QUATORZIÈME LEÇON
Ensemble des opérations d*ane campagne offensWe. — ATantages 4e rinilialiTe. — Diverses périodes de la campagne; ses résultats.
Mvcbe des opérations dans la guerre défensive. — Préparation de fécbiquier. — Différents moyens de résistance.-— Diverses périodes d'nne campagne défensive.
Nous connaissons :
Le théâtre d'opérations, Le plan de campagne,
Et les principes d'après lesquels les armées exécutent les mouvements stratégiques.
Nous allons voir l'ensemble des opérations d'une campagne offensive ou défensive. Nous aurons ainsi terminé la stratégie.
Comme je l'ai dit précédemment, les armées sont rassemblées ou au moins préparées avant la déclaration de guerre.
Généralement, sur chaque théâtre d'opérations, nous trouvons deux armées : l'une offensive et l'autre défensive.
Au début des hostilités , l'armée offensive est concentrée sur sa base d'opérations; l'armée défensive est établie en arrière de sa première ligne de défense.
Voilà l'état ordinaire des choses avant l'ouverture de la campagne.
Toute campagne se décompose en plusieurs périodes.
On appelle période de campagne, une série d'opérations ayant un objectif particulier, comprenant les manœuvres relatives à Toccupation de cet objectif, et séparée d'une manière distincte des opérations qui précèdent ou de celles qui suivent.
Ainsi, en 1796, nous avons une première période de campagne de l'Apennin au Pô, du 1 1 avril au 10 mai}
Une seconde du Pô à l'Adige ;
Une troisième, pour repousser la première attaque de Wurmser ;
Une quatrième, pour compléter la précédente dans la vallée de la Brenta ;
Une cinquième, contre Alvinzi, marquée par la bataille d'Arcole ;
Une sixième, marquée par la bataille de Rivoli;
Enfin une septième , contre l'archiduc Charles.
Dans la campagne de 1800 en Allemagne, M. de
Carrion-Nisas reconnaît :
Une campagne d'été , qui se subdivise en trois périodés : la première du 24 avril au 1 0 mai ; la deuxième du 10 mai au 10 juin ; la troisième du 10 juin ao 15 juillet;
Et une campagne d'hiver, qui se subdivise également en trois périodes : la première , depuis la rupture de l'armistice jusqu'au 30 novembre ; la deuxième, du 30 novembre au 4 décembre ; la troisième, du 4 décembre au 23.
Dans la campagne de 1805, que nous examinerons tout à l'heure, nous trouverons quatre périodes. De sorte que chaque campagne , offensive ou défensive, se divise en un certain nombre de périodes.
■arche des opérations dans la guerre ofltonsife. — Suivons les diverses périodes d*une campagne offensive.
Je dirai d'abord que l'offensive en stratégie présente les avantages suivants :
1"* La confiance du soldat est doublée ;
2* L'on a un but : Ton sait ce que l'on veut faire; Tadversaire l'ignore; il est dérouté; ses manœuvre^ sont subordonnées à celles de l'attaque ;
3"* L'initiative amène généralement des sucdès partiels; l'ennemi est surpris, et le plus souvent les com-* bats livrés à ses avant-gardes sont à l'avanta^ de Tassaillant. La supériorité conquise dans ces premiers engagements se conserve généralement pendant toute la campagne et en décide le succès.
Tels sont les avantages de l'offensive en stratégie.
L'Empereur y attachait une grande importance. L'offensive était dans son caractère aussi bien que dans le caractère français. On Je voit prendre l'offensive en 4796, 1800, 1805, 1806, etc Et il savait alors imprimer à ses mouvements stratégiques une rapidité foudroyante. Il faisait en une heure ce que les autres faisaient en un jour, et en une semaine ce que les autres faisaient en un mois.
L'armée offensive se met la première en mouvement.
Sa concentration, comme je l'ai dit dans une leçon antérieure, a dû être tenue aussi secrète que possible. C'est de là que dépend souvent le succès de la cam-^
pagne.
En même temps, la base d'opérations d'oît elle va partir a dû être organisée à l'avance suivant les prîn-» cipes indiqués précédemment.
L'armée offensive débouche tout à coup par une des têtes de pont de cette base ; elle se dirige rapidement vers son premier objectif.
Lee opérations relatives à la conquête de ce point vont former la première période de la campagne.
L*armée est organisée en un certain nombre de corps : cinq, je suppose.
Elle s'avance sur sa ligne d'opérations en plusieurs colonnes, trois par exemple, une principale au centre, comprenant trois corps d'armée, et deux secondaires, aux ailes, formées chacune d'un corps d'armée.
Les hommes portent 6 ou 8 jours de vivres. Les équipages qui accompagnent l'armée en portent pour 8 ou 10 jours.
L'armée peut manœuvrer pendant au moins 1 5 jours sans se préoccuper de ses subsistances.
Immédiatement après que l'armée offensive a quitté sa base, elle est remplacée par une armée de réserve, comprenant une ou deux bonnes divisions, les dépôts des régiments de l'armé active, des cohortes de garde
nationale, etc Cette armée de réserve garde les
places de la base et assure les communications.
L'armée défensive est probablement rassemblée et s'attend à l'attaque. Elle occupe une bonne position, en arrière d'une ligne de défense et appuyée à quelque place forte, comme l'armée de Mack, derrière riller, s'appuyant à Ulm.
Si cette armée n'est pas rassemblée, elle est tout au moins cantonnée de manière à pouvoir se concentrer en 24 heures, comme l'armée prussienne à Ligny.
Alors on se dirige soit sur le centre de cette armée, comme en 1796 et en 1812, etc., soit sur l'une de ses ailes, comme en 1806, soit enfin sur ses derrières, comme en 1800 et 1805.
En un mot, ^on cherche à réaliser une des combinaisons stratégiques que j'ai indiquées, combinaison qui forme la partie la plus importante du plan de campagne.
Dans tous les cas, on se porte le plus tôt possible en présence de son adversaire, de manière à le serrer de près.
C'est ce que faisaient Turenne et Montecuculli.
Ce que Ton peut appeler croiser le fer, se tenir en contact avec l'ennemi. On peut ainsi mieux juger ses intentions, mieux deviner ses projets.
L'armée offensive manœuvre donc autour de Tar* mée défensive ; elle cherche à la déposter en menaçant son centre. Tune de ses ailes ou ses derrières.
Si les manœuvres ne suffisent pas pour faire abandonner la position, alors on en vient à une bataille.
Vaincu, on se retire sur sa base pour se réorganiser et recommencer les opérations, ou bien pour arrêter la poursuite de l'ennemi si celui-ci prend l'offensive à son tour.
Vainqueur, on poursuit l'armée battue, on occupe son premier objectif, et ce but atteint, on s'arrête un instant sur sa première base secondaire, pour se réorganiser, renouveler ses munitions, ses approvisionnements, et se préparer à la deuxième période de la campagne.
On établit en même temps sur sa première base secondaire une réserve stratégique, composée de divisions venant de la base principale, de corps fatigués, de convalescents et quelquefois de troupes alliées , quand la politique vient au secours de la guerre.
Cette réserve stratégique occupe et contient le pays conquis ; elle y forme des dépôts de vivres et de munitions; elle assure les communications de l'armée active ; elle recueille les traînards ; elle bloque ou elle assiège les places laissées en arrière par la première armée ; elle prépare la ligne de défense qui couvre la
base secondaire; elle y crée des places du moment avec des magasins, des hôpitaux, des têtes de pont, etc. ] enfin, elle établit des postes de campagne le long da la ligne d'opérations, pour en assurer la sécurité*
L'ensemble des opérations que nous venons d'indiquer constitue la première période de la campagne.
Puis, l'armée ofi^ensive s'étant réorganisée, reposée, ayant renouvelé ses approvisionnements, passe à la deuxième période de la campagne ; elle va manœuvrer encore pendants ou 15 jours sans s'arrêter.
Elle accomplit alors une nouvelle série d'opérations basées sur les mêmes principes que les opérations dé la première période.
Généralement, comme elles en sont la suite, la conséquence, elles répètent les mêmes manœuvres.
Par exemple, si la combinaison de la première période était fondée sur une attaque centrale, comme en 1812, les opérations de la deuxième période répètent la même manœuvre et sont encore dirigées sur le centre de Tennemi.
Bien entendu, ce principe n'est pas absolu, et se modifie suivant les circonstances.
Dans cette deuxième période, dans ce nouvel effort^ dans ce second élan, l'armée offensive franchit encore un intervalle de 40 ou 50 lieues pour se porter sur son deuxième objectif, pour s'établir sur sa deuxième^ base secondaire.
Si les opérations de la 1"* période ont été décisives^, il peut arriver que l'ennemi abandonne sans combattre plusieurs lignes de défense, comme les Autri — chiens en 1805, comme les Prussiens en 1806.
Alors on marche en avant le plus rapidement
sible. Il faut avant tout profiter des succès, et la transition entre les diverses périodes est peu sensible.
Si, au contraire, les premières opérations n'ont pas été décisives, Tarmée offensive s'arrête successivement sur chacune de ses bases secondaires, et s'avance méthodiquement en assurant sa marche comme je l'indiquais tout à Theure, jusqu'à ce qu'elle ait atteint son objectif définitif.
Quand l'armée offensive a atteint cet objectif, c'est-à-dire qu'elle occupe la capitale de l'ennemi, après avoir détruit ses forces actives, la campagne est généralement terminée.
La puissance vaincue demande un armistice qui est suivi du traité de paix.
Après le traité de paix vient l'évacuation du pays , qui suit l'exécution des conditions imposées. Ces conditions sont ordinairement des cessions de territoire et des contributions en argent. L'existence même de rÉtat est rarement compromise en raison de la nécessité de l'équilibre européen.
Telle est la marche générale des opérations d'une campagne offensive.
Les principes suivis peuvent alors se résumer ainsi :
1* Partir d'une base qui couvre tous les dépôts et qui, en cas d'échec, se transforme en ligne de défense;
2* S'avancer suivant les principes des marches stratégiques» en assurant sa ligne d'opérations et en d^ageant ses flancs ;
3"* Fortifier derrière soi, au fur et à mesure que l'on avance, toutes les bases secondaires destinées à appuyer les opérations et à donner de la consistance à la
marche;
4^ Tenir toujours ses troupes dans de bonnes rela-
tions stratégiques, de manière qu'aucun corps ne puisse être accablé isolément ;
5* Enfin ne livrer de bataille que lorsque les manœuvres ne suffisent pas et que Ton a mis de son côté toutes les chances favorables.
Examinons, comme application, les principaux traits de la campagne de 1805 {PL VI, fig. l").
Commençons par les préliminaires de la campagne, c'est-à-dire par :
L'indication des causes de la guerre ;
La description du théâtre des opérations ;
La comparaison des forces belligérantes ;
Et enfin les plans des généraux opposés.
L'Angleterre a rompu la paix d'Amiens pour satisfaire aux intérétsde son commerce. — Menacée par l'ar^ mée de Boulogne, elle parvient à former contre nous une nouvelle coalition, comprenant la Suède, l'Autriche et la Russie.
Telle est l'origine de la guerre de 1805.
Le théâtre de cette guerre embrasse presque toutes nos frontières et comprend à la fois la Belgique, l'Allemagne et l'Italie.
Le théâtre particulier des opérations de la Grande armée est formé par la vallée du Danube. J'en ai indiqué précédemment les points et les lignes stratégiques.
Quant aux ressources et moyens de guerre, les coalisés ont pour eux tous les avantages : le nombre, l'argent, les alliances.
Ils préparent contre nous trois attaques.
Au nord, une armée de 40,000 hommes, comprenant des Anglais, des Suédois et des Russes, doit opérer une descente en Hollande.
Hu Allemagne, une armée de 60,000 Autrichiens envahit la Bavière et vient prendre position derrière l'Iller ; elle doit être soutenue par deux armées russes, dont la première est déjà en Moravie, pendant que la seconde est encore sur les frontières de la Russie.
En Italie, enfin, les Autrichiens ont 100,000 hommes sous les ordres du prince Charles.
L* Empereur oppose à l'attaque du Nord, qui fut insignifiante, un simple corps d'observation composé des dépôts laissés à Boulogne, de quelques bons bataillons et de cohortes de garde nationale.
Ea Allemagne, il va prendre Toffensive et écraser Huccessivement les trois armées ennemies échelonnées à de trop grandes distances. Il organise, à cet effet, la Grande armée, comprenant six corps d'infanterie, une réserve de cavalerie et la garde.
Enfin, en Italie, il forme une armée défensive de 50,000 hommes sous les ordres de Masséna.
Le plan des coalisés consiste à attirer l'attention de 1* Empereur en Allemagne et à chercher ensuite à reconquérir l'Italie.
IVapoléon veut profiter de l'éloignement des trois flurmées ennemies dans la vallée du Danube, pour les a^ecabler séparément. II prépare un mouvement tour- ^tia.nt pour envelopper l'armée de Mack.
Tels sont les préliminaires de la campagne.
Celle-ci s'ouvre le 25 septembre, et se divise en ^ï^aatre périodes, que j'indique sommairement :
Première période. — L'Empereur, par des marches
concentration habilement dissimulées , a réuni
lite son armée sur le Rhin, vers la fin de septembre.
^1> lui donne quelques jours de repos. Il fait distribuer
des capotes ; oinquante cartouches par homme ; huit jours de vivres, dont quatre de pain et quatre de biscuit. Il complète ses approvisionnements d'artillerie.
Le 25 septembre, Hurat et Lannes passent le Rhin sur le pont de Kehl et se présentent aux débouchés de la forêt Noire, pour tromper l'ennemi, dont rayantgarde occupe Stockach.
Le 26, les 6% 3' et 4* corps franchissent le Rhin et se mettent en mouvement.
Les 1~ et 2* corps, avec les Bavarois, débouchent de Wurtzbourg.
J ai indiqué les différentes positions occupées, pendant cette marche, par la droite, le centre et la gauche de l'armée française, ainsi que ses quatre fronts d'opérations successifs.
Celui du 4 octobre va de Stuttgard à Anspach ; celui du 7 va de Donauwerth à Ingolstadt.
Le 8, Tarmée franchit le Danube; alors, le 1" corps et les Bavarois bordent l'Inn pour s'opposer aux Russes.
Les 4% &• et ô** corps se dirigent sur l'Iser, pour envelopper Ulm.
Les V et 3" restent vers Augsbourg, entre les deux lignes, pour servir de réserve.
Pendant cette belle manœuvre, les différents corps d*armée,qui suivent la même route, sont échelonnés à une journée de marche les uns des autres. Les divisions marchent à deux ou trois heures.
La grosse cavalerie escorte les parcs et forme 1'^ rîère-garde.
Le grand quartier général est escorté par un régiment de cavalerie, en attendant Tarrivée de la gendar^^— merie.
La ligne d'opérations accidentelle est par Mayence.
BioQ ne passe plus pu Strasbourg. Un général est pilûé au point de jonction de la ligne d'opérations et delà base. Il inspecte tout ce qui passe. Lee gîtes d'^éti^ sont réglés et distants de cinq à six lieues. Dans duique gîte, on établit un commandant d'armes, un «è|ndant, un commissaire des vivres, avec des appro- Viâonnements , des gendarmes, une petite garnison, etc.
Isè combats de Wertingen, deMemmingen, d'Alhnek, d'Elchingen, etc*, amènent enfin la capitulation A*Ulffl, le 17 Qctobre. Cette première période de la campagne dure environ vingt jours.
Deuxième période. — L'armée se repose jusqu'au SO, en attendant la reddition de la place. Napoléon opganise sa base secondaire du Lech. Il envoie le marédial Ney dans le Tyrol; puis, du 20 au 28, l'armée narche sur l'Inn. Cette ligne est occupée le 29, sans (éttit^noe.
J^'Empereur y crée une deuxième base secondaire ; 3 envoie le maréchal Bernadette dans le pays de Sftitsbourg. Il reste à Braunau, le 30 et le 31.
Troisième période. — L'armée marche de Tlnn sur ^enne ; elle livre plusieurs combats aux arrièregardes russes. Le 13, Murât s'empare des ponts de Wenne. L'Empereur y organise sa troisième base se- (îondaire.
Quatrième période. — L'armée traverse Vienne ; ■on avant-garde livre, le 16 novembre, le combat d'HoUabrilnn. Du 20 au 28, les deux armées belligévantes s'observent; l'une, s'appuyant sur Brttnn, l'autre sur Olmtitz.
Le 28, les alliés prennent l'offensive, et manœuvrent devant Napoléon jusqu'au l** décembre.
Napoléon, profitant de leurs fautes, prend enfin Toffensive a son tour et livre la bataille d'Austerlitc, le 2 décembre; elle termine la guerre.
Un armistice suit la bataille. La paix de Presbourg lui succède. L'Autriche paie des contributions en argent et cède plusieurs parties de territoire à la Bavière et au royaume d'Italie.
Tels sont les principaux traits de la campagne de 1805, ce que je pourrais en appeler le sommaire; sommaire qui demanderait à être développé dans chacune de ses parties.
■aivkt te tpératloif dan la ginnre détiasivt. — Nous allons voir maintenant la marche des opérations dans la guerre défensive.
Nous plaçons la défensive après l'offensive, parce que les mouvements de la défense sont subordonnés à ceux de l'attaque.
Transportons-nous donc sur un théâtre d'opéra^ tions, où l'une des puissances belligérantes veut faire la guerre défensive. Ce sera le Portugal, par exemple, dans la campagne de 1810.
La défensive présente les avantages suivants : l"" On opère sur un terrain connu, dont on peut à loisir apprécier les forces, la nature et les accidents; V On appuie ses opérations sur des points et sur des lignes préparés à l'avance, — places fortes ou lignes de défense, — qui ajoutent beaucoup à la forée des armées.
' Mais, en regard de ces avantages, la défensive présente deux inconvénients :
1 * De refroidir le moral du soldat ;
2* D'abandonner à l'ennemi les ressources du pays que l'on évacue.
Elle convient peu à notre caractère national.
On ne s'y résout généralement que lorsque l'on a une grande infériorité numérique ou morale.
La première opération de la guerre défensive est la préparation de l'échiquier, qui présente les objets suivants :
1* On s'occupe d'armer les places, de former leurs garnisons, d'assurer leurs approvisionnements.
2* On couvre par des ouvrages de campagne les points qui ne sont pas fortifiés régulièrement, et qui paraissent cependant devoir jouer un rôle dans les opérations ;
3* On organise la résistance de chacune des lignes de défense du théâtre d'opérations en y tendant des inondations, en y faisant des abàtis, en préparant la destruction des routes, des ponts, des gués, etc., de manière à retarder autant que possible la marche de l'ennemi ;
4* On assure ses propres communications de manière à pouvoir se retirer facilement et à pouvoir porter rapidement ses réserves sur les points menacés ;
5* Quand on opère hors de son propre pays, comme
AV^ellington en Portugal, ou bien lorsque la population
^st fanatisée, comme les Russes en 1812 , on prépare
la dévastation du territoire ; on brûlera les villages et
les maisons à mesure que l'on battra en retraite ; on
transportera la population au loin de manière à ne
laisser à l'armée offensive qu'un véritable désert ;
6* Enfin, on organise le réduit de Techiquier, grande place de guerre ou camp retranché, destiné à servir do