DIX-HUITIÈME LEÇON
Des ordres de bataille offensifs, leur classification.
Diverses espèces d'altaques. — Choix des points d'attaque.— CoaiMi-l
rations qui déterminent ce choix. — Conditions générales des <)tèv|C
de bataille offensifs.
Attaque d'aile.— Avantages et inconvénients**-* Forme der<iliiA{ bataiUe offensif qui prépare cette attaque.
Des ordres de bataille offensift. — On appelle ordre de hr' taille offensif la disposition que Ton fait prendre aH] divers éléments d'une armée pour la préparer à m attaquer une autre.
Les principes généraux des ordres de bataille offeih sifs sont les mômes que ceux des ordres de bataiD* défensifs.
Il y a toujours deux lignes et une ou plusieurs réserves.
Les différentes armes occupent toujours, dans Tordre de bataille, les places que j*ai indiquées dans la dernière leçon.
Voilà les principes généraux ; mais chaque ordre de bataille offensif se modifie ensuite suivant l'attaque qu'il prépare.
De sorte qu'il y a autant d'ordres de bataille offensifs qu''il y a d'attaques différentes.
Nous allons voir successivement les différentes attaques, et, à la suite de chacune d'elles, nous verrons Tordre do bataille qui la prépare.
SoûB distinguerons d'abord trois espèces d'atta-
V L'attaque générale ;
2" Les attaques préparatoires ;
3* Les attaques partielles.
iCS dernières se divisent en :
1* Attaque d'aile ;
2* Attaque centrale ;
3* Attaque de flanc ;
4* Et attaque de revers.
jes attaques partielles peuvent se combiner deux eux, et les combinaisons dont on trouve le plus Kemples sont les suivantes :
i* Attaques sur les deux ailes ;
{• Une attaque centrale combinée avec une attaque
ile;
¥ Une attaque d'aile combinée avec une attaque
flanc;
it 4"* une attaque d'aile ou de flanc combinée avec
d attaque de revers <
Examinons successivement ces diverses espèces ttaques.
Nrenes tspèeM d'atttqus. — Occupons-nous d'abord de laque générale.
)ans une attaque générale, tous les éléments de
mée viennent heurter à la fois les éléments de
mée ennemie.
Test l'enfance de l'art.
Test ainsi que combattent les tribus sauvages où
icun veut prendre part au combat.
ai.
G*est ainsi que Ton combattait au moyen âge, o -ab les chevaliers n'avaient de confiance que dans leuL jr force et leur adresse individuelles.
Les deux troupes se rangent alors dans un ord parallèle. Chacun cherche son homme. C'est une séri de duels.
(( C'est ainsi, dit Guibert, qu'ont probablement e « lieu les batailles de Clovis, de Charles Martel, e <c peut-être môme de Charlemagne. »
Avec une attaque générale, il n'y a plus ni sdenc militaire, ni tactique.
Tout est compromis à la fois. Quand une arm& est battue, sa destruction doit suivre sa défaite, (^^ qui arrive généralement aux tribus sauvages dorm^ je parlais tout à l'heure. Les vaincus sont exte minés.
Ce qui arrivait encore du temps des Barbares oîi l batailles amenaient des hécatombes humaines. Châlons, à la défaite d'Attila, 162,000 cadavres lèrent sur le champ de bataille. Un faible ruissea.-» qui séparait les deux armées, grossi par le sang, de — vint un torrent, disent les chroniques.
Aujourd'hui, l'on est plus scrupuleux dans l'emploi des armées. Les nations modernes ne jouent pas d'u n seul coup leur principal élément d'existence. Et ^i nos batailles sont meurtrières, elles le sont moins qu^ celles des anciens. On cherche toujours à atteindra le même but : chasser l'ennemi de sa position et Toc — ■ cuper à sa place. Mais on y arrive par des méthode plus perfectionnées, plus savantes et moins daoge reuses.
On prélude généralement aujourd'hui à un engage ""
ment par dos aitar/ues pr/^paratoires^ que l'on faitavef^^
lO^n avant-garde ou avec des corps secondaires, et qui o%Mt pour but :
4' D'enlever un posté détaché empêchant la recon- ]i.aJssance de la position ennemie ;
2** D'attirer l'attention de l'adversaire sur un point ax&tre que le véritable point d'attaque ;
3* Quelquefois, enfin, de préparer une attaque partiale.
Je citerai pour exemples le combat de Vischau avant j^ijisterlitz ;
Celui du cimetière, avant Eylau ;
Celui de Schwardino avant la bataille de la Mosëowa, etc.
Les attaques partielles qui viennent ensuite sont fSaites par une des grandes fractions de Tordre de bataille, par une aile, par le centre, par un corps détaché.
De cette manière, on n'engage à la fois que le tiers,
le quart ou le cinquième de l'armée. Le général en
chef conserve les moyens de manœuvrer, de changer
ses attaques, de pousser ses succès, de réparer ses
revers, de se retirer sans être compromis.
Enfin, quand les attaques partielles ont réussi, on passe alors à l'attaque générale dont j'ai parlé en commençant. On porte en avant toute l'armée offensive, on la jette sur les troupes ennemies, afin de les renverser, de les écraser, d'achever leur défaite. Mais il est rare que cette attaque ait lieu réellement. Si l'ennemi a bien manœuvré, il doit, tout en cédant le champ de bataille , pouvoir se retirer sans être détruit.
Tel est le mécanisme des engagements modernes et l'ordre dans lequel se succèdent les diverses atta-
terrain et à la configuration du champ de
B Buccessivement ces trois espèces de consi-
3 premières , il faut examiner et comparer les différents points où viennent aboutir les tégiques de Téchiquier, sur la posîtion/de 98 deux armées en présence.
t où se rattache la ligne principale pour feusive^et qui se trouve vis-à-vis celui où se paiement la ligne principale de l'armée of- >ilà le point le plus important à attaquer, Bment parlant.
I des exemples :
tion de Ligny présentait 4 points d'attaque^
mand, qui couvrait la chaussée de Nivelle; qui couvrait le chemin de Wavres; f, qui couvrait celui de Gembloux ;
Tongrines, où la route de Namur venait se i la position* I, en jetant un coup d*œil sur la position
on voit que la route de Charleroi, notre érations, aboutissait derrière notre gauche.
ireur avait donc intérêt à attaquer la droite et les Prussiens, c'est-à-dire Saint-Âmand et roe que Toccupation de ces points lui pérséparer les Prussiens des Anglais, et de plus, ulant ses troupes devant ces deux points y il couvrait mieux sa ligne de retraité et 3n éloigner Tenuemi (Fiff. 12, jd/. VIII).
Iland, la ligue de retraite des Russes était eur aile gauche.
Pour nous, nous avions deux lignes 8tratégiqiui|J Derrière notre gauche, la route de Kœnigsberg, nous mettait en communication avec un fort ment lancé vers Kœnigsberg, sous les ordres de Mi Derrière notre droite, la route d'Eylau, qui était ligne d'opérations principale.
Donc, au point de vue stratégique, nous devions i noire droite attaquer la gauche de l'ennemi, puù de cette manière nous accumulions nos troupes «irl point le plus important de notre position , et qa'i succès sur ce point nous rendait maîtres de la.l de retraite de l'adversaire.
A la bataille de Zurich, deuxième journée, Hi avec sa gauche, attaque la droite des Russes, que derrière cette droite se trouvait leur ligne «retraite, la route de Wintherthur.
Passons aux considérations tactiques ; elles se nf] portent à la disposition de l'ordre de bataille ermeni
L'attaque peut avoir lieu sur une aile, sur le cenbe, sur le flanc ou sur les derrières de cet ordre de bataille.
L'on examinera successivement chacune de cei parties ; on verra comment elles sont constituées, on balancera les avantages et les inconvénients de chaque attaque, et Ton tâchera de trouver un point tel queto difficultés soient équilibrées par les avantages qui fS^ résulteront.
Si Tennemi a commis quelque faute dans la disposîtion de son ordre de bataille, on s'empressera d'6B profiter.
A Hochstedt, le duc de Marlborough attaque le centre do Tarmée française, parce que Tordre de bataille de cette armée est vicieux et que la cavalerie occupe une position qu'on n'aurait pas dû lui donner.
A Austerlitz , l'Empereur attaque le centre des urnes, en profitant de leurs mauvaises dispositions stiques et de la faute qu'ils commettent en dégarseant ce point important
Enfin viennent les considérations topographiques. les se rapportent à la configuration du champ de Lfaille.
Hous avons vu que le front d'une position était court par des obstacles naturels, hauteurs, villages, mquets de bois, fermes ou châteaux. Ces obstacles rvent d'appuis à la première ligne de l'ordre de baille, ils en forment les saillants, et c'est sur eux que F dirigeront les attaques.
Il faudra évidemment alors tenir compte de la ianiëre dont ils sont constitués, ainsi que des ravins, 38 ruisseaux, des marais, qui défendent leurs abords, ni couvrent leurs flancs ou qui séparent les unes des dtres plusieurs parties de l'ordre de bataille.
A Priedland, Napoléon , comme je l'ai dit tout à lieure, choisissait son point d'attaque sur la gauche es Russes, parce que, indépendamment des autres ^nsidérations stratégiques ou tactiques, il y avait pour ïla une considération topographique. La gauche des tifises était séparée du reste de l'armée par un ravin, Mflhl-floss, qui devait empêcher l'arrivée des réserié et rendre plus complète la défaite de cette aile. A la Moscowa, l'Empereur dirigeait également ses laques sur la gauche des Russes, parce que de ce té se trouvait l'origine du grand ravin, et que, par ^nséquent , le terrain y était plus facile que partout lleurs. Voilà encore une considération topograxiqne.
Telles sont les diverses considérations qui servent ù
déterminer le point d'attaque, c'est-àr-dire la partie de la position et de l'ordre de bataille ennemis sur laquelle on veut porter ses efforts.
Après avoir déterminé le point d'attaque, il fent s'occuper de Tordre de bataille offensif qui servira à préparer l'engagement.
Voyons d'abord les conditions générales que doivent remplir tous les ordres de bataille offensifs.
Nous examinerons epsuite chacun d'eux en particulier.
Conditions généralos des ordres de bataille offeaaUii* — Un
ordre de bataille offensif quelconque doit remplir les
conditions suivantes :
r II sera établi d'après les mêmes règles qu'un ordre de bataille défensif, quant à l'organisation dea différentes lignes de l'ordre de bataille et quant à lan. place des différentes armes.
2"" Les relations tactiques entre les divers éléments» de l'ordre de bataille devront exister de la même nière, c'est-à-dire que toutes les parties en seron bien liées entre elles.
3* Les parties de Tarmée que l'on ne veut pas gager immédiatement seront tenues hors de la por —
tée des armes de l'ennemi. Leur rôle est de le trom
per, de l'amuser, d'entretenir le combat avec des tiraiL — leurs et de l'artillerie, jusqu'au moment du coup d collier ; leur rôle est de faire en un mot ce que Allemands appellent le combat traînant,
4* Néanmoins, ces mêmes parties de l'ordre de taille seront disposées de telle manière que 1' pourra facilement les porter en avant, et passer aim. rapidement, et à Tinstant propice, de l'attaque tielle à l'engagement général.
5* Le8 réserves seront à portée du corps d'attaque, de manière à pouvoir le soutenir progressivement et profiter de ses succès.
6"* L'aspect général de Tordre de bataille offensif sera tel que l'ennemi ne puisse pas distinguer immédiatement le point sur lequel on va diriger ses efforts, et généralement, pour remplir cette dernière conditioni on se présente dans Tordre parallèle, et on prend Tordre en échelons au moment môme de Tattaque.
7"* Enfin le corps d'attaque aura des éléments de gupériorité sur la partie correspondante de Tordre de biÂaille ennemi.
Occupons-nous plus particulièrement de la composition et de la formation de ce corps d'attaque.
Quant à sa composition, le corps d'attaque comprend les trois armes qui sont nécessaires pour le mécanisme du combat, et qui forment, par leur combinaison, l'instrument de guerre le plus perfectionné et le plus complet.
Quand il s'agit d'une grande armée, le corps d'attaque se compose d'abord d'infanterie, deux ou trois divisions, qui doivent aborder l'ennemi et décider le succès. A Austerlitz , le corps d'attaque était celui du maréchal Soult qui comprenait deux divisions d'infanterfe, les divisions Vandamme et Saint-Hilaire. — A léna, c'était le corps du maréchal Lannes, comprenetntles divisions Suchet et Gazan. A Friedland, c'ét^-ît le corps du maréchal Ney, comprenant les deux dx^sion^ Marchand et Bisson.
Puis on adjoint à cette infanterie une forte batterie d*artîllerie, 30 ou 40 bouches à feu, comprenant des bcLtteries divisionnaires et des batteries de réserve. Cette artillerie entame le combat, ébranle Tennemi et
prépare Faction de l'infanterie, par un feu rapide if ^ meurtrier.
A Austerlitz, à léna, on trouve l'emploi decesl terîes.
A Friedland , il y avait au corps d'attaque une rie de 30 bouches à feu, sous les ordres du Senarmont.
Enfin, on fait entrer dans la composition du d'attaque une ou deux divisions de cavalerie, ciiîi siers ou dragons, qui doivent compléter le suceàsi l'infanterie. A Friedland, le maréchal Ney avait ses ordres la division de dragons du général Maubourg, les cuirassiers hollandais, et la dîvisii cavalerie légère de son corps d'armée. Cette rie marchait sur le flanc extérieur du corps d'al et cherchait à envelopper l'ennemi.
Telle est la composition du corps d'attaque, cherche toujours à lui donner des éléments de riorité sur la partie correspondante de l'ordre deb*^] taille ennemi.
Cette supériorité tient au nombre, au moral, à II qualité des troupes, à la position qu'elles occupent
Pour le nombre, il ne faut pas y accumulera troupes qui seraient inutiles. Ce serait s'exposer à de grandes pertes sans compensation. Il ne faut donc faire entrer dans la composition du corps d'attaque que la quantité de troupes réellement nécessaire.
Quant à sa formation, généralement le corps d'ath* que se présente sur un front qui ne dépasse pas celui d'une division.
Au-dessus de ce front, dît le maréchal GouvioB- Saint-Cyr, il est presque impossible de mettre de Tensemble dans le mouvement d'attaque.
SI Ton a deux divisions, on les forme donc sur deux ignés, chacune d'elles ayant une brigade en première igné et une brigade en seconde.
En première ligne, les bataillons sont généralement en ordre mixte, partie en colonne et partie déployée. En seconde ligne, les bataillons sont en colonne à demi-distance.
Ainsi à la Moscowa, pour une division de huit baftiJlons, on avait adopté l'ordre indiqué dans la/?^. 13 e la pi. VIII.
A Austerlitz, pour une division de dix bataillons, Empereur avait prescrit l'ordre indiqué dans la /?^. 14 S la pi. yill , dans lequel chaque brigade formait les 911X lignes.
lie maréchal Bugeaud recommande les colonnes de attaillons à intervalle de déploiement. Il proscrit emploi des grosses masses, qui sont difficiles à faire iLonvoir et qui souffrent toujours beaucoup.
L'artillerie précède l'infanterie et cherche pour se éployer une position telle qu'elle ne gêne pas les litres armes, et que cependant elle voie bien l'ordre Le bataille ennemi ; elle cherche si cela est possible à e prendre d'enfilade.
La cavalerie marche en troisième ligne ou sur le bmc extérieur ; elle cherche à tourner l'ennemi, à l'en- '©lopper, à le prendre à revers.
Le corps d'attaque , ainsi constitué et ainsi formé , e porte en avant ; il se rel^e par des échelons aux aures parties de l'armée.
On le fait ordinairement soutenir à petite distance ar une réserve partielle, formée d'un second corps à »eu près de même force et qui est destiné à appuyer 68 attaques du premier, à compléter ses succès ou à protéger sa retraite *en cas d'échec.
Enfin la réserve générale suit aussi le plus souTent la direction du corps d'attaque ; c'est ordinairement la direction la plus importante du champ de bataille.
Voilà les dispositions d'ensemble d*un ordre de bataille offensif, en général. Nous allons voir maintenant en particulier les ordres de bataille qui correspondent aux diverses attaques. Commençons par l'attaque d'aile.
Bes attaques d'aile. — L'attaque d*aile consiste i porter une aile de l'armée offensive sur l'aile correspondante de l'armée défensive. Si cette attaque réussit, Toil a immédiatement une supériorité de position. L*aileen» nemie battue rétrograde, et l'on peut alors se rabattn sur le centre et sur l'autre aile de l'armée eânediie.
Les avantages d'une attaque d'aile senties suivante:
1® On n'engage qu'une partie peu considérable de l'armée ; car une aile étant par elle-même une piltie faible de l'ordre de bataille ennemi, il n'y aura pas besoin d'une grande quantité de forces pour Tattaqner.
2** Comme les moyens de résistance de rennemi finissent à l'extrémité de sa ligne, il n'y aura à tenir compte que des éléments de résistance directe et d'une partie seulement des éléments de résistance indirecte.
3° L'aile est la partie la plus éloignée du centre de la position ennemie et par conséquent des réserves qui y sont ordinairement placées.
V On donne promptement un rôle actif à unegrande partie du corps d'attaque, puisqu'on peut en faire agir une portion sur le flanc extérieur de l'ennemi.
r* La disposition d'attaque sur une aile est plus faà dissimuler que ceïle qui a pour but de préparer attaque centrale.
V Enfin l'on conserve en réserve une partie consi- Ae de l'armée. Par suite le général en chef a une ide latitude et les attaques d'aile sont peu comlettantes.
2a regard de ces avantages se trouvent les inconvéits suivants :
V Les résultats sont en général peu décisifs, l'en-li pouvant manœuvrer longtemps et conserver juS'* i dernier moment la position qu'il occupe*
On refoule l'ordre de bataille ennemi sans le
'• L'ennemi peut former l'aile battue en potence
i crochet et continuer l'engagement.
On éprouve des difficultés à passer de l'engage-
partiel à l'engagement général à cause de l'éloi-
lent de certaines parties de l'ordre de bataille,
•exemple, des derniers échelons. Outre la difficulté
[elle, il y a encore la difficulté morale car on
passe de l'engagement partiel à l'engagement
léral que quand on est à peu près sûr que l'ennemi
tiendra pas, qu'il est assez ébranlé pour avoir l'as-
ice de le renverser. Avec une attaque d'aile, il
difficile déjuger ce moment.
4* Enfin par la marche de l'attaque et lescombinai- ^as de la défense, l'armée assaillante tend à faire un Mouvement circulaire, qui change sa situation primitive et peut découvrir ses lignes stratégiques. Ce mouvement afiTaiblit en même temps l'ordre de bataille sur Certains points. L'ennemi au contraire étant refoulé 5ur lui-même, son ordre de bataille est resserré; sa force est augmentée et, dans un certain moment, l'ar-
mée défensive peut avoir des chances pour couper Taile assaillante.
Tels sont les avantages et les inconvénients des attaques d'aile.
Voici les circonstances principales dans lesquelles on les emploie.
1"* Au point de vue stratégique, quand l'aile de Yorâve de bataille ennemi, sur laquelle on dirige son attaque, couvre la ligne stratégique la plus importante de réchiquier. — Comme àLigny, oii l'aile droite prussienne couvrait la communication avec le» Anglais.
2° Au point de vue tactique, quand l'armée défensive a commis quelque faute dans la disposition de son ordre de bataille, ou dans ses manœuvres, comme à Salamanque, oh par suite de la faute des généraux de division et de la blessure du maréchal Marmont, l'aile gauche française était en l'air et séparée du reste de l'armée.
S"* Enfin, au point de vue topographîque, quand un accident naturel, un ravin, par exemple, interromptles communications entre l'aile que l'on attaque et les autres parties de l'ordre de bataille, comme à Friedland.
Examinons maintenant la forme générale de Tordre de bataille qui prépare une attaque d'aile.
Cet ordre de bataille est toujours fondé sur les principes généraux que nous avons vus ; il présentera une première et une deuxième ligne, une réserve partielle et une réserve générale.
Le corps d'attaque sera le plus rapproché de l'ennemi. Les autres parties de l'ordre de bataille seront échelonnées en arrière.
Si cependant on trouve sur le front de la position of-
fensive que Von occupe des points forts qui puissent couvrir les troupes tout en leur permettant de débou*cher en temps opportun, alors ces parties pourront être plus rapprochées de l'ennemi.
L'ordre de bataille préparatoire d'une attaque d'aile, |ir^ente donc généralement une disposition échelonnée, l'aile assaillante en avant.
Dans le siècle dernier, les attaques d'aile se faisaient dans Tordre oblique.
Z L'armée défilait par lignes à une certaine distance *^ie Tennemi et se formait ensuite en balaille par une iple conversion des pelotons.
Cette méthode n'est plus praticable aujourd'hui. Elle sentait du reste des inconvénients.
Il était très-difficile dans la marche en avant de
intenir la ligne pleine.
Les réserves ne pouvaient aller au corps d'attaque que par des mouvements de flanc longs et dange-
Enfin, il était difficile de pousser à l'engagement général les parties refusées.
C'est pour cela qu'aujourd'hui on emploie le système échelonné.
Avec ce système chaque échelon peut livrer un engagement particulier.
La marche et les mouvements sont faciles.
On passe aisément de l'engagement partiel à l'engagement général .
Enfin, si le premier échelon est obligé de se retirer, sa retraite ne compromet pas le reste de l'armée. C'est tout au plus si l'ennemi peut arriver à menacer le flanc du second échelon.
Le corps d'attaque comprend les trois armes.
Ainsi que je Tai dit plus haut^ la force dp ce eprps ue doit pas être augmentée au delà d*uae Ciçrtaine limite. 11 ne faut pas y accumuler des troupes que ron ne saurait mettre ep action ; ce serait s'exposer à dep pertes inutiles.
Telles sont les dispositions générales d*un ordre 4p bataille offensif préparant une attaque d'aile.
J'en citerai deux exemples : le premier s'appliquant à une petite armée, et le second à une grande.
1" exemple : Ordre de bataille du maréchal Supl^età Sagonte, dont j'ai parlé précédemment.
Le maréchal dispose de trois divisions, Tui^e for]3ip son aile droite, l'autre son aile gauche, 1^ trpi3|qme forme la réserve.
Il veut attaquer par l'aile droite. Il y forme uji corps d'attaque, comprenant trois bataillons, en colpnnppar division à distance entière et sur une même ligpe, jftvec une batterie d'artillerie et un réglaient d^ hussards.
2' exemple : Ordre de bataille français à Friedland. (Fiff. l.pl.ix)
Après la bataille d'Heilsberg, Tarmée russe descend l'Aile par la rive droite. Les Français marchent sur ^œnigsberg.
Benningsen pour ressaisir sa ligne de retraifae, franchit l'Aile à Friedland et se dispose à n^arcber sur Kœnigsberg.
Il rencontre le corps de Lannes formait la cqlonnç de droite de l'armée française. Il déploie et engage j^s combat.
Il prend Tordre de bataille suivant:
Deux divisions forment son aile droite»
Deux autres son centre.
Deux autres son aile gauche sous ]p général Bagratjon
Une septième division est en réserve.
La cavalerie est aux ailes.
Sur la riva droite des batteries flanquent les extrémités de Tordre de bataille.
Des ponts ont été jetés sur TÂlle pour assurer la retraite.
Le corps de Lan nés soutient le combat jusqu'à 5 heures du soir. Napoléon prévenu arrive alors avec quatre autres corps.
Il choisit pour point d'attaque la gauchp des Russes. 11 donne Tordre suivant:
« Le maréchal Ney prendra la droite, depuis Pos- « thenen jusqu'à Sortiack.
« Le maréchal Lannes fera le centre depuis Posthc- 9 nen jusqu'au maréchal Mortier.
(f Celpi-ci formera la gauche tenant Heinrischdorf « la route de Kœnigsberg et delà s'étendant vis-à-vis 0 la droite des Russes.
« Le maréchal Mortier n'avancera jamais, le mou- <» vement devant être fait par la droite qui pivotera sur « la gauche.
« La cavalerie du général Espagne et celle du géné- « rai Grouchy seront à Taile gauche.
« Le général Victor formera la réserve du maréchal « Key àPosthenen.
€t La garde impériale derrière Posthenen. « L'Empereur à la réserve.
ce L'initiative de l'attaque appartient au maréchal f$ Ney, etc...»