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CINQUIÈME LEÇON

Système militaire de FEmpire français. — Considérations générales. Organisation de Tarmée permanente. — Troupes. — États-majors. Résenres. — Divers antres éléments de nos institutions militaires.

Nous allons voir comment les principes généraux des systèmes militaires modernes, que nous avons étudiés dans les leçons précédentes, ont été appliqués chez- les différentes puissances de l'Europe.

Pour cela, je vais vous présenter successivement le tableau des institutions militaires de la France, de la Prusse, de TAutriclie et de la Russie d'une manière aussi complète que me le permettront les différents documents que j'ai pu rassembler.

A la leçon sur le système militaire de l'Autriche, j'ajouterai un mot sur l'organisation de l'armée de la Confédération germanique et sur celle de l'armée piémontaise.

A la leçon sur le système militaire de la Russie, j'ajouterai quelques renseignements sur l'organisation de l'armée britannique.

De manière à faire connaître l'ensemble des forces militaires de l'Europe.

Je commencerai pour chaque puissance par indiquer:

La forme de son gouvernement ;

Le chiffre de sa population ;

L'état de ses finances;

La nature de ses frontières ;

Enfin les différents éléments sur lesquels repose la force d*un État.

Puis, après ces considérations générales, je suivrai pour les institutions militaires proprement dites, la marche que j*ai suivie dans les chapitres précédents pour l'étude des systèmes militaires en général.

Système militaire de l'Empire français. — Considératioiis générales. — La forme du gouvernement en France est celle d'un empire constitutionnel.

L'Empereur, élu par le suffrage universel, gouverne avec la Constitution de 1852, imitée de celle de l'an viii.

La population de la France, d'après le recensement de 1856, est de 36,039,364 habitants.

Le budget de 1860 présente pour les dépenses une somme de 1,824,957,778 fr., et pour les recettes une somme de 1,825,854,379 fr.

La dette est d'environ 8 milliards, mais néanmoins, le crédit du Gouvernement en France est considérable. On en a eu la preuve dans les emprunts de la guerre d'Orient et dans l'emprunt tout récent de la guerre d'Italie. Pour ce dernier, le Gouvernement demandait 500 millions. Les souscriptions ont atteint 2 milliards 500 millions.

Les frontières de la France, sauf celles du Nord, sont dessinées par la nature et couvertes par des obstacles respectables. L'annexion de Nice et de la Savoie nous a donné vers l'Italie notre frontière naturelle et a complété notre territoire. Il n'y a que deux puissances en Europe mieux partagées que la France sous le rapport des frontières, savoir : l'Angleterre et l'Espagne.

Nous formons un État compact, homogène, dont

tous les habitants parlent la même langue, professent la même religion et sont habitués depuis longtemps à vivre sous un môme souverain.

La nation française est parvenue à un haut degré de civilisation ; elle est riche, industrieuse, sensible à la gloire militaire et éminemment belliqueuse.

L'armée française est la mieux fractionnée, la plus mobile et la mieux recrutée de toutes les armées européennes.

Nos institutions militaires nous donnent une grande importance, une grande force et une influence considérable sur les affaires du monde.

Nous allons examiner ces institutions en détail.

La force publique en France présente trois éléments principaux :

L'armée permanente ; La réserve de cette armée ; La garde nationale.

Occupons-nous d'abord de l'armée permanente.

Armée permanente. — L'armée permanente a aujourd'hui un effectif de 600,000 hommes sur le pied de guerre.

Sur le pied de paix elle est de 300 à 350,000 hommes.

Sa réserve est alors forte de 250 à 300,000 hommes.

L'armée permanente est organisée de la manière suivante :

L'Empereur en est le chef. Il a autour de lui une

maison militaire, composée de ses aides de camp et de ses officiers d'ordonnance.

Puis vient le Ministre de la guerre, chargé de tous les détails d'organisation et d'administration de l'armée.

Nous trouvons ensuite l'état-major général, comprenant :

6 maréchaux de France^ en temps de paix ; 12 en temps

de guerre ; 80 généraux de division ; 160 généraux de brigade.

Ces trois classes de généraux sont destinées à commander les grandes fractions de l'armée : armées, corps d'armée, divisions et brigades. ,

Dans plusieurs armées européennes, il y a des généraux spéciaux pour les corps d'armée. Il n'y en a pas en France • Nos corps d'armée sont commandés par des maréchaux ou par des généraux de division.

Le maréchal Marmont regrette cette disposition :

« Il est difficile, dit-il, d'obtenir une subordination « parfaite entre officiers du même grade, w

Après rétat-major général, vient le corps d*étatmajor. Il comprend 580 officiers :

35 colonels^

35 lieutenants-colonels; 110 chefs d'escadron ; 300 capitaines ; 100 lieutenants.

L'état-major général et le corps d'état-major forment la tête de l'armée et se lient à toutes les armes.

C'est le cadre des grandes unités, brigades, divisions et corps d'armée.

Passons aux troupes.

Nous trouvons d'abord l'escadron des cent-gardes, destiné à la garde particulière de l'Empereur.

Garde impériale. — Puis vient la garde impériale. Il y a une garde dans presque toutes les organisations militaires.

La Russie a un corps d'armée présentant plus de 50,000 hommes.

La garde royale d'Angleterre est une troupe magnifique.

Les gardes allemandes, celles d'Espagne, celles des puissances du Nord sont composées de troupes choisies.

En Autriche , il n'y a pas de garde proprement dite, mais il y a vingt bataillons de grenadiers qui en jouent le rôle.

La garde impériale en France se compose de deux divisions d'infanterie et d'une division de cavalerie.

Elle a été créée par décret du T' mai 1854 et réorganisée par un second décret du 20 décembre 1855.

La 1" division d'infanterie comprend :

1 régiment de gendarmerie à pied ;

3 régiments de grenadiers; i régiment de zouaves.

La V division comprend :

4 régiments de voltigeurs ;

i bataillon de chasseurs à pied.

Chaque division forme deux brigades.

La division de cavalerie en forme trois; elle comprend :

i escadron de gendarmerie ;

2 régiments de cuirassiers ; 1 régiment de dragons;

1 régiment de lanciers; i régiment de chasseurs ; 1 régiment de guide?.

Il y a de plus dans la garde.

1 régiment d'artillerie à pied à six batteries j 1 régiment d'artillerie à cheval à huit batteries ;

1 escadron du train d'artillerie ;

2 compagnies da génie ;

1 escadron du train des équipages.

La garde impériale représente ainsi un corps d'armée d'élite de 25 à 30,000 hommes comme en Russie, comme en Prusse.

Nous arrivons à l'organisation des troupes de ligne* Commençons par l'infanterie.

Infenterie. — L'organisation des différents corps d'in" fanterie a été réglée par l'ordonnance du 8 septembre

L'infanterie française se compose de :

103 régiments de ligne ; 20 bataillons de chasseurs à pied ; 3 régiments de zouaves; 3 bataillons d'infanterie légère d'Afrique; 6 compagnies de fusiliers de discipline ; 2 compagnies de pionniers de discipline;

2 régiments étrangers;

3 régiments de tirailleurs algériens ;

1 compagnie de sous-ofSciers vétérans ; 1 compagnie de fusiliers vétérans.

Examinons l'organisation d'un régiment d'infanterie.

Chaque régiment comprend quatre bataillons à six compagnies.

L'état-major du régiment se compose de :

1 colonel ;

1 lieutenant-colonel ;

3 chefs de bataillon ;

1 major ;

k capitaines adjudants-majors ;

1 capitaine trésorier ;

1 capitaine d'habillement ;

1 adjoint au trésorier ;

1 porte-drapeau, adjoint à Thabillement }

1 médecin-major j

2 aides-majors; ,

1 chef de musique^ ayant rang de sous-lieutenant.

Le petit état-major comprend :

4 adjudants;

1 tambour-major*,

3 caporaux tambours; 1 caporal sapeur ;

1 sous-chef de musique ; 1 vaguemestre.

Uétat-majop ou le cadre d'une compagnie comprend :

1 capitaine, |

1 lieutenant^ ! officiers;

1 sous-lieutenant, I

1 sergent-major, j

1 fourrier, | sous-officiers;

4 sergents, 1 1 caporal fourrier ;

8 caporaux.

La compagnie a 50 ou 60 hommes en temps de paix et 100 à 120 hommes en temps de guerre*

Dans les chasseurs à pied, Tétat-major d'un bataillon se compose de :

1 chef de bataillon; -

1 capitaine-major;

1 capitaine adjudant-major;

1 capitaine instructeur de tir ;

1 lieutenant trésorier;

1 sous-lieutenant officier d'habillement ;

1 médecin-major;

1 médecin aide-major.

Le petit état-major comprend :

1 adjudant;

1 sergent-clairon;

1 caporal-clairon.

Le cadre d'une compagnie de chasseurs à pied est le même que celui d'une compagnie d'infanterie, sauf l'addition d'un sous-officier, le sergent instructeur de tir.

Telle est l'organisation de Tinfanterie.

Cavalerie. — Son organisation est réglée par la même ordonnance que celle de l'infanterie.

La cavalerie française se compose de :

2 régiments de carabiniers ; ^ 10 régiments de cuirassiers ;

Formant la cavalerie de réserve.

12 de dragons; 8 de lanciers;

Formant la cavalerie de ligne.

12 de chasseurs;

8 de hussards;

3 de chasseurs d'Afrique ;

3 de spahis.

Formant la cavalerie légère;

Il y a de plus dix compagnies de cavaliers de remonte pour le service des remontes.

Chaque régiment de cavalerie comprend six escadrons.

L'état-major du régiment se compose de :

1 colonel;

1 lieutenant-colonel;

3 chefs d'escadron ; 1 major; 1 capitaine instructeur ;

3 adjudants-majors^

1 capitaine trésorier ;

1 adjoint au trésorier^

1 capitaine d'habillement;

1 soas-lieutenant, porte-étendard, adjoint à l'habillement;

1 médecin-major 5

2 médecins aides-majors , 1 vétérinaire en premier; 1 chef de musiqae.

Le petit état-major du régiment comprend :

3 adjudants sous-ofiBciers; 1 adjudant vaguemestre;

1 vétérinaire en deuxième ; 1 sous-chef de musique.

Le cadre d*un escadron comprend :

1 capitaine commandant y

1 capitaine en deuxième, , -., .

« ,. . . > officiers.

2 lieutenants y

3 sous-lieutenants, 1 maréchal des logis chef, 1 maréchal des logis fourrier, \ sous-otficiers. 6 maréchaux des logis j 1 brigadier-fourrier;

12 brigadiers.

100 à 120 hommes avec 75 à 100 chevaux sur le pied de paix. 150 à 175 hommes avec 125 à 150 chevaux sur le pied de guerre.

Dans les spahis, la moitié des lieutenants et des sous-lieutenants est formée d*officiers indigènes.

Les cadres de la cavalerie sont plus nombreux que ceux de Tinfanterie, en raison d'une surveillance plus étendue, et parce que dans la cavalerie les officiers sont des combattants.

Artillerie. — L'organisation du corps de Taptillerie a été déterminée par le décret du 14 février 1854.

L'artillerie comprend d'abord un état-major particulier composé de :

8 généraux de division ; 16 généraux de brigade ^

50 colonels qui commandent les régiments ou les établissements; 50 lieutenants-colonels.

Les troupes d'artillerie comprennent :

5 régiments d'artillerie à pied ;

1 régiment de pontonniers ;

7 régiments d'artillerie montée ; 4 régiments d'artillerie à cheval ;

11 y a de plus :

12 compagnies d'ouvriers d'artillerie ;

2 compagnies d'armuriers d'artillerie f k compagnies de cauonniers vétérans.

Le décret du 20 février 1 860 vient de modifier cette organisation.

lia créé vingt batteries à pied, réparties dans les régiments à pied, à raison de quatre par régiment, et trois nouveaux régiments montés, qui ont pris les numéros 14, 15 et 16.

Les quatre régiments à cheval ont pris les numéros 17, 18, 19 et 20.

11 y a donc maintenant vingt régiments d'artillerie dans la ligne.

Il n y a plus de cadres de dépôts, de batteries de parc ni de canonniers conducteurs.

Le train d'artillerie a été rétabli ; il comprend six escadrons à cinq compagnies.

Ces six escadrons ont les mêmes garnisons que les 8ÎX régiments à pied ; ils serviront à l'organisation des parcs.

L'état-majop d'un régiment d'artîllepie comprend :

1 colonel;

1 lieutenant-colonel;

8 chefs d'escadron;

i major )

1 trésorier;

1 capitaine instmctenr ;

2 adjudants-majors;

1 officier d'habillement ;

1 adjoint au trésorier ;

1 médecin-major;

2 aides-majors; 1 vétérinaire;

1 chef de musique.

Le petit état-major comprend :

3 adjudants;

1 vaguemestre;

1 sous-chef de musique.

Le cadre d'une batterie se compose de :

1 capitaine commandant; 1 capitaine en deuxième; 1 lieutenant en premier ;

I sous-Ueutenant ou lieutenant en deuxième.

II y a 16 batteries dans les régiments à pied; 10 dans les régiments montés ;

8 dans les régiments à cheval.

Voilà l'organisation des trois armes principales, de celles qui forment les covps de ligr\fi.

Passons aux corps hors ligne.

Crénie. — Le génie se compose d'abord d'un étatmajor qui comprend :

4 généraux de division ;

8 généraux de brigade;

26 colonels;

26 lieutenants-'Colonels ; 108 chefe de bataillon; 150 capitaines en premier^ 150 capitaines en deuxième et lieutenants.

Le plus grand nombre de ces officiers sont employés comme officiers d*état-major du génie.

Les autres sont employés comme officiers de troupe dans les trois régiments de l'arme.

Chacun de ces régiments est à deux bataillons.

Cendarmerle. — Il y a en France vingt-sîx légions de gendarmerie , correspondant à vingt-six arrondissements.

Il y a de plus la garde de Paris à pied et à cheval.

Plus encore un bataillon de voltigeurs corses et les sapeurs-pompiers de Paris.

Troupes d'administration. — Ces troupes forment quatorze sections, dont une d'ouvriers d'art et treize d'ouvriers d'exploitation, infirmiers, boulangers, etc.

Il faut joindre à ces troupes, le corps des équipages militaires, comprenant cinq escadrons formés chacun de quatre compagnies, plus quatre compagnies d'ouvriers, employés dans les parcs de construction et de réparation.

Tels sont les corps hors ligne.

ttats-majors et services administratib. — Nous avons déjà vu V état-major général et le corps détat^major, qui forment la tête de l'organisation.

Nous trouvons ensuite , Létat^major des places qui comprend :

146 commandants de place de diverses classes; 10 majors de place ; 163 adjudants de place; 24 secrétaires-archivistes divisionnaires ; 9 secrétaires-archivistes de place ; 5 aumôniers.

Total : 357 officiers.

Le corps de l'intendance j chargé de Tadministration de Tarmée et qui comprend :

8 intendants généraux inspecteurs; 26 intendants militaires ; 50 sous-intendants de 1'* classe ; 100 sous-intendants de 2* classe; 56 adjoints de i^ classe ; 24 adjoints de 2* classe ;

Total : 264 officiers.

Le service de santé j qui comprend des médecins et

des pharmaciens, savoir :

8 inspecteurs dont 7 médecins et 1 pharmacien ; 90 principaux dont 45 de 1'^ classe et 45 de 2'; 441 majors de l'* et de 2' classe, répartis dans les

hôpitaux et dans les régiments^ 900 aides-majors employés de même; 460 sous-aides.

Total : 2|000 officiers de santé environ.

Enfin, les officiers d'administration^ dont 350 des hôpitaux, 80 de rhabillement et du campement, 400 des subsistances et 400 des bureaux de l'intendance.

Chacun de ces services présente la hiérarchie suivante :

1« Des officiers principaux ;

2* Des comptables de V et de 2* classe ;

Z"* Enfin des adjudants de l'* et de 2* classe.

Telle est l'organisation de Tarmée permanente.

Système do rèsarres. — Notre système de réserves comporte :

La réserve de Tarmée , Et la garde nationale.

La réserve de l'armée comprend des jeunes gens du contingent qui n*ont pas encore rejoint, et des hommes qui sont renvoyés en congé illimité après deux ans de service.

Elle est administrée et surveillée par les dépôts de recrutement et de réserve qui forment une espèce de cadre sédentaire.

Ces dépôts sont de deux classes, et chacun d'eux comprend deux officiers.

Les dépôts de première classe sont commandés par un officier supérieur avec un capitaine pour adjoint.

Les dépôts de deuxième classe sont commandés par un capitaine, avec un lieutenant pour adjoint.

Il y a de plus deux sous-officiers attachés à chaque dépôt.

Pour la garde nationale, comme nous l'avons vu, elle se divise en deux bans.

Garde nationale active,

Et garde nationale sédentaire.

L'organisation de la garde nationale complète l'organisation militaire de la France ; elle en fait, suivant l'expression de Napoléon, « une nation maçonnée « à chaux et à sable, capable de défier l'effort des « hommes et du temps. »

Divers autres éléments du système militaire de la France. — Examinons les autres éléments de nos institutions militaires.

D'abord le recrutement.

Il se fait en France par appels, engagements volontaires et rengagements.

L'âge de l'appel est de vingt ans.

La durée du service de sept ans.

Le contingent annuel en temps ordinaire est de 100,000 hommes.

L'âge moyen de nos soldats est le meilleur, de vingt à vingt-cinq ans. En Crimée, nos régiments ainsi composés ont mieux résisté aux fatigues et aux maladies que les gardes anglaises formées d'hommes plus âgés.

De plus, le recrutement français donne dans de justes proportions des ouvriers et des cultivateurs. Par suite, notre armée est aussi capable de compléter par son industrie son établissement dans les camps, que de remuer de la terre, pour élever des ouvrages de défense.

L'armée russe ne comprend que des serfs cultivateurs. Tous les serfs qui ont une industrie sont gardés par leurs seigneurs. Par suite, l'armée russe sait remuer la terre comme elle l'a prouvé à Sébastopol, mais elle n'est pas industrieuse.

L'armée anglaise, qui se recrute surtoutdans le peuple des villes, ne sait pas manier comme la nôtre la pelle et la pioche.

Pour les remontes, je vous en ai précédemment indiqué le système.

Nous avons treize dépôts de remonte, dont plusieurs ont des succursales* Le dépôt de Tarbes, par exemple, en a six.

Il y a trois de ces dépôts en Afrique, plus trois haras pour les étalons.

Discipline et Justice militaires. — La discipline de Tarmée française est douce et facile. C'est une des meilleures de TEurope.

L'organisation de la justice militaire comporte des conseils de discipline pour les soldats et des conseils d'enquête pour les officiers, qui sont temporaires et que l'on rassemble seulement au moment du besoin.

Elle comporte aussi des conseils de guerre et des conseils de révision qui sont organisés d'une manière permanente.

Les membres des divers parquets, rapj)orteurs et commissaires du Gouveiifiement ^ sont généralement des officiers en retraite.

Les juges sont pris dans l'armée parmi les officiers en activité.

ifancement et ricompenses. — L'avancement a lieu de deux manières: au choix et à l'ancienneté.

Les autres récompenses sont : la décoration de la Légion d'honneur, la médaille militaire, les pensions ^t les titres.

idniHistration. — En vous parlant de l'administration ^ïi général, je vous ai indiqué les principes du système administratif français.

Du reste, il y a à l'école un cours d'administration, ^^i vous donne sur ce sujet tous les détails nécessites.

Instruction. — Je vous ai parlé de môme du système

d'instruction, appliqué dans les régiments, soit pour rinstruction intellectuelle, soit pour l'instruction militaire.

Nous avons déplus comme établissements d'instruction :

1*» L'École polytechnique )

2« L'École de SaintCyr;

3<^ Le collège de La Flèche destiné à l'instruction des fils d'officiers et de sous- officiers sans fortune ;

4^ L'école de tir de Yincennes destinée à répandre dans l'armée l'instruction du tir. Chaque année, on y envoie un officier par régiment et par bataillon de chasseurs à pied ;

b^ L'école normale de gymnastique^ qui forme également pour l'instruction des régiments, des officiers et sousofiSciers instructeurs; L'école de médecine et de pharmacie, qui a pour objet d'assurer le recrutement du service de santé militaire ;

7<* Les écoles vétérinaires instituées dans un but analogue ;

8** Enfin, les 3 écoles d'application ; d'état-major, d'artillerie et du génie, et de cavalerie.

La première, l'école d'état-major, placée à Paris, à portée du Dépôt de la guerre et de nos plus grands établissements militaires, a pour objet d'assurer le recrutement du corps d'état-major.

La seconde, l'école d'application d'artillerie et du génie, placée à Metz, à portée des grands établissements de ces deux armes, a également pour but d'assurer le recrutement de leurs cadres.

Enfin, la troisième, celle de cavalerie, placée à Saumur, recevant à la fois des officiers, des sous-officiers et des cavaliers, est destinée à répandre dans l'armée les connaissances hippiques, l'habitude du cheval et les meilleures méthodes d'instruction.

Établissements da matériel. — Nous arrivons au septième et dernier élément de notre système militaire, aux établissements du matériel.

Sous ce rapport, la France est une des nations les plus riches de l'Europe.

Elle possède :

l"* Des hôtels poar les ministres et les ofRciers généraux;

2"" Un hôtel des invalides ;

Z^ Des établissements pour les diverses écoles dont j'ai parlé plus haut ;

4» Un dépôt central de Tartillerie à Saint^Thomas-d'Âquin;

5^ 13 écoles d'artillerie à Metz, Strasbourg, Douai, etc.

6* 56 directions d'artillerie ?

7^ 4 manufactures d'armes à Paris, Chàtellerault, Saint- Etienne et Tulle ;

8*^ Des forges divisées en 7 inspections, forges civiles surveillées par des officiers d'artillerie;

9*» 3 fonderies, à Douai, Strasbourg et Toulouse; 10** 14 poudreries et 5 raffineries de salpêtre ; 11® 1 capsulerie à Paris; 12® 1 école de pyrotechnie à Metz.

Ces divers établissements, depuis le n** 4 jusqu'au n"* 12, dépendent du service de Tartillerie.

Les établissements du génie sont :

i^ L'arsenal du génie à Metz ; mal placé pour une guerre défensive ;

20 Les 3 écoles régimentaires de Metz, Ârras et Montpellier;

3*' Le dépôt des fortifications et la galerie des plans reliefs à Paris.

Dans presque toutes nos villes de garnison, et il yen a en France 2834, nous avons des casernes dont Tensemble peut contenir 300,000 hommes et 60,000 chevaux.

Dans les garnisons un peu considérables, il y a des hôpitaux, des magasins, ^es prisons, etc.,

Enfin la France possède de nombreuses places fortes qui assurent la défense du territoire.

Tel est le tableau du système militaire français.

C'est en le voyant à Tœuvre que Ton peut juger la valeur d'un système militaire.

Le nôtre vient d'être éprouvé tout récemment dans deux circonstances remarquables. L'on peut dire qu'il s'y est montré supérieur aux autres systèmes européens . Et si on le compare à ceux des temps antérieurs, je crois qu'il est encore de même. Aucun des sièges du grand roi ne vaut certainement celui de Sébastopol,et la campagne de 1859 peut soutenir le parallèle avec une grande partie de celles de l'Empire, quanta la manière dont elle a été^Jorganisée, constituée et dirigée.

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