‹ Cours d'archéologie sacréeChapitre 21 sur 43 · IG · texte numérisé non relu

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pitre 12 de l'Apocalvpse ; mais il ust rare qut^ tes saint! roblivtinent, «t c'est seulement (}nAnd on veitl r«pri<senter en (ptelqiie sorte une apothéose, un enlt^vemenl au seia di 1.1 Divinité.

Bien plus rare que lo nimbe, l'aurénle apparaît qailre ou cinq siècles plus Lird. vers In X' siècle, et disparaît pluf tôt. Elle perd souvent, depuis le W siècle, tes lignes qui précisent ses conluiirs, et n'est qn'iine émanation de inmiére, une ondulation de feu , un» t^missiou de rayons, une almosptière llainboyaole, et dont la furmu elliptique se rapproche plus ou moins de celle du corps.

Quelques-uns pensent que les enoadroinenlg dessioés par les branches do l'arbre de Jcsstï aufuur des persoona^es qui rhabitcnl. sont des auréoles. Je doute que l'inlenlion de l'artiste rtipondc a ce sentiment, d'autant que lu Clirist et la Vierge, au sommet des arbres généalogiques, sont inovent enlourésd'une auréole distincte des brancbcs.

1,'auréole et le nimbe réunis composent une gloire. Quelquefois l'auréole est double ou divisée par un arç Inmineux qui la traverse et serl de siège au personnage qu'elle décore. Tout le monde sent la noblesse de ces signes iconograpliiqucs ; celte prodigalité de lumière et de feu est d'une splendeur saisissante. Les artistes semblent en avoir accumulé loules les riclicsses d,ins certaines images de la Vierge, rehaussées encore par la magnificeace de ses vêtements.

NuDiTic «ES l'iKiis. Jésus-Christ recommande à ses apôtres de n'avoir pas de souliers, calceamenla ; il les autorise toutefois â se servir de sandales, ralceatot, sandaliis, comme S. Marc nous l'apprend. Le caleeiis couvrait tout le pied; les sandales n'en protégeaient que la plante. Plusieurs l'èrcs nous enseignent que Jt^siis et les apôtres marchaient

DO-pieds et d'autres disent qu'ils se servaient de sandales* En s'en tenant à l'Evangile et à la tradition, l'art était libre de gariler les deux modes de représentation. Il a préféré néanmoins la nudité des pieds, et elle est devenue loi ico-* Dographique, pour les icônes du Christ et des apôtres, pendant le moyen-flge. Les premiers siècles fournissent des exemples de l'emploi des sandales, et, depuis ia Renaissance, il n'est pas rare de voir Jésus-Chriist chaussé de souliers, surtout quand il est Gguré en pape, ou qu'il apparaft après sa résurrection, à la Madeleine et aux disciples d'Emmafls. Les autres personnes divines, les anges, les prophètes et S. Jean-Baptiste possèdent comme J.-C. et les apôtres le privilège de la nudité des pieds, qui est certainement une marque d'honneur. Si elle ne caractérise pas la Vierge au moyen-ftge, c'est peut-être par un motif de respect d'une autfe nature : « Neque enim fœtninam decet pedem ostendere^ » dit Clément d'Alexandrie (1). Cependant les modernes lui laissent volontiers les pieds nus , et nous n*avons pas la pensée de les désapprouver.

Les lois iconographiques que l'on vient d'exposer, sontelles des lois vraiment appuyées sur les faits? Oui. Nous le disons après les archéologues dont les observations ont embrassé une multitude d'images, et en particulier d'après M. Didron qui a établi beaucoup de points et étendu des remarques déjà faitesparlesBollandistesou d'antres iconographes. n semble toutefois nécessaire de noter que le règne de ces lois oe remonte pas généralement aux premiers siècles ; qu'il 8*e8t introduit par l'imitation et maintenu par la coutume, mais non par l'autorité d'un code ecclésiastique ; que leur

(1) Pedag. lib. II, c. 11.

observaiion d^vit-iil (l'aulaiit moins rj^ourease qtM TiDfluencede laRcnaissanccse Tait plus seDltr;eDfiDc|uc.iltiraBt le moyen-âge miîiue, la lilterlé laissée à l'article a dà etitnlner des écarls et dus caprices. Si l'oa compare avvc rai»oa tes images aux livres, un aurait lorl pourtanl de It'ur atlri.buer absotument le mûrne caraclère conioie luojeti d'enseignement et comme profession de foi. Le duguie se reAHe dans les images ; mais ks images ne sool pus, dans Ivun plus petits détails, lasé\érc expression d'idéesdogmaliqud. H. Uidroo et plusieurs de ceux qui ont misses travaux à proill. nous paraissent avoir supposé quelquefois un lien Irop resserré entre les images et la ibéulDgic.

g IV.

ICOnOOlUPHtE DES TEBSONKIS DmNES.

SOXHAIRB. — Li Trinilri; 1» pcni,nna iMa. •Baportrul) In prinripast m^Mli'a de n ti<

4pi|t1uiiÎB, hiito e» Ég^pfr, htfiiaie, tniDBfif.nrj croii, forme Ath cruii, crmilii, p4^:j»iflirB, !{;

pirfa*. — iJun-OiTÛt '

Trimté. Déjà l'on a vu la rcprtsenlatioii liiérogljpliique de la Trinité : le Père est une voi\ ou uuc main ; le fils, une croix ou un agneau; le Saint-Iispril, une colombe. Du IV^ siècle au IX', la réunion de ces signes compose limage de la Trinité. Du IX' siècle au XIT, la forme humaioe se mêle aux anciens symboles. On n'en revêt hardiment le Père qu'à celle dernière époque (1) : on le rc|)réscnle co cmpereor, en pape jusqu'au WT siècle. A mesure qu'oa

(1) D;irisla bil.le do cluicioincs (le S. M.m fois, ùgé (i'cLivimntrei d'une luiiiquc bleue c

I Oc Tours, le IV

^irbr, pieds i j ruiigo Cl o

approche vers la fin de cette période, l'âge donné au Père le distingue du Fils dont il eut d'abord la jeunesse. Raphaël arriva enBn à Ticône de rAncien des jours, au Jehova dont la barbe est flottante et dont Texlérieur respire à la fois la vigueur et la majesté. La robe à large draperie remplace les insignes de l'empire ou de la papauté.

Le Fils apparaît plus souvent que le Père, sous la forme humaine, dans les icônes de l'ancien Testament, pour une raison bien simple, et qui nous dispense de fouiller avec quelques archéologues, dans l'histoire du gnolicisme : c'est que les manifestations de Dieu, avant l'incarnation, sont attribuées an Fils par le sentiment commun des Pères (1). On observe que le Fils est jeune et d'une physionomie doacedans les Trinités antérieures au XF siècle ; aux siècles suivants il est barbu, presque toujours représenté en croix, à la force de l'âge et avec une physionomie sans sourire. Depuis la Renaissance, on lui a rendu sa jeunesse et l'expressioo de la douce miséricorde.

Le Saint-Esprit ne paraît en homme qu'à certaines époques : vers le X' siècle, puis aux XIV' et XV* ; il prend tous les âges de la vie humaine. La colombe symbolique fut constamment préférée.

Ces figures se sont unies de plusieurs manières pour composer la Trinité. Avant le XIIP siècle, on voit trois hommes placésl'un contre l'autre, et quelquefois de mémeâge. Depuis cette époque, les trois figures sont placées tantôt horizontalement, la colombe entre le Père et le Fils ; tantôt verticalement, le Père en haut, bénissant, portant le sceptre ou le globe du monde ; le Saint-Esprit sur la poitrine du Père

(i) Voyez D. Calmet sur le 18* ch. de la Genèse.

cl ai)-(!eS50US le Fils ordiaairement crucifié ou recevant Ifl bapléuie. Quelquefois le Père lienl les bras de la croix. Le* Irois corps adht-renls el confondus en une seule tdte ii trois visages incomplels, sont un icône assez commun. Urbain VIII a condauiiié celle nionslruosité en 1628. S. Anlonia l'avait depuis tonj^lemps gligotalisée comme elle le mérite. Le moyen-âge olfre des exemples d'une Trînilé gtiométrique symbolisée par trois cercles engagés l'undan^l'aulre, par (rois triangles qui se compénélreul, et eufiu par un triangle inscrit dans un cercle. Les modernes nnl adopté le triangle, avec le lélragrammnlon inscrit auniilieu,

JbSus-CiiRisT. Nous avons vu que ilcs doutes légilïmei ' comballent l'aulhcnlicilé des purlrails de Noire-Seigneur, miraculeusemeul empreints sur des linges ou peints de son vivant (1). Ce n'est pas à dire que jamais son portrait n'ait élé l'ail, el que la tradition écrite, assez conforme d'ailleurs aux plus anciens types connus, soit sans fondement. La leilre de Lentulus au sénat, t'Sl un document apocryphe ; elle date cependant des premiers siècles (2). S. Jean Damascéne, au VIIT siècle, el Nicépliore Galliite, au XIV'. perpétuent la Iraditiou recueillie dans cette lellrc. Taille haute, physionomie à la fois douce et imposante, cheveux couleur de viu (.{J, longs, bouclés, séparés en deux parties à la façon des Nazaréens, front pur el uni, nez et bouche irréprochables, barbe abondante, de la cou-

(1) r.iycs .10 cl suivanies.

(2) Ftilrki, Cixlcx afiocnjphus, tom.II, p, 30t. M. Uidron V» dorinén a\tc les dcscriplions <ir S. Jcnn Uaniascéne cl de Nicê-

pLorc Callixic. Uhl. de Dieu cl Mamwl iViconiie]. ifrccifuc.

(3) I.CS éifiv.Tiiis ccclésiiistiqiips disnil (juelqucfois coulctiT de froment ; ccâ deux comparaisons peuvent se concilier.

leur de la chevelure et partagée comme elle, yeux bleus et animés, pulcherrimm vultu inler homines nalos^ tels sont les traits principaux du signalement qui aurait été adressé au sénat et au peuple romain.

L'examen des monuments d*art montre toujours quelques-uns de ces linéaments conservés dans les images du Christ. Cependant, il s'en faut qu*elles répondent constamment à l'expression pulcherrimus vultu. Si les Christs les plus anciens sont jeunes et beaux, ils sont souvent laids à l'époque romane et même lorsque l'influence byzantine s'évanouit en Occident. Il faut selon nous attribuer ce dernier caractère, tantôt à l'impuissance de l'artiste qui néglige complètement l'étude du modèle, tantôt à l'intention de peindre le Christ souffrant et dégradé au physique par les souffrances de la Passion, ainsi que les Prophètes l'avaient annoncé. Je n'ai pu voir, dans les monastères ou les musées d'Italie, ces crucifix longs, décharnés, livides ou même verdâtres, sans y reconnaître une image historique et symbolique à la fois de l'homme de douleur, chargé des péchés^ du monde. Il ne paraît pas que l'on doive attribuer cette laideur à l'influence des Pères, selon la doctrine desquels Notre-Seigneur aurait été réellement difforme. D'abord nul ne condamne les icônes en opposition avec ce sentiment et nul ne conseille positivement aux artistes d'y conformer leurs <BUvres : les artistes ont agi sur ce point en toute liberté et ils devaient naturellement incliner vers l'opinion favorable à la beauté du Christ. Ensuite le Christ , juge ou docteur, ne semble pas, comme le crucifix, enlaidi de propos délibéré. Enfin, il n'est pas exact de dire que la tradition nous enseigne que le Christ était laid.

Sauf Tertullien et peut-être Clément d'Alexandrie, les anciens écrivains ecclésiastiques se prononcent plutôt ea

— 4sa —

ftieur lin la be.itil<^ de Ji^^n^. cornnie S. Jein ChrT«n»tAini>. S. Jér6nir. S. Aogasiin, S. Jexn Dam^isr^ne (1). (ta bïm ils supposeDi, comme Origéne er S. Ctrillc d'AInaoïlnp, qu'il n'avAiI rien il'e\(r.inr<linair« on son eilérieur. el cnH la conclusion des rGchorcb^ de F. Vavasseur. De forma Chrisîi (i).

S'ib parlrnl daos le sens de la laidonr. prtoezgtràe qu'il De5*agiîSc que du Sauveur durant sa Passion. Enfin, il en e>t qui n'interprètent qtie selon le «>pn^ figura, le$ parninde rËcrilnre : « Spfcioiut fnrmA prtv filiit hoffiinum... Atin «( sprciti ri tirque deeor. Ainsi le Tait S. Isidore de PéllHe. fan«ge prononrer aiilremenl (3)

Suivons Diainienant les mysiVires de la vie île Jéns- Chrisl. Le mftyen-âgv le montre qaelqaernis revtia du COftIunie de pf^ierin el s'oiïranl ii son Père (Niurtaeromplis* scnieni de Ir l{iMempli»n. Ces) une bien tiunible Iradvclion de la •iiiblime ihtïologie de S. Paul : a Ingrrdifna mnidum dicit : Hoxtiam et oblationcm noluisli : corpus aultn aplanti mihi. Tune ili.ri : Erre renia. »

Nativitk. >(nii; .'Hdiis si;;ti,Tlt' l'inih'rpini' et nivnie i'tii'lèroiio\ic (le ris iiiilivilén dii ni<i vi'i(-;i;;c nii In Viorge est ftHiclirP. l'I .i^sislrc (i'iiiic s;if;('-f«' mille qui l;ivi' l'enfant on failrli.iuflrrihs Inneos. CniP sa^i'-lVriiriii-PsI Mari.' Saloiiudu [irolriansilc <li; S. ,lnn|Ufs il. Ji'Siis ctuiriur dans la

(1) \,„,v, Jl.l.M.M, |w,„r,-,.s l>,rr<.

(-2) , V,l „<!.,,..lmn i,r„k:l.ih (:i„nf„„, hii,, nr,., nr ,„„„iri,>„

crèche et sur la paille, adoré par Marie et Joseph, tst bien à tort figuré quelquefois entièrement nu. Est-ce donc vainement que rÉcriture a mentionné ses langes, pannis eum involvit? Le rayon de lumière céleste et les anges conviennent ici comme dans tous les mystères en général, parce qu*il est vrai que les anges y sont témoins et adorateurs : le rayon est un symbole de Tordre surnaturel. A la Renaissance, on substitue sans raison un beau monument en ruine à retable de la Bible. Le bœuf et Tâne doivent être tolérés près de la crèche. Isaïe a dit : « Cognovit bas possessorem suum et asinus prœsepe Domini sui; » et quelques Pères Tout répété dans le sens historique ou par allusion aux Juifs et aux Gentils. Les XV' et XVr siècles ont laissé des images extrêmement naïves de Tadoration des bergers : chiens et houlettes, musettes ou chalumeaux, rien n'est oublié.

Circoncision. Il n*est pas exact de la faire pratiquer au temple par le grand-prélre. L'Ancien*Testament et les traditions judaïques prouvent que cette cérémonie s'accomplissait par le père ou un mohel et dans la demeure des parents. S. Joseph devrait donc plutôt remplir cet office. Le fameux tableau de J. Romain est fort inexact (1).

Nom de Jésus. Le nom de Jésus, lUS entouré de rayons, m surmonté d'une croix, est un icône moderne qu'on interprète JésuSf Hominum^ Salvalor^ et non pas, comme on Va dit méchamment ou par une crasse ignorance, Jesu humilissocielas. Quelques-uns ont lu l'iôta. Téta et le sigma grecs, et en ont fait un sigle du nom de Jésus, symbole de la rédemption (2). On connaissait celte image avant Téta-

(1) Voyez les Bolland. lom. I, jan. Uiss. de prœp, ChrM, {¥) Le vénérable Bcde calcule la valeur iiumcrique donnée par

bliMemenl des Jésuites, puis(|U« Marlin V déTcndïl i S. Ucrnardin de Sienne de la montrer an |>eu[ile pendaol us prédication», ainsi qo'il avail coulunie de le fsire. Hait df|iuis que Cliimenl VU, en 1530, a autorisé us office n l'honneur du S, Nom de Jésus, ou n'a plus k i-raiodrc l«8 abus d'une dévotion particulière et dépourvue de sanctios euflisâDie.

ÊPti-UAMC. Les Mages sont au nombre de trois d'âpre la Iradilion, et ils se nomment dans les li^gendes Gaspar. Baltlias.ir, Mekbior ; ou bien Apellius, Anierius, Damasrus ; ou enlin Galgalalb, Malgalath, Sarraebin. Gaspar a no ans, Ballhasar 40, Melrliior 20 et il est imberbe ; c'est le nègre des icdnes moins anciens : « lia communiler pintjuni, dit Pierre de Natalis. La couronne royale et les Hclies draperies de soie et d'or leur conviennent, parce que la tradition est favorable k ceui qui les regardent comnie L'bels de peuples et quoique l'upiniuo contraire nv uiaocjne ]i3S de fondement. L'or, l'enuens et la nijrrbe ont leur explication dans la liturgie elle-môme. Les peintres ont le (iruil dii im-lcr il hi scùiii! de l'adoration, des chevaux et lies droiiiudiiires, ou luieuv fncure, le (.-hameau à <)eu\ bosses lies hauts plateaux de 1 Aiîie ; mais ils ont tort de fi^'urcr rKnfaiil-Jcsiis trop petit et dans l'èlable ; car l'Étrilure dit : « Inlrantet doiiium [i , » Les Mages s'en retournent, soit il che\al, suit par mur, selon la Lêgeiide doréf et !e Valatnijus sam-lonitn.

Il> lirri's iiLix IclLiis du iiiix lr.s'ms i-t jl iU'fiic au nomîire 888 ; puis il roncliil, iiprôs avoir pHHivi; la |>ci'rt;i:liyii de l'otlove, (]UC II- iiuiiiiirc di'sij;!!!- le ïaliit ou la résurpeclion Ui en heureuse. Vovcï In (lift n'aiiij. vXj'M. lifi. I, eol. 338, ùd. de Migiie.

i tj \oye/. les Boll. T. VII, maii. Ùmatus... ml calai. Punlitlie PapeLruk, cl Mole, Erreurs des Feinlres, t. Il, yi. lïlo.

A la Fuite en Egypte, les idoles tombent et se brisent. C'est un fait rapporté par la Légende dorée et puisé dans les Évangiles apocryphes (1). On doit à la même source et à Sozomène l'image de Tarbre qui s'incline devant les exilés.

Baptême. Le baptême du Christ renferme souvent l'icône de la trinité, précédemment décrit , et une personnification du Jourdain en homme. Au moyen-flge , le Christ est plongé à mi-corps dans le fleuve. Au XVr siècle, il sort de Teau dans laquelle ses pieds posent sur une pierre carrée, et l'on voit un poisson, peut-être symbolique, se jouer dans les flots. L'agneau figure quelquefois à côté de saint Jean ; la Renaissance représente des anges aériens, et d'autres de forme humaine, tenant des linges qui serviront au Christ après le baptême.

Transfiguration. A la Transflguration , Jésus-Christ n'est pas seulement debout sur le Thabor et entouré d*une gloire; il s'élève, surtout depuis la Renaissance, au sein d'une lumière qui rejaillit sur Moïse et sur Elie et qui éblouit les Apôtres. L'enfant trop nu, qui se tord au pied de la montagne, dans la TransGguration de Raphaël, au Vatican, est le lunatique guéri par le Sauveur : (c De$cen^ dentUms illis de monte. . . ecce vir de turba exclamavit dtcens : a MagisUff obsecro te^ respice in plium meum quia unicus est mihi. x>

La cèNE. Un grand nombre de peintures, même d'après les maîtres de la Renaissance, représentent à la cène Jé- «us-Christ et les apôtres assis autour d'une table et non point couchés. Cependant , le texte sacré dit : « Vespere autem faeto^ discumbebat cum discipulis suis, d On s'est

(I) Fabrici, Le faux Évangile de S. Thomas.

trouvé très embarrassé lor$qu*ou a voulà reiMire , n milieu de convives assis, la position de S. Jean : « Qm suprà pcclm Domini in afna rfculmit. » et l'on s Iriê naivement incliné son corps d'une njaniùre io vraisemblable. J'avoue, malgré tout, que la peinture de la cène, d'aprèi les usages des Anciens, serait Icllemeot dilGcilc <]ue je M suis pai choqué en la voyant simpliGée et ramenée aai usages modernes.

Le pain azyme manque trop souvent sur la Table. Il est très bien d'y servir l'agnnau , le poisson et le ravon ik mie] : les deux premiers symboles ont i^té eipliqués. L'Église chante it l'office du S. Sacrement : u De pf4rû fotllt (Christui) saturavil nos. » Dans les cènes du moyeo-ige, ojj tes ApiMres sont nimbés. Judas a quelquefois nn oimlM noir, et ua petit diable noir lui souille à l'oreille. Le tnitre se. dislingue, plus tard, par sa figure ignoble et méchante, comme dans la cène de Léonard du Vinci, ou il |>orlc d'ail* leurs son nom an bord du collet de son manteau.

Le crl'cikiehent. On a écrit sur cette matière bien des \olunies. ("irelfcr, Jiislt'-Li|>se, Gei)r;,'OsCallixlc>. GiSsanJre, sans parliT des anliOolayiies conlenijxirains, ont remué toutes les questions qui loneheiit à la eroi\. Je résumerai ce qu'il inq)ort(< le plus de savoir :

LhiGF.MiE VK i.A i',i!(ii\. Selii piailla snr le lombean un n'jeton de l'arlirc de \ie du l'.iradis terrestre. Ce rcjelo" graiiilil, el sous le rèf;iie de Saluinoti. il fut destiné ah conslrneliim île son pahii-;. .u'ais lesoinriers ne réussin'iil pas aie tailler dans des propoi lions eunvenatiles. et il fm jeté sur un torrent pour sirtii' j nn pool. Au nionieal 'K' traverser ee ponl. ia reine de Sai)ii eiil une vision : eili' s'arrêta et adora l'arbre doiii elle prédit ia desliiiéc en .mnnneanl qu'il ^erai^ la ruine des Juifs. Jeté par Salomun

dans la piscine probatiqiie, il donna une vertu miraculeuse à ses eaux. Après avoir servi au crucifiement de Jésus-Christ, il fut enfoui sur le Calvaire, trouvé par S. Hélène, pris par Cbosroès, repris par. Héraclius, dispersé par fragments dans Tunivers. Jésus-Christ, au Jugement dernier, le tiendra dans ses bras (1).

FoBME, BOis ET COULEUR DE LA CROIX. Les croix figuratives de l'Ancien-Teslament, le thau mystérieux, la croix qui porta le serpent d*airain, n*ont pas de sommet au-dessus de la traverse. Mais il est plus probable, si Ton consulte la tradition, que la croix de Jésus-Christ avait un sommet. Plusieurs pensent que la croix est proprement la tige verticale, et la traverse, le paixbulum. Le condamné n'aurait été chargé que de la croix et non du pattbulum^ en se rendant au lieu du supplice. Les images contredisent ce sentiment, et rien n'oblige à s*y astreindre. On voit dans les peintures du moyen-age et aux grands crucifix du XVF siècle, élevés à rentrée du chœur des églises, des croix formées d*un arbre non équarri et couvert de son écorce. Il est possible que Von endistifigue l'espèce. On croyait que la croix avait été faite de palmier, d*olivier, de cyprès et de cèdre ; mais pour que cela s'accorde avec la légende sur Torigine de Tarbre sacré, on dit que les divers morceaux dont la croix se composait étaient d'espèces différentes. La croix équarric se montre au moyen-âge, entourée d'une vigne, et avec les couleurs verte, blanche, rouge, bleue, sans doute symboliques.

Le CRUCIFIX. On le représente, selon la tradition, regar-

(i) Il n'esl pas nc'îccssairc que je distinguo ici In fable de l'histoire digne de tous nos respects. Je dirai bientôt ma pensée sur remploi du mot légende.

âaoX l'Oii'iJeut et louriiaiil Ii; dos à Jérusalem. La nudilé dv Jésus crucilÎL^ élait-elle complète? Les Pures i'ailirtnenl (1), o( t'usage s'op[iusuit k ce qu'il «n fût aulremeol. Gepcndanl des modernes sont persuadés que Nolre-Seigneiir no permit pas cet oulra$;e. Si l'on a représenté (juclquefois le Christ nu, comme le cruciTiv de Narbonne, dont parle S. Gri^goire de Tour», autorise a le penser, ce Tut eiceptionnelleraenl. Les plus anciens cruciGs sont velus d'une tunique, puisd'uo jupon, qui va s'ëcourlantauxapprochci de la Kenaissance. Alors on se contente du linge tordu et entourant les reins.

Souvent Jésus crucifié a le front ceint, au rooyen-dge, d'une couronne royale. Les modernes lui laissent U couronne d'épines. Origène et Tertullien enseignent qu'elle ne lui avait point été enlevée ; le Hex JudceoTum de l'écriteau appuie celte opinmn.

Au moyen-âge, c'est te flanc droit de Jésus qui M( le plus souvent percé ; chez les modernes, c'est plutôt le côté du cœur. Grelser interroge l'histoire et penche pour le côlé gauclie, eu disant qu'il importe pou, diiminoifo vulniis lior Hfilemjiloris iio>ilii jiii' rciicrcns (2!.

Jusqu'au XIT' siècle et inèiiie souvent au \l[(', le crucifix est attaché par quatre clous. Depuis celle époque, il n'y a ordinairement que trots clous, parce qu'un seul perce les deu\ pieds posés l'un surratiire. La première image est sans doute plus vraie. On pinit voir, dans les auteurs que j'ai cités, les raisons qnî ponuellent d'ajouter à la croi\ une pièce de bois en saillie pour les pieds et une autre pour

(2) Tomel, p.

servir de siège. L*éeriteau attaché au-dessus de la croix et conservé à Rome porte la triple ioscriptiou hébraïque « grecque et latioe, écrite de droite à gauche pour les deux deroières langues comme pour l'hébreu.

Accessoires. Au moyen-âge, le crucifix est accompagné, soit de Longin, qui lui perça le cœur, et de Stéphaton (1), qui lui offrit l'éponge imbibée de fiel, soit de la Vierge, de S. Jean et de S*" Madeleine, soit des images symboliques de l'Église et de la Synagogue. L'Église est une belle jeune fille, d'un visage souriant et le front couronné; elle reçoit dans un calice le sang rédempteur. La Synagogue est à gauche , les yeux bandés ; elle a perdu la lumière de la grâce; la figure triste, elle n'a plus la paix de la conscience ; la tète penchée laisse tomber sa couronne et le sceptre se brise dans sa main ; elle a perdu le royaume éternel (2). S. Jean, chez les Latins comme en Orient, a souvent la tète appuyée sur sa main. Jusqu'au XYII» siècle, on voit fréquemment un ou plusieurs anges recueillir, dans un calice, le sang des plaies du Christ. Quelquefois le calice est au pied de la croix. Le moyen-âge aimait à figurer l'ébranlement miraculeux éprouvé par la nature entière à la mort du Sauveur, en peignant le soleil et la lune au firmament. On lit même les mots $ol et luna sur certains vitraux. Lorsqu'on représente les deux larrons crucifiés avec Jésus-Christ, le bon larron est d'ordinaire à sa droite. Des peintres ont imaginé que les larrons avaient

(1) La tradilioD qui a gardé le nom de Stéphaton n*a pas avec elle l autorité du martyrologe romain, qui appuie la tradition au sujet de Longin.

(2) S. Thomas, 58* opuscule, tome XVII, p. 598. Venise.

été «Hachés à la croix avec ries cordes et clous. C'est une erreur (|ue Grclser a réfutée.

Le CBANB b'Adui. Le serpent qui s'c^iiroute au pin) de la cruis, surtout dans les images mnderue<i, s'explique »\iémeitt, parce cpi'il rappelle le rachat du p^ché originel. Ii victoire du Christ sur l'esprit du mal. Il *e raltarhc de plu» prés à la croix, 4]uand on sonj^e à la légende de l'arlin: lui-toâme. Mais quit sigoifieiit ce crdne et ces grandi os placi^s aussi au pied de la croix? Une autre légende noof apprend (|ue ce crâne est celui du premier homme. Adara aurait refu la sépulture sur la montagne du Golgolba. L'a grand nombre de Pères grecs et lalius ont cuusigué ce fait dans leurs ouvrages, comme une croyance ancienne et répandue (t). Les traditions juives le confirment. Moïse Barcepha et d'antres disent ijne Noc avait recueilli les os d'Adam et les avait dislritiu*S à ses lils. Le crâne. 6cbo en partage à Sem, aurait donné son nom au Calvaire. Il a*«st pas rare de voir Adam ressusciter au pied de la croix : c'est ce qui doit arriver, selon la légende, au jugement dernier.

Le l'KiJCAS (Ij. Le iiiojcn-àge a souvent figuré le pi'licau au pied de la croix, où il l'ait couler sur ses petits le sang de son cor|is di''cliiri>. Les anciens t'crivains ecclésiastiques, acceptant l'histoire naturelle de leur temps, supposent que cet oiseau nourrit ses petits ou les ressuscite par le moyen de son [iroprc sang. Cette double idée fut magniilquenient appliquée au Christ, dont le sang versé pour nous racheter de la niori éltrnclle est vraiment un breuvage.

(1) Cf. Ttaroi.JiJs ,r.( auii. ;ti; V-A>rk\ . Cudrx psnidtwpiijra. Vct. Ti-sl. S 28, Ik r,-liq. Ailiimi, \'. ,'i3.

(2) l,c travail le |ilu= coiii]jlft sur le |)élic;iii csl dans, les Vitraux lie Itottrges des l'I'. Martin et Caliicr.

Aussi l'Ëglise chante-t-elle à l'office do corpw Christi les vers de S. Thomas :

Pie pellicanej Jesu Domine ! eic.

Mais il faut lire toute la pensée du docteur Angélique sur le pélican dans son admirable opuscule 58^.

Nous applaudissons à l'usage de cet emblème pour l'ornementation des autels et des tabernacles.

Aux XV^ et XVr siècles, on voit, comme au sépulcre deChaumont, la croix avec Téponge et la lance, les pieds elles mains seulement, attachés par des clous et couverts de sang. Qui n'a remarqué tous les instruments de la Passion sur les croix des chemins en Italie?

Résurrection. Le tableau de la Résurrection n'est pas sans difficultés pour Tartiste. Jésus-Christ sortit du tombeau sans en briser la pierre, comme il est né de Marie sans violer le sceau de la virginité. Il n'y eut donc ni soldats endormis ni soldats stupéfaits (1). C'est l'ange qui, en ren-

(I) M. Didron a observé que depuis le XIII** siècle on a peint les soldats évcillé&et saisis de crainte, tandis qu'auparavant on les peignait endormis. Il croit que Ton sentait le besoin de donner ces soldats pour témoins de la résurrection, parce que le doute commençait à envahir les esprits. Ce serait aussi pour combattre le doute qu'à partir de celte époque, on aurait plus souvent représenté Tincrédulité de S. Thomas. Et il ajoute : c Nous désirons que ces indications suffisent pour montrer la nécessité de tirer des conséquences des faits iconographiques. • Guide de la peinture^ p« ÎOO. De quelque manière qu*on figure les soldats, ils n'ont pas plus de valeur comme témoins que dans le texte de TËvangile, et je ne comprends pas que les inquiétudes prétendues de S. Louis reviennent à cela. Au Xlll' siècle, les images se multiplient étonnamment. N'est-il pas naturel qu'on représente plus souvent les faits évangéliques et en particulier ceux de second ordre ? Tirons des conséquences; mais défions-nous de l'imagination, surtout dans les matières qui ont du rapport avec la théologie.

versant la pierre du sépulcre vide les frappa de («rrear. Il n'est pas mal de mettre à la main du Christ l'éteDdartde son triomphe sur la mort ; mais on a tort de le faire sortir d'un tombeau isolé, bien poli el orné de moulures : il était enseveli dans une excavation du rocher. Il est plus btimable de compter la Vierge au nombre des nijrropbores: car elle avait fui en la résurrection : c'est nier implicitement cette foi que l'Église honore en dédiaut le samedi à Marie et peut-être en n'éteignant pas le dernier cierge de la herse aux ténèbres du Samedi-Saint.

L'apparition du Jésus-Christ à S" Madeleine fnt représentée quelquefois au moyen-âge d'une manière trop naïve, afin de rffndrc compte en quelque fafon de l'erreur de Madeleine qui le prit pour le jardinier, bortulanus, Notrc- Seigneur est transformé en un jardinier très volgaire.

L'AscKNSioN. Ce mjfslère a été figuré, parfois, au Xlir siècle, par le moyen d'une échelle. Cet icâne manque de dignité. On remarque souvent l'empreinte des pieds de Jésus à l'endroit d'où il a pris son essor vers le ciel : c'est la consécration d'une tradition vénérable, sur laquelle on peut lire la 31' épître de S. Paulin (1).

Lr sacrk-coeur. Il y aurait beaucoup à dire sur les images qui ont rapport ii la dévotion aux sacrés-cteurs de Jésus ot de Marie : des ccrurs enflammés, l'un couronné d'épines et surmonlùdc la croix, l'autre couronné de roses, c'est très bien. Mais ne devrait-on pas quelquefois rechercher davantage l'esprit de l'Eglise qui écarte avec tant de soin toute idée matérialiste et unit si étroitement l'idée du

(2) Vnir aussi les notes. Kdit. ilc Mignc, col. 328; el Molanus.

sacrë-cceur à celles de la divinité de N.-S. «l de la Rédemption ?

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