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▲liaE5IfES ÉTOFFES ET TAPISSEBIES.
SOMMAIRE. — Les anciennes étoffes d'Orient. — Influence de TOrient sar l'Occident. — I<et tapÎMerÎM et les tentures an moyen-Age.— Kt^kution.—» Des litiw fonèbres. — Bruderies, gnipnres.— Conservation des anciens tissus.
Si l'on jugeait des difficultés que l'homme eut à vaincre pour arriver à l'art de tisser, par les métiers compliqués
(1) L. Dussicuxt De VOrfévrenefrançaiâef $ IX.
dont se servent les manafacturiers modernes, on poamril croire que la fabrication des étoffes ne remonte pas à li plus haute antiquité. Mais quand on voit le Maure ou l'Indien exécuter, avec une simple navette et quelques morceaux de bois, les tissus les plus fins, le témoignage de l'bi»loire sur l'origine reculée des tissus teints, brodés ou peints n'a rien d'invraisemblable. Abraham dit au roi de Sodôme: a À /i/o guhiegminis usquf ad corrigiam caligie, non acàpiam ex omnibus quœ tua tant, u Rebecca se voile en apercevant Isaac : a llla lollens cilô palUwn operutl se. » La robo que Jacob donna à Joseph et qui escila la jalousie de MB frères était rayée de plusieurs couleurs : « Fecifqueei lunîcarii polymilam. » Job s'écrie : «Mes jours ont passé plot vite que la navette lancée par le tisserand, n
En étudiant le tabernacle et les vêlements da grandprêtre des Hébreux, nous avons observé qu'au temps de Uoïse l'art de lisser les étoffes et de les teindre d'une cooleur unie, ou en imitant le plumage des oiseaux, opertpïv' mario, par le moyen de nuances, ou en les relevant par dc6 broderies, était fort avancé (I). L'Exode nous montre dci étoffes dans lesquelles l'or tiré ou coupé eu 61s se mtie aux tissus : « Ineidit bracteat artreoi et exunuatit in fila, mI postent torqveri eum priorum tolorum subUgmine. » Je reconnais ici l'origine de ces beaux voiles dont se pareoC encore de nos jours les juives d'Orient.
Dans l'antique Asie, non-senlementles Indiens plongrat dans la teinture, couvrent de peintures h la main leurs étoffes de coton etdelalnç, mais ils y impriment, au moyen de planches en bois et y brodent en relief, à l'atgaille, des^
(1) Tome I, p. 1? et suiToatcs^
âtoimaax et des fleuirs. Les toiles indiennes se vendaient en ÉgjptBf et les Ptolëmées y établirent des manufactures dont les produits rivalisèrent avec ceux de Tlnde dont ils imi- Udeot les dessins : « Hinc dracones indici^ dit Apulée, indê gryphiê hyperborei i ijuos in speciem pinnatœ alitis générât mtiiuitis alter (1) »• Le commerce de ces tissus remonte avant Holse : « Non conferetur^ dit Job, tinctis Indiœ cotihribus. » Les Babyloniens excellèi'ent aussi dans la fabrication des tapisseries peintes et historiées, et les auteurs grecs, depois Homère, mentionnent souvent les broderies à TaigaiUe que les femmes de leur nation exécutaient avec une grande habileté (2).
On a remarqué, et c*est encore une preuve (jtié TOccident doit beaucoup à TOrient sous le rapport de la fabrication des tissus, que les noms de plusieurs étoffes de luxe ont une oHgine asiatique. Le terme $indone$\ appliqué autrefois aux toiles d'Orient, signifie les toiles du Sind ou de rindus ; le éendal qu'on trouve souvent au moyen-âge et dont était faite l'oriflamme de S. Denis (3), rappelle également le Sind ; Yaurifrygium^ d*où le mot orfroi, nous l'émet en mémoire les draps d*or de l'Âsie-Mineore ; et peutr-étre le satin n'est-il pas sans rapport avec Saïd, Seta on Sidon , ville célèbre par son commerce de riches tissus (4).
Le poil des animaux, la laine» le lin, le bysse que Ton croit être le coton, les fils d*or étaient les matières de la fa-
(1) V. Em. David. Hisl. de la Gravure. Apulée vivait au II* siccic.
(2) V. Jubinal. Les anc. tapisseries. Conclusioo.
(3) Du Gange, v. Céndalum.
(4) R. P. Cahier. Mélanges d'Archéolog.
bricMioD dans l'antiquité. On oe parle pas de fit d'ar^nt ^ L«5 étoUes de soie furent connoes dans presque (onle TAsit à et une partie de l'Earope. louglenips avant que l'on en » l'origine. Les conquêtes d'Aleiandre, du c6lé de l'fode» j mirent les Grecs en possession de ce précieux tissa. Ëzé- | cfaiel noDS apprend qu'il ^tait un article du commerce dt ' la Syrie, et cous voyons Klardocbée, dans son triomphe, n- 1 t£(u de soie el de pourpre : « Àmictus Sfrico paltîo atqitt J purptir«o. p Nt^anmoins l'iïducation du ver à soie deraeara f le secret des Indes. Les Boniaios payèrent au poids de l'or 1 le Gl mystérieux dont ils faisaient les tissus de pare soie^' I holosericum, ou de soie mêlée, lubsericum. Ce fut sousb f règne de iostinien que deux moines, connaissant tes Indes, ] furent envoyés dans le pays et en rapportèrent des oeufc 4 qui propagèrent la soie dans l'empire. Les Latins l'acte^ | tirent des Grecs, jusqu'à ce que Roger, roi de Sidte, i fondé, en 1130, plusieurs manufactures avec l'aide d'oo- ' vriers amenés de l'Orient. Byzance, avant et même aprt* cette époque, fournît à l'Occident des soieries, sertea, 60nlieia, qui jouissaient d'une hante répatatïon (1).
Du reste , il r^e beaacoop de vagae sur le sens di nom des étoffes chez les Anciens et au moyen-âge. 11 est d'autant plus difficile de le fixer qae les monnmenta sont rares, et que les mois ne peuvent pas toujours indiqaar assez le système de fabrication ni même la matière da'tissn.
La fabrication des étoffes et des tapisseries forme uno grande partie de l'industrie des Grecs, des Persans, des Id—
(1) Si l'on veut suivre les progrès des maoufaclures de soie eik Occident, depuis le XIII* siècle, on peut lire la section IV de l'article soie et soierie de la grande encyclopédie, tome II des manuf.*' ctaru.
doQS et des Arabes, dans les siècles qui suivent Tavènement de J.-C. Elle dérive certainement de Tindustrie pratiquée dans les anciens âges, depuis le Nil jusqu'au Gange ; car eUe em conserve des caractères ; le moyen-âge lalin nous en fournit des exemples.
Anafttase, dans les Vies des souverains pontifes Adrien, Léon ni, Grégoire IV, etc.^ mentionne des vêtements ecclésiastiques couverts d'éléphants, de paons, de lions, d'aigles, de griffons, d'arbres et de fleurs : « Fecit vestem de fundaio cum historiâ de elepharuis. » Voilà bien la trace de rinfluence indienne. Les PP. Martin et Cahier ont publié en couleur des dessins d'anciennes étoffes byzantines qui donnent une idée exacte de ce genre d'étoffes (1). Le dessin est loin de la perfection ; mais les couleurs bleue, rouge, verte, jaune, rose soqt souvent d'un agréable effet. Quelquefois on rencontre sur ces tissus une imitation inintelligente de l'écriture arabe, telle qu'on la voit dans les inscriptions de leurs mosquées. Les lettres n'ont aucun sens on même ce ne sont que des figures analogues à celles de l'alphabet arabe. Astérius, évêque d'Amasée^ vers la fin du IV* siècle, décrit les vêtements d'étoffes historiées, que le luxe multipliait de son temps : a Nec vero constituerunt hic ituUm iolertiœ fines ; $ed unâ quàdam et supervacuâ arte iexenii tnvenlâ, quœ flaminis , atque subtegminis contextu picioriam facullatem tmt(a(ur, et omnium formas animalium in vestibus exprimit ; floridam et infinitis imaginibus varie^ gaUan vestem tum sibi tum uxoribus et liberis studiosé eom^ parant... Sunt ibi Uones^ pantherœ, ursi^ tauri, canes^ 5t7vœ, saxa ac venatores et omnia denique^ circà quœpictorum
(1) Planche III, fig. 3.
vtrsatur iitduilri'u nd imltationem tia(urœ exprttsa. ()uî Vfrô, quietiue ex dirilibus illii reUgiosiorfx sunt, ex histwii evangelicà lextaribus argumenta iuppeditani [i). »
En Orient, les voiles de l'autel Jont nous parlerons Ttienlôl élaiiînl souvoni magnifiques et ornés Je broderies. On voit dans une lettre de S. Ëpiplinne a Joan, ëvèque de Jér:is.ilftm . que l'on susp{>»dait à l'intérieur des -église* de<i %'oiU'S portant des images saintes (2). Anaslase-le-Bi- Itliothécaire mentinnne TréqueEDmcnt les précieux tissus de èe genre donnés par les papes aux hasiliqaes : los mystères (te la vie de N. S. y étaient représentés. Je Us dans la vie ie S. Haxtmien, archevêque de Ravenne. au VI* siècle : K Donavil endothyn (voile dont on couvrait l'autel) 6yuinam prmtantisfimam, mnnem Chritti hisloriam ronlinenkm. Aâjurixil et ex aura aliatn tndothyn l'n quà aura textili jiictœ eranl omnium qui illvm prcpcesseraul archiepiscoporvm Bavenn. imagines. Fecil ft geniinas alias l'n quibus margarilis et itnionibus (pour «pis. ognons) sic eral descriptum : Parce Domine, parce popalo tuo et f/ifm«i/o met pcFcatoris quem de ttercon exaltasti m regno tm (3). »
S. Grégoire de Tours dit ati sujet da baptême de Clo- TÏs et des Francs : « Velis depictis adumbrantur plalea toelesiœ, corttnis albentibus adoroantur, baplisterium eomponi'tur , baliama diffunduntur, micant fragrantes adore cerei, Utiumqve templum baptiMrii divino respergilur àb odort. »
(i) Cité pnr Cianipinî, Vcl. monim., c. 13.
(S) S. Epiph. Opéra, tome II , p. 317, cd. Pctav. Le II* codc. de Hic^e dit que l'on figure Jésus-Cbrisl in sindonibui, in promp-
(3) Voyez les Ballandislcs, au 22 révricr.
On trouvera dans plusieurs autres passages de cet historien des preuves que cette décoration avait pris dès-lors un grand développement. On ne s*en servait point seulement pour les portes , les autels et le pavé , mais pour les moraîlles : a Collectis vilulis ac palltolts de drcuitu parie^ iumpmdentibus^ » pour les sépultures et comme couvertures destinées à voiler les châsses (i). Dagobert ne fit pas peindre Téglise de S. Denis, mais il la tendit entièrement de tapis, d*étoffes d*or ota brillaient les perles et les pierres précieuses.
n est certain que le goût des tentures et des tapisseries prit une extension considérable au moyen-âge, et qu'il mit des bornes à celui de la peinture murale. M. Achille Jnbinal croit que c*est vers le IX*^ siècle, au plus tôt, que la fabrication des tapis, et autres tentures exécutées par le tissage s'introduisit en France. Auparavant, on y brodait à Taignille ; ce procédé subsista concurremment avec l'autre (2).
En 985 , il y avait à l'abbaye de S. Florent de Saumur une fabrique de tapis et d'autres étoffes que les moines tissaient eux-mêmes : « In prœceUis solemnilatibus abbas elé|pftanlfnts tesiibus , alius priorum Uoninis induebatur. » Des oiseaux blancs et rouges, des paysages de couleurs imaginaires apparaissaient sur ces tissus aussi bien que les scènes empruntées à la Bible (3^ Au commencement du siècle suivant, les manufactures de Poitiers s'étaient ac-
«iV.
ij s. Grégoire de Tours. Ed. UigQe. Num. 81, 83, 865, etc.
(S) JobinaU Les anciennes tapisseries. Endroit cité.
(3) Id. Ibid. et DD. Martène et Dur. Ampliss. collée, tom. V, e. nos.
quis une grande ciilébrité en Fraoce et en Ilalic. Un évêqiic <ie ce dernier pays écrivait au comte GaiUaome V : H Mille mihi malam miralrHetn et framum pretiosum et taptiummirabile{\). » Dès lors l'usage des tapisseries de\ient si commun dans les catliédrales et les églises des monastères, que l'on doit en conclure l'csistence de fabrique! nombreuses principalement occupées par des moines.
Aux XII' et Xlir siècles, les rapports avec l'Orient contribuèrent à perfectionner cet art, et les habitudes de luxe prises par la noblesse multiplièrent tes lapis brodés où les châtelaines brodaient l'Histoire-Sainteel tes hauts faits de Ja nation (â). Le Livre des Métiers d'Ètienoe Boileau exprime assez l'idée de i'inUuence orientale en citant, à Paris, la corporation des tapissiers de lapis sarrazinots. Du reste, au temps de S. Louis, la France avait assez progressa dans CCS sortes d'ouvrages pour envoyer ^es produits ei présents aux rois de l'Asie (3).
(1) V. Jubinal.
(2) L'Orient commun iq us au s Latins par lei croisés ryHfedf leodre aussi les murailles avec des peaux préparées et oon'es :
< c'était ordiDairement du cair de chèvre ou de mouton qui uns doute d'abord fut employé .d ans loute sa lonf^ueur, mais que plot lard le besoÎD d'uniformité fil préparer en carrés d'environ deux pieds de hauteur sur un peu moins de largeur; on mpprocfaait ensuite ces fragments les uns des autres ; on les réunissait en les cousant, et ils formaient de belles et solides tentures, capables de résister à l'htimidiié des donjons beaucoup mieux que de fragiles tissus. Nos aïeux donnèrent â ce genre d'ornements, qui se fabriqua surtout à Venise et à Cordouc, le nom d'or batajié. L'origine en vient de ce que ces tentures étaient formées de basane dorée i plat ou gauffrée en couleur d'or. > Jubinal. Lei anc. Iaputeria.
(3) Joinvillc dit que saint Louis envoya au kbnn desTartares
< une tente d'ccarlaie où l'on avait entaillé par ymages l'Annonciation deN.'-D. et tous les ausires poinz de la loy. > Ëd. Pçtitot,
Il Mrait inutile ici de recueillir les paroles des écrivains qoi attestent l'emploi religieux ou profane des tapisseries à cette époque. Mais je ne pois omettre un passage que je rencontre dans S. Bonaventure et qui nous apprend qu'aux jours de fête on ne se servait pas indistinctement de toute espèce de tapisseries ou de tissus : « In natali Domini templum solei tapetiis omari^ quasi saceis ; ad significatianem guod iokmnxtas débet celebrari ejus tMtalis qui nunc incipit hàbire asperitaiem. Sed in pascha ornalur pannis sericis, ad signifieandum quod solemnitas ejus est fuî deponit saccum scilieet mortalitatem , et assumit pannum sericum^ scilicet immùrtàlitatemt lenitaiem^ delicias (1). »
Aux XIV* et XV* siècles, les iappiz à ymaiges sont employés de plus en plus pour les fêtes civiles et les tentures des appartements. Ils reçoivent les armoiries des personnages qui les ont fait exécuter. Les manufactures de FlandrOf renommées depuis le Xir siècle, atteignent leur plus haute célébrité. Celles d*Arras et de Picardie luttent pour la perfection des produits, et avec tant de succès que l'on appelle communément tapis d'Arras et, en italien, ^rrajst , les tentures de belle qualité. Il est à remarquer que les fabriques françaises emploient la laine, et quelquefois le dianvre et le coton. Les tapis de soie ou de fil d'or viennent de Venise ou de Florence, qui achetaient aux tireurs d'or gteois les fils de ce métal (2).
Le XVr siècle imprima aux tapisseries les caractères de
(I) S. Bonaventare. Expos, in psalu ps. 39, p. 101 • Éd. de Lyon,
(S) Jabinal. Les anc. tapisseries. Sur Topulence de la Flandre à cette époque et Tétat de ses fabriques^ v. Alfred Blichiels : Hist.' de la pctfti. flam., tome 11, ch. 1 .
-isola RenaiManru communs aux autres ai gin, le coloris seperfeclioDncDt; maisl figuress'efiavc; la reproduction <lcs membres de l'arcbilectnra 1 ogivale, les inscriptions sur phylactères, tout ce qui ports | le racbcl national et religieux <lu moyen-âge disparaît peo h peu et c^de la place à l'imitation grecque et romaine. Ënlinle tapissier copte les maîtres de la peinture à l'builSf comme le font de leur côté l'émaillcur et le verrier. On ea- < vironne les appartements de grandes toiles peintes à la détrempe qui tiennent lieu de tapisseries proprement dites. , Il y avait ù Maliaes plus de cent cinquante ateliers occupât .j à l'cx^ution de ces toiles (I).
François 1" fooila les manufactures de Fontainebleait ', dont les produits se distinguèrent des ouvrages des anciens j nés fabriques de France par le mélange des lits d'or et d'ar*. 1 gent, ainsi qu'on le voit aux tapisseries du Louvre, et e tissant les tapis d'une seule pièce, au lieu de les compose^' de pièces de rapport. Le Primaticc fournissait les dessins. Tout en favorisant les ouvriers français, le roi appelait d'Italie et de Flandre les artistes et les ouvriers qui pouvaient contribuer à rendre ces manufactures plus florissante!. C'est aussi sous son règne que le teinturier de Reims, Gilles Gobelin et ses frères fondèrcDl la fabrique céldire qui, après des aUernatives de saccès et de décadence, fat agrandie en 1666 par Gilbert et devint un établissement royal ,' dirigé par Lebmn et Uignard. Ce ministre transforma de même la manufacture de Beauvais et fonda celle d'Abbeville. Napoléon, premier consul, rouvrit les Gobelins fermés par la Révolation. On poussa, dans ces fabri-r
(1) Alfred Micbicis. Ouv. cite, tome IV, p. 60.
qoes modernes, l'imitation des dieb-d'œuvre des peintres m point que la tapisserie fait illasion et qa*on prend les ooolenrs do tissu pour des teintes répandues au pinceau.
n est nécessaire d'entrer maintenant dans quelques dé-^ tails sur l'exécution matérielle des tapisseries dont nous venons de tracer l'histoire. Je les emprunterai au livre de M. A. Jubinal que j'ai mis à profit pour cette notice :
c Dans les plus anciennes tentures qui se fabriquaient à Taiguille, le travail était grossier : il consistait simplement à appliquer la laine, tant bien que mal , sur un canevas, de manière à former un dessin très défectueux. Quand l'ouvrage était plus délicat> lorsqu'il se composait d'un tissu de soie qui tenait plutôt de la broderie que de la tapisserie, il était ordinairement à trois points.
» Enfin, dans les tapisseries d'Angleterre et de Flandre, remontant aux XIV» et XV* siècles, on employait généralement le tissage à la haute-lisse comme dans celles de nos jours. Seulement il est facile de remarquer entre elles une. différence essentielle. C'est que les tenturesdu moyen-^e se fabriquaient par fragments que l'on rapprochait ensuite en les recousant, tandis qu'aujourd'hui nos produits s'exécutent d'une seule pièce.
» La haute et basse lisse sont toutes deux d'invention orientale, et l'on suppose que leur usage a été apporté en Occident h la suite des Croisades. C'est de là que serait Tenu aux artisans qui cultivèrent cet art chez nous, le nom de lopissters sarraztfiais.
» La seule différence qui existe entre la haute et basse lisse, c'est que dans la première, le métier sur lequel on exécute le modèle est dressé perpendiculairement et que l'ouvrier travaille debout, tandis que dans la basse lisse, ]e métier est posé à plat, horizontalement, et que l'ouvrier
Iravaille assis. Tooterois, l'exéculion de la haalo lisse e beaacoup plus lente que celle «le la basse lisse, et ellee presque aussi longue que celle de raiguilte ; mais ce qu'il ^ y a d'admirable daus les deux procédés, c'est que le travail se fait k l'envers, et que l'ouvrier ne peut voir sa tapisserie du côté de l'endroit qu'après que la pièce est 6nie et levas de dessus le métier.
» Dans la basse lisse, la cliafne est tendue dans (uuteit J longueur de la pièce, sur un châssis assez pareil au mélier*i d'un tisserand. Le modèle est placii âu-dessou!^ de la cbatu et des cordes transversales le soutiennent de distance f distance. Quand l'ouvrier veut travailler, il s'assied devante le métier, en se penchant sur la pièce qu'on appelle nuu- ] hle, et dans celte poslure , il sépare habilement, avec Id.J doigts, les iils (le la chaîne, afin de voir le dessin qui lui A sert de patron ; puis, prenant daus l'autre main la fiûU qut J convient comme couleur ii son travail (la (lûte est une e pëce de navette, chargée de soie ou de laine], il la fait passer entre les fils, après les avoir haussés ou baissés par le moyen des lames que font mouvoir les marches sur lesqoelles il a les pieds. Prenant ensuite un peigne de buis on d'ivoire garni de dents des deux côtés, et dont l'épaissear est d'environ un pouce et demi au milieu, il serre, en les Trappant Tartement, les âls les uns contre les autres.
» Dans la haute lisse, lorsqu'une fois la chaîne est tendue perpendiculairement , l'ouvrier place derrière le côté qai doitservir d'envers, le carton qu'il veut imiter; puis il trace avec de la pierre noire, en suivant leurs contours, les principaux traits du modèle, sur le devant de la chaloe. Se mettant alors à l'envers de ta pièce , le dos opposé au deisia original, il se tourne pour regarder ce dessin. Preaanl ensuite la broche chargée des couleurs codt«i«Um»
il la place entre les fils de la chaîne et (ravaillet pour ainsi dire, en aveagle. Âassi est-il obligé de se déplacer et de Tenir sor le devant da métier , quand il vent en voir Ven^ droit et en examiner les défauts pour les corriger avecrai-* guille à presser. »
Parmi les tapisseries les plus remarquables, je citerai la tapisserie de Bayeux que l'on croit être de Hathilde, première reine norntande de la Grande-Bretagne, au XP siècle. Elle représente la conquête de l'Angleterre par les Normands; les tapisseries de Hontpezat du XV* siècle, et ob l'on voit la légende de S. Martin ; celles que l'on conserve dans les cathédrales de Reims, de Sens et de Beauvais. Au diocèse de Langres, l'église de Ghaumont possédait de grandes tapisseries de haute lisse et figurant des scènes de r Ancien-Testament. Il y a vingt ans, on les attachait encore autour du sanctuaire, depuis la Toussaint jusqu'à Pâques. La cathédrale de Langres ne possède plus que deus tafHSserfes dignes d'attention. Suivant que les inscriptions Fattestent au bas du tableau, elles représentent, l'une, S. Mammès dans le désert , et l'autre, S. Mammès jeté dans une fournaise ardente. Il y avait six autres pièces complétant la légende du même saint. On les suspendait derrière les stalles des chanoines où elles cachaient la clôture du cbcrar. Le donateur. Glande de Longwy, cardinal de Givry, ami de François V\ et passionné pour les arts, était représenté sur l'une d'elles ; les autres portaient son écu : d'asiir à la bande d'or. Elles sont a du dessein de Lacuna , excellent peintre, dit Théodecte Tabouret, plustost que de Raphaël d'Urbin, selon un malassuré fondement. » Louis Barbier de la Rivière, évèque de Langres, avait légué à sa cathédrale neuf pièces de tapisseries où l'on voyait l'histoire 4e Jacob, et qui coûtaient 10,000 livres. En les appréciant,
le chroniqueur que je viens de citer nous montre que Iiift ' licences artistiques du XVir siècle n'étaient pas du goût de tout le monde : « Ces tapisseries ont leurs bordures gro»* sières et communes. II y a quelques ligures messéantes du TÏel Teslamenl, qui ne conviennent pas au Nouveau, nia la chasie et saincle espousse du Messîch ; et ne sont pas tons personnages bien réduits en leurs proportions et raccourcissements... Et fut la faulle des chanoines qui esloîent jeunes, qui s' eslimoient et n'avoient uéantmoins pas asses d'expérience pour bien discerner et choisir en leor acbapt avec la bienséance au lieu où elles debvoient poser (t). »
Il ne sera pas hors de propos d'ajouter ici quelques mots sur les draperies qui servent aux cérémonies funèbres. Les usages relatifs aux sépultures sont fort multipliés et varient d'un pays à un autre. Mais ils donnent lieu généralement à un déploiement plus ou moins considérable d'ËloITes de deuil, soit pour la chapelle ardente dressée dans la maison du défunt, soit pour le cbar ou corbillard destiné à transporler le cercueil, soit enfin à l'intérieur de l'église où s'accomplissent les rites de la messe et de l'office des morts. L'arcbéologne peut rencontrer parmi ces tentures des élofles déjà anciennes et relevées de broderies eQ fils d'argent qui représentent des larmes, des crânes isolés oa posés sur deux grands os en croix. Les devants d'autel réserrés pour tes cérémonies funèbres doivent attirer spécialenient son attention. La Itfre que l'on a désignée sods les noms de zona ou ligatura funebrîs, vttta lugubrii est une lisière ou ceinture funèbre, large d'environ cinquante
(1) Théodecte Tabourol. Hitt. de» «ainclet reltguet et anâamcU de Langrei. Mts.
eentimëtres, et qui s'appliquait contre les murailles d'une église ou d'une chapelle, à la mort de certaines personnes de distinction : par exemple aux obsèques d'un seigneur ayant droit de patronage ou du seigneur haut-justicier du lieu (1). Les armes du défunt ornaient souvent celte ceinture.
La litre peut être soit de velours (2) soit d'une autre étoffe blanche ou noire. Il y a des litres fixes qui consistent dans une large bande peinte à l'intérieur ou à l'extérieur do monument. Nous en avons un exemple à Montormentier« n paraît que les armoiries de Tévèque Sébastien Zamet, écartelées de celles de Langres, qui forment une longue série en se reproduisant au-dessus du rang inférieur des chapiteaux de l'église Saint-Mammès , ont été peintes en guise de litre funèbre.
c Les litres que l'on met aux obsèques des rois de France ont toujours été de velours violet semé de fleurs de lis d'or, n n'y a que Louis XI, lequel pour son avarice n'en fit faire à Charles VU son père sinon de toile, dit Alain Chartier. Depuis, et aux obsèques de Louis XII, on les fit de velours Doir et la croix de satin blanc armoiries de seize écus de France (3). »
Au nombre des ouvrages qui peuvent être intéressants
(i) Sur les droits de litre, voyez Palliot, La vroffeet j^faite sàenee des armoiries, Dijon, 1661 ; le P. Anselme^ Le paUus de la Gloire.
(S) Les velours, dont la fabrication est très ancienne dans lln^ de, durent èu*e connus en Europe, lorsque les Romains y répan* direol le luxe asiatique. Mais on ne savait pas les fabriquer avant les Croisades, si ce n'est peut-être en Grèce. Parmi les Latins, les Italiens se distinguèrent les premiers dans cette industrie*
(3) Palliot. Op. du
ou précieux et qui ont plus ou moins de rapport avec lei tissus donlje viens déparier, nous devons compter cer- 1 taiaes dentelles et les aucieuDes guipures {l). Souvent on ] a vendu des guipures inestimables sans eu soupçonner la 1 valeur. Leur teinte jaune et vieillie que l'on ne peut paf 1 enlever par le lavage, les faisait abandonner par l'igno- < rance en érhange de broderies au métier, vulgaires, mats j éclatâmes de blancheur.
Ëst-it besoin d'appuyer maintenant sur le soin qae l'os J doit prendre pour la conservatioo des tissus, des tapisseriM J et des broderies qui remonteraient à un ige déjà recul&J Il ne faut pas que la bizarrerie et l'imperfcctioa da d soient considérées comme une raison de mépriser ces ouvrages : quelle n'est pas la valeur archéologique des ao^ ciennes étolTes orientales ou imitées de l'Orient, cbargéa i de figures d'aoimaus colorées sans égard à la nature el dont le dessin n'est qu'une ébauche! Gardons-noas de rejeter ces pans, ces lambeaux de chasubles, de chappes oo d'autres ornements du moyen-âge qne des filagranes et des broderies ornent encore. Le temps a pu les déchirer oa les ternir sans leur enlever tout leur prix. N'éduuigeÉM pv précipitamment ces vieilleries contre les tissus où le box 0^ brille d'an éclat trompeur (2). Gardons retigieosemenf ces
(1) Lk guipure est une broderie exécutée en relief antonr de gros fil, de très mioces bindes de carton ou de vélin; elle t'eoroule sur ce fond en le recouvrant. Lorsque ce fond est de fil de carton ou de vélin , on conipread que l'ouvrage oe doit pu être soumis à raciioa de l'etu. J'aurais désiré entrer dans quelques détaib sur tes divers poinU qui caractérisent les broderies et les dentelles les plus précieuses et les plus célèbres. Nais je coofeiae mon iacompéteace sur cette question archéologique encore inexplorée.
(2) Que sont devenus les anciens vêtements lilui^iques de la
ÂilcienDes bannières dont les personnages en broderies d*or et de soie sont trop souvent remplacés f dans les bannières modernes, par une médiocre peinture sur toile.
L'acquisition de tapisseries nouyelles pour les églises demande aussi un goût particulier. Il est des dessins légers ou des sujets de fantaisie qui conviennent pour un salon, mais non pour une église. Les manufactures sérieuses où Fart est associé à Tindastrie, celle d'Âubusson, par exemple, ne pourraient-elles créer un genre à part qui satisfit aux exigences du culte et de l'architecture chrétienne? Il y a vraiment lieu de se récrier contre les abus que nous voyons en cette matière. Les dessins capricieux du XVIIP siècle jurent au milieu d*un sanctuaire gothique. On fait d'une descente de lit un tapis d'autel.
Les toiles peintes que l'on emploie dans beaucoup' d'é-» glises, en forme de stores, et qui rappellent le restaurant parisien, nous font craindre que l'on n'en vienne bientôt à tapisser les murailles saintes avec des papiers peints. Failtil Tavoner ? nous sommes surpris de n'en connaître jusqu'à présent aucun exemple.
cathédrale de Langres, tels que eeâ chapes si riches en broderies qu'il lallaitdeax acolythes pour aider le prêtre qui en était revêtu à en sopportcr le poids. Théodecte Tabouret dit, en parlant du <»rdinai de Givry : c Ce bon et magnifique prélat a laissé aussi à réglise plusieurs autres précieux et riches ornements; des chapes, des chasubles, des tuniques de prix, et qui durent encore, se conserveront plusieurs siècles ; qui sont d*or à figures frisées d'argent, les orfrois d*or fin en broderies, représentant la vie et aetion de Nostre Dame. Les figures sont desseignces et couchées en petits points par un brodeur non moindre que le peintre in« ▼enteur. »
Si je pltM l'aBlrt «a Domlve des aiwaiMiils a 4as êfliscs. c'est ^« je )e coutdèn soas le rapport a ^•eet aa%èfM:car, àl'cBTisagerdaïkîsadïgBilé mmaàt, U est U prinôpate partie da ic^le. et le rade 4e TéMoe ■'est à TTai £ra y'— ttetsenin. La plasTastecthpIw ricW 4t$ kasïKtpKSCSl lîtai^iqtteacBl uoMiplcIe aasra*tri : raalri saCt. as eealnire, sms b kasffi^. psH-FrffnMleda sacfiSn adonUe.
D» b kï MMS fhwfi ri les aar^acs 4e n^ad ^ Iw ttBt to«i««R ète Aw»»^ Ctst, feeat les fêns^ h taMt cvle$t». U taUe saisie ri HTstî^vf. le trôae dr Dn, le ptwfttùlMrt. W lafcefsaeie .fe h gWtre ^ Christ. Ls fi- Afas »>« jffHcfc—t «t«r fcavmr ri jài paor le W^
ser (1) ; commanément il n'appartient qu*au prêtre de le toucher. Il le baise et l'encense dans les diverses fonctions liturgiques; car l'autel représente Jésus-Christ lui-même; Sic illud in templo^ dit Rupert, quamodo Christus ioti Ecclesiœ dignitaU et honore prœeminet. »
Ce monument sacré mérite d'être étudié avec d'autant plus d'attention que sa destination est plus glorieuse et qu*on le traite souvent, il faut bien le dire, avec peu d'intelligence et de goût. Je ne saurais en quelques pages épuiser on ai grand sujet : l'autel et ses dépendances demanderaient un volume. Puissé-je racheter une brièveté excessive par la méthode et la concision (2).
Le premier autel de la nouvelle Loi fut la table de la Cène où N.-S. s'offrit en sacri&ce eucharistique et distribua la communion à ses apôtres en leur prescrivant de réitérer eet acte en mémoire de lui. Il y a toujours eu et il y aura toujours des autels chrétiens parce que ce sacrifice a été offert sans interruption dépuis Jésus-Christ, et qu'il le sera jusqu'à la consommation des siècles. Celse dans Origène, CoMÛlius dans Hinutivs Félix reprochent aux chrétiens de n'avoir pas d'autels. Des protestants ont essayé d'employer ces accusations contre nous. Sans doute, répond Benoît XIV, les chrétiens n'avaient pas alors d'autels fixes et immobiles comme en avaient les païens ; mais ilsse ser- Taient d'autels mobiles et portatifs qu'ils pouvaient soustraire aux yeux des persécuteurs. De plus, ils rejetaient
(i) V. Thiers. Diss. mr [es princ. autels, c Ad ionctwn altarc accedunt, dit S. Âthanase, idque amplectuntur et cum metu et lœ- Udà satuiant. t
(9) Cf. Bons, Bingharo, Thiers, Benoit XIV^ Krazcr, la collection d^Bittorp, Durand de Mende, les Amt. archéol., etc.
niiveolle tanjtBgt! àes palons: S. Cyjirien, par rtoiAptei no ilOsi^nera pas l'autel rfauMien par le mot ara ; et quanti il lui plaira d'en parler, il dira allure. Il n'est pas na auteur ercli^iaslique anr!en <)(ii n'en fasse meotion en quelque endroit de ses «uvre (1).
La nialit^re cuiploToc pour la confeclioD des autels m Tut (las une chose ré^K-e de» l'origine. La table où N--S. nMcbra )a Cène «ïtail sans doiiie en twis comme colles dont Ira Juifs se servaient. J'ai dit ailleurs que l'on croit la posséder k S.-Jean-do-Latran (£'. Durjul les trois premierg sî^les, la plupart des aulels durent ^Ire en bots, snit qu'il fut ploi facile de U-s transporter et de les cacber, soit pour qu'ib fussent plus ronrurmcs à la lablc de la Cène. Anm l'autel de S. Pierre^ S.-Jeaa-do-Lalran est va bois, co— le celui de)' église deSaiole-Pudeoliennesur lc<iael S. Piem aurait é^aleuieat, selon la Tradition, célébré U dmbk. S. Auguïlio, S. OpUt reprucbeal aux béréUqae» ée brtWr lesaulels (3).
Oaits la suite. U pierre, les uiétanx prér»*ax fvrrat omplovès au lieu du bois. Quelques auteurs ont «Taocé, wm saas preuves, que S- SiWestre avait décrété que les aalek seraieulde pierre. U est certain qu'il y en avaiî an le»p« d« Sk. Grê^re de \va$e : <» O saiat autel «M de pierre par
(1) BeiMil XIV. De MUT'} >dlarit rniju. Lib. I. ci. — Sramehu-T L'une. Siin-um.. tum« U.
(3) T«ae I. p. tOû.
(3) Arîoghi. Kmui mbt. Tom. U, lib. 1. c. 43. Benoit XIT. (oc. du Ko^bam, Orwn. tume lU. lib. VUi. c. 6, J t->. • Primàa tr~ eiewr aaxnUà, dit Boua. <m liipiaa aet lapidL-'^ ,'iu.TiRl nim Sirmet ; a&VfMî cTWiZîiicniM icmpirt; pKntvutiutàa aaiiatu frmL nrvM ne»nm ftu: «^ppurtauttiui fenAiàt. > Lib. L &^. iiltvy. c. jU.
sa nature» dit ce Père, mais consacré* dédié et béni, il devient oilé chose sainte et immacalée (1). » Le concile d'Epaône, en 517, nons fournit le plus ancien règlement sur là matière : « Altaria niÈx sint lapidea infnsione chrismatis non sacrmtur(2). »
Constantin &t faire âept tables d'argent pour la basilique deS.-Jean-^é^Latran, et Ânastase-le-Bibliothécaire mentionne souvent dies autels ou propitiatoires d'argent et d'or de cent, de deux cents livres donnés par les souverains pontifes. Déjà, en traitant des émaux, nous avons remarqué le splendide autel dé Sainte-Sophie : a Sa4sra mensa mira" hilt et inwitaio opère et inauditâ hactenù$ materià confecta erat. Constabat enim, si scriploribus grœcis fidesy auro^ argenio^ chrystallo^ cœterisque metallis pretiosioribùs ; prœtereà margaritis et omnis generis lapillis comminutis simulquepermistis, eonflatis et liquefactis (3). » Le plus souvent l'or et l'argent étaient appliqués en lames sur les autels. Durand de Hende signale un autel de terre que l'on croyait élevé par Marie-Madeleine, Marthe, Marie, mère de Jacques, et Marie Salome : « In Castro sanctœ Mariœ de Mari est altare terreum. d
Primitivement, il n'y avait qu'un autel dans chaque église : a Vnum altare^ unus episcopus, is> écrit S. Ignace aux
(4) lÀthos esli kaia tên phusin,
(2) Labbe.
. (3) Dacange dansThiers, eh. i. Le Saint-Sacrifice a cté ofTert sans autel dans quelques cas extraordiuaircs. S. Lucien d*Antioche roffrit sur son estomac, tandis qu'il était enchaîne pour J.-C, et Théodoret, évèque d'Âncyre, sur les mains de ses diacres, dans des circonstances semblables : « Uœc sane sunt digna cxempla quw mtremur magis qtiàm imUemur, dit Benoit XIV. i
Pbiladelphiens. Il faut descendre jusqu'à S. Gr^îre-le- Graad, aa VI' siècle, poar trooTer des témoignages d'un usage contraire. Il est cependant possible qu'il soit «alérieur, nonobstant le silence des auteurs qui ne parlent de Fantel qu'an singulier. En effet, ils ont pu se bornera nommer Yaulel majeur ou l'autel principal poar exprimer leur pensée. D'aillears S. Ambroise écrit à sa sœur Harcelline : a Hac aliaria tenAo m'bun obiearaas ; » et S. Paulin de Noie dit :
SpecUmt de superU aliaria lala fenalrit
Sttb quibui intut habent tanctomm corpora tedem (1).
S. Grégoire a appris que Paltade de Saintes avait placé treize aoteis dans son église: « Tredecim aïlaria eolloeàste.* Il ne témoigne point que ce soit une chose extraordinaire. Ce n'était donc pas là un fait d'un genre noDTeaa. Lors même qae les cbapelles ne paraîtraient aux absides ou aux croisillons des églises qu'a la 6a de la période latine, les autels ont pu se multiplier auparavant et se placer contre les piliers on contre les mars. Vers le XV* siècle, les chapelles devenant plus nombreuses autour des églises , le nombre des autels s'est accra dans la mênw proportion. ;uf autels dans l'église de Cbaii- ; ont été
mées proscotnidê et diaconicon, ne peuvent être assimilées à laatel de la grande abside; elles ne servent, en effet, qu'à recevoir les vases destinés au sacrifice (1).
Noos devons distinguer différentes espèces d'autels avant d'en examiner les formes. Il y a parfois confusion, dans les livres des archéologues, sur ces mots autels fixes^ autels portatifs^ pierres d'autels.
L'autel fixe consiste dans une grande pierre qui peut recevoir non-seulement le calice et la patène, mais encore les autres objets en usage dans la célébration du sacrifice. On le considère comme formant un tout avec son support, massif ou creux. Ils reçoivent ensemble la consécration et la perdent lorsqu'on les sépare. Les autels fixes étaient communs au moyen-âge. La plupart ont été remplacés par des autels portatifs. Ceux-ci ne sont que des tables de moindre dimension, que l'on consacre isolément et qui ne perdent point leur consécration lorsqu'on les déplace du massif dans lequel on les a incrustées et auquel on accorde par extension le nom d'autel. On les appelle aussi pierres d'autel oo pierres sacrées. Ces tablettes , assez grandes pour porter le calice et la patène, sont de pierre, de marbre ou d'ardoise.
Je ne sais pas jusqu'à quel point on pourrait confondre avec les autels portatifs, les plaques d'or et d'argent nommées |iropt(tatotrej, et que l'on encbâssait dans les anciens
(1) Voyez les noies de Goar à VEtichologe, p. 16 et 847. Je préviens cependant qu'on lit dans Renaudol, aux commeotaires sur la liturgie copblc, p. 164, cd. 1847, que les Orientaux ont aussi quelques autels secondaires. Ut plurimhm unica sunt, ex veteri consueltuUnef quamvis ut jam à multis ucculisj prœter majusy quoedam minora habeant in Parecclesiais, scu tit eus vulgù apfelUmus capellis. >
— J30 — autels. ADaslaK-le-Bibliothécaire en parle fréqaemmeiil ; niais elles paraissent unies à l'autel même (I). Lestablei mobiles pour le sacrifice, Tabula itineraria, aîtan gealatoriuffl, ne paraissent avoir 6Xé communes qoe vers 1« VIIÏ siècle. Théodore de Cantorbéry autorisait encore, vers 11 fin du siècle précédent, la célébration de la messe sans autel, pourvu que le calice et l'oblalion fussent sonlenus pu les mains d'un prêtre ou d'un diacre (2). Mais on lit dant les décréta d'Hincmar de Reims qu'un autel consacré est indispensable, ne fùl-il qu'une table u de tnartnore, vtl nigrâ petrà, aul lilio honmissimo (3). u Les autels porUtifi ont été nnis à no support dès le Xt* siècle, comme nous h faisons aujourd'hui. S. Anselme conseille de qe pas let tenir séparés d'un fondement (4).
Benoit XIV. Thiers et après eux quelques auteurs, ont dit que la liturgie orieiilnle n'admettait que les aulelg fiiei et non pas les aulek portatifs et mobiles, Renaudot nooi apprend le contraire : « Sunl quoque portatilia mulla. • Il est vrai qu'en outre les Grecs se servent simplement ii linges consacrés qu'ils étendent sur une table non consacrée (5).
L*aulel, et désormais nous entendons spécialement par ce mollemattre-autel, altare tnajus, n a pas toujours occape le même lieu ni la même position. Sa place, dans les anciennes basiliques « était au milieu de Tabside , yis-àvis le siège de Tévêque et dans le demi-cercle formé par le fresbyterium (1). C*est l'endroit où il s'élevait généralement, en France, avant le XVIII'' siècle. « Je ne sache que deux églises cathédrales en France, dit Tbiers, où les autels soient au bas du chœur, celle de Toulon et celle d'Oraoge. » Depuis, cette dernière disposition est devenue fréquente. On a rapproché Tautel du peuple, en l'élevant entre le chœur et la nef. Ce changement coïncide avec la destruction des jubés. Peut-être le même esprit a-t-il souvent dicté ces deux mesures qui ont eu pour résultat de livrer entièrement aux regards des fidèles la célébration des mystères. Du reste l'Italie fournirait des exemples anciens poor aatoriser ce changement qu'il ne m'appartient pas de qoaliâer sous le rapport des convenances liturgiques.
]>aos les petites églises, surtout lorsqu'elles se terminent par one abside carrée, l'adoption moderne du retable a déterminé l'application de l'autel contre le mur absidal. C'est contraire à l'antiquité et aux prescriptions de la li-* turgie qoi règle des cérémonies à faire derrière ou autour de l'autel (2).
L'aotel n'a pas seulement changé de place ; il a varié aussi qoaùt à la manière dont il est tourné. A S. Jean-de- Latran, à Saint-Pierre, à Sainte-Marie-Majeure, dans les
(1) Tome 1. p. 133.
(2) Thiers, eh. 16, a rappelé un certain nombre de ces cérc< monies.
— 15Î — anciennes basiliques de Rome et d'Italie, l'antique diipositiou qui plaçait l'autel en face des Gdèles, a été cooserrée ; mais il n'en reste plus eu France que des exemples uêbz rares. Au XVII* siècle, on nommait ces auteb contournai; nous les appelons tournés à la romaine. C'est ici te lien de faire observer que la droite et la gauche de l'autel se preonent eu liturgie, abstraction faite de l'église et de la manière dont l'aalel est tourné. Sa droite est à la gauche de la personne qui le voit en face; elle correspond à la droite du Christ qui est posé sur lui. Ainsi , pour un autel tonroé à la manière ordinaire en France , la droite est du cAté gauche de l'église et de la personne qui entre dans l'église en face de l'autel.
La forme de l'autel n'a pas été moins variable que sa position. Laissons décote, en ce moment, les accessoires. Le corps de l'autel a toujours été table ou tombeau, et quelquefois il a représenté ces deux figures. Les Latins se sont plus attachés à la seconde et les Grecs à la première. Ceux-ci,. ayant en penséo la table de la Cène, ont posé une tranche de marbre sur un pédicule central on sur quatre colonnettes aux angles. Ceux-là, après avoir, pour ainsi dire, mfilé le sang de l'Agneau divin à celui des martyrs, en célébrant le Saint-Sacrifice sur leurs sarcoitLages. ont
sor QDe, deux ou quatre colonnes» et le moyen-âge n*a pas répudié ce modèle.
M. Didron a dit : a II faut reconnaître, au moins jusqa*i production de faits contraires, que , chez nous » les aateb en table ne sont pas des autels majeurs ; ceux qui s'élèvent au fond du chœur, dans le sanctuaire, et où se célèbrent les messes bautes et solennelles, mais seulement des autels placés dans les absides ou dans les cbapelles latérales (1). » Celui que nous donnons, planche IV, fig. 1, est tiré de l'église de Beauchemin, près de Langres, et appartient au commencement de Tépoque romane. Il est aujourd'hui Tunique autel de cette église, et il paraît en avoir été le principal, s'il y en a eu plusieurs autrefois. La figure 2 reproduit un autel qu'on voit à l'église de Lusy, et dont Taulel est de marbre noir. Il porte le cachet de la fin du Xli* siècle. Si les arcatures sont romanes, on pressent la noblesse et la largeur de dessin du XIIP siècle dans la couronne de feuilles de vigne et de raisins dont il est ceint à la partie supérieure. La figure 3 est un autel de Vignory. On reconnaîtra la dernière époque ogivale dans son style et aussi dans le retable qui l'accompagne. C'est moins à la forme générale des autels qu'aux moulures, aux sculptures, aux profils et à tout ce qui est ornement ou accessoire, que nous devons demander une date précise. Du reste, la chronologie que nous avons établie pour les phases de l'architecture, est applicable à tous les monuments qui ont des Tapports avec cet art. A toutes les époques , les devants d'autels ont été décorés de sculptures symboliques ou hisloriales. En remontant aux autels de l'époque latine, on
(1) Bidron Afin, arch,^ tome IV.
peut voir deux agneaux aiïroatés vénérant une croix. comme à l'autel du Vr siècle à S. Celse et S. Nazaint de ftavenne. Des autels romaas offriront, comme ceux d'A- Tenas (Saône-et-Loire) et de Sainl-Guillem-du- Désert, lo Chriât dans anc auréole elliptique et les apôtres. On oodnatt le devant d'autel de Bâle, du \r sièele. Il est en or ; le Christ, l'arcliange S. Alicliel, les anges Gabriel et Raphaël, S, BcDoit y sont figures en relief au repoussoir. Depuis la Renaissance, ou y a sculpté, le plus souvent sur bois, l'Agneau égorgé, étendu sur le livre des Sept- Sceaux, le pélican, le triangle rayonnant , portant, eu lettres hébraïques, le nom de Jehova , et d'autres symboles d'un caractère plus hiératique qu'on ne l'atlendrail de celte époque (1). Le diocèse de Langres possède plusieurs autels nouveaux de style gothique et eu forme de tombeau, avec des arcatures vitrées. Ils reoferoteDl une statue représentant le Christ mort. D'après rimpressioD qu'ils produisent sur les fidèles et d'après l'idée que la lilorgie dods donne de l'autel chrétien, Dons attyoOs que ces exemples peuvent être imités. Seulement il noas a semblé que la grandeur des ouvertures et des vitres qui les closent donnait lieu à un elTet trop visiblement théâtral. L'autel doit être carré. II sulBl de lire les prières de sa consécration au pontifical pour en voir les raisons (2).
(1) Nous pensons que les su)cts ks mieux choisis sont ceux qui se rapportent à la Cèuc, à la mort et ù la sépulture de N.-S. Ainsi ' le triaugle qui symbolise spécialement Dieu unut et Irinut nous semble ici moins convenable. Trop souvent d'ailleurs on écrit Jcbovn par deux 7 et deux virgules au lieu des véritables lettres de t'aphabcl hébreu qui forment ce mot.
(2) Voyez aussi le I" volume de ce cours, page 436.
 l'âatel se rattachent plusieors accessoires qu'il importe de passer en revae^
Le ciborium était une espèce de \oùte ou de couverture portée par quatre colonnes et qui ombrageait l'autel, um-braculum aharis. On y consacrait les matières les plus précieuses. Les colonnes étaient quelquefois d'argent ou in-^ crustées de mosaïques. Au dessus on mettait un globe surmonté d'une croix, et l'on suspendait par côté des couronnes d'or et de pierreries. Des voiles magniûquemeut brodés» de riches étoffes fermaient Tespace entre les co<r lonnes à certains moments de la célébration des saints mystères. Les basiliques grecques, aussi bien que celles de Rome, avaient des ciborium splendides (1). Les baldaquins tels que ceux de Rome, du Val-de-Gràce à Paris, où les .architectes modernes ont déployé tant d'élégance et de si belles proportions, sont un souvenir de ces anciens moBuments (2).
Ud ancien ordre romain, qui renferme une bénédiction fRtfiorts tel iiinerarii ciborii a fait conjecturer par Tbiers, qu*il y avait de petits ciboires semblables c à de petits daix ou de petits pavillons et qu'on les étendait sur les autels portatifs, de crainte qu'il ne tonibât quelque chose d'en haut qui pût profaner les saints mystères (3). d Mais Ducange croit que ces ciboires étaient le vase sacré destiné à porter le viatique aux malades.
Le mot altare, qui vient de alla ara suppose un autel
(I) Voyez Goar EuchoL p. ii; la poétique description de Paul le Sileniiaire, vers. 300. Anaslase-le-Bibli. pouim.
(2) Plaocbe IV, fig. 4.
(3) Thiqrs, c. XI.
— loG —
^levé. Les aaleb majeurs le sont ordinairement et l'on 5 1 arrive par un certaia nomlire de marelies ou de degrés. Leê A autels les plus anciens, ceux, des calacombes, étaient posés 4 sur le sol ; mais, dès le IV' siècle, il y eut un degré ( t) H plus tard on en Gl deux, (rois et même davantage. Les ri-1 tuels ne sont pas d'accord sur le nombre auquel il conviea-f^ drait de s'arréler. Il vaut mieux qu'il soit impair, aGo quff J le pied droit arrive le premier â la plale-fornie de l'auld. f Ensuite il est mieux qu'il y en ait trois, parce qn'ils sufll-^ sent à montrer l'ordre hiérarchique, lorsque le céiébranlj officie avec diacre et sous-diacre. Le degré qui sépare le J chœur du sanctuaire peut être considéré comme un degrél do l'autel (2). Aussi les autels de la plupart des petite*! églises n'eu ont eu que deux autres.
Les gradins qui s'ajoutent à la table de l'autel daleal t la Renaissance. Ils ont été introduits avec l'usage des tables ou cartons pour les secrètes, le lavabo et les paroles de la consécration. Ces tables sont prescrites dans un concile d'Avignon, en 1594. Du reste, l'évangile selon S. Jean n'était guérelu, à la Go de la messe, avant la réforme de S. Pie V, et jusqu'à noire temps le prêtre le récitait, daos beaucoup d'églises de France, eu revenant de l'autel à la sacristie (3). Aulrerois les canon5 étaient souvent bordés en maroquin; le plus grand avait des charnières ou se pliait comme un dyptique. Aujourd'hui on en fait communément
(1) Kraser : « TcsîU est allare, quod in aditu Neapolilatue cntacombœ habetur in ecclesià à S. Severo Neapolh cpiscopo conditâ.* Celui de Sainte-Sopbie n'avait qu'un degré.
(3) Gavantus.
(3) V. Lebrun.
«in cadre. S*il en est dont les paroles sont entourées de gravures dignes d'éloges, par le choix du sujet et l'exécution, îl en est une foule d'autres grossièrement peints et qui devraient choquer le goût autant que la piété.
La question des tabernacles, en y rattachant celle des différents modes suivis pour la conservation de l'Eucharistie, est encore obscure pour les archéologues. Le tabernacle, tel que nous l'avons, ne date que de la fin du XV* siècle. L*exemple que j'en donne est tiré du musée de Langres (IJ. n est en bois, mais il y en eut en pierre d'une forme pareille. Ces tourelles n'étaient pas toujours sur l'autel. Souvent alors on les plaçait contre la muraille du sanctoaire. A la Renaissance, le tabernacle se fixe sur l'autel, et il y reproduit ordinairement l'image d'un petit édifice antique ; il a ses colonnettes grecques, ses corniches, une coupole, des statuettes. Le caprice de l'ouvrier, surtout au XVIII* siècle, s'y est joué avec une liberté inconcevable, et jusqu'à y sculpter des syrènes, des enfants nus dans des guirlandes de fleurs. Était-ce là rendre un culte au Dieu qui rhabite? Que le tabernacle soit riche, si on le peut, mais qu'il soit simple et décent. On se conforme à la liturgie, en le garnissant à l'intérieur de soie, de velours ou d'autres riches étoffes, tradition des voiles du ciborium ancien.
Chez les Grecs, le Saint-Sacrement est conservé dans une botte d'argent que l'on pose sur un autel où elle est à découvert, ou bien on l'enferme dans une bourse de soie et on la suspend à la muraille. On la pose aussi derrière
(1) Planche IV, fig. 5.
i'àutfll ou à côlé (1). Mais dans les anciennes basiliques grecques, elle lilail contenue dans une colombe d'or, d'argent ou de cuivre émaill^ , que Ton suspendait sous le ciborium et raCme dans le baptistère.
En Occident, on a conservé l'Eucharistie, avant le XV* siècle, de dilTérenles manières : dans des colombes suspendues, comaie en Orient ; dans des tours quelquefois suspendues, mais le plus souvent posées dans un lieu à part ; enfin, si je ne me trompe, il y eut aussi quelques tabernacles en formes de tourelles, fixés sur l'autel comme Us le sont aujourd'bui.
Les enlombos suspendues sont mentionnées par S. Perpétuus et S. Grégoire de Tours, ainsi qu'on peut le voir pafles citations de Tbiers (2). Dans les églises qui n'avaient pasde cibortum, on les suspendait à une colonne dont la partie supérieure se recourbait et s'épanouissait en pavillon. Au moyen d'une cha!ncltc, on élevait la colombe sous ce pavillon, de manière qu'elle était au-dessus du milîea de l'autel. C'était la disposition de l'ancien autel de Laogres. On en a encore un exemple aujourd'bui à l'abbaye de Solesmcs. Souvent la colombe restait à découvert, sans pavillon. La colonne ou potence était ordinairement de bob doré ou de cuivre (3). Le pavillon était quelquefois rem-
(1) V. les Iriuoignngcs elles pac Tliicrs, cli. 21.
(2) Tbicrs. Loc. cit.
(3) Lcbrun-Dc^in.ircttcs, en ses Voyages titttrtjiqiics, cite plus de vjnf;i exemples de suspeosoircs en colombes. Je trouve dans VAmpliss. colU'cl. de D. Marlèiic, tome I, p. 9S7, une lettre de 1182 où l'on mcontc la elmlc du tonnerre aar une église : < Pixiilem licniqvc argcnteam iii quà corpus Dominicum habebtttnr.
placé par un grand dais qui couvrait tout Tautel (1). A Langres, il y avait sur le pavillon des étoffes précieuses et des plumes d'autrucbe.
De petites tours en métal ont été employées comme les colombes. Mais elles n'étaient pas toujours destinées à être suspendues; car souvent les auteurs du moyen-âge disent qu'on les apporte sur l'autel. Quelle était donc leur place? Elle était le plus souvent à proximité de l'autel et dans une place honorable qui est désignée par les mots conditorium^ reposUoriumj armarium^ sacrarium. Ils s'entendent bien de l'armoire située dans la cbapelle où l'on conservait les vases sacrés, minisUria : ce pouvait être aussi dans quelque dépendance attenant aux grandes églises ; mais je pense que, d'ordinaire» ce conditoire était une cavité percée dans le mur près de l'autel, ou à l'abside derrière l'autel. Voici d'abord des renseignements qui me sont procurés par divers auteurs :
D. Martène et son docte compagnon disent dans leur Voyage lUtèraire : <c Du V^al-dcs-Cboux nous allâmes à l'abbaye d' Auberive. . . L'église est peu considérable; il y a cependant une chose assez singulière, car le Saint-Sacreroentn'y est point conservé au grand autel, mais dans un tabernacle ou armoire qui est dans le fond de l'église, du c6té deVépttre, et qui n'est fermé que d'une grille de fer ; en sorte que tout le monde peut voir le Saint-Ciboire (2). »
inveni super altare dàectam, quia catcnukan de quâ ex more pende-^ bal ferream y vit catoris velul stipulam siccam ahmnuerai ul vtx aliquantoi indè annulas repcrimus, i
(i) Desmarettes, p. 81, 105, 14 5.
(3) Page 413.
de refi objets dout la lilurgie a rendu depois l'em[âoi obligaloirc ; d'autres sont seulemeot toléras.
L'autel doit être surmonté de la croix avec le crucifix en relief. La peinture ue suffirait pas. La croix était sur le cïboriuiu dès le IV° siècle ; puis elle s'éleva derrière l'autel. Suivant Thiera, ce n'est que vers le X° siècle qu'elle fui placée sur l'autel môme (1). L'antiquité chrétienne Démettait pas non plus les reliques sur l'autel , mais sous l'autel et dans l'aulel. C'est pourquoi l'évèque. en consacraot les pierres sacrées, introduit des reliques dans une petite excavation nommée sépulcre et les scelle de son sceau. C'est un rît qui remonte au IX' siècle. On trouve quelquefois cette excavation dans le support des autels fixes et noa dans la table. Les liturgisles, pour prouver qu'à la Gn du Vir siècle on ne plaçait pas encore de reliquaires sur les autels, rapportent un trait du Livrt des Ittirades de S. Berchaire, alibéde Montier-en-Der. Un sacristain ayant dévotement posé les reliques du saint sur l'aulet, Berchaire lui apparut ccItc nuit même, un bâton à la main, te visage courroucé, et lui ordonna de retirer la châsse de dessus la table sainte.
Aujourd'hui nous mettons sur l'autel des chandeliers et des cierges allumés. On les multiplie même en proportion de la dignité des fêtes. La rubrique romaine exige au moins deux cierges pour la célébration de la messe. Cet usage paraît aussi remonter à peu près au X* siècle, mais il oe fut point adopté par les Orientaux. Est-ce à dire que la litur-
(1) Cela ne nous empêche pas de penser que de (oui temps l'image de la Croix dut cire présente de quelque manière au moment de la célébration du S.-Sncrifice. V, Booa et Benoit XIV.
gie n'a pas voulu de l'éclat des lamières autour de Tautel? Non; rien n'est plus approuvé que la lumière de la cire ou de rhuile d'olive (1)» et, dans tous les temps, elle a rayonné, sinon de l'autel, au moins & proximité de l'autel (2). D. de Vert tombait dans une de ses plus lourdes bévues lorsqu'il avançait qu'on allumait des eiëffes en plein midi parce que l'on continuait (machinalement sans doute) à faire ce que l'on avait fait dans les cryptes et les catacombes, oh il fallait allumer des lampes pour voir clair.
Je citerais cent auteurs graves des treize premiers siècles à l'appai des idées symboliques que j'énonce; à défaut d'espace, je ne m'appuierai que sut un petit nombre. J.-C, s'est proclamé la vraie lumière : à Ëgo sum lux vera ; » il a dit de Jean : « tiucerna erat ïiAcens et ardens, d L'huile a été choisie comme matière de plusieurs sacrements , et déjà l'anciense loi l'avait ennoblie. C'était assez pour que le symlndismë chrétien attachât tout un ensemble de grandes idées aux lumières liturgiques, à l'huile et à la cire, ajuxtà romanum ordinem, dit le micrologue, nunquàm mmam àbs^ que lumifié edtbramus ; non mique ad dtpellendas tenebras, cum sit elara dies ; sed potiùs in typum illius luminis, cujus
(i) Je lis dtos la vie du B. Antoine à Stronconc, par Louis Jacobillas, ch. i : c Precanti aliquandà adslitit Christui speeie adsfeciabiUf diaàique siln valdè missam placere multis cortucantem lu' fninihuu Ex eo tempore plurimum semper dédit operœ^ ubicumque degeretf ul quamplurimoi in arâ cereoi accenderet dum missa celé* braretur. »
(S) Je connais Topinion du P. Lebrun; mais l'abandon des lumières pour les offices en plein jour, depuis la (in des persécutions jusqu'au V* siècle, ne nous parait pas prouvé d*une manière përemptoire comme général et absolu. Voyez S. Jérôme contre Vigilance, c. 3.
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satrammla ibi cortficimus, sinr quo ri in meridie palpabimvt u( m nocte. u La lumière, c'est avant loul le Ckrîst et s« doctrine ; c'est la doclrinc de In fui et Its ï^aitits <|ui la prî>cbenl ; c'est l'Esprit-Saint et le feu de la charité qu'il allume dans le cœur des Hdôles : n Ecdfsia Chrisfi Itmini Spirilûs siincli semper illustralur, » dit Ilonurius d'AutUD. De la, le cierge etitre les niain^ àes calhi>cuD)éiie5 aa baptême et entre celles des acoljllies aux procesâioas, où il figure la marche Iriompbale du Christ et de l'élise à travers le monde ; de là, reslinclioii successive des ctergei aux ténèbres de la semaine saiute cl tant d'autres cérémooies dont la signification est admirable. L'huile représente l'effet de la grâce en nos Âmes : o Opéra hospUit iwslri laiii lùjuor iitumtrat (t). n Sur la rire, Yves de Chartres dit avec beaucoup d'autres : « Sicut coro Chrittt de mundmimo et bono odore virtutum referla came procft$it, et nec in concipiendo nie in egrejiendo mairis integrilalem violavit : iie cera quœ hodie(a la Chandeleur] geslatur fide- It'um manibus, demtutdis et odoriferist jlorîbus colkcla, frttctusesl apis, tirginis videlicel animanlis, cujus, sicut legituff sexum nec viasculî violant nec fœtus quassanl. a
Le cierge pascal qui, depuis quatorze cents ans, symbolise le Cbrifit ressuscité et la colonne qui dirigea les Hébreux dans le désert, était souvent, dans le moyen-Âge, d'une grosseur remarquable. Les grains d'encens représentent les parfums avec lesquels le corps du Sauveur fat embaumé. S. Paulin nous a appris que, de son temps, on peignait les cierges. Cet usage s'est conservé dans beaucoup
(1) V. le dëveloppcmcnl dans Amal, Foriunnl, De eccl. offie., lib. I, c. 12 ; Rabaii Maur, lie intlil. cleric., Iib. I, c. 30. Premier vol, de ce cours, n. 437.
d'églises pour le cierge pascal. Le chandelier oa la colonne destinée à le porter était aussi d'une grandeur parliculiëre et parfois d'une eitréme richesse sons le rapport du travail «t de la matière (1).
Les Àgnxis Dei en cire se rattachent par leur origine au cierge pascal. Les fidèles recueillaient avec dévotion la cire qui en restait. Au IX* siècle et peut-être dès le temps de S. Grégoire-le-Grand, l'archidiacre de Latran hénissait, le samedi saint, un mélange de cire fondue et d'huile dont il formait des figures d'agneau que l'on distribuait au peuple durant l'octave de Pâques (2). Depuis longtemps c'est le pape qui fait cette bénédiction. Les Agnus Dei modernes consistent en un petit pain de cire portant en relief l'agneau avec l'étendard de la résurrection. Il rappelle l'Agneau pascal de l'ancienne Loi et l'Agneau divin que celui de l'ancienne Loi prophétisait. Il symbolise en second lieo les fidèles, agni novelli, ainsi que le montrent les prières de la bénédiction. La vertu de ce rit transforme les Agnus Dei en préservatif contre les tentations, la mort subite, la foudre, les naufrages et toutes sortes d'accidents (3).
Comment, après cela, serions-nous surpris au spectacle
(1) V. dans Durand de Monde et les anciens litargistes cités, de nombreux détails sur le sens de la bénédiction du cierge pascal déjà clair par les paroles du missel ; et sur certains usages, tels que celui d*attacher à ce cierge une tablette contenant la date de la fête de Pâques et d*autres dates ecclésiastiques.
(2) Molanns, dans rexcellent opuscule Oralîo de Agnis Dei, c. 5, prouve que dès le VI* siècle, les fidèles vénéraient les parcelles du cierge pascal ; mais il ne place la consécration des Agntis qu'au Vm« siècle ou au IX*.
(3) Voyez la dissertation dcMolanus, cb. XIII.
pompeus tics luminaires de toutes formes et de tooles dulicresqai n-patid raient à HotU laniiërc dans les églises? Kcoulons la lyre de S. Paulin :
Ail alii piclU actendunt hanina n MuUiforetque cavh llchnoi laquairibiu aplani. Ut vibrent Ircmnta* funalia pcndula flammtu... Anrca turnc nivfit urnanlur Umina ivlU, Clara cortaiantur lierait allaria lichnit, /.umififi ceralu adolmtur odora papyris; Xocte dieque micanl : lie nox iplendorc dîei Fulgrt, et iptedia cœUsti iUiutrit honore Plus mical innitmcris luccm gnuinata biccrn
Vrndence. Anaslase-le-Bibliothécairc noas montrenl de même les phares, tes chaDdcliers, les couronnes de loinières, les lustres, lesherseaqui brillaieat au sanctuaire. Le P. Janning (2), les Annales archéologiques et les ^^tanges desRR. PP. Martin et Gabier auxquels dou3 pruntons lesfig. 1 et â de la planche V , noDS mettent à même de soupçonner combien le moyen-âge a élé fécond, ingénieux, profond dans la composition de chandeliers hisloriâs et symboliques. Les religieux ontpoussé en ce point le goâl de la richesse jusqu'à scandaliser S. Bernard : « Cemimus et pro candelabris, s'écrie ce saint docteur, dans un esprit que déjà nous avons qualifié (3) , arbores quasdam erectas multo œris pondère, mira arti^is opère fabri"
(t) S. Paulin. Poema XV. Mignc, p. 4GT. Voyez la noie sur l'emploi du papyrus dans les cierges, p. 909.
(2) Voyez Aeia Sanci. Tome VI, Junit, cli. )X de la (lîsserl. sur 1.1 basil. de S. Pierre, De Pharis seii licbnuclm.
(3) TonicI, p. 219
cataSf me magis coruscantes superpasitis lucernis qtiam gemmt5.»
Nos modestes églises possèdent encore, des derniers siècles, des chandeliers en bois doré dont on ne fait pas toujours assez de cas. Elles gardent aussi des lustres de morceaux de verre, réunis par des branches de cuivre doré. Noos pensons qu'il faut les conserver* bien qu'ik soient semblables à ceux que Ton suspendait autrefois dans des salles toutes profanes. Ils ont perdu, avec le temps et par la mobilité des modes, ce caractère qui nous oblige à repousser Fusage des lampes de salons à globe dépoli dont on éclaire présentement les églises de Paris. Nons regrettons aussi l'invention des souches ou cierges de fer blanc qui semblent avoir pour but de mettre la hauteur des cierges •n rapport avec celle de l'église : idée pour le moins bi* zarre.
On ne doit pas souffrir que les images des saints soient placées sur la table de Tautel. Celles que l'on voit sur les gradins et aux retables ont été tolérées parce qn*on n'identifie pas ces accessoires avec la pierre consacrée. Un concile de Chartres, en 1526, dit : « Inhibemtis ne in loco quo recondi et adorari débet sacrosancta Eucharistia etubi dboriicm reponitur^ videlicet in medio altaris parochialis, pofiantur imagines eiiamsi esset imago patroni, ut major pre-» iioiisiimo corpori Christi reverentia tribuatur et ferventior populo devotio inducatur. »
De tout temps l'Église a employé des linges pour le sacrifice; mais il est nécessaire de distinguer les linges, cor-poraUspallœ, palla dominicay des couvertures ou vêtements d'aatel , velamina , operimenta , vestes , pallia altaris. Ces dernières étoffes, ainsi qu'on peut le voir dans Anastasele-Bibliothécaire, étaient souvent de soie, ornées d'images
CD broderies, rehaossêes de bis d'or et de pierres iir^îeases. La pallc, le corporal qui recevait le corpsde J.-C., et qui devait receroir le précieux sang, si un aeeîdent venait à le répandre, élail de chanvre ou de lin. On attribue à S. SilvfStre la défense de le faire en Inute antre matière, comme en soie ou en clofTe teinte.
Depuis plusieurs siècles, la liturgie prescrit d'èleodre trois nappes sur l'autel, ou du moins dcnx, dont l'anesi rait plièe de manière à couvrir en double la pierre d'autel. Notre corporat actuel n'est qu'une réduclioo du corporal anrîea qui couvrait tout l'autel cl »oos lequel «'étendait une nappe d'un tissu moins Gn. On a diminué de son ampleur parce que tes boslics qui sont distribuées à la communion des liilèles dc sont plus posées sur lui , a>atg mises dans un ciboire ou sur une patène. D'ailleurs il es4 certain que, depuis le XIT siècle, les hosties ont été plus petites. Lors({ue la cérémonie de l'élévation fut introduite dans la messe, au Xli' siècle, pour déterminer un acted'adoration plus solenucl el qui réprouvât plus hautement l'bérésie de Béranger, le calice qui était recoaverl par le grand corporal, ne pouvait pas être facilement élevé sans q::e le prêtre le découvrit. De là cette seconde palle qo'lnnoccnt TII dislingue et qui restait pliée sur le calice : « Duplex est palla quœ dicttur corporale ; una quam Dîaconttt super altare lolam exiendil, altéra quam super calicem complicatam imponil. » Nous avons conservé celte palle, quoique l'usage ait prévalu généralement d'élever le calice à découvert. Elle est munie, pour plus de commodité, d'na carton qui la rend solide et que l'on garnit en dessus de drap d'or, de soie cl de broderie, avec des filagranes on de la dentelle sur les bords. Cet usage français est en opposition avec une décision de la S. C. des Rites, en 1701 : a /n
sacrificio missœ non est adhibenda- palla à parte superiori drappo serico cooperta. »
Aa liea de laisser retomber la nappe aux bords de la table d'autel, comme rancien corporal, uous y suspendons des dentelles, des broderies, avec des transparents de la couleur de la fête. Je ferai observer qu'il serait mieux de faire pendre Textrémité de la nappe aux deux bouts de l'autel, en laissant visible la partie antérieure de la table souvent décorée de sculptures (1).
L'antiquité chrétienne et les liturgistes modernes s'accordent à regarder le corporal comme la figure du linge dont Joseph d'Ârimathie enveloppa le corps de Jésus, et la toile de lin, si rigoureusement prescrite, n'est pas non plus sans mystère. Voici du moins un sens symbolique qui, pour être retors, n'en est pas moins reçu de tout le moyen-âge : a Corporale cui superponilur corpus Dominicum, non aliud quàm Itneum esse oporlet^ quoniam Joseph linteum mundum legitur émisse ubi corpus dominicum involvit. Nam et linum purum germen est ierrœ, et Dominus purum et verum corpus habuit non simulalum ; et sicut linum per mullos sudores pervenit ad candorem ; ita Jesus-^Christus muitts affectus passionibus migravit ab hoc sœculo et ad candorem resurrec- Itofits, atque immorlaliiatis perductus est. Ità ergà qui cor^ pu$ Christi in se recipere desideratper multos bonorum operum laboftê il per castitatem mentis et corporis débet se reddere mundum et candidum (2). »
(i) Sur les trois voiles dont les Grecs couvrent les saints mystères, voyez Goar, p. i21. La palle est remplacée par un voile fin nomme cur.
(S) Alcuin. De div. offic, chap. de la célébralîon de la Messe. Je cite Alcuin comme je citerais le vén. Bèdc, sur le Tabernacle,
nioti par qaelqocs obserrations sor lefa on charge aajoard'bai les autels. Il est certain que, (laoâ l'anliquilé, on demandait à La natare ses fiears et ses feail- Uges pour orner les églises. S. Paulin v excite les fidèles (1) cl S. Jér6me loue Népotien d'aTOtr J^oré le saint lien de rameaDX, «le pampres et de flears. Je le comprends. On con\ie la crcalïoa entière à rendre hommage an créateur; l'bomme reconnaiisant fait an Seignear l'offrande des dons qu'il en a reçus. C'est la pensée qni a fait sculpter des fleurs sur tes anciens ciboriom, aux chapiteaux gothiques et qni les a étalées en rinceaux éléganli. Les fleurs naturelles nous plaisent dans les églises : quoi de plus beau qoe leors couleurs et de plus doux que leurs parfums? Ici, toutefois, il Eaut, comme eu toute chose, de la mesure el du goàt : ttFloribus et exquisilis (luihusdam ramiiiis , dit Gavanlus, opté et amctnnè disposilU seu vtrit seu /îclt'i, pro îtmpcrre Mrielale, iive m vaiculii elegantilna, sive alià ralione, omari pounmt altaria. » Et encore préféroos-nons ce respect au»tërequi éloigne les fleurs de l'antel-majeur ou ne les tolère que près de l'autel, mais non sur les gradins.
Quant aux fleurs arliGcielles, on en a fait un effrayant abus. Que de sommes dépensées pour celte fragile décoration el que l'on eût pu consacrer à l'achat d'objets indispensables ou du moins beaucoup plus utiles ! Que de bouquets mal agencés, grossièrement colorés, (ahriqaés en
Amalaire Forlunat, sur les o/^. ecclcs. Ltb.i, c. i, Honorius d'Aulun, Gemma, lib. I, c. ICI, et bien d'autres.
(1) * Ferle Deo, pueri, Utudcm; p'ia solvUe vola.,, Spargile flore lolum, prœlexile limina icrlis : Purpuretim ver spiret kkm», s'U floreus anniu Anle diem; sanclo cetSat natura diei, léarlyrii ad tumulum debc» el terra coronas. *
papier de coq leurs et souvent déteints par le temps et la pooariëre , n'étaIe-1-on pas sar l'antel I Qa*on y prenne garde : depais cinquante ans. on a laissé aux femmes le soin de parer les autels, et elles y ont transporté instinctivement les coIificfaetSt les mille petits riens dont elles aimepit à orner leurs appartements ou même à composer lear toilette. C'est ce que nous ne saurions approuver.