‹ Cours d'archéologie sacréeChapitre 29 sur 43 · Sébastien. Voyez 5. Fabien · texte numérisé non relu

Sébastien. Voyez 5. Fabien

S. Sihestre^ pape et confesseur, 31 déc. Baptise Constantin (1). Lie avec du fil la gueule d'un dragon. Voyez Légende dorée. Symboliquement ce dragon figure bien le paganisme qui reçut un coup mortel par la conversion de Constantin, sous le pontificat de S. Silvestre.

S. Siméon^ évêque et martyr, 18 fév. Crucifié.

S. Stanislas^ évêque de Cracovie et martyr, 7 mai. Massacré près de l'autel. Son corps coupé en morceaux et abandonné dans un champ est gardé par des aigles. c( Corpus membratitn concisum et per agros projectum^ aquilœ à feris miràbiliter defendunt. d Brév. rom.

S. 5tilptce, évêque de Bourges. Eteignant un incendie, chassant les démons, rejetant un arbre du côté opposé à

(i) On sait que ce fait est révoqué en doute, ou plutôt qu*il li*est tiré que d*une source apocryphe, comme la donation dd fiotnt au même pape.

crhii Dti ii tambail, faisanl ces miracles par la wale mfB du Eii((ne de la croii. ITjanv.

S. Salnrnin. iSvéque de Toulouse, percé d'où ^live, «Kacliâ â la quoue dna taureau indompté. 29 nov.

S" 'fhèele, tierge et martyre, 23 sept. Prés d'elle on bùclicr. Entourée de bêles féroces ; à i>cs pieds des serpents. Elle subit tous les snppliccs ainsi indiqués. Brév. rom.

^, Théodore, martyr, 9 nov. En guerrier, tical une palme et uoe crois. A ses cdtés ao temple pa'ieo où il a mis le fm.

S" Thérèse, vierge, 15 ocl. Porte le costume des Carmélites. En prière on en extase. Elle a le eu'ur percé d'une nècbe. Un ange lui enfoDce une Ûêcbe dans le cœur. Le cœurenllammé. Livre.

S. Thomas de Cantorhéry, évéquê et martyr, 29 déc. Massacré au pied de l'autel.

S. Thomas de Villeneui-e, évéque et confesseur, 22 sept. En ermite ilc S. Augustin : (luclquËfois en évéque; mais sans la chape on voit des habits de moine. Faisant l'aumône aux niallieun'uv.

S. Tiiniillirr, ('m"'i|ii(' cl inarljT, 2Vjanv. A ses pieds des pierres : il fut lapidé. On le voit aussi quelquefois écrivaDt. Serait-te pour rappeler que S. Paul lui a adressé deui Epîlres?

^'' L'r.^iile. \icTge et marUrc, 21 oct. Têle voilée, couritnnée, ra^oiiiiaiitc. Iiiimeiise manteau qu'elle étend sur, des vierges inniinibrablcs ci sur quelques évèques ou ablt^. A ses pieds un livre, cl sur le livre une iléclie. Voir dans Jacques de Varazzes, Légende des oiiïe mille Vierges.

S. tVtni'ii, évéquc de Langres. L'n cep de vigne. Od lit au bréviaire de Langres : « Oralione non seiiiel i»ibre$ airrlit, turbines (lissijiavil, atque ab iiitmiiienlibus circtimquàqut

procelliê viles segetesque servavit; quœ causa fuit ut etiammim adversus aeris inclementiam invocetur atque cum uvà passim depingatur. » 3 avril.

S. Tenant, martyr, 18 mai. Adolescent. A ses côlés un ange. Des lions sont couchés à ses pieds. A terre un glaive.

S. Venceslas^ duc et martyr, 28 sept. Massacré pendaut qu'il est en prière. A ses côtés deux anges : a Angelos ha^ huit sui corporis custodes^ etc. » Voir sa légende au Brév. rom«

S. Vincent, martyr, 22 janv. En diacre. Tenant un livre : quelquefois prêchant. A ses pieds un gril, des fouets, des ongles de fer, un chevalet. Un corbeau garde son cadavre laissé sans sépulture. « Cujus corpus, cùm projeclum esset inhumatum^ corvus et à volucribus et à lupo, unguibus, rostro^ ahs, mirabiliter défendit. » Brév. roni.

S. Vincent Février^ confesseur, 5 fév. Figure ailée. Une flamme sur la tète. Tient un livre : le livre rappellerait ses prédications : la flamme serait le signe d'une assistance particulière de l'Esprit-Saint. On dit en eflet qu'il avait le don des langues et que parlant à des hommes de nations diverses, il était entendu de tous. Les ailes seraient l'emblême de ses ardents désirs vers lé ciel.

S. Vincent de Paul, confesseur, 19 juil. Son portrait authentique. En surplis à larges manches, les yeux modestement baissés et fixés sur un crucifix qu*il tient à la main. Ordinairement on voit à ses pieds un petit enfant, ou bien une soeur de la Charité lui présente un de ces petits orphelins auxquels il sut trouver des mères.

S. Victor, en guerrier, décapité, à la main une palme, QO moulin à vent pour rappeler le moulin sous la meule daqoel son corps fut jeté. La meule se brisa et la décollation mit fin aux jours du martyr.

F Indépei

I nons <le a

.S. Willebrord, évikiue, aprtlro des Frisons. 7 nwr. Ihe église, uni; craix, ud lonueaii, des Atnphoriis. Ces allribab rappellent l'ègUsc d'ITlrechl ; les autres églises el monaslfr* res qu'il fonda et la fonlaine de Fositcslantl.

5. Yrtt, prêlre; 22 mai. Il iut d'abord avocat. Rsbe d'hermine, bouuel de juge, à lu main une charte à scesni pendatils. Des pauvres. On conuail le qualrain : Sanelut Yw Erat hrito,

Ailvucaîui Kil non tatn:

lia miranda ftoiiula.

COHPOSITKIKS DIVERSES.

idépendainmeot des mvstères et des saints que ootu «»• cuusidérer sous le rapport de rivouographie. il (M encore une luullitude de sujets historiques ou symboliques dont lareprt'seiiiaiion existe dans nos monnmentsreligieus.

.\ peine nous 3i'r;iil-il poSîiljlc d'ùnumcrer k-s plus cuuiniuns. n'ùiileui's boaiicoiipsuiil traités awc une \ariétêiiui exif,'^ une ariahse iiarlii'ulîùre. l-es mtIus et les vices lorluunt ({tielqiicruis île longues {paieries sculplOes ou peioles. I.L' ino\t'n-;ige a rlé irès-iriycnicuv pour ces comiiosilions : lin en jugera l'U [larcoiiraiil les Anitalrs oirhrt/ioijiijues, le liulli-tiii uiiiiitiiiii iiiiil. La Ciiarilé en nourrice peu dèccDle l'sl de crcaliiiii niinlcrne : un la liyurait mieux sous l'emhlciue del Auimiiie. l,i;uii>vtii-;iL;e pécliait iilulûl en représenlant crûniunl l'iniinirelé, par des serpents nu des craliautls adacliL'S aux |iarttes du corps «{ui caractêriseiil le 6i'\e de la femme. Je me i)orne à donner les vertus tliéuio- L'ales el cardinales au \VI" siècle :

La Foi tient une église, les Tables de la Loi, un calice surmonté de Thostie, et foule aux pieds Mahomet.

L'Espérance tient une ancre, une bêche, et foule aux pieds Judas.

La Charité tient un c^ur, un astre, et foule aux pieds l'Hérésie personnifiée en roi.

Là Justice tient un glaive et une^balance, et foule aux pieds Néron.

La Prudence tient un flambeau, un livre ouvert, un miroir, et foule aux pieds Sardanapale.

La Tempérance tient une tête de mort et foule aux pieds Tarquin.

La Force tient d'une main une tour de laquelle sort un dragon qu'elle étrangle de l'autre main. L'étendart de la croix la protège. Elle foule aux pieds Holoferne.

Les fins dernières que les premiers siècles rappelaient aux fidèles par des images pleines d'espérance et de douceur, sont plutôt mises sous les yeux du peuple du moyen-âge par des compositions très-sévères : j'ai surtout en vue le jugement sculpté au portail des églises, et la séparation des bons et des méchants où les rois, les princes de l'Église, les moines ne sont pas plus épargnés que le menu peuple. Fra Angelico, dans son Jugement dernier, qui est à l'académie de Florence, adresse encore à tous les rangs de la société ane effrayante leçon. L'enfer sous la forme d'une gueule dévorante, enflammée, monstrueuse ; les démons cornus, à pieds de bouc et sous l'emblème de toutes sortes de monstres fantastiques ou d'animaux dangereux et immondes ; le purgatoire, semblable à un abîme de feu d'où les justes qui achèvent l'expiation tendent vers les anges des bras suppliants; en un mot les vérités terribles représentées de manière à frapper les sens furent très nombreuses en

France, jusqu'au XVir siècle, et. on peu! dire qn'rilet l'emportenl sur les autres (1). La Renaissance modifia l'iconographie pour le choii àes sujets eï la manière de lei traiter : c'est de l'histoire et de l'art plus que de la prédi» cation, ou c'est une prc^dication adoucie. La connciioR de l'es pbasen iconographiques avec l'élat mur»! in la sociCté clirt^liunnc sera saisie de tous. Aux temps de persécution, il faut surtout encourager et consoler ; à des peuples crovasti mais encore grossiers, conviennent mieux les images naïves et fortes des vdrilés tes plus capables d'impressionner par l'intermédiaire de l'imagination. Aujourd'hui en France, |p9 moveiis empIoyOs au luojen-âge D'nuratenl pas let niâmes rësullats, et l'iconographie s'est niudifiée cominela prt^dicalion. Qu'on prenne garde pourtant de voiler h dure réalité au point d'en favoriser l'oubli.

Entre les sujets qui i&eritcnt une meulion spéciale et dont la conception a généralement quelque tliuse d'identique, nous signalerons l'arbre de Jessé, Ip pressoir, le* sibylles, la danse macabre, le chemin de la croix.

AidiiiF. iiic Jkssk. " lu c(irc(titliir vinju tir rallier .Ir^nf d flos de rmtia- rjus [M'cmlcl. » dit l.-;;nc. Au\. vcrriiTos de Chartres, ii la Sainlc-Uliapi'lli', au pi»rlail iIl- IScainais. cl au diocèse de Laiigres, à Cellonds, à Cliaiiniont '2], puis dans une foule de missels mantiscrils oti iiiipriniés. on a iraJiiil ri'llc [iniplit'lLc on rcprèscdliinl ou arlire sort.iiildii

ventre, do cœur, de la bouche ou du crâne de Jessé endormi, couché à terre ou assis dans une chaise gothique. Les ancêtres de Jésus-Christ, en pied ou en buste» sont sur les branches de Tarbre qui forment parfois une sorte d'encadrement autour des figures. Il est rare que la généalogie soit complète. Elle est couronnée par l'image du Christ ou de la Vierge (1). Il existe une composition analogue de Giottq, à l'ancien réfectoire de Santa-Croce, converti en manufacture à Florence (2) : au centre le Christ est crucifié sur l'arbre de la croix. On a simplifié aussi cet icône en ne prenant que la tige supérieure avec la fleur et I^arie portant Jésus.

L'arbre de Jessé existe en Orient comme en Occident. Le P. Papebrock a publié des éphémérides greco-mosco vîtes où les apôtres sont placés sur un arbre comme les ancêtres de Jésus-Christ (3). A Dorchester, XV' siècle, les meneaux d'une fenêtre sont les branches de l'arbre, les prophètes et les rois sont en statuettes sur les meneaux et en peinture sur la verrière. L'Ecriture n'ayant pas fixé l'espèce de Tarbre ou de la tige, virga^ de Jessé, c'est souvent un arbre de fantaisie ou une vigne (4).

(I) S. Jérôme enseigne une manière de terminer l'arbre de Jesse, quand il dit : c Nos autem virgam de radice Jesse Sanctam Mariam virginem inlelligamus,,, et florem Dominum ialvalorem

Si dicil in cantico canticorum : Ego flos campi et Ulium convalm. > Eip. sur haïe.

(3) Les iodusiricls ou vandales modernes n*on( pas envahi que la France.

(3) Tome I, maii.

(4) Justin, fltil. lib. I. c. A, rapporte qu'Asiiage vit en songe sortir de la bouche de sa fille une vigne qui ombrageait l'Asie, S. Grégoire de Nice, Oralio 4, in S. Ephrem^ dit : « Ipsi juxta

Le pressoir. Une des conccptioas les ptas hardies ita symbolistes du moyea-âge, c'est le pressoir mystique doBt on irouvera des exemples jusqu'au XVll' siècle et qui est construit sur ces paroles d'Isaïe : « Torcular (aUavi soliu it de (jentibm non e$t vir mecum. n Image naïve, grossière eo quelques diïtails mais énergique : une cuve pleine de rai&iM que foule le Christ chargé de sa crois : le Saint-Esprit repose au sommet de la croix, dont le pied engagé dans ta vil du pressoir est serré par Dieu le Père, comme pour peser davantage sur les épaules de ta victime adorable. Aussj l< eang jaillit de ses plaies dans la cuve. Autour, les apôtre) vendangent et rapportent des paniers, voire des hottes de raisins ; et en avant de la cuve, des anges à genoux reçoivent en un calice lo Sang rédempteur dont ils remplisseal un tonneau.

Les sibylles. De même qu'on a représenté les prophète et les personnages prophétiques de l'Ancien Testament, db a donné les images de ceux rjui passaient, avec ou sans raison, pour avoir annoncé au milieu de la genlilité, les nivslêrcs cl les éw''iiLMncrits do la Loi noii\clle. Apoitonius, Solon, Tliiicydidf. IMiitartjiio, Platon, Aristote, Pliilun. Sophocle font partie de riconograplile religieuse dos Grets. .\ux stalles d l Ini, Syriiu ajouta aux quatre grands philosophes grecs, Socrale, Platon, .\ristote et Pwhagoro. li's latins Ciccron, 'l'érciicc, Si'n('(]ii(j, Oiiinlilieii cl Taslro-

m iiiliiiLiliim frii^lifi'i-

l'i.Tic .!.■ t'iiili.

dnle (le !>ai-is.

de» a|i|)Iicntii)ji:

S. liciiDJI, jt/rmi

rci.s<-ij,'ricin,nil. On :, iaii Je .

r l;i Chiiiiiiqiie ik .\un'mbi:rii, i Il aiiijlkaiiuiii. Londres, 1055.

Au Ml' Mi'clc,

nome de Péluse Ptolémée (1). Mais l'iconographie latinre a figuré bien plus fréquemment les sibylles ou propbétesses qui, plusieurs siècles avant notre ère, annoncèrent, en différents pays, les principaux mystères de la vie de Jésus- Christ, son triomphe et son dernier avènement. Quoique une juste critique n'admette pas l'authenticité des oracles qui nous restent des sibylles (2), on peut croire sur le témoignage des Pères, d'écrivains anciens et de savants modernes, qu'elles ont vraiment prophétisé (3). L'Eglise invoque simultanément à la messe des morts les témoignages de la sibylle et de David :

Dies irœ, dies illa, Solvet sœclum in favilla Teste David cum sibyîla,

L'Église peut invoquer la sibylle au sujet du jugement dernier non pas pour garantir la réalité de son esprit prophétique, mais pour montrer l'existence d'une vérité chrétienne dans la tradition païenne.

Non-seulement le moyen-âge, surtout adx XV^ et XVP siècles, a représenté les sibylles dans les monuments et les manuscrits, mais on les mit en scène dans les mystères, et ellesfiguraient encore au. XVIP siècle, sur les théâtres de

(I) DîdroD, Guide de la Peinture, p. 153. Les philosophes figurent moins comme prophètes sans doute, que comme sages éclairés de lumières particulières ou des traditions primitives.

(%) Le recueil se trouve dans la collection grecque-latine des Pérès; Paris, 1624.

(3) Voir la Disserl, sur les Sib. du P. Grasset. T* partie, Paris, J684. On y trouvera les témoignages de Cicéron. Virgile, Tacite, Suétone, de quinze Pères et des théologiens modernes.

la Diablerie da Cliaumont (t). Les huit livres sibyllins ne renferment que le nom de la sibjlle Erythrée, et len ancien* ne s'accordent pas sur le nombre de ces propbf^lesses. Varron un deoii-siècle avant Jésus-Cbrlst en compte dis. Leurs noms son! tirés du lieu oîi elles ont vécu. On les repriïscnie avec de riches coslutnes, des (urbans empanachée, dospitrrcries cl des attributs parliculiers. Depuis les frreques d'Auxerre, au XIII' siècle, jusqu'à celles de Raphaël, à Pérouse et à Sainte-Marie délia face de Rome, les sibjUei sont dis vierges d'un (empéramcnl robuste el d'une belle physionomie. Il est rare qu'elles ne soient pas accompagnée) de leur nom. Je donnerai ceux des douze plus connues, ea commentât par les dix indiquées dans Varrou, Lactauce el S. Augustin. Pierre Petit, dans sa dissertation sur les sibylles, les réduit toutes à une seule qui aurait voyagé en différents pays.

LaPersique, Persica, dite aussi Chaldéennteliesou bdib propre Samelha. File lient une lanterne. Sur sa télc le soleil, sous ses pieds le serpent ou le dragon.

La L\biqiie,' f.ijbli:a, tît^nt une lorclif ou un cierge.

La Delpliiijuc, Deljihica, ijiii aurait vécu a\act la guerre de Troie, est nommée ArCéniis. Uapliné, .Maiito. E!lj iîejl une couronne d'épin?5.

La Cimmére. Cir.:::ien'a ou lll/iliijue, du l^unit's ci: Irslie. tient une croix ou une ciirni% espèce de biberon.

L'I'^yllirée, linjtlirra, de la mer llouge, lient une rrse blai:clie i;l un boulon de rose, symboles de rincarr.a;i:;n,ïl un glaive sviufiole du jugement de Dieu. C'est la plus fa-

M. 1-ijbbéGa.iard.

S. Jcmt- Ihflhlc de Chitun

meose des sibylles. Od l'a confondoe parfois avec la Persique.

La Samienoe, Samia^ de Samos, nommée aossi Bylbo, lienl un roseau, une croix, une couronne d*épines, ou un berceau comme dans les Heures de Voslre.

La Cumane, Cumana, de Gumes, différente de la Ciminëre, porte une crëcbe, un berceau et un livre ouvert où se lisent les fameux vers de Virgile qu'on ne sait à qui appliquer rigoureusement i si ce n'est au Gbrist :

I Vltima Cumœi venit jam carmtnis œtas Jam nova progenîes cœlo dimiltUur alto, etc. >

L'Hellespontide,lfeIl6fpofitina, croix ou rosier. Àsponita^ dans les Heures de S. Vostre.

La Pbrygienne, Phriga^ croix pascale ou avec l'étendart delà résurrection.

La Tiburtine, Tiburtina ; on trouva sa statue à Tivoli, un livre à la main. Elle tient des verges.

La onzième, Agripa^ tient un fouet, et la douzième, £uropa, un glaive : elle prédit le massacre des Innocents.

Danses MACABRES. L'image de la mort n'apparaît pas aux premiers siècles de TÉglise. Elle se présente sous deux aspects au moyen-âge: la mort du juste et la mort du pécheur : la paix dans les traits du premier, l'ange gardien qui l'assiste à sa dernière heure ou qui emporte son âme au ciel, le démon caché au pied du lit, symbole de la victoire remportée par le chrétien dans la lutte suprême, tous ces signes du triomphe et d'un avant-gotlt de la béatitude contrastent avec la rage du pécheur moribond, avec le rire du démon qui tient sa proie, et les pleurs du bon ange qui détourne la tète. Sur les tombeaux, les fidèles défunts ne sont qu*endormis. Mais depuis le XV^ siècle, nous avons vu la

mort s'y jtrodiiire en squelette hideux et mémeeo c»da«n^ inlemi rongé (1). C'est à la même époque qu'elle se moRtrt-1 dans la longue série des humains de toute condition que la J mort entraîne et qui forment la grande composition conno» J sous le nom de Danse macabre ou Danse des morU (â). LtJ légende des jrrois morts el des trois vifs aurait pu, dAs U ' Xlir siècle, donner naissance à cet icône; maison n'ea signale pas d'exemple aussi ancien. La peste noire qui ravagea l'Europe au milieu du XIV siècle aura pu déterminer l'exécution des plus anciennes danses macabres : celle de Minden est de 1383.

Elles ne comprennent pas toutes un ùga\ nombre de personnages. Et si elles forment souvent une ronde, avec musique vocale et orchestre, elles ressemblent souvent aussi à une espèce de procession. Les cloilres et les cbarnien offraient une place où ce sujet a pu se dérouler convenablement. Il n'a pas été seulement peint sur les murailles ; on s'en est servi aossi pour la décoration des litres funèbres, Le mobilier de Notre-Dame de Dijon en ofTrait an exemple avant la Itévolulion. Les nianuscrils et les anciens li\rt>; d'église ont été décorOs do danses macabres qui régnent ordinairement le long de l'oflice des morts.

Je cilorai enlr'autrcs les Heures de Pli. Pigoueliet ou de Sjmon Vostre, imprimées sur parchemin en li98, La mort

(1) Lps niicions ont bien riirrmcnl roprcsomé In mort par des sqimlcUcs 011 lies o'^sciiiciiis, et ce ne tut guiTcs que sur dfs pierres gravées. Ordiniiircmcnl, c'est un Ri'nre, iiiix ailes iinires, les jambes croisées l't tcii^mt un Ibiiiibeaii rcnver^-é ; ou un cnfinii noir repû^ant à eùté (l'un enfant bluiiu tl.ins b's brns de h Nutl.

(-2) Ce sujet n été a]iprofon(li par ]ilLisicurs nnlcurs iinns des ouvrages spéciaux cl en dernier lieu par M. G. Knstncr, <|ui complùie les recherches de MM. Peignoi, Douce, P. Lacroix, Jubinal.

«est QD cadavre en puIréfactioD et à demi couvert da saaire. Elle porte on cercueil, une faulx oo une bècbe; elle se rit des victimes qu'elle entraîne et auquel le satyrique compositeur prête, avec on costume et des attributs caractéristiques, une physionomie qui trabit quelquefois le regret de quitter la vie. On voit dealer successivement le pape, l'empereur, le cardinal, le roi, le patriarche, le connétable, Farcbevêque, le chevalier, l'évèque, l'écuyer, Tabbé, le prévôt, l'astrologien, le bourgeois, le chanoine qui part bien malgré lui, le marchand, le chartreux, le sergent qui oppose une résistance inutile, le moine, l'usurier qui compte encore de Targent, le médecin qui regarde une fiole impuissante, l'amoureux qui demande en vain quelqu'ajoornement, l'avocat qui argumente sans succès, le ménétrier, le curé, le laboureur qui marche volontiers, le cordelier, l'enfant au berceau, le clerc, l'ermite, la reine, la duchesse,

la régente, la chevalière, l'abbesse la prieure, la

damoiselle, la bourgeoise, la cordelière la nourrice

avec Fenfant au maillot, la chambrière, la recommanderesse, la vieille damoiselle, la veuve, la marchande, la baillive.

Dans les Heures de Langres, également de Symon Vostre, et à la date de 1512 (1), la Danse est précédée de vingt-six tableaux expliqués par des quatrains rimes et destinés à montrer l'empire de la mort s' exerçant de diverses manières sur le genre humain. La mort frappe Adam, immole Abel

(1) Les présentes Heures à V usage de Langres toutes au long sans requérir : avec les figures et signes de rApocalipse, les miracles de NoUreDamef les acddenls de l'homme, et plusieurs aultres histoires de nouueau adjoutées ont été faictes à PariSy par Sjfmon Vostre^ Uhrmt, demeurant à la rue Neuue^ près la grant église, 4512.

Rcgardén, pla'uam, farca joymei Dci crcalurci féminines.

Fait devenir taiiln, hiiimisa.

Quand lutir baille met diicipUne».

CiiKHiN OS LA CROIX. Depuis ta mort de Nuire Sei^eor. )«s lieux mar<|D^ par quelque clrcunslance spéciale d« H passion, furent cnDsIamiuent l'objet de la viinération da cliréliens. Celte vénÉratioo se produisit extérieuremeot, dans tous les temps, selon les déférés Je liberti^ dont l'Église a pu jouir à JOrusalem. Les visites et les pèlerinages déterntiiii'ri'ut riTerliim de coliiiinis du de cliapelles coiniin'iiiurnlivvs. On iniila ces ninniinieiiU par dt'xXion, en diien lieii\ de la elirélienlé. à .Malines, à Louvaiji, en Portu^'.il. en Kspa^rie. en Italie, en l'ranre. Ces eiiapeiles représen- (aieiil plus ou innins (idèleinenl le n'o rrritis de la l'alesliiie. On en luvail parlii-iiliiTeinenl dans les é(;lises des Tranciseains, {gardiens <li'S Siiiiils lieux depuis 1322, parce ijue lessnuieraiiis l'iinliles n'anordèrenld"ali<ird d'iiidnlj.'en(es qu'aux vîu trucis érif-és dans les églises de leur ordre et au\ personnes soumises à l'autorité on à la direction de leur général. Ces fails se rapportent au XV'ir siècle, aui ponlifieals d'Innocent XI et d'Innocent XII. Au WIIT siècle, l'érection des Chemins de la Croix fut successi\emcDt

facilitée par les papes. Pie VI, Pie VII« Léon XII répandireoi encore la dévotion de ce pieux pèlerinage ; en sorte qoe la plupart des églises de France possèdent aujourd'hui les quatorze stations du chemin de la croix peintes et quelquefois sculptées. Il n*y avait primitivement que douze stations. On y ajouta celles de la descente de croix et de la sépulture du Christ.

Le chemin de la croix, envisagé sous le rapport de Tart. a entraîné jusqu'à présent des conséquences déplorables. Il n*est pas de mauvaises gravures, lithographies, grossières enluminures, barbouillages sur toile qui n'aient trouvé accès dans les églises pour y représenter les quatorze scènes de la passion. A Paris et en province, on fabrique des chemins de croix au mètre, dont souvent le moindre inconvé* nient est de ne pas trouver de place convenable à Tintérieur de Téglise. On les append à des piliers dont ils coupent les lignes, on les pose à un jour faux ou dans l'obscurité. Cependant il n'est pas nécessaire, pour gagner les indulgences attachées au Via crucis, d'avoir la peinture des stations sous les yeux. Pourquoi ne pas se contenter de simples croix? On dépense 1 ,000 francs, 1,500 francs pour avoir quatorze tableaux mauvais ou très médiocres. Ne peat-on les employer mieux dans l'intérêt du culte et de Fart chrétien? Que si l'on veut des tableaux, il serait préférable d'en réduire le nombre, de garder plusieurs croix simples, afin de consacrer à une descente de croix, à un crucifiement d'un bon artiste ou d'un grand maître, la somme destinée à l'acquisition de quatorze images sans valeur et sans dignité. Nous ne raisonnons pas autrement sur les stations en carton-pierre que sur les tableaux.

Calendriers. M. James Barr a appelé l'attention des iconographes sur un genre de monuments assez bizarre et

dnnt plusieurs ciempics oui élé publiés en Angleterre : ce rtint les calendriers nommiïs Clogg almananaks. Us consl»lenten ud morceau àe bois, 4e cuivre ou d'ivoire (aillé à plusieurs faces sur lcsi]uelles des crans indiquent les jours du mois; une gravure plus allongée ilislingue les dimaorhes. A côté de ces crans, sont gravés grossièrement el dans leur plus simple expression les svmboles des fêles el des principaux saints du calendrier. Quelques antiquaires anglais font remonter les Clofj<i almanalu jusqu'au temps de la domination danoise (1).

(l) Angliain church archit., by James Bar Oilbrd, 18».

mm LITURGIQUE.

Nous avons étudié rarchiteclure du temple et toutes ses parties, sa décoration et ses meubles sacrés ; mais le temple n*est pas muet ; sa voix n*est pas seulement la voix de Torgue et de la cloche , c*est la voix de la prière, la voix vivante du prêtre et du peuple. Nous devons maintenant lui prêter Toreille.

L'homme parle depuis qu'il est sorti des mains du créateur. L'accentuation, la déclamation, le chant dérivent de la parole et sont aussi anciens qu'elle. La nature en portant l'homme à exprimer ses pensées, le portait en même temps à traduire au dehors par les inflexions de sa voix les <livers mouvements de l'âme. Mais à quelle époque essa}'a-t-il de réduire à des règles et de fixer par des signes graphiques le chant qu'il exécutait naturellement? Question d'origine, aussi obscure pour la musique que pour les arts du dessin. Toutefois les recherches des savants découvrent, dès la haute antiquité, les Hindous, les Chinois en possession de systèmes particuliers pour l'échelle des sons de la voix humaine, les lois de la mélodie et les signes de la notation (I). r/0!ijt!*î de ces systèmes ne jetant qu'une lumière douteuse et ins

(!) Voyez le liésumé phiL de Vhîst. de la vius. en lèic de la Bio(f. univers, des mus. par l^clis, p. 1 à LXXXIV.

indirecte snr \fs titigmes du plaîn-cliant, noDS aturdivou celui-ci aprt-s avoir exposé sommairement la lh*W>rie<leli musique grecque dont il procède à un ceriain degré(l),

Origine itt Seax mnJn ie la niu

. Gccct. — EtpwlWB rl( fftlt\lt ialoti il . — lofiiH-iin ilf 11 mniHi

M. Vinccnl, de l'Inslitul, élablil, dans ses Iravaut »urli miisiqacdcB lîrecs, que ce peuple, au VIT i^iècle avant J.-C, cmplojail une échelle do deux oelaves de sons divisés par quarts de Ion. La notation des sons de cetle gamme était doDbIc : l'une pour les voix, l'autre diiTérente pour les io»truments. Les signes en auraient été emprunlésà un aocieo alphabet dont on ne retrouve que des vestiges incertains. Pytdagore lenla d'opi^rer dans cet nrl une révolution profonde ; en C0Ilser^an1 la noialion double, il se servit, pour dirifttT les v<ii\. des Ifllr^s lU- i'al|iliniK'! ^wc ilivcrjciiii'iil (lisjiosL'fs mi .'illi'ii'is , l'f jioiir i^iiiiltT lis instniiin'iils. il employa dos si^ni's SMiil)(ili<|ii('S qu'il aj)|iliijiiai[ aiis^i avt\ OléniciUsdu nuiinU'. Les sans île l'i'ibi'llc pMliagoricicnne coniprennenUiiialrfoiliiM's. ;!ii lii'ii drsdfiix <]ui l'orniaienl loiile l'ancii'iiiu' j;aiiiim', cl il.ssoiil (!i\iM''s[iar tiers de Ion.

Ouflle a <■[(■ rii]IIu.-i)(T lie !a llit-orie (k' IN lliagcre dans la pralii|ue musicale des (ircc-i'.' Jus(iu'à (juel point ful-ellu

ponsidcrons les (nils arrlu'olojiii jialest^poijiics de sut» liisioiic et r>

modifiée après lui? Il De paraît pas qu*on puisse le dire afvec précision. Daos les preoiiers siècles après sa mort, ou reconnaît trois genres de musique en usage chez les Grecs, la musique diatonique dont la gamme était formée du ton et du demi-ton; la musique chromatique dont l'échelle présentait principalement le demi-ton ; la musique enharmonique dont la gamme était fondée sur Temploi du quart • de tonfl).

Notre éducation musicale nous permet à peine de concevoir des intonations fixées sur des intervalles de moindre valeur que le demi-ton. Il est certain pourtant que les acciens peuples d'Orient créèrent des gammes subdivisées par des intervalles de ce genre (*2]. Les Grecs en ont eu la mesure certaine ; car elle était mathématiquement établie sur le nombre des vibrations, au moyen du monochorde, dont Boëce attribue l'invention à Pythagore.

Tout en admettant que loreille des artistes grecs était

(1) Il ne s*agît point ici de IMiannonie, comme nous entendons ce mot en l^ippliquant à noire musique. On le verra plus loin.

(S) Il n*est aucun voyageur qui n*ait éprouvé en Orient, ce qui arriva à M. Vilotenu, dans Tcxpcdition d*É^yptc : ce savant ne comprit pas plus la musique des Arnlies au premier abord, que son maître de musique aral)e ne comprit la musique européenne. Les intervalles des sons ne sont pas les mêmes dans les deux gammes. Quoique j*aie noté des clianls religieux arabes qui se rapprochent par endroits de la tonalité ecclésiastique, j*ai reconnu que leurs intonations supposent souvent des intervalles plus faibles que le demi-ton, et que par conséquent nous n*avons ni dans le plainchant ni dans la musique moderne. On peut remar(|ner les finales de certains chants des muezzins : elles descendent par une dégradation insensible, assez semblable à celle d'une vielle (|ui expire. Je ne parle pas des fioritures, des hoquets, des ornements du chant. Nos signes musicaux ne suflisent pas a les représenter, et nous ne |N>uvons exécuter ces airs qu*aprcs les avoir entendus cl étudiés.

suffisamment e\ercéf pour la pratique tics genres chromaliijiie el Ftiliarnionique. nous cntjons qne [a siiiiplicilé du j^nrtt «liatonique oblige h le considérer aussi comme Irëi ani'ien. Elle devait en même temps assurer sa ronservaiion. C'est celui qui survivra, nialgrii les r^>otiitroni musicalea; et l'Église en l'adoplanl lui commun iqucra queli|ae diovr de suri imuiortalilé.

M. FiMis n'admi;! pas qiio la musi<]uc de» genres enharmonique cl chromatique ait précédé chez les HellJ'nrs 11 musique diatonique ; car il est contraire d'aller du r(iiu|)os4 an simple; il nie même que la succession mèln()i(|ue5atl possible avec une échelle musicale procédant par denii-lun. Je n'ose me ranger à son avis sur le second point, parce ijue j'ignore jusqu'où peut aller l'éducatinu de l'ureille el parce que je cunpîs une musique se rapprnrUanl de I'bccenlualioii oratoire (I). D'ailleurs l'Iutarque dit : « Awfrip atalis homines pttlcherrimum illvd geiim cui ob majrflairm auliqui maxime sludverunl, ila omnino reptidiaveiMil til jihriijtie uiillam harmouirorum itilervalloiiim habeiml raliovnii. .K'/KC eu ^rotrs^um et^l iiinaii't- til (livt-iii li'ininniiuuii jiuleiil intlliim ^Hl nr iinlichim ijuidi-iit si iiy ni j'i'it li'ic 'juiilmii. (OHi'/nc (■ umiilniii r.it'rmii\i-iil, di'Oitl'jiu- nuijaivs a-se ijui drtu ttlitjtii'J n-iiit-riitl. tiul ifliid »(((.«(*({p ij/'iiHi priilnn-ifitil >■ Macnilii' ii'<-r\ [la^ iiKiiiis cliiir ; « tiiilKirmoiiiitun jiKfhr

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