ICONOGRAPHIE DES SAINTS
SOMMAIRE. — Noiioai géoérales. — D« légendes. — Des altribuU et «le i'usage des inscriptions. — Attribots commons. — Iconographie de la Vierge ^ drs Saints de PAncion Teslammity des Anges, de S. Jean-Baptiste, des Apôtres, des Ëvangélistes , des Doctears.
Notions générales. Je sens tout d'abord la nécessité de m'expliqaer sur le mot légende dont on use souvent très mal, en archéologie et ailleurs. Le mot légende pris au sens que j'appellerai lûurgtgue s'applique exclusivement aux notices historiques de la vie des Saints» insérées dans les bréviaires approuvés. Toutes les légendes du bréviaire romain ont droit à un respect religieux et il serait téméraire d'en traiter aucune comme une fable. Outre la sanction ecclésiastique, elles ont encore pour appui l'autorité de la science qui s'est exprimée par la bouche des Baronius et des Benott XIV. Les légendes des bréviaires particuliers n'offrent pas au même degré la première garantie ; mais elles ont été en général l'objet d'une critique éclairée et qui leur donne une valeur historique incontestable. Autrefois* on attribua le nom de légendes dans un sens littéraire^ aux recueils des Vies des Saints, parce qu'ils étaient destinés à être lus par les fidèles, et lus publiquement aux réfectoires des communautés. D'anciens auteurs de ces compilations, tels que le ttétaphraste, au X* siècle, chez les Grecs, et Jacques de Varazzes ou de Voraggio, chez les Latins, au XIII«, n'ayant pas apporté une critique assez sévère à la rédaction de leurs légendes, on a fini par désigner abusivement, sous ce nom, des compositions brodées par l'imagination autour d'un fait
r^), transformé tn s>iiibole ou en pare fable. On a dit ainsi la légende ilii Juif i>rraul, la légeDde de S. Christophe. A Dieu ne plaide que nous prenions le mul Ii^geudc daoi celle dernière acception, alors in^mt; que nous citons 1«J Légende dorée, ou le CaUilogus sanctorum. Nous n'y vojona | pas, avec ccrlaius savanis, un simple recueil de fables et nous croyons qu'une saine étude réformerail h leur égati bien des jugements que l'orgueil d'une raison prélendae philosophique a prématurémcnl portéjj (1). Bn ce chapitre, donc, le mol légende n'est pas svnonjme de fable, ni inêrao de récil douteux, et s'il a l'une ou l'autre de ces signiGca« lions, c'est dans des cas exceptionnels. Je me fais un devoir!
(1) h'Eisai mr let héijeniei yiettue» par M. Alficd Mour} mêrilf | il'iirc sigrinlé. A une luiorionla crudiiiuti, cet (■crivnJH un espri; pliiloBopliiiiue i\m\ l'égarc. Il |»rétond êclnircp, il dctniil en etTcl luule l'hisuiire de l'£|;lise au moyen de ird principes. H. Msury dénlorc fuliuleux Ifs Tuils de In tie des SiiitU,,] 1° quand il y a nssimitnlion de In tic du Saint à ri^tle de Jésus- Cliri^l; 2° quand il y a eiileiile à la Icllri! de rrrliiiucs figures du laiigiigc : ])Br cxcuijilc, la cvlimnc de (eu ijui liicigrii les Hcl'i'ciii d,iiislc.ir-,iTi rsi t.; (i-n soar , un cciiair. h-u s,>iré yin-<é ;iii)>ri-:* .le farclie (M. Mi.uiy ..ulilic .luc l'iuvljr .■^l po^-UTini .■.■); 3".|Ui.nJ il y ;i un sifine ^judmliquc pris à l;i liitrf cl inurprôio i^r
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i^luiif [irutaiic luiilciujioraiti du sjslèmcde M. Maury.
de prévenir, enfin, qu*en expliquant les images, je ne fais pas delà critique historique, et que je me borne à expliquer des monuments peints ou sculptés , par des monument^ écrits.
La plupart des saintes images se reconnaissent p«'ir les attributs. Un attribut est un objet, un signe qui accompagne la représentation d*un personnage et qui r«ippelle ordinairement sa dignité ou quelque trait saillant de son histoire. On peut étendre la signification de Tattribut à l'attitude, aux vêtements, à tout ce qui entre dans un signalement ordinaire. Il y a des attributs communs ou apparienanl à plusieurs Saints; il en est de particuliers tirés d'un fait propre au Saint que Timage représente. Le nom des Saints serait très utilement placé auprès de leurs images, quand elles n'offrent que desattributs communs; et même on a tellement perdu de vue le sens des* autres, qu'il serait bon en général d*indiquer presque tous les sujets par une inscription. On devrait avoir soin aussi de conserver les attributs îradiiionneU. Si on les abandonne pour en choisir qui se rapportent à des traits moins connus et moins populaires, ils seront plutôt des énigmes qu'une indication des sujets. Voici une liste des attributs communs les plus répandus: Ailes^ aux Anges. Données quelquefois à S. Jean-Baptiste et à des Saints élevés en extase.
Ames^ sous la forme d'un petit corps nu et sans sexe.
Livres^ rouleaux^ volumes, aux saints qui ont écrit sur les vérités révélées ou composé des règles monastiques ; aux papes, aux évëques, gardiens de la révélation, juges des doctrines.
Palme, aux martyrs.
OrnemenU liturgiques, selon le degré où le saint est
monté dans la hiérarchie ecclé diacres, chasuble aux prtXres, etc.
Armes, aux saints qui onl été solilals, à S. Michel (jni i combattu le dragon.
Courimne, sceptre, main de justice, signes de la rovaalé; globe surmonté de ta croix, symbole de la puts&anre inipértale, par exemple à Cbarlemagoe, à S. Henri. Les empereurs cbrélieos d'Orient ajoulèrenl la croix au globe qu« les empereurs païens avaient pris comme emblème de leur domination universelle (t). Cliarles-le-Chauve. en adoptant le globe crucifère, comprenait la vraie mission donné* par la papauté à l'empire romain; manteau royal, suppedo' neu»j ou marche-pied, signe du souverain pouvoir
Mitre, crosse, couromie, sceptre, déposis aux pieds dit saints, indiquent souvent une dignité ecclésiastique oa la'jqne déposée ou refusée par abnégation et humilité.
Chaînes, glaives et autres instruments de supplice, ii gneot les divers genres de martyres. Pour figurer la décapitation, on met souvent au saint sa tête coupée entre les mains, qu'il l'ail encore ou non sur les épaules. Les Bolla ndist es ont dressé une liste des sainis céplialuphores, et ils disent, dans la vie de S'" Solange : h IIùc specie omnibus ffre per Gatlias marlijribus capile tnmcalis commitni, non arhi- Iramur, exprima fjns institulione, al îuil fuisse designatum, quam quo mortis geniTc suiim illi cerlamen coiisummarliit : quod tamen posleri iraxerinl lu occasionfm Iradilionis, quasi sttum itli capul manibuR sulitaltim poxl morlcmporiariiil i^2';. »
(1} Cf. Greiser, De crua; i. I. [). ■it>C; Du Caiigc, Dits de inf. (3) Tuiii. II, iiiuii. Secnndu rilii, c. 3, i\. tû.
Celte fausse interprétation a eu lieu sans doute plus d'une fois; il faut, pour en juger, recourir aux légendes contemporaines et authentiques.
Lys, donné à Marie, aux vierges, aux saints qui se sont distingués par une pureté plus éclatante ; couronne de fleurs^ aux vierges.
Chapelle sur la matn» fondateurs de monastères, d'églises, d'établissements religieux.
Serpents^ monstres^ indiquent un genre de martyre ou des apparitions et des tentations diaboliques, ou la destruction miraculeuse d'animaux nuisibles, ou symbolisent des vices.
Habit monastique à capuchon, avec chapelet à la ceinture^ donné aux moines, aux ermites, aux solitaires de la Thé* baide, souvent sans distinction des costumes d'ordres et sans songer à la date de Tinstitution du rosaire, au commencement du Xlir siècle (1).
L'étude des attributs des Saints en particulier demanderait d'immenses détails. On se contentera d'une indication, quand une courte notice ne sera pas nécessaire. Il est juste de commencer par la Vierge, reine du ciel et de la terre.
La sainte Vierge. Qu'on le doive ou non aux images peintes par S. Luc (2), le type de la Vierge existe, comme celui de Notre-Seigueur, dans les catacombes, et nous en
(i) Disons pourtant que D. Luc d'Acbery et d'autres savants prétendent que S Dominique fut le restaurateur plutôt que le fondateur de cette dévotion qu*on a fait remonter à Pierre l'Hermitc, à Bèdc ou même à S. Benoit.
(2) Voyez page 38.
avons aussi In JescripiioD dans <|Uflqiies aulcurs anciens ( 1], Twjt'^ruis il suiuttle que les artistes ai«ill élé guidés sinipl&mcnl pur l'idée de peindre la sainteté de la Vierge, mère lie Dieu, i:oniine rayonnani à l'exlérieur. La Vierge, au muyeii-â^'e, est jeune et douce, alors que Jésus est vieilli (■t d'une IrJslesse austère.
ImmucuUe Conception. Elle a été represeolëe par le* uiudernes i>uus lu figure d'une vierge luule céleste, ajant suus ses pieds le globe, le disque de la lune , le serpent <jui mord la pomme fatale et dont elle écrase la tête; son uimbe est formé de douze étoiles. Cet icône biblique est né des images apocalyptiques du moyen-âge, telles ijue 11 fresque de Saint-.Savîn, où le dragon s'élance pour dévorer la femme. La Conception fut encore symbolisée par S. Joacbim et S'° Anne se donnant un chaste baiser, ou par r.\nge bénissant S"' Anne en prières et lui annonçant qu'elle sera mère. La fête de la Conception fut solennisée dès ie Vlll" siècle en Orient et dès le XI" en Occident : c'est dire ré[ifK|ui! oii ces icrtnes se iiiulliplièrent, Alexandre VII lit Irapper une monnaie qui porte l'image du divin nivstère, el on vojait cette image sur l'armure de Charles- Ouiiit ;'2;. La jdus ancienne serait celle (|ue S. Pulclironitis lie Verdun <iiirail lait placer à l'entrée d'une église, à la lin du V'^ siècle (;i^
l'rrsrndiiit'ii. On n'est pas leiiu de peindre, ';n relie
I' i>iil)1u' ;i!tr M. I>id
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ciiiiiiiiiiioii kmpli /iiliiu
circonstance, Marie âgée de trois ans. Cet âge ne repose que sur des témoignages grecs dépourvus de certitude.
Le Mariage de la Vierge avec S. Joseph, figuré surtout depuis le XV« siècle, nous montre souvent ce saint tenant à la main une verge fleurie, et d*aulres jeunes hommes brisant des bâtons. D*aprcs une vaine légende, plusieurs prétendaient à la main de Marie et celui-là seul devait Tobtenir dont le bâton fleurirait à la porte du temple : le bâton déposé par Joseph eût seul cette miraculeuse fortune.
L'Annonciaiion. La Vierge en prière par convenance, et troublée, selon le teite évangélique, à l'aspect de TAnge. Dans un vase, ou bien, comme en Italie, entre les mains de TAnge, un lys.
La Visitation. Au moyen-âge, on a osé peindre, comme à découvert dans les entrailles de la Vierge et de S*** Anne, Jésus et S. Jean. L*esprit de notre temps se refuse à louer cet icône.
On trouve surtout depuis le XIII* siècle, Marie occupée à filer et toute la Sainte-Famille au travail ; l'école contemporaine de Bavière essaie d'ennoblir ces sujets vulgaires, ils ne sont pas de notre goût, au point de vue de l'art (1).
La Pâmoison. Quoique, selon les révélations de S'* Brigitte, la Vierge se soit évanouie au pied de la Croix, les artistes devraient s'en tenir au texte de l'Écriture : d Stabant autem juxta crucem Jesa mater ejus^ e(c., » et abandonner l'image connue sous le nom populaire de la pâmoison. Beaucoup de théologiens se sont élevés contre elle avec force : mais pour les modernes une femme qui s'évanouit
(i) Jésus tirant In scie avec Joseph ou tenant devant sa'|Mére l'échevcau qu'elle dévide, suppléent sans dignité au silence de rËvangilc.
- iiO — esl plus à leur mesure que la Vierge debout au pied de la Croix.
Notre-Dame de Pitié esl an icdoe ancisQ et aimé dea fidèles. Jésus descendu de la Croix esl étendu sur les genoux de sa mère ëplorée (1). L'évangile se lait ; mais de pieox et anciens auteurs ont parlé.
Noire-Dame det Sept-Douleun. Malgré les prédicatiaM ardentes de S. Philippe Beoiti h la 6n du XIII* ùèAt, Y'teàae de la Vierge au cœur percé de sept glaives ne h répandît qu'au XV* siècle.
Sépulture de la Vierge. Ua cercueil porté par S. Pierre et S. Paul. Les antres apôtres Torment le cortège. Jean le précède une branche de palmier à la main. Le prince de prêtres veut renverser le cercueil ; ses deux mains y resteol collées et ses bras se desséchent (2).
Asiomption. Le tombeau est ouvert e( vide; on j voit
(1) Vnir MolanuE,
(i) Pour comprendre celte composition Ircx rominune, tl sciilplce, par cxeuiptc, dans des bas-reliefs de l'c^flisc dr Chaunioni, encliés depuis 93. rue du Cnrgebin, il Taul lire U légende lie l'Assoinplion recueillie par Janqiies de Vurogiric qui en donne
d'nilleurâ les dclnils eoinini: dépu^rvii, J'i.uLhcitiicilé. lU Mini
souvent des roses. Les apdlres regardent avec étonnement la Vierge enlevée au ciel, entourée de gloire ; des anges l'accompagnent. S. Thomas tient dans ses mains la ceinture de Marie.
Couronnetnent. Rien n*est plus gracieux que cet icône fréquent à Tépoque ogivale. Marie agenouillée soit au pied de Jésus assis sur son trône, soit entre Dieu le Père et Dieu le Fils, reçoit la couronne immortelle. Un Ange aide souvent à la lui assurer sur la tète.
Vierge des Cisterciens. Elle abrite sous son manteau Tordre représenté par un grand nombre de moines (1).
Angbs. Après Marie, la première des créatures, viennent les Anges qui, par leur nature immatérielle sont audessus des Saints. Ils sont divisés en neuf chœurs et en trois ordres. La classification de S. Denys laréopagite est peutêtre la plus généralement adoptée : Séraphins, Chérubins» Trônes ; Dominations, Vertus, Puissances ; Principautés, Archanges et Anges. Celle de la liturgie romaine diffère : Séraphins, Chérubins, Vertus ; Puissances, Principautés, Dominations; Trônes, Archanges et Anges. A Chartres, à VincenneSt à Cahors, cette Jiiérarchie est tout entière sculptée ou peinte; ordinairement, elle n'est reproduite qu*en partie. Les Anges, figurés isolément ou par groupes, sans rapport avec la hiérarchie, sont innombrables. Je ne puis que les considérer ainsi, à un point de vue général (2).
On ne connaît que trois Anges par leur nom : Michel, Raphaël, Gabriel. Uriel est nommé au IV* livre d*Esdras ;
(1) Voyez Bona, de Div. psal.^ c. J2, n. 2.
(2) Voir un intéressant dialogue sur lu pcioturc des anges, dans la vie de S. Nicéphore, par Ignace, diacre, ch. 8.
mais ce livre n'est pas canonique. On Ht bMucoup d'autres nonis dans des onvrages apocryphes et goosliques; l'art ne les a pas toujours repoussés.
Les Anges ont élu revêtus de la forme humaine ; elle «I la plus parfaite. Ils sont jeunes et beaux pour indlqoer leur inimorlalité. Le moyen-âge les a peints quelquefois vieux : un connaît des apparitions d'Anges en vieillards, ruais c'eA une exception (I). La grossièreté de la forme malérlelle a été eombattuc de diCTérentes manières : on a peint les Anges lumineux ; on ne leur a donné, surtout eu Italie, que la partie supérieure du corps humain, ou la partie inférieure s'est comme évanouie sous les draperies et pir l'indécision des lignes. Surtout depuis la Ite naissance, on a représenté les Anges par des enfants ou des tôtes d'enfants ailées. Alalheureusemeni leurs faces joufflues et la nudité complète du corps sont en contradiction avec l'idée qu'on ' voulait exprimer. Les Anges en hommes, môme babilles, ont de grandes ailes pour indiquer qu'ils sont messagers de Dieu et pures intcIli;reDces. Les nuées qui les entourent, leurs \ éléments blancs, les ornemciilsde pierri'S précifuses. la nudité des picils ont un sens évident On voit d.es Angis avec un long bùlun à la main, un manteau et des sandales, dans une mosaïque du V" siècle, à Sainte-.\galtie de Havcnne, [lubliéc par Cîanipini. Dès loXIl'', on a des e\e]npli-s il'Aiigcs très t-nmmuns aux XV" et Wl, et qui son! ri'^élus d'drnenienls litnrgi(iiifS ; en otTranl no^ vu'ii\ et on priant jiour nous, ils remplissent à noire égard une sorlo (le minisière saeerdoliil. t^eile peiiséu csl plus coinc-
lïol. Vus de S. YhUtii:!!, de N. Tititirci' ci ilc ses rowi/i. p.
nablement exprimée par l'eDceosoir qu*ils porlent souvent.
Il n*est pas rare que les Anges tiennent dans leurs mains, comme à Textérieur de N.-D. de Reims, les instruments de la Passion. Ils apparurent ainsi à S^' Lidwine. Ils jouent aussi de divers instruments de musique, symboles de la louange éternelle qu'ils chantent dans les Cieux. Au jugement dernier, ils sonnent de la trompette (1).
L*Ange gardien tient un enfant par la main et lui montre le Ciel. A cdté un serpent.
S. Michel en guerrier cuirassé , tient sous son pied le dragon enchaîné et le perce de sa lance, ou il brandit une épée flamboyante. A la main une balance. Au jugement dernier, il pèse sur un plateau, le diable sur l'autre (2). S. Gabriel tient un sceptre, en r«yal ambassadeur près de la Vierge, ou un miroir, parce qu'il connaît les secrets [divins. Une étoile au front. S. Raphaël a dans ses mains le poisson de Tobie (3).
Depuis la Renaissance, on peint des anges bien fades. Ne pourrait-on pas continuer à les représenter sans qu'il soit possible de leur assigner un sexe, mais pourtant avec une physionomie noblement dessinée?
Ancien Testament. Le livre de la Loi ancienne est ordinairement arrondi an sommet, comme les Tables de la Loi ; le livre de la Loi Nouvelle est carré. Les saints de
(t) En traitant des évangélistes. nous parlerons du télramorphe.
(2) L'Écriture dit : c Tu as été pesé et trouvé trop léger. > Homère et Mihon font aussi peser les destinées des Liouiidcs dans une balance.
(3) Uriel tient une épde. Les anges des Apocryphes portent, Jehudiel, une couronne; Barachiel, des fleurs, etc.
l'Ancien Teslameol portenl plD(6t le volumeo. el cegi du Nouveau, le livre. Les images de I*AnrieDae Loi mol le plus toiivent i]u câté du nord dans les églises rumaoes el gothiques, el relies de la Loi de Grâce, au mîdid). Les Greci ont fait une large part, en icooographie religieuse, aoi saints d'avant Jésus-Christ: assez rarement les Lalios I» représentent isolés et avec les lignes iconographiques de U saifllelé.
Abraham, avec son fils, le coateaa du sacrifice, le bélier.
haac, portant des morceaux de bots.
Jarob. avec l'échelle mj'Slérieuse.
Mo'me est facilement reconnaissable avec les Tables de la Loi, et deux rayons de lumière jaillissant de son front. Ofl l« voit souvent aux catacombes loucher de sa verge le rocher d'oii sortît la source miracnleuse. Tient le baisMa ardent, le serpent d'airain.
Aaron est revêtu des ornemenls du pontifical ; l'éphod, le rational, etc. Il tient la verge fleurie.
Melchisédeck avec ses pains.
David, en roi. lient la liarpe. Têle de Golialti.
Salomon trône, juge les deux femmes; à côté de lui un berceau.
Les prophètes se distinguent d'ordinaire par le phylaclijrc ou la handerolle p{)rtant quelque passage de leurs propliiilies. On lesréunil quelquefois comme k'sdouzu apôtres, et on rapproche les quatre grands prophètes des évangclistes cl des quatre premiers docteurs.
haie; charbon dans uni; cuiller qui rappelle comment ses lèvres furent purifiées; scie, instrument de son martyre :
(I) l"pariio. p. .112.
il tient Tenfant Jésus ; il a une couronne d'olivier (1). Placé en Grèce enlre la nuit et Taurore.
Jérémte^ tient un vase de feu ; à ses pieds, un vase brisé, baguette et au bout un œil ouvert. Lapidé.
EzéchieU dévore le livre. Les chérubins au-dessus des quatre roues. Ecartelé par des chevaux.
DanieU l^s mains jointes ou levées au ciel; un ou plusieurs lions; Sujet fréquent aux catacombes.
Osée, idole renversée ; Joel^ le soleil et la lune ; Amos^ boulette et mouton, ville en feu; Barueh^ un rouleau; AMias^ un pain et un vase; JanaSn jeté à la mer, à la gueule d'un poisson, et aussi couché sous un arbre en berceau : très commun aux catacombes ; Michée^ à la main une corne ; Nahum^ un rouleau ; Habacuc^ une montagne boifiée, enlevé par un ange ; Sophonie^ un rouleau ; Aggée^ un rouleau (2). Zacharie^ une pierre avec sept yeux ; Ualachte, un globe en feu (3).
(t) Voici un curieux passnge de la vie de S. Sévère, évèqiie de Naples, au V* siècle, apud BolL :
t Aliàm {eccL) in civitate mitificœ operationis in cujus ahsida depinxit ex munvo Salvalorem cum duodecim apostolis sedentibut ; habenles subltis quatuor prophelaSy dislinctos preliosis marmorum metaUis. Esaias cum olivœ coronâ nativitatem Christi et perpeiuam virginitatem D. G. Marias designare voluil dicendo : fiât pax, Herenùas fer uyarum offertionem virlutem Christi et gloriam pofstontt et reiurrectionis prœfigurat cum dicitur : in virtute tuâ, Daniel spicai gerens Domini annuntiat secundum adventum in quo omnei boni et mdli colliguniur ad judidum ; proptereà dictum est : et ahundantia. Fpzechiel proferens manibus rosas et lilia, fidelibus reomim cœlorum denuntiat^ undè scriptum est : in turribus tuis. Etmim m rosis sanguis martgrum figuraïur et in liUis perseverantia confes^ swnis exprimitur. >
(2) Je ne distingue pas son attribut au Catalogus Sanctorum^ Lyon, 4534.
(3) Il y a ici treize petits prophètes. Ils sont au canon de rÊcri-
Il d'csI pas ni:cessaire de mcDlionocr beaucoup d'iDlrft grandes Ggurcs bibliques trop connues pour que leur rcprësenlalioi) snit obscure.
S. Jean-Baptiste va nous servir de transition de l' Aonen au Nouveau Tcstameul :
Le précurseur montre l'agneau : « Eccr ngnus Dfi: » porte une longue croix où ces paroles sont écrites eur une baDileroHe (lottanle: tient l'agneau sur ses }tra& ou sur un livre, ou le préseuLe à Jésus enfaut dans la Sainte- Fiimille. Déjà nous l'avons vu aux icônes de la Visitation cl du Baptême de Jéxus-Cbrist. Il administra le baptême par imnicrsii)n et non avec une coquille ou avec la main : le mot ancendem de aqxtà le prouve assez. On lui a donné i% InrI un air sauvage, une chevelure liérissée, un vêtement de peau de chameau, parce que son vêlement était en poil de chameau et qu'il menait une vie austère. A l'église Sainl-Jean- Baptislc de CbaumonI, plusieurs anciens tablcaui tnonireDi combien les peintres ont dépassé les limites des convenances dans les scènes de la Rédargution et du Festin oii l'on apporte sur le pla! le chef du marl\r. On a souvent mis le Précurseur comme l.i Saiiile-Viorfie. en pose de suppliant au jugempnl dernier : pnnrtant la ihéolopie enscignequ'alors le temps de la prière cl de linlercesçion sera passé.
Les Ai'ÔTHES. Le collège dcsapôlres représenté dés les premiers siècles sous la figure de douze agneaux, le fui aussi sous celle de douze hommes, mais sans attributs caractéristiques. S. Pierre et S. Paul se distinguent depuis la période romane l'un par le glaive, l'autre par les clefs.
Vers le XIV* siècle, leur physîoDomie se fixe pour ainsi dire : S. Pierre plus âgé et d'une taille moins élevée que S. Paul est chauve et il a une touffe de cheveux sur le front; S. Paul se distingue par le type juif plus prononcé : il a le « nasus pulchre inflexus idemque longior » que lui donne Nicéphore Callixte (1). A la même époque, les autres apôtres prennent leur attribut, Tinstrument de leur martyre.
On leur donne aussi une banderolle portant un des.douze articles du symbole qu*il.s ont composé d'après une tradition (2). Toutefois cette image des douze apôtres n'est pas sans difficultés pour l'archéologue, parce que S. Matthias, S. Paul, S. Marc, S. Luc et S. Barnabe se mêlent souvent aux douze élus par Jésus-Christ : Pierre, Jacques Gis deZébédée, dit le Majeur ou de Compostelle, Jean, frère de Jacques, André, Philippe, Barthélemi , Matthieu, Thomas, Jacques, fils d'Alphée ou le Mineur, Jude ou Thaddée, son frère, Simon le Chananéen et Judas Iscariole. Quoique l'on ait une lettre de S. Jude au Nouveau Testament, c'est lui qui le plus souvent fait place à S. Paul. Voici du reste les attributs ordinaires :
S. Pierre ; les clefs : <i Tibi dabo claves regni cœlorum.ï> Deux clefs, pour signifier le pouvoir d'absoudre et d'ex-
(i) HisL eccL L. Il, c. 37. On peut voir aussi Didron Guide de la peinture^ p. 301 ; le Bullarium magnum, T. I, el les Boll. T. V, junii : Analecta de SS. Petro el PaulOy avec les gravures. Les images modernes ne s'accordent pasavecNiccphorcpourrcnsemble du signalement. Les anciennes supposent d. Paul pins petit que S. Pierre cl chauve. Nous les croyons plus vraies. Lucien, dans Je P/iifep., se rit du galiléen au nez aquilin, au front chauve, qui s*élcvanl au troisième ciel y apprit de très belles choses.
(2) Un bel exemple, aux stalles conservées dans la cathédraU de Lausanne.
communier, ou les deux puissance» réunies dans U pA|MOlé; il V a <IeK exemples de trois clefs, sur des nionumeoli rvlatifâ it l'inslilulion de l'empire et à sa IransUlion aux Alk'inauds par Jean XII (1). Croix renversée : S. Pierre par respect pour son divin maiire avant voulu être crucifié la tôte eu bas. Coq de la Passion.
S. Paul; le glaive: il était citoyen romaio. Livre. 5. Barnabe, son compagnon ; des pierres; une fouroauc