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DEUXIÈME LEÇON

Positions diverses des oflSciers d'éiat-iiiajor.

Serrice dans les divisions territoriales. — Composition des états-majors divisionnaires. — Détails du service. — Organisation des bureaux.

Autorités avec lesquelles correspondent les bureaux de l'état-major d'une division territoriale. — Formes générales de la correspondance.

Nous distinguerons deux espèces de positions pour les officiers d'état-major :

Les positions générales, qui en occupent chacune un grand nombre, cinquante ou soixante, par exemple ;

Et les positions particulières, qui n'occupent qu'un nombre très-limité de ces officiers.

Nous nous étendrons surtout sur les premières ; nous nous contenterons de dire quelques mots sur les autres.

Les positions générales sont les suivantes :

V La position ou l'emploi de l'officier attaché à l'état-major d'une division territoriale;

2° La position d'attaché à l'état-major d'une division active ;

3° La position d'aide de camp d'un général de brigade;

V Celle d'aide de camp d'un général de division ou d'un maréchal ;

5° Enfin la position d'attaché au Dépôt de la guerre.

Les positions particulières sont celles qu'offrent :

La maison de l'Empereur ; Le ministère de la guerre; L'École d'état-major; La place de Paris ; Les ambassades, etc.

Nous allons étudier successivement ces différentes positions et indiquer les principes généraux du service que l'on doit faire dans chacune d'elles.

Avant de commencer ce travail, nous rappellerons ce que nous avons déjà dit, que le service d'état-major ne comporte pas de règles absolues comme le service des autres armes.

Les états-majors ayant été créés pour aider le commandement, les généraux qui l'exercent sont libres d'organiser le service de leurs états-majors comme ils l'entendent.

On ne peut donc que présenter sur ce sujet des idées générales, indiquer l'objet de chaque genre de service, et enfin dire comment les choses se passent le plus ordinairement.

Le premier service d'état-major dont nous nous occuperons est celui des états-majors du commandement territorial.

Le commandement territorial a été organisé de la manière suivante :

On a partagé la France en six grands commande-' mmtSy correspondant aux différents théâtres d'opérations que présente le pays. Ces comipandeipent9

s'appellent encore arrondissements ou corps â armée. Le premier a son quartier général ou son centre à Paris ; le deuxième à Lille; le troisième à Nancy; la quatrième à Lyon ; le cinquième à Toulouse ; et le sixième à Tours. L'Algérie forme un septième commandement.

Chacun de ces grands commandements comprend un certain nombre de divisions militaires.

Chaque division est partagée en plusieurs subdivisions.

Enfin chaque subdivision est formée d'un ou de plusieurs départements*

C'est là l'organisation territoriale de la France au ^ point de vue militaire.

Cette organisation a pour but de régler les rapports de l'armée avec la population, d'assurer les opérations du recrutement , et surtout de constituer le commandement des troupes et celui des établissements sur toute l'étendue du territoire.

A cet effet, on a placé des officiers généraux à la tête des diverses unités territoriales que nous venons d'indiquer.

A la tête de chaque arrondissement ou corps d'armée, on a placé un maréchal.

A la tête de chaque division, on a placé un général de division.

Et à la tête de chaque subdivision , un général de brigade.

Les états-majors ont été organisés en conséquence.

Auprès de chaque maréchal il y a un état^major général.

Auprès de chaque général de division il y a un étatmajor divisionnaire.

Et, enfin, auprès de chaque général de brigade, un

aide de camp et des secrétaires qui forment une sorte d'état-major sur une petite échelle.

Comme nous l'avons vu précédemment, ces divers états-majors ont pour objet de seconder le commandement dans tous les détails du service, dans la surveillance que demandent les troupes et les établissements, enfin dans le travail de bureau qu'exige une correspondance considérable et variée.

Les états-majors divisionnaires sont chargés plus particulièrement du commandement territorial. Les états-majors d'arrondissement sont chargés plus spécialement du commandement des troupes. C'est pour» quoi nous nous occuperons du service des officiers d'état-major employés dans les premiers. — Les détails que nous donnerons sur ce service s'appliqueront également à celui des officiers employés dans les états-majors généraux. — Car, quelle que soit l'importance d'un commandement, quel que soit le nombre des officiers employés à l'état-major, la nature des affaires est à peu près la même, leur nombre seul varie.

Les états-majors d'arrondissement ou de division ont des effectifs plus ou moins nombreux, suivant l'importance de leur service.

Un état-major d'arrondissement comprend ordinairement :

Un général de brigade, chef d'état-major; Un colonel ou lieutenant-colonel, sous-chef; Un chef d'escadron.

Et trois ou quatre capitaines*

Un état-major divisionnaire, dans des conditions moyennes, comprend :

Un colonel ou lieutenant-colonel, chef d'état-majop;

Chacun de ces g^rands commandeiï un certain nombre de divisions militai^

Chaque division est partagée en ] visions.

Enfin chaque subdivision est foifl plusieurs départements.

C'est là l'organisation tevritoriale point de vue militaire.

Cette organisation a pour but de r de l'armée avec la population, d'asM' du recrutement, et surtout de con dément des troupes et celui des toute l'étendue du territoire.

A cet effet, on a placé desof tCte des diverses unités territori.

d'indiquer.

A la tète de chaque arrondis:mée, on a placé un maréchal.

A la tôte de chaque division.

de division.

Et à la tôte de chaque Bn|i^' brigade.

Un chef d'escadron,

Et deux ou trois capitaines.

Chaque état-major comprend ensuite un archiviste^ capitaine ou lieutenant de Tétat-major des places, chargé de la conservation des archives et employé, de plus, par le chef d'état-major à certaines parties du service. 11 comprend aussi des secrétaires civils ou militaires. Les derniers sont pris dans les régiments de la garnison, parmi les sous-officiers, les caporaux et les soldats. Les secrétaires sont particulièrement chargés des copies, des transcriptions, de l'établissement des états, etc.

Transportons-nous maintenant au milieu d'un étatmajor divisionnaire et examinons la manière dont il fonctionne.

L'officier dont le rôle est le plus important est évidemment le chef d'état-major.

Tout passe par ses mains, et rien ne se fait dans l'étendue du commandement sans son attache.

11 reçoit directement les ordres du général.

Il les transmet et en assure l'exécution, en entrant dans les divers détails que celle-ci comporte et en veillant à l'application des règlements.

11 se tient exactement informé de la situation des corps de troupe, de l'état des établissements militaires, de tous les événements importants qui se passent dans la division.

11 fait établir les états, situations et rapports prescrits par les règlements. Il en signe quelques-uns.

Il assure Texécution de tous les services et particulièrement celui de la correspondance.

Il emploie à ces divers objets les officiers adjoints placés sous ses ordres»

Tous les jours, le chef d*état-major va au rapport chez le général, ordînaîrement après l'arrivée du courrier. C'est là qu'il prend ses ordres relativement au commandement de la division et, en même temps, ses décisions relativement à la correspondance.

11 règle en conséquence le service de ses officiers.

Le service de ceux-ci peut se diviser en deux parties :

Service actif.

Et service de bureau.

Le service actif n'a rien de régulier; cependant un officier d'état-major attaché à une division territoriale peut être employé activement de la manière suivante :

V 11 peut être envoyé dans un hôpital pour en examiner la situation générale ou pour vérifier quelque réclamation. Dans le premier cas, il doit voir le registre des officiers de visite, prendre note des observations qui s'y trouvent, s'assurer que les aliments sont de bonne qualité, que les salles sont proprement tenues, enfin que toutes les prescriptions réglementaires sont observées.

2° 11 peut avoir à faire une visite de prison. — Il examinera alors, comme précédemment, les registres, la nature et la quantité des prestations, enfin la propreté de rétablissement et des détenus.

3** Il peut être envoyé dans un magasin. Il examinera la manière dont il est tenu, les quantités d'effets ou de denrées qui s'y trouvent, enfin le registre des distributions.

4** Il peut avoir à reconnaître une caserne. Il devra examiner sa contenance, l'état des lieux, la qualité des eaux; il devra faire le cubage des chambres, afin de

s'assurer que chaque homme a une quantité d'air suffisante, etc., etc.

5* Il peut assister à une distribution, afin d'en vérifier la nature et de rendre compte des conditions dans lesquelles elle se fait.

6' Il peut être envoyé au-devant d'une troupe en marche, pour la guider ou pour voir si elle est en ordre.

T Quand il meurt, dans la localité ou aux environs, un ancien militaire, et que, parmi ses papiers, il en est quelques-uns qui peuvent intéresser l'État, le général de division désigne un officier de son état-major pour en faire la recherche et pour assister à la levée des scellés.

8* Dans les manœuvres et dans les revues, les officiers d'état-major accompagnent leur chef d'^état-major et sont employés par lui à tracer des lignes, à guider des colonnes et à transmettre des ordres. Quelquefois on leur fait commander des bataillons ou des escadrons, pour les habituer au maniement des troupes.

9* Dans les cérémonies publiques, les officiers d'état-major peuvent être employés, concurremment avec les officiers deTétat-major des places, à régler les honneurs militaires et à placer les différents corps.

10** Enfin, le maréchal commandant supérieur ou le général commandant la division peut employer les officiers de son état-major à toute espèce de mission militaire dans l'étendue de son commandement.

Ce sont là les principales circonstances de leur service actif.

Quanta leur service de bureau, nous allons en examiner maintenant la forme extérieure. Nous en étudierons les détails dans la prochaine leçon,

Le chef d'état-major, avons-nous dît, va tous les jours au rapport chez le général. Il y prend ses ordres et, de plus, toute la correspondance du jour avec Tîndication sommaire de la manière dont les affaires les plus importantes doivent être traitées.

Le chef d'^état-major, rentré dans son cabinet, classe toutes les lettres qu'il a reçues. Pour y donner suite, il met évidemment ensemble celles de même nature, celles qui ont trait aux affaires de même espèce. Ces réunions de lettres, ces dossiers, ces groupes, ces catégories, formés par le chef d'état-major, correspondent à l'organisation qu'il a donnée à ses bureaux.

L'organisation des bureaux d'état-major n'est pas la même dans toute la France. Il n'y a pas d'uniformité sous ce rapport, et chaque chef d'état-major organise ses bureaux suivant les circonstances, suivant les besoins du service, suivant sa manière de travailler.

Cependant on adopte généralement une organisation qui correspond à celle des bureaux du ministère de la guerre, et l'on répartit alors toutes les affaires d'une division en neuf groupes ou neuf bu reaux, savoir :

1* Le bureau de la correspondance générale, des opérations, mouvements, etc. ; V Le bureau de la justice militaire; 3** Le bureau du recrutement ; 4"* Le bureau de l'infanterie ; S"" Le bureau de la cavalerie et des remontes ; 6'' Le bureau de l'artillerie ; T Le bureau du génie ; 8** Le bureau de la gendarmerie ; O"* Le bureau de l'administration.

Ces neuf bureaux sont groupés par deux eu par trois,

suivant leur importance et suivant le nombre des officiers qui forment Tétat-major divisionnaire.

Le service de chaque officier se compose alors d'un groupe de deux ou de trois bureaux.

Par exemple, dans une division de force moyenne, comme la cinquième, le chef d'état-major se réserve le premier bureau, celui de la correspondance générale, qui est le plus important.

Le chef d'escadrons est chargé des 2* et 8* bureaux : — Justice militaire et gendarmerie.

L'un des capitaines a le bureau de Tinfanterie.

Le second a la cavalerie, les remontes et rartillerie.

Le troisième a le recrutement, le génie et l'administration.

Dans tous les cas, les bureaux doivent ôtre organisés de telle manière que le travail soit réparti convenablement et que les tâches soient à peu près égales.

Le chef d'état-major distribue donc les lettres qui lui ont été remises entre les différents bureaux. Il remet le travail aux officiers eux-mêmes, ou il le dépose dans leurs cartons. Ceux-ci le trouvent en arrivant.

Le chef d'état-major fixe l'heure de l'arrivée au bureau. C'est ordinairement vers ^^ heures.

Il prescrit également la tenue de ses officiers. Tenue du jour, petite tenue, ou tenue bourgeoise.

Chaque officier fait le travail qui lui est indiqué, travail dont nous reparlerons plus tard.

Il le remet au chef d'état-raajor, qui l'examine et qui ensuite, à une certaine heure, généralement vers 3 ou 4 heures, se rend chez le général, pour la signature.

Le général voit et signe les lettres importantes.

Le chef d'état-major siçne, pour le général et par son

ordre^ les lettres qui n'ont qu'une importance secondaire.

Le chef d'état-major signe encore, pour copie cori' forme ou par ampliation^ toutes les expéditions d'une même lettre ou d'un même ordre.

Enfin il signe une partie des situations.

Après la signature , l'ensemble des lettres, constituant ce que l'on appelle le courrier, est remis aux secrétaires pour l'enregistrement. Ceux-ci copient les lettres sur les registres de correspondance et donnent à chacune d'elles un numéro d'ordre.

On conserve ainsi la trace de toutes les affaires traitées dans les bureaux de l'état-major.

Chaque lettre est mise ensuite sous enveloppe ou sous bandes, en se conformant au tableau des franchises. On y met les adresses et enfin on y appose le timbre de la division et le contre-seing du général.

C'est ordinairement un officier de service qui reste seul au bureau après la signature, qui surveille les détails indiqués précédemment et qui est chargé de l'expédition du courrier.

Voilà l'ensemble et la forme du service de bureau des officiers d'état-major attachés aux états-majors du commandement territorial.

Dans la leçon suivante, nous verrons les détails des principales affaires qu'ils sont appelés à traiter.

Il nous reste, pour terminer celle-ci, à indiquer les autorités avec qui correspondent les bureaux des étatsmajors et sous quelle forme a lieu cette correspondance.

Les bureaux des états-majors du commandement territorial correspondent journellement avec les autorités suivantes :

V Avec le ministre de la guerre pour tout le service en général ;

2"" Avec le maréchal commandant supérieur, quand il s'agit d'une division territoriale;

S"" Avec les généraux de brigade commandant les subdivisions de la division ;

A"* Avec l'intendant de la division pour tout ce qui a rapport aux services administratifs ;

h^ Avec les généraux commandant les Écoles d'artillerie de la division, pour la police et la discipline des troupes sous leurs ordres ;

6° Avec les directeurs du génie de la division, pour les travaux des places, pour le casernement, pour les réparations des bâtiments, etc. ;

T Avec les colonels de gendarmerie de la division, pour la police et la justice militaires ;

8"* Avec les présidents des conseils de guerre de la division et avec ceux des conseils de révision, quand il y en a dans l'étendue du commandement, pour la réunion de ces conseils et pour toutes les affaires de la justice militaire.

Indépendamment de ces autorités principales avec lesquelles la division correspond d'une manière à peu près régulière, elle correspond encore accidentellement avec les autorités suivantes :

1 *• Les ministres des départements autres que celui de la guerre, pour provoquer la marche oula décision

d'une affaire particulière, ou poft répondre à des renseignements demandés ;

T Les généraux commandant d'autres divisions militaires, pour leur donner avis des mouvements de troupe ou pour des affaires relatives à des militaires sous leurs ordres ;

3"* Les inspecteurs généraux, pour leur fournir les renseignements qui leur sont nécessaires et pour le service pendant leurs inspections ;

4^ Les préfets, pour les affaires de sûreté générale et pour le recrutement ;

5"* Les procureurs impériaux, pour les affaires militaires concernant la justice civile;

6** Les archevêques, évoques et autorités religieuses, pour les cérémonies publiques, les Te Deum^ etc.;

7* Enfin les militaires de tous grades non employés, pour demandes et affaires personnelles.

Telles sont les principales autorités avec lesquelles correspondent les bureaux d'un état-major divisionnaire. Je dis les principales, parce qu'évidemment il peut y en avoir d'autres suivant les circonstances.

Examinons maintenant la forme sous laquelle on leur écrit.

On emploie ordinairement du papier format tellière, qui porte dans l'angle à gauche et en haut :

Telle division militaire^ EtatHTiajor de la division.

Au-dessous, l'indication du bureau auquel appar* tient l'affaire traitée.

Puis au-dessous encore, le numéro d'ordre de la lettre.

La première indication est "mise par l'officier; la

seconde par le secréffîre, qui copie la lettre sur le gistre de correspondance.

A hantenr de la première ligne et en marge, on met une analyse succincte de Taffaire traitée.

En haut et à droite de la lettre, se trouTe Tindication du lieu d'où Ton écrit, avec la date.

En bas de la lettre, on met la suscription, c'est-àdire l'indication de la personne à laquelle la lettre est adressée.

Ce sont là les accessoires d'une lettre émanant d'un état-major de division territoriale.

11 y a ensuite des formules pour le conmiencement et la fin de ces lettres.

L'ensemble de ces formules s'appelle un protocole ou un formulaire. Le ministère de la guerre en a un très-complet.

Chaque division a ordinairement le sien.

Examinons les formules principales.

Pour commencer les lettres, on met Tindication de la personne en vedette ou sur la première ligne. La première manière est la plus respectueuse.

Quand on écrit au ministre, on met en vedette : Momieur le Ministre^ et dans le corps delà lettre, si on lui parle à la troisième personne, on dit : Votre Excelleme.

11 en est de même pour un maréchal.

Pour les dignitaires ecclésiastiques, évoques ou archevêques, on met : Monseigneur^ et dans le corps de la lettre : Votre Eminence.

Aux généraux de division : Monsieur le Général de division ou Mon cher Général.

Aux généraux de brigade : Mon cher Général ou Général,

— ai —

Aux membres de Tintendance ^Monsieur riatoidant ou Monsieur le Sous-intendant.

De même aux autorités civiles, préfets, procureurs généraux, etc.

Telles sont les formules employées pour le commencement des lettres.

Pour la fin, il y a trois salutations principales :

1° Pour les supérieurs, on emploie une formule respectueuse :

Je suis avec respect.

Monsieur le Ministre, De Votre Excellence,

le très-humble et très-obéissant serviteur, ou bien :

Je vous prie d'agréer.

Monsieur le Maréchal, l'expression de mon respect.

2" Pour les autorités d'un rang égal, par exemple un général de division écrivant à un général de division :

Agréez, Monsieur le Général de division,

l'assurance de ma haute considération, ou bien :

Agréez , mon cher Général , l'assurance de mon affectueuse considération*

3' Enfin, pour les autorités d'un rang inférieur, comme un général de division écrivant à un général de brigade :

Recevez, mon cher Général, l'assurance de ma considération très-distinguée

ou la plus distinguée.

Pour les ordres, leur forme extérieure est analogue à celle des lettres.

On met en tête et en vedette : Ordre de la division. On met au bas : Au quartier général à

Le général commandant la division militaire.

Connaissant maintenant tout ce qui est relatif à la forme de la correspondance militaire, nous pouvons examiner les qualités principales du style que Ton doit y employer.

Le style militaire doit avoir trois qualités principales : la clarté, la précision et la correction.

La clarté est évidemment la première de toutes les conditions à remplir. Pour l'obtenir, il faut bien étudier d'avance l'affaire que l'on doit traiter; il faut comparer les différents faits qu'elle présente aux prescriptions des lois, ordonnances ou décisions qui régissent la matière : on déduit de cette comparaison, comme conséquences, les réponses que Ton doit faire; on se fixe sur les idées que l'on veut exprimer et en môme temps sur l'ordre dans lequel on veut les présenter. C'est de ce travail préliminaire que dépend surtout la clarté, car l'art de bien écrire n'est autre chose que celui de bien penser. Bien concevoir une chose est la meilleure manière de l'énoncer clairement.

La deuxième qualité du style militaire est la précision. Celle-ci consiste à ne rien dire d'inutile et à exprimer beaucoup de choses en peu de mots. Pour l'obtenir, on cherchera les expressions les plus simples, les constructions de phrases les plus naturelles. On évitera les phrases incidentes et les périodes longues, diffuses ou traînantes. On séparera bien les idées au moyen de phrases courtes et d'alinéa multipliés. Le style militaire est volontiers un peu haché, et la précision, le laconisme de l'expression, lui donnent à la

fois de la fermeté et de Ténergîe, quand toutefois ils ne sont pas exagérés et ne nuisent pas à la clarté.

Enfin, comme troisième condition, le style militaire doit avoir la correction, c'est-à-dire qu'il doit être conforme aux règles grammaticales. Écrire simplement, naturellement, ainsi que nous le disions tout à l'heure, est la meilleure manière d'arriver à la correction.

La clarté, la précision et la correction sont donc trois qualités indispensables au style militaire. Elles n'excluent pas évidemment les autres qualités indiquées dans les ouvrages spéciaux, telles que la noblesse, l'élégance, l'harmonie, etc.

Mais les premières de ces qualités sont essentielles. Les autres ne sont qu'accessoires.

Nous terminerons ici l'étude de la forme extérieure de la correspondance militaire.

Dans la leçon suivante, nous allons examiner les détails qui en forment le fond .

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