‹ Cours d'art et d'histoire militaires. AppendiceChapitre 8 sur 50 · II · texte numérisé non relu

II

Celui du Danube en 1 809 ;

Celui de la Bérésina en 1812 ;

Enfin , celui de la Lîmmat en 1799, par Tannée d'Helvétie. Ce dernier a été dirigé par le colonel Dedon, qui nous en a laissé le récit. Je vais lui en emprunter les principaux détails {PL 5, fig, 3).

L'année d'Helvétie, sous les ordres de Masséna, est établie du Rhin au Saint-Gothard, derrière la Lîmmat, la Linth et la Reuss.

Masséna veut prendre l'offensive et profiter du départ de Tarchiduc Charles pour accabler les Russes de Korsakoff, laissés seuls en attendant Souwarof.

La Limmat , du lac de Zurich au Rhin , formait une ligne courte, très-forte, difficile à franchir. Sa largeur moyenne était de 100 mètres.

Il y avait deux points de passage :

L'un à l'embouchure del'Aar, près du village de Vogelsang, où Ton pouvait conduire les embarcations par eau, mais qui ne présentait que ce seul avantage;

L'autre à Diétikon, où un repli considérable de la rivière, dont la convexité était tournée de notre côté , procurait l'avantage de pouvoir croiser le feu d'une nombreuse artillerie. Celle-ci pouvait être établie sur un plateau élevé. La presqu'île où l'on devait aborder était assez basse et couverte par un petit bois dont on devait d'abord s'emparer, et qui servirait à protéger les troupes.

L'ancrage était bon et le courant moins rapide que partout ailleurs.

Tels étaient les avantages.

Comme inconvénients, il n'y avait pas d'île protectrice, pas de cours d'eau pour amener les barques ; il

fallait les apporter sur des voitures par des routes difficiles et étroites.

Les moyens disponibles consistaient en seize bateaux d'artillerie et en barques ou nacelles du lac de Zurich pouvant servir à passer des troupes.

Il y avait, pour les transporter, 24 baquets.

On fit plusieurs convois qui suivirent les chemins du pays en se masquant des vues de la rive droite. Les bateaux furent déchargés derrière le village de Diétikon .

Le 3 vendémiaire, au matin, tout est prêt, et Topération commence. On simule un passage à Vogelsang.

Cette démonstration attire l'attention de l'ennemi et lui fait porter vers, ce point une réserve de 2,000 grenadiers , placée vis-à-vis du passage véritable, et qui aurait probablement beaucoup gêné l'opération.

A Diétikon, les bateaux légers sont portés dans l'eau à bras. 600 hommes sont jetés par eux sur le bord opposé. . . Les baquets arrivent alors au trot sur la rive, et l'on travaille à la construction du pont. Commencé à cinq heures , il est achevé à sept heures et demie. A neuf heures , le général Lorges, avec 14,000 hommes, a passé la Limmat et est établi sur la rive droite.

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