens. Anx catacombes, on le voit sur les sarcophages, à côté des inscriptions funéraires, sur des verres et des lampes sépulcrales. Les mosaïques et les fresques, les fonts baptismaux de» vieilles églises en oflrent aussi des exemples. Il est négligé en France après l'époque romane : du moins on ne Tobserve plus guères que sur la table de la cène où il est près de l'agneau pascal et correspond au rayon de miel placé de l'autre côté de la table : « Pisciê assus, Christus pa$$u$ » dit le vénérable Bède, sor le 20"^ chapitre de S. Jean,

Les textes qui découvrent l'idée mystérieuse attachée au poisson, dès les premiers siècles, sont très connus. Je me borne à citer les plus anciens. Tertullien dit, au livre du Baptême : « Nos pimculi secundum ichtun nostrum J. C. in

(I ) Dans Bosio, p. 351, il y a un exemple des fidèles figurés en béliers.

aijvA nosn'mur. >> CléuiCDl d'Alexandrie, au livre III du Pédigogae, indique le poisson enir'aulrcs symboles, mai^ sans en fixer le sens : « Signa Kobix $int columba aut piscU autr^vis quipreleri cursu ferturay^nlo, autlyra muiicaqua mus est Polyerates aut anchora nautica (/«om insculpebal Selevma. »

S. Optât di^ Mil^^e, au \i\re W contra Pannenianum. dit que le poisson est le syinliole du Clirist parce qu'en prenant chaque lettre du mot grec ichlus, on a \es premières lettres des mois grecs qui signliienl Jésus-Chrtsl, fils de Dieu gauveiif . S. Augustin donne l.t même înlerprétalion, et la fait remonter bu\ sibvlles |>roplitïl«sseâ : •< Horum griBconim iiuiii(jue vfrborum qait mnl J(>soqs Chri'^tos Tbeou nios sAlitr, si primai lititran jui*()as erit îchlns, td fft piscin, in quo nomim miitir^ inuiligitur ChrtUus m quod in kujus morialilalis abysso veiul in oquarum profunditaU vinus, hoc tst sine pecca^o msr poltieril (1). » L'inscription grecque d'Autun, luepar leP.DomPitra, Tait du poisson le symbole de l'Ëucbaristie. On a signalé des poissons figurés avec le mot ic/i((is ou même avec les mots iehlus dzùntôn.

Il est nécessaire pourtant de remarquer que le poisson n'est pas toujours un hiéroglyphe du Christ : il est représenté dans un sens historique ou comme ornement dans Ihistoire de Tobie, le passage de la mer rouge, le baptême de Jésus-Christ. Aux catacombes il pourrait quelquefois désigner l'étal de pêcheur ; car il y a des exemples d'instruments figurés sur les tombeaux pour désigner le métier du défunt.

La colombe. La colombe fut un symbole pour les

(I) />(■ ch: Dei, lib. XVIII. c. 23, col. 50-i, sur l'Erylhréennc.

païens (I). Le christiaDisme l*a purifié el il parait sur nos monuments de tous les âges. Il est d*aillcurs consacré par l'Ecriture où nous lisons que le Saint-Esprit descendit en forme de colombe sur Notre-Seigneur : « Descendît Spi'rÙM sanclm corporali specie sicut rolomba in ipsum. » S. Paulin deNôle, dans TEpitre 12* ad iVrerwm, décrit Timage de la Trinité :

• Pleno coruscal Trinilas mysler'uk,

Stat Chrishis agrim^ vox Pains cœlo lomit^

Et per columham Spirilus sanctus flu'u, »

La colombe signifie TEsprit-Saint lorsqu'elle est suspendue au-dessus des fonts-baptismaux, selon un très ancien usage, ou lorsqu'elle souille à Toreille des docteurs, comme on la figura au moyen-âge, et aussi quand elle orne les chaires à prêcher et les chaires dos Evêques aux temps modernes.

Dans les catacombes, elle paraît tenant au bec un rameau et revenant à l'arche d'où Noë lui tend les mains, et encore buvant dans un calice, ou regardant la croix ; elle se rapporte le plus souvent à Tauie chrétienne. C'est en ce sens que les images figurent fréquemment l'âme des saints

(1) Des auteurs disent (|ue les Juifs en avaient fait l'emblème de Je charité, lis cum|)reiuient mul ces vers de Martial :\

€ Quid referam ut volilcl crebras intacta per urbes Alba palcstino culta columba sijro, i

Le poëtc rappelle le culte des Syriens pour Séniiramis dont l'âmCy selon leur croyance, s*était envolée au ciel sous forme de colombe. Voyez Âtliénngore Legatio pro Christ. Bibliotb. des PP- Grecs, toaie I, P. 75, Paris 1G24. Plusieurs peuples ont regardé la colombe comme un oiseau sacré, et elle est mise encore aujourd'hui pur les Arabes au nombre des oiseaux marabouts.

pronanl leur essor t ers le ciel : cette peinture du reste est ijuclqucfois historique. Cti syDibol» de l'âme est facile t compretidre : « Sponsa ïpsius Ckrisli, placida columba », dit 8. Epiphaiie. Un lit au Caulique de» Cantiques : « 5oror mea. columba mea! n QldamVEvangile i Estole.. nsimptita iiaUcolumb(p. »

La main. On ue représenta pas »ons la forine humain* la première personne de la Trinité, Dieu le père, durant U pèriudii hiéroglyphique. C'était un sujet difficile pour l'artiste : Il Patrenj nemi vidit unquam, » avait dit Jésus- Christ, et la théologie enseigne que les apparitions diviDca de l'Ancien- Testament doivent être altribuiïes au Ftls, plutôt qu'au l'cre. élernellenienl retiré dans l'ioapénétrable sanctuaire de sa nature. S. Paulin de Noie et les mosaïques dc6 plus anciennes basiliques de Rome gravées dans Ciampiui, figurent le p^re par une main ou par une voix, c'est-à-dire par une inscription sortam d'en haut. Mania tipus et polestas, dit S. Ëuclier ()), et c'est au Père que s'attribue spécialement la puissance. Après que l'art aura revêtu le Père d'un corps humain, les dcuv formes emblèmaliqucs primitives se cuiiserveront et elles parviendront jusqu'à nos jours.

Je saisis l'occasion de faire observer comment on représente la main bénissante eu iconographie. Une explication sjinbulique de la bénédiction grecque a été donnée par un écrivain d'Orient : elle est rapportée par Ciampiot et les Itullandisti'S (tom. G junii). L'index est allongé comme un l. !<■ grand doigt forme le C, le pouceet l'aahulaire se rrnisent en X , et le pelil doigt se courbe

(1; An Un-,- ,J,i fonmdcs >lc rmldli<icncc spirimltt:, c\>. 7.

eo C. On a de la sorte la figare des lettres IC-XC, initiales et finales du nom de Jésus -Christ en grec, l'ancien sigma grec étant le C. La bénédiction latine offre quelque variété; mais elle a de même un sens symbolique. Labbe a publié un Sermo gynodalts de Tan 1009, où je lis : « Bene-* dietio striclts duobus digitis et police intus recluso per quos Trinilas innuiiur. » JLes Boll and istes la décrivent ainsi « dans leur dissertation sur Tancienne basilique vaticane {Loe. cil.) : « Trois doigts sont ouverts et tendus vers le ciel oiJL notre pensée contemple la Trinité ; le pouce et l'annulaire se courbent et se joignent pour former le cercle symbole de Téternité, dont nous espérons obtenir les biens en vertu de la bénédiction divine, v

Le cbrp. Le cerf apparaît primitivement dans les bap* tistères et aussi avec l'hiéroglyphe des quatre fleuves de l'Eden. Il n*est pas besoin de dire qu'il représente les saints ou les fidèles altérés comme le psalmiste, par la soif des eaux spirituelles : « Sicut desiderat cervus ad fontes aqua^runi iià desiderat anima mea ad to, Deus. » Bosio a développé au long ce symbole d'après les écrivains ecclésiatiques (1) .

Le paon. On rencontre le paon dans les catacombes. Cet oiseau, que les modernes prennent en mauvaise part, a signifié la résurrection des corps. « Quis enim nisi Deus ereatar omnium^ dit S. Augustin, dédit carni pavonis mor-iutneputresceret? » Le saint docteur assure qu'il fit luimême à Carthage l'expérience de ce phénomène singulier (2).

(i) Roma sott» lib. IV. Vy renvoie le lecteur pour la plupart des symboles suivants comme pour ceux qui précèdent. Presque lousy sont expliqués avec une riche érudition.

(2) Voyez la Cité de Dieu^ liv. XXÏ, c. 4, n. i.

Lr coo- J'aî donné le symbolisme du coq. en expOMoL celui ries cluchcâ (t). Aii\ calacnmhes, il )ieul rnppeler ordin<iir(3tneat la vi^'ilunco ou la pénitence de S. Pierre.

Le i-Hii'iiK. Cet oiseau e^il rarvineat employé dans la i clirislianîsmc. Sur une mo3aïi{Ue iIodI l'ext^iilioD l'ai conniandée par Pascal 1. il li^iira U rësurn^clioD el l'immor- Uiiilé : « Palma el Plumix, diseul les Bollandistes . Chritti figuram gérant qui crucfim asixndens el patsionts amore mîriait in modam ou'ttatu tHynatus est in eà pro nobia cmnri aUjUi instar plimnieisvictOT iniiMrluisre»urijne['i). fCléiaealA' W., S. Cyrille. S. Ëpiphane, S. Anibroibc et Tertullien sesoni servi «le l'bistuire du plii'niK ronais»»nl dn ses cendres, contre It^i puïeus qui l 'admet la ieut cuioiue vraie, paut prouver la résurrecliun des corps 1,3).

Il est eni'ore des aaimaus symboliques que l'anliqaiM chrétienne ne uous offre pas dans les monuments d'arl. loais que le moyen-âge et les temps modernes ont traitéf ^vec faveur ; lels sont l'aigle dont nous parlerons au sujet des évangélistes, le pélican qui revient à l'iconographie du cni cilié nient.

Je me borm> à mentionner quelques antres liii>roglv[)lie!> tirt's d'uu antre ordre de la nature, a^^sez clairs par euxniêitit's et (|uj aiiparliL-niictil au\ nioiiunienls ihrétieus |iriniilils : If rociier d'où sorlenllps qualie lleuves du Paradis désigne le Clirist et l'KglisL'. selon les tevies é\angè]iqijes;

;(iiilt (l'n , I .! ; et

la palme est la victoire do martyre ; la branche d*oIivier« la douceur et la paix ; le candélabre à sept branches (1) peut avoir aussi un sens mystique; la barque de Noë figure rÉglise ; les poissons, par exemple dans la mosaïque d'Orléapsville où on les voit pris dans un filet, sont les fidèles ; la vigne et les raisins qui encadrent la figure de Jésus-Christ peuvent raisonnablement s*entendre de TEucharistie (2) ; l'ancre, si elle désigne parfois le métier d*un défunt sur une pierre sépulcrale, symbolise souvent aussi Tespérance : S. Epiphane a écrit un livre sous le titre i^Anchora ; Clément recommande, nous Vavons vu plus haut, l'emploi de cet hiéroglyphe et d'ailleurs S. Paul dit : « Spem quam iicut anchoram habemiLS animœ tulam ac firmam (3). » La lyre entre les mains du Christ est un symbole d'une analogie sensible avec celui d'Orphée sous le rapport du dessin, mais sa supériorité morale n'a pas besoin d'être démontrée.

Monogrammes. Kien n'est plus commun dans les monuments chrétiens primitifs et sur les monnaies des empereurs depuis Constantin, que le monogramme jdu Christ composé do X et du P grecs entrelacés ou combinés de différentes manières. Entre les branches des lettres, on voit souvent Talpha et Tômega, ou des palmes, signes qui n'exigent pas d'explication. Ce symbole n'a pas été conservé dans le nord autant qu'au midi de la France et en Italie. L'abréviation des noms, la superposition des lettres sont aussi d'une origine très reculée : SCS pour SANCTUS ; INS pour lOHANNES ; SAL. MVDI pour SALUS MUNDI ; OPS pour

(I) Bosio, lib. 111, c. 30.

(S) Bosio, loc. cit.

(3) Ep. ad Heb,, c. VI.

OPVS : EPS pour EPISCOPVS ; PTS pour PETRUS ; SA pourSANGUIS. tl n'est pas rare de trouver l'alibrévialioii grecque : IC XC NIK.\, Jésus-Christ est vainqueur, commune chez les Byzantins. L'ancien sigraa est le C. Le signe IHS, répandu au XV' siècle, s'est muUipliè depuis l'institution de la fête du saint nom rie Jésus

an xvr.

Il y a des inscriptions horizontales qui accompaguenl dm images très- ancien nés ; mais les inscriplioDS verticales sont fort communes.

DES SIGNRS ICONOGRtPniQITES

l'iunliilii, it 11 |kHft

En iconographie, on est convenu d'appeler nimbr un ornement de forme variable mais le plus souvent circulaire, qui entoure la lële des personnages ; on nomme auréole un ornement du même genre, mais qui embrasse le corps entier ; et l'on désigne sous le titre de gloire, la réunion du nimbe et de l'auréole sur un même sujet. Il importail de préciser tout d'abord le sens de ces mots qui ont été pris l'un pour l'autre.

Dii NiMHR, L'origine du nimbe n'est pas esempte d'objcurité. On s'accorde à faire dériver nimbe de nimbus, que l'on peut entendre d'un petit nuage lumineux, comme l'eipliquait le grammairien Servius commentant, au siècle de Thcodose, ce vers de Virgile :

— 4ii —

c Purà per noctem in luce refuUit Aima paraUf confessa Deam (1). •

L'idée de gloire et de puissance qui forme comme Tesseoce de la significatioo de ce symbole, oe répond, cependant, que d'une manière imparfaite à celle que le terme nimbus éveille naturellement.

Quoiqu'il en soit, le nimbe remontée l'antiquité païenne. Il accompagne assez souvent les images des dieux, spécialement celle de Phébus, et les portraits des empereurs, surtout sur les médailles des empereurs grecs (2). C'était un signe de gloire et de puissance que les chrétiens ont pu adopter pour exprimer des idées correspondantes dans Tordre surnaturel. Les protestants qui, après Joseph Scaliger, ont prétendu que le nimbe des saints reproduisait simplement une espèce de disque destiné à protéger la tète des statues païennes contre la chute d'immondices, n'ont pas connu l'usage réel du nimbe et n'ont pas réfléchi qu'il est employé en peinture, en gravure, là où le disque des idoles est complètement inutile. De plus, il prend des formes transparentes ou purement lumineuses qui lui ôtent loote ressemblance avec l'objet ignoble auquel on n'a pas craint de l'assimiler. S. Thomas et Durand de Mende le considèrent comme un bouclier ; mais en développant celte parole de l'Écriture : a Domine » ut scuto bonœ voluniaiiê Umb coronasti nos », ils reviennent à la pensée d'une

(1^ iEoéide, L. II, v. 590. — Propriè nimbus esty dit Servius, qni aeonan vel imperantium capita quasi clara nebula ambire vide- Sur. •

(2) Voyez la dissertation de Du Gange, De inferioris asvi nuwnism.^ % XV.

coaroane lumineuse, emblème de la béatiliide et tic II gloire des 6lus.

Le nimbe a pris un grand nombre de formes; c'est ordinairement un disque [>mi verticalement (I). Dejiaîs It Renaissance, il a élé souvent ri^duit k une rauronne lum aeuse, de5sin6e par un simple irail el |M)sée horizon la leraenl j an peu au-dessus de la lèle. Ori l'a* niigltgé dons les temps moderne» et remplacé par une sorte de lumiL-re vague peinte autour de la léte des saintes images.

Le disque vertical n'est pas toujours plein el uni. Il a* souvent ijne le trait de circonfôrunce, simple ou composé, ou bien il renferme des rayons nn aigrettes luminenset. Quelquefois les aigrelles subsistent seules, ou les rayon» sont remplacés par des pointes comme on en donne aot étoiles. Au lien de rayons, on a figura aussi dos ondulaliom lumineuses. It n'est pas rare que le uimbc soit orné de .perles ou de cabochons. Il se combine aussi avec laeoaronne royale. Les variétés du nimbe se sont mullipHi^ surtout depuis la Renaissance.

Ce signe s'appltiguc aux personnes di^ines, à la Vierge, aux an{;es. ;ni\ sainls, aux :tnimaii\ qui symbolisent les personnes divines ou les saints, el même, quoique rarement, au\ rois, an\ personnificaliims de la pitixsance bonne ow mauvaise. Ainsi on l'a donné à la béte de l'Apocalype.

Il est r>>ieiilii'l do noter nLiintcnanl qni'lipies parlicul.nrllés. Le nimlu' a|i[)liqiié :ui\ [X'rsDniies divines au moyenii;^c, csl simviint divisé à l'intérieur, non par des rayons mais par trois branches. On supposerait que ces trois bran-

(ll l'Ianclii; t\, ilivoisc? toi

ches figurent la croix, si elles étaient propres au nimbe de Jésus-Christ ; mais on les voit aussi dans le nimbe des deux autres personnes divines. D où il semble qu*on doit les regarder comme un signe spécial de la puissance infinie, émanant des trois points principaux de la tête, le sommet et les tempes. Le nimbe crucifère n'est pas tellement réservé aux personnes divines ou à leurs symboles, qu'il n'y ait quelques exceptions : c'est peut-être par erreur qu'on l'a donné à des anges, à S. Janvier dans les catacombes de l'église de S. Janvier à Naples, où il porte même des lettres grecques qui n'appartiennent qu'à Dieu. Je le remarque aussi à une tête de Lazare dans le tombeau et reproduite par Bosio. Toutefois Bosio inclinerait,, à cause de l'étrangeté du fait, à voir dans cet icône Jésus au berceau (1).

La nimbe crucifère oflVe souvent, en Orient, les trois lettres o 6n, Vèirt^ et quelquefois, en Occident, le mot REX. On a inscrit dans le nimbe , au moyen-âge, le nom des personnages qu'il couronne.

Le nimbe triangulaire ou en losange est assez rare, et il

appartient aux personnes divines, surtout à Dieu le Père. Le nimbe formé de plusieurs triangles qui se compénètrent, €8t aussi un nimbe divin. Ces formes, d'ailleurs exceptioniielles, ne sont pas anciennes.

Les Grecs accordent ce symbole plus volontiers que les Latins aux Empereurs, aux Impératrices, aux saints et aox autres personnages de l'Ancien-Testament, beaucoup plus honorés en Orient qu'en Occident.

Le nimbe carré paraît être propre aux personnes vi-

(4) c Onero (perche quella figura infasciata hà la diadema in capo) pud accennar Chrigto bambino nella cuna. i P. 579.

Tantes et spécialement employé eo Italie. Il y en a du exemples assez nombreux dansCiaœpiDÎ, qui ae s'est pa> suffisamment rendu compte de ce fait. On peut voir aussi le portrait de S. Grégoire-le-Grand, gravé dans plusieurs éditions de ses œuvres d'après la peinture de S. André oft il est représenté avec ses parents. Il a lenimbequadrangalaire, et Jean Diacre dit à ce sujet : « Circà rerltean tert tabulœ simili tudinem quod viventis insigne est prœftms, non eoronam. » Les Bollandlstes ont consigné les mCmes observations sur quelques mosaïques (I). Le nimbe arrondi étant la couronne éternelle ou la lumière de la béatitude ne convient pas à ceux qui sont encore m via. Le carré, le nombre quatre est, au contraire, appliqué par les écrivaini ecclésiastiques à la création, à l'imparfait, comme le cercle k l'infini et à l'éternité.

Les langues de feu qui apparurent à la descente du S. Esprit sur les apôtres peuvent s'allier avec l'idée du nimbe. Fra Angolico fait ce rapprochement quaud il peint une flamme légère au lieu de rayons f2).

L'aurkole. L'auréole, a-t-on dit, est le nimbe étendu au corps. Elle affecte le plus souvent une forme ovoîde terminée en pointe aux extrémités ; mais elle est assez souvent ronde, à quatre lobes, ou formée de lumière el de Qammes

(1) T. V]| maii, Dis. 28 et 40.— S. Greg. magnî opéra, éd. dn vaisseau, p. 470; J/isf. de Dku, p. 84.

(2) Du reste, en Ilalie, ranliquité profane ne s'cITaçant jamais complùtcmcnl nus yciiji des arlistcs les plus chrétiens, n'auraitelle pas suggère ce symbole?

' Eccc Icvis summo de verlice vhus Iiili Fundere lumvn apex, lacluque innoxia molU Lambcre flamma comas et circum lemporn paxei, >

sans cootoars précis. Cette variété de dessins montre assez combien se trompent les antiquaires qui appellent cet ornement vesica pxsciê. La comparaison avec une amande n'explique absolument rien.

H. Didron pense que le mot auréola est le diminutif de aura» air, souffle lumineux.

J'avoue que cette explication ne me satisfait pas. La raison en est que je ne trouve point le mot auréola pris dans cette acception au moyen-âge. On n*a jamais désigné par ce terme, dont les scolastiques ont fixé le sens, qu'une certaine gloire accidentelle, appelée par S. Augustin prénhgaiive de gloire et dont jouissent les martyrs, les vierges et les docteurs (1). Mais d*où les scolastiques ont-ik tiré cette expression? Les commentateurs de la Bible s'accordent à dire qu'ils l'ont empruntée à la Vulgate où elle désigne Tune des couronnes d'or de la table des pains de proposition ; et la raison de cet emprunt c'est que les auteurs mystiques ont expliqué ces couronnes comme symboles de la gloijre céleste (2).

A moins de preuves contraires, je crois donc que Tanréole des artistes est une sorte de traduction libre de l'auréole théologique, et que leur dénomination vient d'une même source. Les artistes ont appliqué l'auréole beaucoup moins largement que le dogme ne le permettait : ils la donnent spécialement à Dieu ; ils l'accordent aussi à Marie, surtout dans l'Assomption et dans l'icône inspiré par le cha-

(I) On entend ici par docteur celui qui a enseigoé de quelque manière les vérités de la foi. c Qui ad justitiam erudiunt multon (fulgebunt) quasi stellœ in perpétuas œtemitates. b Daniel, c. là.

(3) Voyez Corneille de La Pierre sur le 25* chap. de TExode, et la l'* part, de ce cours, p. 2â.

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