‹ Cours d'art et d'histoire militaires. AppendiceChapitre 19 sur 50 · II · texte numérisé non relu

II

« — Ce pauvre monsieur de Mêlas passera par Turin, (( se repliera sur Alexandrie •*.. Je passerai le Pô. Je « le rejoindrai sur la route de Plaisance, dans les c( plaines delaScriviaet je le battrai là... — En disant « ces mots, il posait un de ses signes à San-Giuliano.» En 1805, Napoléon dicte de Boulogne le plan des opérations qu'il veut suivre contre l'armée autrichienne. Tout le monde sait qu'il le réalisa de point en point.

Cependant il est clair que le plan de campagne doit se borner aux grandes dispositions stratégiques. C'est le cadre ou le canevas des opérations. Mais, tout en indiquant leur ensemble, il doit laisser une grande latitude pour les mouvements de détail et d'exécution.

Il ne serait pas possible d'en faire un journal qui prescrirait les manœuvres de chaque jour. Ce serait vouloir enchaîner d'une manière trop rigoureuse les mouvements des corps d'armée. Ce serait en môme temps ne pas tenir compte des nombreuses éventualités qui se présentent à la guerre.

Il faut donc que le plan de campagne présente seulement l'ensemble général des opérations et qu'il reste susceptible d'être modifié suivant les diverses circonstances qui peuvent se présenter.

Voilà les conditions générales que doit remplir un plan de campagne. Il y a ensuite des oonditions particulières, dont j'emprunte l'énumération au prince de Ligne :

r Un plan de campagne doit indiquer clairement le but des opérations ;

2"" Il doit prévoir tous les cas, les succès pour e profiter, pour n'en pas être étonné , les revers pour parer;

3* Il doit estimer les moyens et les ressources de rennemi et ne les estimer ni trop haut ni trop bas ;

4"* Il doit être basé sur une connaissance parfaite des hommes, des circonstances et du pays;

5* Enfin, il faut toujours afiioher Toffensive, môme quand on reste sur la défensive.

Telles sont les considérations générales relatives aux plans de campagne.

J'ajouterai que les moyens donnés à un général pour atteindre le but qu'on lui indique doivent être proportionnés à l'entreprise. C'est là le premier principe de la guerre et la base de tout plan de campagne.

Nous distinguerons ensuite deux espèces de plans de campagne : les plans de campagne offensifs et les plans de campagne défensîfs.

Dans le cas de TofTensive, le but à atteindre est l'occupation des points principaux du théâtre d'opérations, et particulièrement des divers objectifs, après la ruine des forces ennemies.

Dans le cas de la défensive, le but à atteindre est de couvrir les mêmes points et d'empêcher les progrès de l'armée opposée.

Il est évident que les combinaisons à employer dans les deux cas ne sont pas les mêmes.

Il y a donc une différence entre les plans de campagne offensifs et les plans de campagne défensîfs.

Néanmoins, les uns et les autres ont une base commune.

Cette base constitue leur première partie. Elle est exacte, c'est-à-dire qu'elle s'établit sur des données positives. Nousallonsnousen occuper immédiatement.

Nous verrons ensuite la deuxième partie, d'abord dans l'offensive, puis dans la défensive. Cette deuxième partie, dans les deux cas, est hypothétique; elle s^éta-

blit d'après des considérations purement militaires et d*après des données qui ne sont le plus souvent que des hypothèses.

La première partie d'un plan de campagne, celle qui lui sert de base, repose sur trois espèces de considérations ou sur trois éléments principaux :

r II y a d*abord une partie géographique, comprenant rétude de l'ensemble du théâtre d'opérations. Cette étude se fait d'après une carte générale, offrant dans un même cadre la totalité de l'échiquier.

Pour remplir son objet, il suffît que cette carte donne exactement :

Les limites des États ;

La position des lieux, particulièrement des points stratégiques, c'est-à-dire de ceux qui doivent jouer un rôle dans les opérations ;

La direction des cours d'eau, des montagnes et des voies de communication, c'est-à-dire des lignes stratégiques, territoriales ou de manœuvres.

Les cartes les meilleures sont les plus claires, c'està-dire celles qui présentent le moins de détails inutiles.

L'étude géographique du théâtre d'opérations comprend l'examen du rôle de ses divers accidents, le calcul des marches qu'offrent les diverses lignes d'opérations, et déplus tous les détails que l'on ne trouve pas sur les cartes.

Gomme exemples de descriptions de ce genre, je citerai :

La description de l'Italie dans les Mémoires de Napoléon ;

Celle des vallées du Mein et du Danube, par l'archiduc Charles , dans sa relation de la campagne de 1796 en Allemagne;

Enfin celle du théâtre des opérations de 1809, par le général Pelet, dans son histoire de cette campagne.

i"* Nous trouvons ensuite dans un plan de campagne la partie historique qui présente l'étude des campagnes précédemment faites sur le théâtre où l'on doit opérer. On recherche alors les fautes commises et les inspirations heureuses , on examine les succès et les revers en s'efforçant d'en pénétrer les causes. C'est dans cette étude qu'un général trouvera la source de ses combinaisons.

Celles qui sont applicables sur un même théâtre ne sont pas très-nombreuses.

Sachant ce qu'ont fait ses devanciers, un général en chef devinera alors plus facilement ce qu'il doit faire lui-même, en tenant compte de la différence des temps, des hommes et des circonstances.

3* Enfin vient la partie statistique relative à l'évaluation des ressources des deux puissances belligérantes; ressources en hommes, en chevaux, en argent, en approvisionnements de toute espèce.

Telles sont les différentes considérations qui forment la première partie d'un plan de campagne, partie commune, base commune, à Toiïensive et à la défensive.

Voyons maintenant la partie spéciale des plans de campagne, dans l'un et dans l'autre cas.

Pirtte ipfclale à l'offeiisif e. — Cette deuxième partie s'étaJblit d'après des considérations purement militaires ; elle présente l'ensemble des combinaisons à exécuter.

On connaît d'avance le but que Ton veut atteindre. Ce but est indiqué, comme je l'ai dit précédemment, par le plan général de la guerre.

Il représente Tobjectif définitif de la campagne.

C'est un objectif géographique comme Maëstricht, pour la campagne de 1673, sous Louis XIV.

Comme Vienne, en 1800, pour l'armée d'Allemagne.

Comme Paris, en 1814, pour les alliés.

C'est un objectif de manœuvres, un objectif éventuel, mobile, comme l'armée de Mêlas, en 1800, dans la campagne d'Italie; comme celles de Mack et de Kutusoff, en 1805.

Pour arriver à cet objectif définitif, il faut passer par une série d'objectifs secondaires, et la conquête de chacun d'eux marque une période particulière de la campagne.

Le plan d'opérations indique d'abord ces divers objectifs et les diverses périodes probables de la campagne.

On connaît ensuite la force, l'organisation et la position des différents corps ennemis. On obtient des renseignements sur ces divers objets au moyen des reconnaissances , des correspondances, et surtout au moyen des espions. En même temps, on connaît d'une manière plus ou moins complète la valeur des troupes opposées, les sentiments qui les animent et le caractère particulier du général qui les commande.

Alors, connaissant le but à atteindre, la résistance que Ton doit rencontrer, et enfin les moyens d'attaque dont on dispose soi-même , on établit la combinaison stratégique qui paraît la meilleure pour assurer la réussite de ses projets.

C'est le moment de se rappeler qu'à « la guerre, « d'aprèsl'opinîon de l'Empereur, on doitentreprendre « tout ce que Ton peut faire de plus conforme aux <( principes, et que la fortune fait le reste, » pourvu.

toutefois , que les moyens dont on dispose soient en rapport avec Tentreprise que Ton projette. C'est le moment de se dire qu'il est impossible de tout prévoir, et que l'on ne ferait rien, si on ne laissait pas quelque chose au hasard. L'Empereur veut que l'on donne les 2/3 des chances au calcul et 1/3 au hasard.

Quoi qu'il en soit, la combinaison stratégique que l'on établit est une de celles dont nous avons parlé précédemment :

Attaque de front ; Attaque de flanc ; Mouvement tournant ;

En tenant compte des manœuvres de l'ennemi et des mouvements probables qu'il opposera à notre attaque. Il faut apprécier alors les diverses hypothèses qui peuvent se présenter. Cette appréciation est délicate ; elle est basée sur la connaissance du terrain, de la valeur des troupes ennemies , du caractère particulier de leur général.

Il faut, en môme temps, prévoir le cas où des manœuvres ne suffiraient pas pour déposter l'armée défensive, et où il faudrait en venir à une bataille. On doit se préparer à la livrer avec des éléments de supériorité, et on prévoit aussi toutes les chances avanta->» geuses ou désavantageuses.

Toute combinaison stratégique repose sur une base et s'exécute sur une ligne d'opérations.

Le plan de campagne offensif, après l'indication de la combinaison , doit donc indiquer la base d'où l'on partira et la ligne d'opérations que l'on devra suivre.

La base d'opérations doit remplir toutes les condi- 'îons indiquées précédemment , et surtout permettre

jusqu*au dernier moment de tenir l'ennemi dans l'incertitude sur le véritable point d'attaque.

La ligne d'opérations doit également remplir toutes les conditions indiquées: elle sera étudiée avec soin; le calcul des marches qu'elle présente, l'indication des ressources qu'elle offre, enfin l'examen des divers fronts d'opérations 9 par lesquels passera l'armée, seront également contenus dans le plan de campagne.

Ce plan indiquera ainsi d'abord tout ce qui se rapporte à la première combinaison stratégique, dirigée contre la première position de l'ennemi et formant la première période de la campagne.

Il devra indiquer ensuite les manœuvres des périodes suivantes.

Mais ici, en raison de l'éloignement et de l'incertitude des événements , le plan de campagne sera plus que jamais, seulement un canevas, un grand cadre, susceptible d'être modifié suivant les circonstances et de se développer au fureta mesure que lacampagne s'avancera.

Voilà les principes généraux d'après lesquels on établit un plan de campagne offensif.

Je citerai comme exemple le plan de campagne de 1796, en Italie.

En 1796, Bonaparte prend le commandement de l'armée d'Italie, il établit pour elle un plan de campagne offensif.

Il possède tous les éléments géographiques nécessaires à l'établissement de ce plan ; il connaît parfaitement son échiquier, et l'on peut citer comme un modèle sa description de la haute Italie.

11 en est de môme, sous le rapport historique, car il arrive du dépôt de la guerre où il a étudié avec soin

toutes les campagnes qui ont eu lieu sur ce théâtre. Enfin, sous le rapport statistique, il a des données trèscomplètes que l'on retrouve dans ses Mémoires.

L'objectif définitif qu'il veut atteindre est Mantoue pour cette première campagne; son premier objectif secondaire est un résultat éventuel : la séparation des Autrichiens et des Piémontais.

Il a devant lui un vieux général de 76 ans, brave, mais routinier, commandant 80,000 hommes; luimême n'en a que 35,000, mais ce sont des hommes énergiques, éprouvés, trèsHSupérieurs à leurs adversaires.

Voilà le but à atteindre, les obstacles, les moyens.

Sa combinaison consiste à tomber en masse , avec environ 30,000 hommes réunis, sur le centre des Austro-Sardes, étendus en cordon, depuis Gênes jusqu'au col de Tende.

Il part de l'Apennin, comme base; de Gênes et de Savone, comme points d'appui.

II prend pour ligne d'opérations la route de Savone à Alexandrie, et après Montenotte et Dego, il prend, comme ligne d'opérations accidentelle, la route de Turin par Ceva et Cherasco.

Tel est le plan de la première période de la campagne.

Puis, après le succès de cette première période, Bonaparte compte gagner les Autrichiens de vitesse, les tourner par leur gauche en passant le Pô, au-dessous de leurs premières lignes de défense; enfin il compte les refouler jusque sur l'Adige, s'établir derrière cette ligne et couvrir le Piémont et la Lombardie qu'il organisera et d'oii il tirera ses ressources.

Tels sont les traits principaux du plan de campagne de 1796.

Di pUi de oaupagne dèfenglf. — Le plan de campagne défensif s'appelle généralement plan de défense.

Il a la même base que le plan de campagne ofTensif, et ses trois premiers éléments sont :

!• Une description géographique de Téchiquier ; T Une étude historique; 3* Des données statistiques.

Puis vient la partie spéciale à la défensive.

Celle-ci présente d'abord Tindication du but que l'on veut atteindre, c'est-à-dire des divers objectifs que l'on veut couvrir.

L'objectif définitif est ordinairement la capitale du pays, comme Lisbonne dans la campagne de 1810, Moscou en 1812, Paris en 1814.

Les objectifs secondaires, qui sont échelonnés en avant, sont des places fortes ou des capitales de province. En 1810, dans la campagne de Portugal, c'étaient Rodrigo, Almeida et Coïmbre; dans la campagne de 1812, c'étaient Wilna et Smolensk; dans celle de 1814, Nancy et Châlons.

Et les opérations relatives à la défense de chacun de ces points constituent ordinairement une période particulière de campagne.

Après l'indication des objectifs, vient l'estimation des forces ennemies, avec leë détails de leur orglinisa— tion et des positions qu'elles occupent. Généralemieilt, l'armée offensive est supérieure à l'armée défensive. Il en était ainsi en 1810, en Portugal ; en 1812, en Russie; en 1814, dans la campagne de France. En 1799,

le moral de l'armée et les talents du général rachetaient rinférîorîté du nombre.

Et alors connaissant le but à atteindre, la force de l'assaillant et la force de résistance dont on dispose, on établit la combinaison stratégique qui forme la partie principale du plan de campagne.

Généralement, la guerre défensive consiste dans une retraite lente et méthodique, pendant laquelle l'armée offensive s'affaiblit par les fatigues, par les combats, parla nécessité oti elle se trouve de garder ses derrières, de bloquer les places fortes et de faire à chaque instant de gros détachements.

L'armée défensive, au contraire, qui se retire ourses réserves, se complète et se renforce chaque jour. Elle présente une résistance qui va sans cesse en grandissant, jusqu'au moment où l'équilibre entre les deux années se trouve rétabli, et où l'on peut alors tenter avec succès les chances d'une bataille.

Tels sont les principes qui ont été suivis en lÔlO, daDS la campagne de Portugal, et en 1812, dans la eampagn.e de Russie.

Il faut observer que, dans ce cas, on sacrifie le pays çtii se trouve ravagé et ruiné par le passage des armées*

Wellington et Barclay de ToUy pouvaient ne pas tenir compte de cette considération : l'un opérait chez des Alliés et ne les ménageait guère ; Tautre opérait dans DU pays immense, peu peuplé et peu cultivé. Mais il Mt. évident que, dans une campagne défensive en France, il faudrait en tenir compte.

Quoi qu'il en soit, avec ce système de guerre, il y a lieu d'étudier à l'avance chacune des lignes de défense que présente le théâtre d'opérations* Et 8ur chacune

(relies, la seule manœuvre à opposer aux attaques de Tennemî consistera à y tenir le plus longtemps possible sans se compromettre et à rétrograder ensuite avec ordre , de manière à retarder l'ennemi et à lui faire tout le mal possible, sans cependant donner prise à ses manœuvres.

Généralement, comme je l'ai dit, l'armée offensive est supérieure à l'armée défensive. Il serait donc téméraire à celle-ci de vouloir tenter le sort d'une bataille, pendant la première période des opérations. Il vaut mieux qu'elle rétrograde lentement, avec ordre» avec méthode, en contenant vigoureusement les avantgardes de l'ennemi , en ne cherchant que des succès partiels qui ne la compromettent pas, jusqu'à ce qu'enfin l'équilibre se trouve à peu près rétabli.

Le plan de campagne établi d'après ce système présentera alors tous les détails relatifs à la défense de chacune des lignes stratégiques de l'échiquier. En même temps, pour chacune des positions de l'année, il indiquera la base et la ligne d'opérations.

Les détails relatifs à l'organisation de chacune des lignes de défense comportent la rupture des ponts et des chemins, les abatis à disposer , les inondations à tendre, l'organisation des corps de partisans , enfin la mise en état de défense des places fortes et l'indication du rôle de chacune d'elles.

Les places fortes jouent un grand rôle dans la défense des États; elles servent à paralyser une partie des forces de l'ennemi, soit qu'il les assiège, soit qu'il se contente de les bloquer.

Le plan de défense présentera enfin l'organisation d'un réduit pour le théâtre d'opérations, grande place ou grand camp retranché, comme celui de Torrès-

Vedras en 1810. C'est là que se passera le dernier acte de la campagne, que viendra échouer Tattaque ou expirer la défense*

Voilà l'ensemble d'un plan de campagne défensif .

Mais je n'ai parlé jusqu'ici que de la défense directe, c'estr-à-dire de celle qui s'oppose de front aux entreprises de l'adversaire.

Il y en a encore une autre que l'on appelle la défense indirecte et qui s'organise alors siu* les flancs et les derrières de l'ennemi ; elle menace sa ligne d'opérations et sa base ; elle le force à de gros détachements pour couvrir ses communications.

Généralement on emploie simultanément les deux moyens, donnant , suivant le cas , la plus grande importance à l'un ou à l'autre.

C^est ainsi qu'en 1814, pendant la première partie de la campagne. Napoléon oppose de front une résistance directe aux entreprises des alliés; et Augereau, au même moment, doit remonter la vallée de la Saône pour couper leur ligne d'opérations et effectuer ainsi la résistance indirecte. Vers la fin de la campagne, l'Empereur laisse devant les alliés seulement deux maréchaux, et avec le gros de ses forces il se jette sur leurs communications, faisant ainsi de la résistance indirecte son principal moyen.

Le plan de défense tiendra donc compte de la défense indirecte et la préparera, au moyen de certains corps de l'armée active, au moyen de corps de partisans, et enfin au moyen de levées en masse.

Les partisans sont de petites troupes de gens du pays, commandés par un chef intelligent, vigoureux et actif. Ils opèrent sur les derrières ou sur les flancs de l'ennemi; ils attaquent les convois, les courriers: ils font

beaucoup de mal. En Espagne, en Portugal, en Russie, ils ont vigoureusement concouru à la défense du pays.

Les levées en masse sont formées par les habitants, lorsqu'ils sont ruinés par les exigences de l'occupation étrangère ; ils doivent trouver dans les places fortes des • dépôts d'armes et de munitions; ils interceptent les communications de l'ennemi et se jettent sur ses derrières.

La guerre prend alors des proportions toutes nouvelles. Elle devient une guerre d'extermination. Le pays est dévasté, mais les armées régulières ont bien de la peine à triompher de semblables moyens, quand, toutefois, elles n'y succombent pas.

Je citerai comme exemples TEspagne, le Portugal et la Russie en 1808, 1810 et 1812.

Examinons, à l'appui des principes qui précèdent, le plan de campagne défensif de Wellington en 1810 (Voir Fi ff. 3, pi. VII).

Le général anglais représentait à la fois le gouvernement du pays et le commandement de l'armée. Il devait donc s'occuper du plan de la guerre, en même temps que du plan de campagne proprement dit.

Le Portugal présentait quatre fronts d'attaque. ; Celui du Minho, au nord, envahi par Soult en 1809 ; Celui du Mondego, au nord-est , menacé par Masséna;

Celui du Tage , par Alcantara, à Test, envahi par Junoten 1808;

EnHn celui du Guadalquivir, au sud-est, par Badajoz, menacé par Soult avec l'armée d'Andalousie.

Wellington pressent deux attaques, une principale, celle de Masséna, par le Mondego; une secondaire, celle de Soult, par le Guadalquivir.

Il place alors son armée principale à Yiseu, derrière Rodrigo et Almeida ;

Une armée secondaire à Elvas,' derrière le Guadalquîvir;

Et sur les deux autres fronts des milices du pays et des corps de partisans.

Le plan de campagne de l'armée principale consiste àdéfendre successivement les trois lignes deTAgueda, delà Coa et du Mondego, avec les trois places de Rodrigo, d' Almeida et de Coïmbre, et de venir enfin s'abriter dans un réduit inattaquable auprès de Lisbonne, celui de Torrès-Vedras.

Il combine en môme temps la défense indirecte avec la défense directe.

Tout le pays est soulevé, inondé de partisans et de milices.

Le territoire est ravagé ;

Et quand Masséna s avance sur Lisbonne, il perd immédiatement ses communications. Le pays sereferme derrière lui. Le plan de Wellington assure le succès de la campagne. Mais, ainsi que je Tai fait remarquer, il n'est pas applicable partout.

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