DÉPENDANCES DU SANCTUAIRE ET DU CHOEUR. — BQISERIES D*ÉGL1SES
SOMMAIRE. — lkÊjmàne$. — Des baloslres d'antel, appui de communion, clMnrea da choar.— -Des diairei, des ctallcs et antrea sièges, rf Bfttoiis de chantre. — - Disposition litorgiqDe dee sièges dans le chcenr. — Des jubés. --- Des clvires à prêcher. — Des lutrins. — Det port»<hri8t8. — Des confessionnanx. — D<^ troncs. — De Fancienne menuiserie. — Conseib prati<pics pour la conserr^tion, la restauration et l'exécution im hMitrict d'église.
Après avoir étudié Tautel, il convient de nous arrêtera quelques monuments Gxes ou mobiles qui se rattachent plus ou moins à l'autel loi-même ou à la place qu'il occupe dans Téglise. Les piscines, les appuis de communion, les balustres ou autres clôtures du chœur et de la nef, les chaires, stalles et autres sièges, les juhés, les ambons, les chaires à prêcher , les lutrins méritent notre attention. Nous ajouterons à ce paragraphe un mot sur les boiseries d'église en général , sur les confessionnaux et d'autres objets qui oe peuvent occuper une place spéciale dans ce traité. Piscines. On remarque ordinairement, dans les anciennes églises et à droite de l'autel, une arcade simple oa géminée, creusée dans le mur et abritant une ou deux cuvettes percées au fond d'un trou pour l'écoulement de l*eau. Dès le IX" siècle, le pape Léon IV ordonne de disposer près de l'autel un lieu propre à recevoir l'eau qui aura
3?vni'l4 puriHcalion des vases sacriîs cl il'y suspendre ifti linge blanc afin que le prOIre y lave ses mains après la conimuiiion. Ce décret est reproduit dans les siècles suïvanls (t). Je crois, conlraircmcnt à M. de Caumonl, que l'on ne doit pas confondre les piscioes avec les crôdcnces ou tables que ron plaçait près de l'autel pour recevoir les vases et ÎRsIniinenls nèccssairesau Saint-SacriCce. La destination et la forme dilTêrent (2). Les piscines , il est vrai, sont souvent traversées par une tablette horizontale ou bien présentent un support, une espèce de console en saillie propre à recevoir les burettes ; mais ces tablettes on cette console ne sont qu'un accessoire dans la piscine, dont la partie essentielle csf la cuvette.
Les églises des XII*, XHI* et XIV' siêeles offrent parlïfolièrement des piscines remarquables par la beauté de U disposition et des détails de sculpture. C'est presque toujours l'une des parties intéressantes des petites églises rurales, où l'on a eu souvent la mauvaise idée de les muru ou de les eacber par les boiseries.
A la période que je viens d'indiquer, on rencontrera des piscines consistant en une simple colonne percée d'an trou et avec une cuvette â la partie supérieure. Elle peut être isolée ou se rattacher, comme celle de N.-D. de Semnr (3),
[1] Voyer Thicrs, Diis. sur Ict autck. Grancolas, let anc. litur. t.l, p. 701.
(2) Le nom de piscine, donné pour la première fois, je pense, h cet cndroil par les Ux de Cilcnux, indique en géncrni un lieu qui conlieiit de l'eau. Je ne doute pas qu'ici l'on ail eu en vue quclqu'idéc symbolique relolive au poisson, qui est la iigure de J.-C, ainai que le dcmonlrc l'ieoiiograplue.
(3) Elle B éic publiée par M. ViollelLcduc. Ann. arch., t. IV.
à Tarcade pratiquée dans la muraille. Aux deux chapelles, des croisillons de la cathédrale de Langres (XII" s.), elles ne forment qu'une simple cavité voûtée en plein-cintre et ouverte un peu au-dessus du sol. La forme qui parait plus constamment est celle de Tarcade en cintre ou en ogive, selon Tépoque, avec la tablette à hauteur d'appui. Quelquefois le fond du mur est peint ou orné de sculptures en relief, comme à la piscine double de Saint-Geôsmes, près de Langres (XIIPs.).
Avant le XV" siècle, les piscines sont souvent doubles ou à deux cuvettes. S. Udalric , dans les anciennes Coutumes deCluny, parle de deux piscines en briques, Tune pour le calice, Tautre pour le sous-diacre et les ministres. Il est vraisemblable qu'on ne s*est point contenté d'une seule cuvette parce qu'il ne parut pas aussi décent de jeter an même endroit toutes les eaux et ablutions que l'on eût fait écouler par une cuvette unique.
En effet, l'usage de prendre les ablutions après la communion, ainsi que le prêtre le fait maintenant, ne s'est établi d'une manière générale qu'au XIV* siècle (1). Auparavant, on lavait les mains avec de l'eau à la piscine même ou dans un bassin ; selon le XIV* ordre romain, on puriBait les doigts sur le calice avec du vin et on les lavait ensuite avec de l'eau. Il y avait encore d'autres usages; mais ils aboutissaient, en un mot, à renvoyer à la piscine l*eaa, le vin mêlés ou séparés qui pouvaient contenir quelque parcelle de l'hostie ou quelque goutte du précieux sang. Quoique la piscine ait conduit ce liquide en terre bénite, soit dans l'église, soit dans le cimetière, par une gargouille
(1) Voycx D. de Vcrl. Explk. tome IV, rcro. 37, p. 307.
OU une simple ouvcrtare exlérJearG, il était mieux de ne pas confondre les ablutions provenant de la communion avec l'eau qui avait servi simplement à laver les mains. De là sans doute les deux cuvettes (t). Elles dlDèrent parfois de forme, peut-être afin que l'on distia^uàl aîsémeal celle qui recevait les ablutions les plus respectables.
On comprend maintenant pourquoi les piscines étaient ornées avec soin. Durand dît : « Perfuiionis aqua débet m locum mundam et honestum dijfundi, ut altitudo sacrametHi rtcerenliùs hanoretttr. » Selon l'Ordinaire de Châlon-sor- Maroe, on les encensait. Lorsque la coutume de prendre les ablutions eût prévalu, malgré la répugnance que plusieurs pouvaient éprouver, surtout après avoir donné la commanion au pcople, la piscine perdit de sa dignité. Elle fut pins fréquemment à nne seule cuvette, moins scnlpléc. Enfin, on en est venu à ne plus s'en servir et h leur Eobstituer l'usage moins convenable et souvent ridicule de répandre l'eau des ablutions de l'offertoire sur le pavé on dans une cuvette mobile de faïence.
Balcsthes. J'ai dû parler incidemment de pinsiears des clôtures qui étaient ou sont encore dans les églises. Ce que je vais en dire est un complément et une tranaition pour arriver au'x stalles et aux jubés. L'autel anciennement n'a jamais été dos ou environné de balustres. La clôture du sanctuaire est la sienne. Il est vrai que d'anciens textes feraient supposer le contraire ; mais on doit preodre garde que altarium et même altare ont parfois désigné le lien oii s'élève l'autel. A peine quelques tombeaux de mar«
(t) L'ancien Ordinaire des Jacobins, cilô par De Vert, tomelll, part. 1, cfi. 5, dit |iQsilivement au lavabo de l'olTcrloirc : » Abtulio dlgiionim SacerdotU rccipiatur in pelvi alià qnam sacra ablalio. >
lyrs» aenrant d'anlelsi feraient-ils exception ponr les premiers siècles. Au XVP siècle, on disposa des balustrades près de Tautel de plosienrs grandes églises. Il y en eut une de cuivre à S.-Jean de Lyon» en 1585. A la cathédrale de Langres, peu après, le maître-autel fut entouré à une certaine distance, par derrière et par côté, d'une colonnade corinthienne couronnée d*une large corniche, sur laquelle on Yoyait des anges agenouillés et portant des chandeliers. On suspendait à cette colonnade des voiles précieux dont la couleur suivait Tordre liturgique. Je ne sais si Ton peu t considérer, avec Thiers, les appuis de communion, établis depuis la Renaissance, comme des clôtures de l'autel. Il me senotble qu'ils ferment plutôt le sanctuaire.
Les plus anciens sont en bois et en pierre. Le fer et la fonte peinte ou dorée tendent aies remplacer. On ne connaissait pas autrefois l'usage de ces balustres ou de cette grille que parfois on appelle la Sainle-Table. Aux premiers siècles, les diacres distribuaient la communion aux fidèles en allant à eux ou bien ceux-ci venaient an cancel, entre le chœur et la nef, et là, debout ou prosternés, ils recevaient le corps de J.-C. Les hommes présentaient la main nue ; mais les femmes la couvraient d'un linge nommé dominicale. Ils buvaient ensuite le précieux sang en appliquant les lèvres au bord du calice, et, plus tard, au moyen d'un chalumeau. Nous y reviendrons au sujet des vases sacrés. Au Xir siècle, la communion sous les deux espèces était, sauf de rares exceptions, abandonnée par les églises latines. Hais six siècles auparavant, le prêtre posait déjà lui-même le corps de J.-C. sur la langue du communiant. Celui-ci tenait dans ses mains la nappe que l'on attache maintenant à l'appui de communion. Un dais blanc a quelquefois protégé cet appui dans toute sa longueur.
— ce —
Nous avons vu que la nef des basiliques <^lail S(^par6c da chœur, et le chœur Ju saDcluatrc par des voiles, des balustrades et des portes où l'on déployait la plus grande magnificeuce, snit dans la malière, soit dans l'art qui leoihellissait (!]. Vers le commencement du \Ili° siècle, on ue se contente plus de ces clôtures basses et à claire-voie, et le chœur de beaucoup d'églises se ferme d'épaisses et hautei murailles que l'on décora d'images sculptées et de tapisseries (2).
L'avis de Tbiers sur cette innovation paraît bien fondé. Elle ne vient pas de ce que l'on aurait voulu cacher, par respect, les saints mystères au peuple. Un si lourd appareil n'eût pas été nécessaire ; cl d'ailleurs la discipline n'était pas alors plus sévère sur ce point qu'aux Ages précédents oii l'on ne construisait pas de telles barrières. Des raisons analogues repoussent l'explication de Durand : a. Sutpendibir veltim aut murus inter derum et populum ne muM se conspicere posstnt ; quasi ipso facto dicalur : Averte ocufu tws ue rithanl vanilatem. n 11 est plus probable que les chanoines et les bëDëficiers tenus à chanter ou à réciter de langues prières à l'église ont voulu se garantir, par ces mn— railles, des courants d'air el de la violence du froid. En effet, au XIF siècle, on est retenu plus longtemps au chœur par l'obligation de réciter souvent l'ulSce de la sainte Vierge et celui des morts.
Stalles. Contre ces murailles, à l'intérieur du chœur, on appliqua les stalles dans lesquelles le ciseau du sculpteur eut occasion d'épuiser ses ressources. Mais cherchons
(1) Première partie, p. 133.
{2) Voyez ci-dessus, aui gg concernant la sialuairc cl les tissus.
d*abord les espèces de sièges que les églises onl adoptées (1).
Déjà, ea étudiant les basiliques et les églises cfarélien*nes primitives, nous avons vu Tévêque trônant au fond de Tabside sur une chaire, cathedra^ et ayant à sa droite et à sa gauche ses prêtres assis sur des sièges moins élevés (2). Ces sièges étaient communément de marbre ou de pierre. Les églises de Reims, de Langres et beaucoup d'autres en avaient de semblables avant 93 (3). On en garde encore quelques-uns en France (4). Ils étaient mobiles on scellés dans le mur absidal. G* est à leur imitation que Ton a fait des bancs de pierre, inhérents au mur, au pourtour du cborar ou de toute Tenceinte de plusieurs églises des XIP et XIII* siècles (5). Ici les chaires épiscopales antiques de porphyre ou de marbre, abandonnées par les évèques, n*ont plus été conservées que comme des monuments vénérâbles ou curieux ; là elles ont été posées par côté de Tautel pour servir au prêtre officiant ; ailleurs elles n*étaient plus employées que pour Tinlronisation des évèques.
Le siège de l'èvèque et les bancs du clergé ont été, mais plus rarement, de bois. S. Athanase, dans une épitre aux solitaires, rapporte que les Ariens ayant profané Fèglise d'Alexandrie, brûlèrent son trône et les autres chaises : « Svbêellia^ thronum combusserunt. »
(i) £f., outre les liturgistes, MM. les chanoines Jourdain et Duval : Les stalks de la cath. d'Amiens^ prem. part.
(S) Prem. part. p. i34.
(3) Voyages de Lcbrun-Desmarettes, p. i6.
(4) Tel est celui qui existe à la cathédrale de Toul; mais il daté du XI11« siècle.
(5) Catbéd. d'Amiens, Lyon, etc.
La plas célèbre -des chaires est celle de S. Pierre, conser- \èc b Borne dans la basilique dédiée h ce prince des apôtres. Elle lui fut donnée, selon la tradition, par son hôte lesé- Raleur Pudeos. C'est an siège en bois, d'origine païenne et pourVQ d'an dossii^r. Le siège est cubique el ses côtés sont ornés d'arceaux à^olonnettes. La face présente, dans dix-buitcomparliaieal9, disposés sur trois ran^, les travaux d'Hercule en bas-reliefs il'ivoireavec ornements d'or. Le dossier, également orné d'ivoire, est formé de pilastres qui portent un fronton triangulaire. Plusieurs forts anneaux de bronze sont destinés à le transporter (1).
On se tromperait si l'on supposait, à cause de l'exïslenco de sièges à t'absîdc, que l'on s'est assis dans les églises comme on le fait aujourd'hui. Il est certain que les clercs, aussi bien que le peuple, se sont longtemps tenus debout durant les prières publiques et que l'adoucissement det sièges cl des bancs ne s'introduisit qu'assez tard el lentement. S. Chrodegang de Metz qui Gt, au IX" siècle, une ri'gle adoptée bientôt par le clergé d'uu grand nombre de cathédrales, maintient ènergiqucment la discipline qui oblige le chœur à être debout, et S. Pierre Damieo, au XI', réclame, par son opuscule au sujet de ceux qui s'asseoient • à l'oflice, contre les chanoines de Besançon, coupables de ce scandale : « Torporis ac desidiœ signum. »
En Orient, la coutume s'est mieux maintenue qu'en Occident. Il est des églises où les vieillards mêmes ne se
(I) V. M. deBussîèrc, Les sept bat. de Rome, tomel, page 387. — . La cliaire de marbre nommée scd^s slcrcoraria, doni les ppo- IcsUnls et les Philosophes se sonl égayés d'une manière si ignoble, est un siège sur lequel le pape nouvellement élu s'asseyait au portique de S.-Jcan-dc-LalrHn. Le ponlife se levait i cet paroles du psaume 112 : t De stercore erigil panperan, >
reposent que sur une béqaille en forme de (hau. Lebâlon, la béquille est aussi le premier moyen par lequel les Latins ont mitigé Texécution de la loi. Il fut d*abord concédé aux vieillards et aux inGrmes. La tolérance alla même si loin en quelques églises, que Ton s*y asseyait sur de la paille. L'usage des bâtons devint général» et les liturgistes des Xn® et XIII* siècles marquent les moments, tel que celui de la lecture de TÉvangile, où le peuple et les clercs doivent les déposer. Il a persévéré conséqoemment après l'adoption des stalles, nous allons le voir, et même les chantres l'ont gardé jusqu'à présent en plus d'une église.
 Saint-Maurice de Vienne, lés chantres avaient de longs bitons semblables aux bourdons de pèlerins. Je ne suis pas éloigné de croire que les pèlerins ont contribué à introduire ces bâtons dans les sanctuaires qu'ils visitaient et 6b ils arrivaient fatigués. Quelquefois , comme à Saint- Denis, on attachait aux bâtons de chantre un mouchoir (1). Il y eût des bâtons (brt riches, en argent, en ivoire, et qui portaient le globe surmonté de la croix, ou bien un petit dais abritant une statuette, l'image d'un patron.
La béquille même, propre à se placer sous l'aisselle , ne èoulageait que médiocrement, et l'on avait trouvé d'autres appuis ^ue l'on appelait forma ou formula (2). S. Grégoire de Tours dit que S. Germain s*agenouillait sur une forme pour prier au tombeau de S. Martin : <x Haud jprocul
(i) Qu*on me permette de faire observer que le moyen-âge, dans sa simplicité, n*a pas eu autant que nous de répugnance é étaler le mouchoir. Nous verrons, au sujet des vêtements liturgiques, que le prêtre portait ostensiblement à Tautcl divers linges de cette espèce*
(^ Yofr ces mots au Glots. de Ducangc.
formulant habens in quâ getiua citm nfcttsilaa potetrtt àeflte- Uhai I) En 81â, les moitiés fie Fulde se plaig'neot de ce qtia tear alibé condamne l'usage du bâlOD el de la forme du infliualoir : « Inelinaton'um quod nos formulam Hieimus morando hitrrre. » Jusqu'au IV siècle, rien a'ÎDJî(|ue que la forme soit aulte chose qu'uo banc mobile avec appui, une sorte de prie-Dieu (1).
A cette <!-poque apparaît la stalle. Les Slaluls de l'égltie de Maestrichi, en 1088, disent ; « Ahbalet de cititnte non tlabunl iiUer (anonieos ncc in stallo canonicorum. » Celte désigoatioD d'un nouveau siège est fréquente au\ siècles suivants. Nous avoDS des preuves que In sialle se relevait cl offrait une selloUe, nommée misériiorde. Pierre-le-Vènéralile en paile : " Cum tacerdos ad ehornm âïxerit : orale fralres, modeste scabellis elevalis in iilii subseltiis quœiisdem aibsclllbu» inhirrtnt acclivcs ex mure re$idcat>t. » S. Willelm d'dirsaugli, auquel S. Uldarîc ou Udalric dédia sa rédaction des Coutumes deCluny (1 1 10), avait fait ce statut pour son inonaslère : n Çui super sedi lia sedent, exertà manu fropter hoc parùm relrô vers! soient Uniler ta erigere , eodanque modo pro sonilu deviiando, deponere... Quatxdocum^tu quis super sedilium misericordias se habuerit se sustentât ibi ■ sicut est ad Gloria Palri. u C'est bien la conslitutioD essentielle de la stalle moderne.
MM. Jourdain el Duval la décomposent ainsi : c On y rencontrera toujours la miséricorde, l'appui, le museau, la parclose, l'accoudoir, et flaus les grandes églises te hautdossier, le dais et le double rang de hautes et basses formes.
(1) On usa Dusst de simples pliaalt. Au livre premier des Coulum» de Clun}', c. 12, on lit : t CompUcantur formœ. i
Déjà nous avons dit qae la miséricorde ou patience est le petit siège ou tasseau altaché au siège principal sur lequel on se tient en même temps assis et debout, quand celui-ci est levé. On le nommait encore subselliay sedicula en latin et sellette en français.
Vappui que la basse latinité appelle podium , s*entend quelquefois de la pièce de bois sur laquelle on appuie les coudes lorsqu'on est sur la miséricorde» et plus ordinairement de la partie de la stalle disposée en prie-Dieu.
LsLparclose^ sponda^ sépare une stalle d*une autre stalle. Cest de l'écbancrure et de la courbure élégante de la pardose que les formes empruntent principalement la légèreté et la grâce qui les distinguent. L'exlrén^ité de la pièce de bois dans laquelle s'engage la partie supérieure de la parclose est le museau de la stalle.
Vaccoudoir ou accotoir ^ que nos ayeux appelaient croche^ est placé sur le rampant de la parclose et sert d'appui aux coades quand la stalle est baissée. L'artiste du moyen-âge ne manque pas d'y faire briller la richesse de son ciseau.
Le haut-dossier est le lambris contre lequel s'adossent les stalles et dont la riche structure s'élève quelquefois de plusieurs mètres au-dessus d'elles. Il ne forme pas une partie intégrante du siège, mais il en est souvent le plus brillant accessoire et lui donne un caractère de noblesse et de grandeur que sa nature ne semblait pas comporter.
Un dais on baldaquin, élégamment décoré d'ogives, d'aiguilles, de clochetons, de pendentifs et culs-de-lampe on, comme disaient nos pères, de souspentes et lampettes^ surmonte ordinairement le dossier et forme à la stalle une magnifique couronne.
Quand les stalles sont disposées à droite et à gauche sur deux rangs étages, le rang supérieur prend le nom de
Halles-hautes ou hautes-formes, l'inférieur, celai de stalletbatsti op basses-formes (I).
Selon la liturgie romaine, la stalle la plus digne est aif centre de l'abside, lorsque les stalles sont disposées en hémicycle, derrière l'autel. S'il y avait une coupure au milieu, Mea que le cercle se dessinât encore, la stalle la plus digne serait la première à droite en regardant l'anlel, puis celle de gauche qai loi sert de pendant, et ainsi de soils en allant allerDaliTement à droite et à gauche. Si les stalka sont placées sur deux rangs parallèles, la plus digne est,' en regardant l'abside, an cdtè droit et à l'extrémité la pliw rapprochée de la nef. La dignité diminue en remootant de cette stalle vers l'abside, puis en descendant le rang opposé, de manière que la stalle la moins digne est eu face de la plus digne (2).
Les caraclères de la sculpture d'ornement que doda avons tracta en faisant l'histoire de l'architecture fixeront la date des stalles que l'on peut rencontrer. Celles de la cathédrale de Poitiers sont des plus anciennes que l'on connaÎMe ; elles datent du XIIl* siècle, leurs hauts-dossiers du XIV* (3).
(0 f^i tlaflci de la calh. d'j^miens, [>. 31 .
Celles d'Amiens sont admirables et datent da XVr siècle. On cite encore celles d'Aoch, de Rodez, de S.-Bertrandde-Comminges, de Brou, d'Alby, de la Chaise-Dieu, de PoDtigny, de S.-Claude, deChampeanx, d'Orbais, de SolesmeSt de Rouen, etc. (i). Le XVP siècle a été fécond dans ce genre d'ouvrage. On est étonné de l'incroyable richesse de sculptures qui s'y déploie. Ce ne sont pas seulement des moulures et des feuillages, mais une multitude de figures ou de bas-reliefs représentant des traits de l'histoire des deux Testaments. Les êtres symboliques, les animaux fantastiques et bizarres y sont nombreux, et souvent le sculpteur ne s'est fait aucun scrupule de descendre à Tobscénité, particulièrement dans les sculptures de la miséricorde.
La Renaissance, parfois si ingénieuse, à son premier élan, pour inventer et combiner les lignes capricieuses sur un fond grec, a laissé de remarquables boiseries. Mais les stalles s'alourdirent peu à peu et se réduisirent à une extrême simplicité, sans caractère artistique.
On ne garda rien de la richesse, ni même de la dignité des sièges anciens. Il est des églises où le prêtre oiBciant, le diacre et le sous-diacre s'asseoient sur un canapé de salon, en velours d'Utrecht. Des fauteuils de même genre ont presque partout remplacé les admirables chaiires du moyen-
divisions, il a ëlablî trois étages successifs : le plus bas, devant les stalles, destiné aux persunoages païens ; le second, au dos des stalles, réservé pour ceux de la Bible ; le plus élevé, sur le dais qui couronne les sièges, consacré aux sujets du Nouveau* Testament. Ce sont, en effet, comme trois degrés dans la marche de l'humanité. > Tome I*% page âl et suivantes.
(1) HH. Jourdain et Duval en donnent une description sommaire en appendice aux Stalles d'Amient.
â^, au grand <l<itriinent de la dignité et do rofifMet dO atr lieu saiul.
La plupart des grandes lïglises n'onl pas admis les bancs pour ks fidèles dans les nefs. Il est certain que l'arrhilec- (ure perd beaucoup, lorsque l'on encombre ainsi t'ëdilice : I«s proportions ne ressorient plus. C'est un des inconvénients entraînés par le prolongenient du cbœur dans le transept et la nef, et par l 'exhaussement des murs de clôture. La beauté des slalles â haut-Jussier et les sculptures sur le d L'ambulatoire ne sauraient faire compensation pour l'elTel d'ensemble. Sous ce rapport, au contraire, la disparition des jubés, d'ailleurs si regrellalde, fut plu lot ud bien, du moins lorsqu'ils n'étaient pas d'accord arec la construction et le sljte des églises où ils s'élevaient.
JcBÉs (1). Le jubé est une espèce de tribune (|ui lire son nom du premier mot que le prédicateur ou lecteur y prononçait en demandant la bénédiction au premier dignitaire du chœur. Le jubé et Vambon sont une mémo chose. La seconde dénomination vient du grec anabainô, monter ; cette tribune est élevée et Ton y arrive par des degrés. On lui a donné plusieurs autres noms, pupilrt, ln~ bunal, etc., qui ont généralement rapport h sa forme ou à son usage. On a longuement discuté sur la place des ambons dans l'église. Ils y en ont occupé plusieurs. Les uns sont entre le chœur et la nef et traversent toute la face du cbœur. Ce sont les plus grands et ils sont communs en Occident. Les archéologues, n tort, selon nous, leur réservent
(I) Tliicrs 0 crril sur les jubés une disperlalion de 300 pnges rcm|>lioB |iui' une Rlmrulnnic crtidilion. Je me liurncrni presque Il rénumcf CCI ouvrage, pour ce qui regarde les notions bj5ia-
le titre de jubés et Dominent les plus petits ambons. Les autres sont aussi entre le chœur et la nef; mais on en compte deux, parce qu*ils ne traversent pas tout le devant du chœur ; Tun est à droite, Taulre à gauche, et l'entrée du chœur les sépare. Ailleurs on voit Tambon également entre le chœur et la nef, mais il est au milieu et les portes du chœur s'ouvrent de chaque côté. Rarement ils sont à rintérieur du chœur. Quelques-uns, surtout en Orient, sont dans le milieu de la nef, vis-à^vis la porte du chœur ; en Italie, principalement, il y en eut aussi dans la nef, mais à droite ou à gauche, comme nos chaires à prêcher. Enfin il en existait plusieurs dans le chœur des chantres de certaines basiliques, un à gauche pour Tévangile, ui^autreà droite pour Tiépitre, et un troisième plus petit et plus bas pour les prophéties (i).
On comprend d^'à que les jubés devaient avoir diflérentes formes; ils étaient aussi de diverses matières. Les grands jubés, comme ceux de la Madeleine à Troyes, d'Alby, de Flavigny, de S.^Ëtienne-du-Mont, ressemblent à une longue tribune. Ils ont d'ordinaire, au-^dessus de la plate-forme, une balustrade à jour, découpée selon le style de répoqoe. Au-dessous ils formaient une ou plusieurs arcades. Celles-ci abritaient des statues, des autels, on livraient passage de la nef au chœur. On y montait par un, par deux ou quatre escaliers, soit directement, soit en tournant autour des piliers entre lesquels le jqbé avait été construit.
Les pauvres églises avaient plutôt des jubés en bois, et
(i) Voir des exemples de ces dispositions dans les Voyages l'tlur. de UbruQ-Desmarettes, et dans Thiers, De Vert.
les Txehci é^îsn en pierre ou en marbre. C'était encore on des objets où le scul{ileur semait les trésors de l'art. Les Grecs n'y ont pas épargné les coIodok d'or, les mosaïques et même les pierres précieuses. Aa-dessas on Tojail la croix, des lustres ou des couronnes de lumière, un on plusieurs [utrÏDS, parfois même dtsaulels.
Je ne sais s'il faut entendre d'un lutrin portatif ce qm; Snger dit (l'un pupitre qu'il Gt ri>parer à Saint-Denis; plusieurs croient (]u'il s'agit d'un ambon : » Pv!pilvmetiamaMtqvum , quod admirabile tabulamm cburneanim svbttlii^ simA nontritque temporibus itreparabili scalplurA, ei aaliquO' nim hisloriarum deicriptiime, humanam atlimaliotitm est»' àebaf, rtcoKtrlis tabuUs, qua in ûrcarum tt aubareanm frpositione diuliùs fœdabantur, refiei, dextràqut parte mtitulis animalibm cuprtit ne lanfa tamqut mirabilis dtperinl materia, ad profereadum superiùs saneti evangtlii kttimm erigi fecimm. »
Les jubés ont serti à des usages nombreux : on y prêchait et on y faisait les leclares et les annonces qai se font maintenant dans la cbaîre : on y lisait les lettres îréDiqnes on de communion entre les Églises, les actes des martyrs ; on y fulminait tes excommunications; les conYerlis y iaisaient lenr profession de foi. Le diacre y venait chanter l'évangile, et, tandis qu'il en montait les degrés, on chantait le graduel. Quelquefois le chœur des musiciens s'y pla^it. On y exposait des reliques ; on y déposait la Réserre du Jeudi-Saint. On y faisait enfin beaucoup d'antres cérémonies, telles que le couronnement et l'intronisation des rois, les bénédictions solennelles des rameaux et d«9 cendres, etc.
Depuis le XVU* siècle, on a démoli la plupart des jnbés et l'on a détruit ainsi plus d'an chef-d'œovre. Celui de la
cathédrale de Laogres avait été bâti, soas François V\ par le cardinal de Givry ; on en a sauvé quelques débris. Voilà ce que Ton aurait pu et du faire partout plus complètement. Nous regretterions moins une mesure sur laquelle, (du reste» il n*y a pas à revenir. Il n'est pas possible de rétablir ces monuments. La liturgie ne Texige pas ; ils sont oubliés, et les fidèles sont habitués à contempler à découvert la pompe des cérémonies » aliment pour la foi et la piété. Et comment rcconsVruirait-on ces barrières sans Duire à l'ensemble de Tédifice ? Nous partagerions toutefois l'indignation qui animait Thiers contre les ambonoçlasteSy si l'on venait à renverser les rares jubés qui subsistent et quiy sans parler de leur mérite propre, entretiennent du moins le souvenir d'une ancienne discipline. Chaiee. J'ai dit que l'on a prêché du jubé. On prêcha aassi de l'autel et de la chaire épiscopale. Prudence, déprivant l'église de S.-Hippolyte, a dit :
c Frente suh adversâ gradihus sublime tribunal Tolliiurj antistes prœdicat unde Deum. >
Et S. Sidoine, en son poème à Faoste, sur l'Eucharistie :
c Seu te conspicuis gradibus venerabilis aras Ccndonalurum plebs sedi^la circummlitf ExponUe legis bibat auribus ut mcdicinam. t
Il exista pourtant très anciennement des chaires mobiles, comme celles que Ton emploie dans les grandes basiliques de Rome. Elles devinrent plus communes à la propagation des ordres mendiants au Xlir siècle. Mais on n'en parle guères, et la construction des grands jubés doit avoir maintes fois déterminé leur abandon. Au contraire, Tabolition de ces derniers amena la multiplication des chaires à prêcher fixes, en bois ou en pierre, couronnées d'un ciel, d*un
ddme ou d'un baldaquin, attachées à UD des piliers de la Dcfuu isolées enire dcu5 piliers.
On a tovenlé de 1res ingénieux sujets pour la romposî— tion de c€s rbaires. Nous citerons, sous ce rapport, celle de Strasbourg, en slile flamboyant, exécutée l'an 1486, sur les dessins de Jean Ilaminerer; celle d"L'loQ. vérilable bijou de sculpture attribué à Ail^m Kraft, le plus grand sculpteur de sa nation ; celle de Mavencc, moins remarquable, quoique d'une grande beauté; enfin presque loulM les chaires des grandes églises de Flandre et de Relgique. La cathédrale de Trojes possède une chaire moderne, de bob et en style gothique : elle ne produit pas un gmodetTet (1). L'embarras le plus sérieux n'est pas d'imaginer le dessîo des chaires prises à part ; c'est de les mellre en harmonie avec l'édiGce. N'est-il pas vrai qu'elles encombrent l'église et ne répondent à rien, à moios qu'elles n'aient pour peu» 1 dant quelque massif banc-d'œuvre qui achève d'obsirner ' la nef (2J? On a essajé d'échancrer un pilier et d'y adapter une tribune, en mettant au-dessHs un dais on saillie. Il peut y avoir de l'habileté dans l'eséfuiion de cette idée ; mais il faut prendre garde de comproniettre, non-seulement la solidité réelle, mais encore la solidité apparente. On n'y a pas toujours réussi.
Lutrin. Le lutrin, Icclrimimdc Icgere, a été appelé aussi
(I) L'église de Cliauraont n élé cnrieliic pur le pcre d'EdniB Bouctiardoii et un de ses Ihibilcs ouvriers, nomme Lnndsman, d'une clinire ci d'un bHnc'd'tcuvrc qui jouissent, en ce pays, d'une grande et juste rcpuiûiion.
(3) Qu'on ne prenne cependant pas ce mot pour une condamna* lion absolue. I,e banc-d'œuvre, construit pour les fabricicns, tes seigneurs et protecteurs de l'cgiise, est souvent d'un fort beau travail <i mcrilc d'être coutervé et restaure avec soin.
lecîrictum^ tegtum^ pulpitum. Outre celui des chantres, il y eo avait d'autres pour le chaut de Tévangile, de Tépitre et des prophéties. A Langres, une grande statue de Moïse en bronze» préseniaii les tables de la Loi sur lesquelles le diacre posait symboliquement le livre des évangiles, a Aux Chartreux de Dijon, le lutrin de Tévaogile, dit Lebrun- DesmareUes, est une fort grande colonne de cuivre, au haut de laquelle il y a un phénix , et autour, les quatre animaux d*Ëzécbiel, qui servent de quatre pupitres qu'on tourne selon TÉvangile (I). » Il y a longtemps que Taigle reçoit les livres d'église sur ses ailes déployées. La chronique de Hugues de Flavigny nous le prouve : « Inslrvmen" ium porro illud quod paratum est receplui lextiis evangelii Joannes evangelista in similUudtnem Aquîlœ volantts adornaU.. » L'abbé Suger dit qu'il a fait redorer l'aigle qui est au milieu du chœur de son église (2). Durand témoigne que l'aigle était, au XilF siècle, le support ordinaire du livre de l'évangile et qu'aux jours de fêtes on l'ornait de draperies de lin ou de soie (3).
Poete-Crbist. Nous ne sortirons pas du chœur sans accorder un coup-d'œil au porte-christ que l'on est dans Fusage de poser au-dessus de l'entrée. Il y avait une croix sur les jubés, et puis celte partie de l'église a de tout temps reçu quelque marque dislinclive. C'est peut-être une tra-* ditioa des décorations de l'arc triomphal des basiliques (4).
(1) Lebrun-Dcsmarcttes. Voyages 2î/., p. i56.
(2) De rébus in adm. gcstis^ c. 32.
(3) Ration. Liber tV, De Evang. n. 20.
(4) Il existe encore dans plusieurs diocèses une coutume liturgique qui sert d« consécration à l*usàgc qui veut un porte-christ
On connaît Jcs porle-cbrisls des XV' et XVI' siècles qaïl consistent en nnc poutre peinte et sculptée traversant (l'ntt< mur à l'autre la largeur de la ncf(l). Cette poutre semble sortir de la yueulc affreuse de guivres sculptées contre té mur, aux estrémités. Elle porte au milieu le crucifix et quelquefois les statues de la Vierge et de S. Jean. Aux époques plus rapprochées. le crucifix repuàe ordinairement sur le haut d'une grille en Ter qui lient k la clôture ila cbœur ou qui en est séparée. Les lignes de fer sont quel*' quefois contournées de manière â former d'heureux des^ sius dignes des beaux temps de la serrurerie au moyens ' âge.
Confessionnal. II est un meuble qui n'a pas de place consacrée dans l'église et qui ne s'y est introduit que fort lard , c'est le confessionnal formé d'une loge close en France, ailleurs ouverte, pour le confesseur, et flanquée, pour les pénitents, d'une on de deux loges ouvertes , loaîr Séparées de la première par une cloison où l'on a pratîqo4 un grillage.
il j a des preuves que l'on s'est autrefois confessé prétf de l'autel ou au coin de l'autel. D'anciennes formules de confession portent : « Confiteof. . . coràm hoc altari tuo. » D'anciennes gravures représentent ainsi le pénitent, par exemple celles qui ornent les Heures de Ph. Pîgouchet, en 1498. Les statuts de Langres, dressés en 1404, sous Loois II, cardinal de Bar, ordonnent de confesser les hommes et
au-ilcssus de l'entrée du chœur. Cette coutume consiste dans une station qui se fait en cet endroit , notaoïmeui à la procession des' fonts, le jour ou le lendemain de Pùqucs.
(1) Exemple à Poissons (Haute-Marne)'.
sarloot les femmes « m loco patenli et non secreto veî sepd-^ rato à cammuni conspectu, » Les péoitents doivent se mettra à genoux, et les hommes ôter lear capuce ; le prêtre évitera de les voir en face. Des conciles et divers pénitentiels interdisent les coussins on montrent qae le pénitent pouvait ne pas rester à genoux tout le temps de la confession^ mais se tenir debout et même s'asseoir. Je ne m'étonne plus de voir aux catacombes le» deux sièges affrontés que nous avons regardés comme des confessionnaux. Plusieurs conciles, entre autres celui de Salisbury, en 1229 , pres- 'crivent, en particulier pour les confessions des femmes, l'usage d'un voile qui les sépare du prêtre. Un concile de Toulouse, en 1550, et deux autres de Milan et d*Aix, dans le même siècle , paraissent être ceux qui ont mentionné le plus anciennement les confessionnaux de bois et imposé l'obligation d'en procurer aux églises (1). Il y aura une image du crucifix sous les yeux du pénitent ; les cas réservés seront écrits du côté du confesseur. Aucun tronc^ pour recevoir des aumônes , n'y sera pratiqué ou suspendu : a NuIUb in eo capsulœ loculive ad colUgendas elee^ mo$yna$ amstrucli aut affixi appensive sinL i»
TaoNCS. Ces troncs ou boîtes pour recevoir les offrandes des fidèles à l'église et les aumônes aux pauvres paraissent avoir existé de tout temps dans nos temples. Ils perpétuent
Si) Voir là-dessus Grancolas, Les anc. liturg. , tome III, page . — M. Didron a publié dans le I*' volume des Ann, arch. un eoofessionnal en style du Xllh siècle, imité de deux confession* naux du XIV* qu'il a remarqués aux bas-côlés de N.-D.-de-Nu* remberg. S'il ne s'est pas trompé sur la destination de ces meubles, ce sont sans doute les plus anciens que l'on connaisse. L'é* glise de Chaumont (Haute-Marne) en possède un remarquable du XVII* siècle. Les loges latérales s'ouvrent de biais et le pénitent n*7 est pas trop exposé aux regards étrangers.
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le gasophylace du temple de Jérnsalem où la venve jel son denier. S. Paul parle des coMecles qui se faisaient I dimanche aux assemblées des chréliens, el Tertullien, i cniTre, arrœ genus , où chaque mois l'on déposai! ses dons j pour la subsisiance et la S(^pulliire des pauvres. S. Cbry- j soslûme escilc à l'aumône et s'écrie : Domum fuam fac ec^ I cltiiam, anulam ijazophtjlacitim. o Au moyen-âge, snrtoot J au temps des croisades el ensuite à l'époque des jubilés, ot j meolioane les troncs creux, niunis de serrures. Raoul d* 1 Diceto, en 1 16(> : « Cotteclam Jcroxolymilarum ustbut dc$~ I tinandam Iruneus m singulis ecctesiis adaclà sera conclusil.» Innocent ll[ ordonna d'eo poser dans toutes les églises (1)^ Ces colTres ont été nommés Iruncf, pnrce qu'ils étaient I creusés probablement dans des troncs d'arbres, ou parc* I qu'ils ressemblaient â ces Ironcs. On en rencontre detr軫 I anciens qui sont Torliliés par des armatures en Ter d'un c rieus travail ; d'aulressont entièrement en fer. Ils sootor^ \ dinairemenl peu éloignés de la porte principale.
Indéjicnd.imnienl des chaires , des bancs , des stalles, des confessionnans, des armoires et meubles de sacristie, les églises oiïrent souvent des boiseries intéressantes de la fin du XV siècle ou du XVT. Les derniers siècles n'ont pas été avares de lambris , el il y a peu de petites églises^ au diocèse de Langres, dont le chœur n'en soit tapissé. Les portes de la dernière période ogivale sont communes. Si elles ne sont pas généralement garnies de belles ferrures, comme celles qui ornaient les ventaux du \ll[' siècle, elles ont despanneauxmerveillenseaient sculptés. J'ai remarqué bien souvent que la sculpture des panneaux inférieurs fî-'
(1) Vovcz Du Can^e, Gloss.; Graiicolas, op. ci(., tom. II: gliain, Orig., lib. VUI, c. 7, n. H.
Bin'
giifait des plis, une sorte de draperie ; ceux du des^ds fcM prodoisent les réseaux des fenèlres, les dais et les clochetons de Tarcfaitectare (i).
Les lambris appliqués contre les murs sont générale-^ inent simples et de fraîche date. Trop souvent on les a po* Èés deranl les colonnes et les chapiteaux, en sorte qu'ils Otent à là partie de Tédifide où ils se trouvent son caractère architectural. Les arceaux des Toâtes se cachent à leqr iiaissâtltié derrière des planches qui causent ainsi reflet le plils disgracieux. Trop souvent encore oii a entamé la pierre^ coupé les Colonnes et les chapiteaux pour ménager au menuisier une surface plane. Ce sont d'intolérables abus.
Le XVP siècle fournit quelques exemples de lambris sculptés en bas^reliefs historiés. Le musée de Langres en renfeliîtequi proviennent d'une ^église de Suisse. Oii corn-* prend que Ton doit ménager avec soin les ouvrages de ce genre. D'autres ont été couverts de peintures ou d'arabes-» ques en incrustation de mastic. Ils ont droit au même res-* pect. Il est rare que l'ancienne menuiserie de chêne soit sans aucun mérite. Elle est digne d'être proposée à l'imitation. Les boiseries de sapin et de bois blanc qu'une fausse économie met en vogue exigent une peinture qu'il est indisp^isable de renouveler et qui ne vaudra jamais le lustre et la teinte du vieux chêne.
Un goût malheureux la fait peindre lui-même ; la peintofe à Thuile adhère fortemeùt et peut résister longtemps à la lessive et à la potasse. On a raison d'opérer, quand on le peut, ce débarbouillage.
(i) Planche V, fig. 3. Fragment d'une porte de Chaumont, imitée d'une porte de Beaune. A la cathédrale de Langres, il existe un modèle du même style.
ItJcrait lion de laisser entre les lambris et le mnr UB*1 intervalle pour la circulatioa de l'air, et do les élever un -1 }ieu au-dessus du sol. On préviendrait les efTelsdésaslreaK | de l'humidilé. Lorsque son action ou celle du temps oblige 1 à remplacer un panneau, on peut raccorder sa teinte i mo^en d'une dissolution de suîe ou d'une infusion de brou i de noix Buivie d'une application d'huile, n D'autres ou- J vricrs préfèrent un mélange de potasse et de terre de Cassel dans de l'eau ou de l'huile légèrement colorée avec de la I terre de Sienne. Celle-ci a une couleur plus dorée que la I terre de Cassel , qui rend le bois un peu foncé et d'an 1 violet presque noir (I). u
Je signalerai en linissant le retour dont nous sommes J témoins vers l'ancienne menuiserie et la sculpture sur bois. 1 Non seulement beaucoup d'ecclésiastiques secondent i mouvement ; mais il en est qui rivalisent avec les hucbien J du moyen-âge (2).
S in.
BAPTISTÈnES ET FONTS BAPTISMAUX.
SOMMAIRE. F^qn'iue d<^ l'aniieD rilgtl Jd bipU'iuc. — FnntiliiH h l'alrlom ia htsli-
Clnslficalion ilnlriots àa moyin-dijc. — Uénill^n. —CoDMili fODCciTaiit l'enlnliai ia IoDt.b.pli<D.eiii.
A l'aurore du Christianisme et durant les persécations, on baptisait en plein air, au bord des rivières et des foo-'
(1) Ces proccdcs sont indiques par M. Raymond Bordeeui. Bull, monum, tome XVII.
(2) Au diocèse de Langrcs, je citerai MM. les eurce de Cusej, de Oominartio-lc-S.-Pi:rc et de Daillancourt.
taines. Les actes des Apôtres nous rapprennent, et Ter-^ tullien représente S. Pierre conférant ce sacrement dans les flots da Tibre : a Quos Joannes in Jordane aut Petrus in Tiberi îinxit. » Mais quand la religion fat libre et que TÉ-* glise put déployer la pompe des cérémonies « le rite du baptême s'accomplit dans un lieu spécial et dans une forme pleine de grandeur.
La tradition des quatre premiers siècles jette une lumière abondante snir ce sujet. Déjà, dans les catacoitabes et là où les chrétiens étaient nombreux, il y avait, pour les catéchumènes, des salles où Teau baptismale était conservée. S. Justin, en son apologie, nous montre les néophytes sortant des fonts sacrés pour se rendre au milieu de leurs frères baptisés : «Eô deducuntur à nobis uhi aqua est... Nos autem postquam eum sic abluimus^ ad eos qui dicunlur fratres dedudmus ubi illi congregati sunt. » Le baptême solennel n'était célébré qu'aux veilles de Pâques et de la Pentecôte. En cas de nécessité, tout temps était bon : a Omne iempus habile baptismo b dit Terlultien écrivant sur ce sacrement. La réunion de nombreux catéchumènes, la présence des parrains, la cérémonie des renoncements, la profession de foi, les onctions de l'huile et du chrême, les trois immersions, les robes blanches que revêtaient les néophytes, le baiser de paix qu'ils recevaient, le lait et le miel qui leur étaient servis, le cierge ardent qu'ils prenaient à la main, la couronne qui ceignait leur front, les acclamations et les chants d'allégresse qui accueillaient leur entrée dans rËglise, entouraient la réception de ce sacrement auguste d'un caractère particulier, presque eOacé par les ohangements de la discipline.
Il fallait dessiner au moins à grands traits le cérémonial ancien pour concevoir l'importance et la richesse des an-
tiens baptistères, car il y .1 naturellement ane correspondance entre !e rile et le théâtre où il s'e\écute. Lorsque la baptême des adultes devint rare et qu'on baptisa tous let jours indistinctement, ou n'eut plus besoin d'uo édifice pour baptistère, et quand, vers le Xlir siècle, le baptèm* par iofusion succéda au baptême par immersion, la cut* baptismale cllc-mênic dut se n'itrùcir (I).
II Tant distinguer des baptistères les fontaines qui étaieit à l'atrium des églises primitives et qu^ S. Paulin de Nol« rappelle en ces termes :
« Sancla mlcm fntmili» inlcrîuU airia lijtnphU
t Canl)umu, imraniàmqHe manus tavat amne nùni$tro (3), »
S. Jean-Cbrj'soslomc parle en divers endroits de l'usagn de laver ses mains avant la prière, comme d'une pratique à laquelle on doit tenir. Se ne suis pas surpris que les fontaines supprimées chez les Latins existent encore, en Grèce, devant les églises du Mont- Atbos.
II convient de distinguer aussi le baptistère de la cave baptismale ou des fonts proprement dits. Le baptistère des anciennes basiliques s'élevait en dehors de l'atrium oo dans son enceinte. C'était un édifice de dimensions variables, éclairé parle haut et dont le plan était indifTéremmeat carré, circulaire, hexagone, octogone ou cruciforme. Quelquefois
(1) Je ne dis rien du baptême par aspersion ; il ne fol donné ainsi c[ue dans des cas cxccplionncis, et n'a pas de rapport avec J'urchcologic. S. Tiiomas observe, nu XEII' siècle, que le baptême par immersion est encore le plus trcquent : t Quamvit tutitu âî per tnodiim immcrsionis, qttla hoc habel comnmtiior uau. > Pars Ili, q. 66, arl. 7. Du reslc on baptisail au liesoin par infusion dés les premiers sii-cles, et S. Cypricn cul occasion de lever le* doute* - ^ue l'on pouvait atoir sur la validité de ce baptême.
(2) Ep. XII, ad Scv.
il se rattachait par des portiques à l'ensemble de la basi« liqne. Son architecture a suivi les mêmes lois que celle des antres monuments. Il s'enrichit bien souvent de matériaux enlevés aux temples païens renversés, de colonnes de marbre et de mosaïques. Près de S.-Âgnës-hors-les-MurSy on voit encore le baptistère circulaire bâti par Constantin et qni servit de sépulture à sainte Constance. Sainte-Harie- Majenre, à Nocera de Pagani, dans le royaume de Naples, est nn ancien baptistère de même forme et très vaste (1). Quelques-uns, comme celui de Sainte-Sophie, étaient assez grands pour que l'on y tint des conciles (2).
Au centre était un bassin profond, reproduisant d'ordinaire en son plan celui de l'édifice. Les cuves de granit on de marbre des bains publics furent parfois converties en cuves baptismales. Communément on bâtissait la cuve sur une aire de béton; on la décorait de sculptures ou de mosaïques. L'eau y arrivait et en sortait par des conduits souterrains, n y avait des degrés à l'intérieur pour descendre dans Teau. On en mettait aussi extérieurement, quand le bord de la cuve n'était pas à fleur de terre. Des auteurs en expliquaient symboliquement le nombre, a Fons origo ont" nium gratiarum est, dit S. Isidore de Séville, eujus $eptem graâui nmt. Très in descensu propter tria quibus r entinitamu$ : tre$ in tucensu propter tria quœ eonfitemur ; septimus verà qm et quarluSy similis filio hominis^ extinguens /bmaeem^ êtabililamentum pedunij fundamentum aquœ^ in quo omms pUnitudo divinitatis hahitat corpor aliter (3). » Une
(I) Albert Lenoir. Arcfùt, monast, 2^ partie.
(4) Bingham. Orig. Lib. VIII, c. 7.
(5) S. Isidore, De div, ofjic.j lib. II, c. 24. Le même nombre
galerie avec de petites cclonoes supporlaot ane coDverluH entourait quelquefois ce bassia. Il a refit le nom de pisciae-l Goit de la piscine de Bethsaïde où l'aveugle recouvra la vue, ' soil a cause du symbolisme du poisson que nous étaiiltroni ailleurs, comme nous en avons déjà fait la remarque.
Le catéchumène y entrait nu et tout entier. Il était enseveli en quelque sorte soQS l'eau, selon les paroles de l'a-it pôtre : « ConsepuUi sumus cum Chrislo per baptîsmum «| j morlem. » Sa nudité rappelait l'état de Jésus crucifié et la 1 dépouillemeut du vieil hommo. Les diaconesses assistaient j les femmes au baptême. Au moyen-âge, les sculptures et j les vitraux reproduisent une forme de baptême que l'on { pourrait dire mii^te ; elle lient de l'immersion et de l'infu— I siou. Le calécliuméue est plongé dans la cuve baptismale j à mi-corps ; le ministre qui le baptise en celte position lui ( verse de l'eau sur la tête.
Entre les décorations des baptistères on mentionne les \ peintures dont le sujet avait trait au sacrement qu'où y administrait. Le rituel romain conseille d'y placer l'image de S. Jean-Baptiste donnant le baptême à J.-C. Les églises modernes, en se conformant à ce vœu, sont fidèles a l'antique tradition. On suspendait, au-dessus des piscines, des colombes d'or et d'argent, emblème de la colombe dont le Saint-Esprit revêtit l'apparence au baptême de Notre-Seigneur. Le concile de Constantinople, en 536, a parlé de cette coutume : « Columbas aureas et argenleas m (iguram Spirilùs-Sancti super divina lavacra appensas sibi appr(H
de sc|)l degrés se retrouve avec une interprclalion identique dans Alcuin, De div. i>(fi. Au samedi saint, cl <tnns le Gimma anima; lîb. III, c. i 12. D'où je conclus qu'il y avait là quelque chose de iradilioancl.
priavii. (t)» Les yen suivants, da moine ^Egidi us, au VIII' siècle» retracent les sujets habituels des peintures des baptistères et montrent que les artistes chrétiens se souvenaient des monuments destinés aux ablutions dans Tancienne Loi, en exécutant les cuves baptismales de la Loi nouvelle :
€ Fontes fecit opère fabrili Arte vix comparabtli, Duodecim qui stistment Boves, typum grattœ continent.
Materia est de mysterio Qtiod tractatur in baptisterio.
Hic baptisât Joannes Dominum^ Hic gentilem Peirtis ComeliuMf Baptisatur Craton philosophuSy Ad Joannem confluit populus ; Hoc quod fontes desuper operit Apostolos et prophetas exerit (2). >
Mais je ne sais rien de plus propre à nous former une juste idée de la magniCcence des baptistères des grandes églises , que la description de celui où S. Silvestre aurait baptisé Constantin (3). On la lit dans la vie de ce pontife par Ânastase-le-Bibliothécaire (4). Plus de 3,000 livres d'argent très pur avaient servi à Tornement du bassin de porphyre. Plusieurs colonnes de porphyre portaient des fioles d'or pur du poids de 52 livres. On y consumait, au temps de Pâques , 200 livres de parfums qui brûlaient au
(1) Act. V.
(2) ^gidius. Édition de Hignc.
(3) On sait qu'il y a ici un problême historique, il o*iinporlc pas à notre sujet.
(4) Page 14. Imprim. royale 1640.