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CINQUIÈME LEÇON

Service des aides de camp. — Principes généraux.

Aides de camp des généraux de brigade commandant des subdivisions territoriales.

Aides de camp des généraux de brigade commandant des brigades actives à l'intérieur ou en campagne.

Des revues trimestrielles.— Époque^ objet et détails de ces opérations.

Les aides de camp sont donnés aux généraux pour les aider dans les détails de leurs commandements et pour la transmission de leurs ordres.

D'après Tordonnance de 1818, les maréchaux de France peuvent avoir auprès d'eux, en temps de paix, quatre officiers, aides de camp ou officiers d'ordonnance, et en temps de guerre, six.

Les généraux de division ont droit, en temps de paix, à deux aides de camp : un chef d'escadrons et un capitaine. En temps deguerre, ils peuvent prendre, en outre, un officier d'ordonnance.

Les généraux de brigade ont droit, en temps de paix, à un aide de camp du grade de capitaine, et en temps de guerre, ils prennent, en outre, un officier d'ordonnance.

On voit assez fréquemment des généraux de bri-

gade n*avoir que des officiers d'ordonnance; mais ils ne doivent le faire, dit l'instruction ministérielle, qu*à défaut d'officiers d'état-major.

Le service des aides de camp est réservé, en France, au corps d'état-major ; chez les puissances étrangères, il n'en est pas de même.

En Autriche, les aides de camp forment un corps particulier, celui des adjudants.

En Prusse, les aides de camp sont choisis par les officiers généraux dans les troupes sous leurs ordre».

En Russie, le système est mixte. Les aides de camp sont pris en partie dans les troupes, en partie dans le corps d'état-major.

Le système qui permet aux généraux de choisir leurs aides de camp dans tous les corps offre, pour ces généraux, l'avantage d'avoir auprès d'eux des officiers qu'ils connaissent mieux, qui sont mieux à leur main, avec qui il leur est plus facile d'établir des rapports d'entière confiance.

Le système qui limite au corps d'état-major le choix des aides de camp offre l'avantage de mettre auprès des officiers généraux des officiers plus instruits et possédant surtout les connaissances spéciales qui sont particulièrement nécessaires dans l'exercice de leurs fonctions.

Ce second système, quand il est tempéré dans son application, comme en France, semble devoir donner les meilleurs résultats.

Quoi qu'il en soit, nous distinguerons deux classes d'aides de camp, dont les fonctions diffèrent d'une manière assez sensible :

Les aides de camp des généraux de brigade, et les

aides de camp des généraux de division, auxquels on peut ajouter les aides de camp des maréchaux.

Les uns et les autres sont nommés par le ministre, soit d'office, soit sur la demande des officiers généraux.

Nous examinerons aujourd'hui le service des aides de camp des généraux de brigade ; dans la leçon suivante, le service des aides de camp des généraux de division. Commençons par présenter quelques considérations générales qui s'appliquent aux uns et aux autres.

Le service d'aide de camp est un service militaire qui n'a rien de personnel.

L'aide de camp d'un général est attaché à son commandement et non pas à sa personne.

Néanmoins, il est évident que ses fonctions, le rapprochant beaucoup et fréquemment du général, demandent des rapports de confiance et impliquent un certain degré d'intimité. Cette intimité est plus ou moins grande suivant le caractère et les habitudes du général. Quelle qu'elle soit, un aide de camp doit toujours entourer son chef des égards et du respect que comportent son âge, son grade et ses services militaires.

L'aide de camp d'un général est particulièrement chargé de la transmission de ses ordres. Parlons donc ici de la transmission des ordres ; ce que nous dirons sur ce sujet sera applicable au service des autres officiers d'état-major attachés aux divers états-majors, qui en transmettent également, quoique d'une manière moins spéciale.

On peut distinguer deux espèces d'ordres à transmettre I

Sur un champ de bataille, Et sur un théâtre d'opérations.

Sur un champ de bataille, on transmet des ordres aux différentes lignes de Tordre de bataille ou bien aux troupes des réserves. Les distances à parcourir sont généralement de un ou deux kilomètres. De plus, les circonstances sont pressantes : il s'agit, par exemple, de porter à une réserve de cavalerie Tordre de charger un ennemi ébranlé, comme le général Rapp, à Austerlitz. Un ordre semblable demande, avant tout, de la rapidité. II faut le porter au galop, en franchissant tous les obstacles.

Sur un théâtre d'opérations, on transmet les ordres du général vers des points plus éloignés; par exemple, dans une marche stratégique, on transmet les ordres du général en chef de la colonne du centre à Tune des colonnes des ailes. Les distances à parcourir sont de 3, 4, 5 lieues. Il faut, alors, une allure soutenue et du fond plutôt que de la rapidité momentanée. Il faut, en même temps, de l'intelligence dans le choix de la direction à prendre.

Voici un exemple qui le prouve :

Le 18 juin 1815, l'Empereur est en présence de l'armée anglaise à Waterloo, avec la colonne principale de l'armée française.

Une colonne secondaire sous les ordres du maréchal Grouchy est à environ six lieues sur la droite, à Gembloux, à la suite des Prussiens, qui ont été battus à Ligny.

L'Empereur, voulant attaquer les Anglais, cherche à rapprocher de lui sa colonne secondaire et à la faire déboucher sur le flanc de la position de Mont-Saint-Jean.

Deux ordres sont envoyés à cet effet au maréchal.

Le premier ne lui parvint pas.

Le second fut confié vers une heure, au moment où s'engageait sérieusement la bataille, à un colonel polonais, le colonel Zénovitz. Au lieu d'aller au-devant du maréchal et de chercher à passer la Dyle aux ponts de Limale, de Limelette, d'Ottignies ou de Moustier, ce qui était possible dans l'après-midi du 18 juin, le général Excelmans ayant alors dépassé Mont-Saint- Guibert avec l'avant-garde du maréchal, le colonel Zénovitz revint aux Quatre-Bras, puis se dirigea sur Gembloux par Sombref. Il fit ainsi 1 1 lieues au lieu de 5. Il mit 6 heures de temps pour remplir sa mission. Il n'arriva à destination qu'à 7 heures du soir.

S'il s'était rendu directement à Mont-Saint-Guibert, il pouvait rejoindre le maréchal en 2 heures. La bataille aurait eu peut-être un autre résultat.

Citons encore, comme exemple de transmission d'ordres sur un théâtre d'opérations, le colonel Fabvier le premier jour de la bataille de Laon, envoyé par le maréchal Marmont, d'Athies vers Bergère et Etouvelles, pour se mettre en communication avec l'Empereur. Le colonel est escorté par un détachement de 600 chevaux et 2 pièces de canon.

Ces exemples montrent ce que nous appelons une mission sur le théâtre d'opérations.

Ils montrent, en même temps, l'importance qu'il faut attacher à la transmission des ordres et aux fono-* tions des officiers d'état-major.

« Les fautes d'un colonel, dît à ce sujet un officier

« général russe, voire même celles d'un général de

(( brigade, sont faciles à réparer. Celles d'un officier

« d'état-major sont le plus souvent irréparables. »

Les historiens de la campagne de 1849 en Italie at-

tribuent la perte de la bataille de No vare à la mauvaise organisation deTétat-majorpiémontais àcette époque.

Quelle que soit la nature de Tordre à transmettre, un officier d'état-major doit s'attacher, en le recevant, à le bien comprendre, à en saisir l'esprit, plutôt que la lettre, c'est-à-dire à saisir surtout l'intention dans laquelle cet ordre est donné, le moment et les circonstances auxquels il se rapporte.

Il doit chercher, en le transmettant, à le faire aussi clairement,aussi fidèlement, aussi simplement que possible. Il assiste ensuite au commencement d'exécution et enfin il vient rendre compte au général. Un officier d'état-major n'est donc pas seulement le porte-voix de son général; il est, pour ainsi dire, son représentant.

A ce sujet, le général Thiébaut dit qu'il serait à désirer que, dans certaines circonstances, un général pût autoriser son aide de camp à modifier, en cas de besoin, des ordres destinés à des corps éloignés, car la face des choses change d'un moment à l'autre ; et un ordre bon pour un moment peut ne plus l'être pour un autre.

Nous en trouverons un exemple dans le Siècle de Louis XIV y de Voltaire.

« Torstenson, dit-il, était page de Gustave-Adolphe « en 1624. — Le roi, près d'attaquer un corps de Li- « thuaniens en Livonie et n'ayant point d'adjudant c( auprès de lui, envoya Torstenson porter ses ordres à « un officier général, pour profiter d'un mouvement « qu'il vit faire aux ennemis. Torstenson part et re- M vient. Cependant les ennemis avaient changé leur c( marche. Le roi était désespéré de l'ordre qu'il avait « donné : Sire, dit Torstenson, daignez me pardonner ; « voyant les ennemis faire un mouvement contraire.

« j*ai donné un ordre contraire. Le roi ne dit mot; (( mais, le soir, ce page servant à table, il le fit sou- « per à côté de lui et lui donna une enseigne aux « gardes ; quelques jours après, une compagnie ; « ensuite un régiment. Torstenson fut un des plus « grands capitaines de l'Europe. »

Bien entendu, malgré l'exemple ci-dessus, un officier d*état-major ne doit jamais prendre sur lui de changer un ordre reçu, à moins, comme nous Tavons dit tout à rheure, qu'il n'en ait obtenu l'autorisation du général et qu'il ne possède toute sa confiance.

Indépendamment des ordres transmis par euxmêmes, les aides de camp sont encore chargés fréquemment d'en faire transmettre par des plantons et ordonnances. Ce sont ordinairement des ordres écrits auxquels il faut assurer une réception rapide.

On confie alors la dépêche à un planton, cavalier ou fantassin; sous-officier, brigadier ou soldat. On lui donne en même temps un reçu préparé à l'avance, sur lequel on inscrit l'heure du départ et sur lequel la personne intéressée doit inscrire l'heure de l'arrivée.— On s'assure, en même temps, que le porteur est dans une tenue convenable et enfin qu'il connaît son itinéraire.

Telles sont les considérations relatives à la transmission des ordres et à la position d'aide de camp en général.

Voyons maintenant le service particulier des aides de camp des généraux de brigade.

Le service des aides de camp des généraux de brigade peut être examiné sous trois points de vue :

1** Au point de vue du service dans les subdivisions territoriales ;

2** Au point de vue du service dans les brigades actives ;

3** Au point de vue du service dans les revues trimestrielles.

Occupons-nous du premier.

Le service de l'aide de camp d'un général de brigade, commandant une subdivision territoriale , se divise en service actif et service de bureau.

Le service actif comprend les prises d'armes, revues, manœuvres, marches militaires, etc...., auxquelles assiste le général*

L'aide de camp prend ainsi part à tous les actes de la vie militaire de son chef, et, pendant les diverses opérations que nous venons d'indiquer, il doit rester auprès de lui, pour être à sa disposition, pour prendre note de ses observations, pour porter ses ordres, etc.

Son service actif comprend encore la surveillance des gardes, piquets d'escorte, plantons, etc., qui sont au quartier général de la subdivision ;

Puis les cérémonies publiques, où l'aide de camp accompagne son général ;

Enfin les missions particulières qui peuvent lui être confiées dans l'étendue de la subdivision.

Quant au service de bureau, il comprend toutes les afl'aires que nous avons vues traitées dans les états-majors de divisions, seulement 6n proportions moindres.

Le bureau d'un général de subdivision est un étalmajor divisionnaire sur une petite échelle.

Ce bureau comprend comme personnel :

Le général luî-môme, qui se réserve une partie de la correspondance ; L'aide de camp du général ; Un ou deux secrétaires.

Ce bureau correspond avec les autorités suivantes :

V Le général de division, commandant la division territoriale ;

2* Les chefs de corps et d'établissements de la subdivision ;

3" Le sous-intendant ;

4* Les commandants de place ;

5' Les commandants des dépôts de recrutement;

6** Ceux de la gendarmerie ;

T Les autorités civiles, préfets, maires ;

8" Les autorités judiciaires ;

9* Les autorités religieuses, etc.

Les formes générales de la correspondance sont celles qui ont été indiquées précédemment.

Il y a également des formules consacrées par l'usage pour le commencement et la fin des lettres.

Après la signature, toutes les lettres sont enregistrées et reçoivent un numéro d'ordre. Elles sont mises sous enveloppes ou sous bandes, en se conformant au tableau des franchises. Enfin elles sont contrensignées et expédiées.

Ces opérations sont analogues à celles qui ont lieu dans une division.

Les affaires traitées se classent généralement en neuf catégories qui correspondent aux neuf bureaux que nous avons vus précédemment. Ainsi nous avons :

1 " Les affairesgénérales, politiques et confidentielles.

qui sont ordinairement traitées par le général lui-* môme;

2° Puis viennent les affaires qui appartiennent à la justice militaire. Toutes les plaintes dont nous avons parlé dans les leçons précédentes, enconseil de guerre, en conseil d'enquête , pour des punitions disciplinaires, etc., passent par l'intermédiaire du général de brigade qui vérifie les pièces, en signe quelquesunes, donne son avis et transmet les dossiers;

3** Ensuite viennent les affaires qui appartiennent au recrutement; elles dépendent d'aune manière toute spéciale du général subdivisionnaire. C'est lui qui fait la tournée de révision avec le préfet et les autorités désignées. C'est lui qui préside à la mise en route des jeunes soldats, qui passe la revue de départ, qui organise les détachements, qui accorde, s'il y a lieu, des sursis de départ ou des changements de destination. C'est lui, enfin, qui est chargé de tous les détails de rappel d'une classe. Il est chargé encore de tout ce qui concerne la réserve, mariages des jeunes soldats qui en font partie, permissions de changements de résidences, etc.;

4** En quatrième lieu, viennent les affaires de l'infanterie, nominations, promotions, permutations des officiers, congés, permissions pour les officiers et pour la troupe, nominations aux compagnies d'élite, enfin, prescriptions et instructions relatives au service des troupes de l'arme, à leur tenue, àleurs manœuvres, etc. ;

5° A la suite des affaires de l'infanterie viennent celles de la cavalerie, qui ont avec elles beaucoup d'analogie ;

6" Celles de l'artillerie ;

?• Celles du génie ^t du casernement;

8° Celles de la gendarmerie;

9° Enfin, celles de Tadministration , qui comprennent les demandes de secours , les demandes de pensions, etc.

Pour toutes ces affaires, la subdivision est Tintermédiaire entre la division et les corps de troupe ou les établissements.

Dans l'exécution du travail, le général se réserve ordinairement le premier bureau ; son aide de camp fait le travail des autres bureaux.

De sorte que celui-ci est appelé à connaître toutes les affaires qui se traitent dans un état-major divisionnaire et que sa position est à un degré moindre celle d'un chef d*état-major.

La subdivision envoie à la division un certain nombre d'états et de situations.

Les principaux sont les suivants :

r Une situation journalière indiquant l'effectif de chaque corps avec les mutations;

2° Une situation des cinq jours servant à l'établissement de la situation des cinq jours de la division;

3" Tous les mois, on fait, à la division, l'envoi d'un dossier pour chaque corps.

Ce dossier comprend un certain nombre de pièces prescrites par les règlements, et parmi ces pièces, les plus importantes sont les suivantes :

r La situation mensuelle du corps établie d'après le modèle de la circulaire ministérielle du 29 décembre 1831;

2° L'état des officiers pouvant être appelés à faire partie des conseils de guerre ;

3° L'état nominatif de lofficier d'état- major attaché au corps;

4° L*élat des logements et pensions des officiers ; 5* Le rapport sur les écoles régimentaires, etc.

La subdivision ajoute à ces dossiers des corps :

1** Un état nominatif des officiers généraux et d'étatmajor employés dans la subdivision ;

2* Une situation des garnisons, postes et établissements :

3* Un état des insoumis, etc.

On tient, dans une subdivision comme dans un étatmajor divisionnaire, un certain nombre de registres, savoir :

Un registre de correspondance, ordinairement divisé en deux parties : Tune contenant les lettres adressées au général de division; Tautre contenant les lettres adressées aux corps, établissements et autorités inférieures.

Ensuite vient le registre d'ordres, présentant d'un côté les ordres de la division et de l'autre les ordres de la subdivision.

Puis il y a le registre des congés avec les mêmes indications que celui de la division.

Enfin, un registre pour les secours, s'il y a lieu, etc.

Nous allons voir maintenant le service d'un officier d'état-major aide de camp d'un général de brigade, commandant une brigade active.

Le service actif de cet officier consiste surtout en prises d'armes, manœuvres, marches militaires.

Il consiste aussi en reconnaissances précédant ces diverses opérations.

Enfin, surle terraîn, il comprend le tracé des lignes, la transmission des ordres, etc.

Quant au service de bureau, le personnel du bureau comprend :

Le général lui-môme ;

Son aide de camp;

Un ou deux secrétaires.

Le général se réserve ordinairement les affaires importantes, politiques et confidentielles.

L'aide de camp fait le reste du travail correspondant aux divers bureaux indiqués précédemment pour la division active. Il traite alors toutes les affaires relatives à la justice militaire, à l'arme, aux mouvements et opérations, à l'administration; enfin il tient le journal historique de la brigade.

Il n'y a plus dans une brigade active, comme dans une subdivision territoriale, de correspondance avec les autorités civiles, judiciaires et religieuses ; on ne s'occupe plus de recrutement.

La correspondance est donc très -simplifiée ; elle ne s'applique plus qu'aux troupes de la brigade, à leur instruction, à leur tenue, à leurs mouvements, au personnel des officiers et de la troupe, enfin aux opérations militaires.

Les états et situations à fournir sont :

r Une situation journalière des troupes de la brigade ;

2® Une situation des cinq jours ;

3* Des états de fin de mois qui sont généralement établis parles corps etque la brigade vérifie et transmet.

Quant aux registres, il y a toujours :

Un registre de correspondance divisé en deux par-

ties : Tune pour le général de division, l'autre pour les chefs de corps ;

Un livre d'ordres, également divisé en detix parties : Tune pour les ordres de Tarmée, du corps d'armée et de la division, l'autre pour les ordres de la brigade.

Terminons cette leçon en commençant l'examen des revues périodiques passées par les généraux.

Les troupes sont passées en revue chaque année par des généraux de brigade et par des généraux de division.

Les premiers passent ordinairement par délégation les revues trimestrielles.

Les seconds passent les inspections générales.

Les revues trimestrielles ont lieu deux fois par an, au mois de janvier et au mois d'avril. Les revues d'octobre et de juillet sont supprimées par les inspections générales.

Les revues trimestrielles ont un double but :

1" De s'assurer que les ordres laissés par le dernier inspecteur général ont été exécutés ;

V De débarrasser les corps des hommes et des chevaux impropres au service.

Examinons successivement les différentes parties d'une revue trimestrielle.

On présente d'abord au général les hommes et les chevaux portés pour la réforme.

Les hommes sont proposés par suite d'infirmités. Si les infirmités ont été contractées au service, le général leur accorde un congé de réforme n° 1, après toutefois les avoir fait contre-visiter par les médecins

de rhôpita] ; et, s'il le juge convenable, il propose les hommes réformés de cette manière pour une gratifia cation une fois payée.

Quand les infirmités sont antérieures à l'entrée au service, le général renvoie devant la commission départementale, afin d'obtenir un congé de réforme n** 2.

Quant aux chevaux, le général les examine, prononce et prévient l'intendant pour la vente des chevaux réformés .

On propose ensuite au général les changements de corps. Il prononce pour les régiments de même arme. Il transmet au général de division, qui, lui-môme, envoie au ministre, pour les changements d'arme.

Puis on lui adresse les propositions d'admission à la retraite, à la non-activité ou à la réforme. Il les transmet également.

Le général constate l'effectif du corps au moyen d'une revue passée avec le sous-intendant.

Il examine les écoles régimentaires et il fait un rapport spécial sur cette partie du service.

Il voit les chevaux arrivés depuis la dernière inspection et il rend compte de son examen.

Il visite l'hôpital et y accorde des congés de convalescence.

Il signe, s'il y a lieu, un état supplémentaire d'avancement.

Enfin il fait un examen rapide de toutes les parties du service ; il constate la situation morale et matérielle du corps ; il s'assure que toutes les observations du dernier inspecteur général sont respectées.

Les résultats de la revue sont envoyés au ministre par la voie hiérarchique. Ils forment un dossier comprenant des pièces et états, dont les principaux sont :

L'état des hommes réformés ;

L'état des congés de convalescence ;

L'état des changements de corps ;

L'état des chevaux réformés ;

Le rapport sur les écoles ;

Le rapport sur l'observation des ordres de l'inspecteur général ; rapport divisé en deux parties, présentant : l'une les observations, l'autre la suite qui leur a été donnée.

Les modèles de ces divers états sont au Journal militaire^ V semestre de 1838, page 213.

De plus, on joint au travail les mémoires des différentes propositions auxquelles l'opération a donné lieu.

Tel est l'ensemble d'une revue trimestrielle. Comme nous l'avons dit, ces revues sont ordinairement passées par les généraux de brigade, soit dans les subdivisions territoriales, soit dans les brigades actives. Ils sont délégués à cet effet par les généraux de division sous les ordres de qui ils se trouvent, quand toutefois ceux-ci ne les passent pas eux-mêmes.

Pendant une revue trimestrielle, l'aide de camp du général de brigade accompagne son chef et assiste à toutes les opérations de la revue.

Il prend note des observations et il transmet les ordres du général.

Au bureau, il vérifie toutes les pièces et il établit le dossier de chaque corps.

Nous verrons dans la prochaine leçon les inspections générales. Indiquons immédiatement le rôle qu'y jouent les généraux de brigade.

Avant l'inspection générale, le général de brigade

sous les ordres duquel se trouve le corps inspeclé rassemble les pièces et registres prescrits par les instructions. Parmi les registres sont particulièrement le registre du personnel et le registre d'ordres. Le général les examine et fait, s'il y a lieu, ses observations.

Il les remet au général inspecteur au moment de son arrivée.

Pendant l'inspection, le général de brigade est à la disposition du général de division, qui peut le déléuer pour voir telle ou telle partie du service.

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