SEPTIÈME LEÇON
Of pria atkwi mOitâira de Fempire d^Aotriciie.— Inêtitatiom pôlitifMi.
— DWisioDS territoriales.
lostitatioDS militaires.— Armée permaDente.—Etats-msgors.— Troupes.
—-Corps hors ligne.
Résenres autrichieDnes. — » RégilMAto^rôntièfèÉ. Diverses autres parties des instiluiions militaires autnchiennes. Armée de la confédération germanique.
Cciop d'd^ sot l'àfffiée ptémontalse.
OmiiMIIJMiMfilii» «^ Le gouveirbelnent de l'Autriche était un gouvernement absolu. Un décret im*- IHérkl tout rtoetit vient de le transformer en gouVe^ixement constitutionnel.
Le budget de TAutriche est de 270 à 275 millions
flwifiii, ce qui fait environ 900 millions de francs.
Les firontières de l'Autriche sont bonnes à l'ouest
^^ontre les puissances occidentales, au nord contre la
I^ïmjp&, au «ud (Contre la Turquie. Mais elles sont ou-
^^rteis à l'eii vers la Pologne et la Russie.
La population de l'Autriche est de 36 millions d'ha- Mtants. Cette population n'est pas homogène, car 1^* Autriche est une agrégation de provinces qui man-^ q>ient d'unité.
Ces provinces sont au nombre de douze : Tarchidu-
^bé d'Autriche, leduchéde Styrie^ leroyaume d'illyrie,
l« Tjrol et le Voralberg, le royaume de Bohême,
le margraviat de Moravie, le royaume de Gallicie, la
Ho&grie, la Croatie et l'Esclavonie, la Transylvanie, le
^Jiame de Oalmatie, le royaume Lombard^ Vénitrôn
ou plutôt la Vénétie. — Toutes ces provinces ont conservé leur nationalité particulière.
Ce n'est pas comme en France, où le Flamand, le Breton, le Picard, le Normand, etc., sont Français depuis des siècles, ayant la même langue, les mêmes usages et les mêmes lois.
En Autriche, on reconnaît parfaitement le Hongrois, la Croate, le Bohême, Tltalien, etc..
Le gouvernement s'efforce d'établir la fusion entre ces différents peuples. Et pour cela l'Empereur a ordonné l'emploi de la langue allemande dans tous les corps pour le commandement. Il nomme en même temps des officiers allemands dans les régiments hongrois ou italiens, et réciproquement.
Néanmoins le défaut d'homogénéité subsistera longtemps encore dans l'armée autrichienne.
C'est là le plus grand inconvénient que présente le système militaire autrichien.
Il en présente encore un autre sous le rapport de l'organisation. Le nombre des officiers et des sous-officiers est généralement trop restreint comparativement au nombre des soldats sous leurs ordres, ce qui rend l'armée lourde. — Déplus, les finances autrichiennes sont obérées depuis longtemps par le poids que leur impose l'entretien d'une armée trop nombreuse. Le budget de 1860 est en déficit de 96 millions. — Le gbuvernement est endetté envers la banque.!
La dette publique est de plus de 6 milliards.
Les billets ont eu un cours forcé.
Les paiements en argent ont été suspendus à diverses époques. Enfin il y a eu de grandes malversations dans l'administration, etc.
En revanche le système militaire autrichien est remarquable par les ressources en chevaux, fourrages et
subsistances que présentent certaines portions du pays. — Il Test encore par l'esprit belliqueux de certaines parties de la population ; enfin par la considération et les prérogatives attachées à l'état militaire.
Pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire, l'Europe a été frappée de la facilité avec laquelle l'armée autrichienne se relevait de ses désastres, réparait ses pertes et ressuscitait pour ainsi dire.
Elle le devait à la puissance et à la vitalité de sa constitution militaire.
Aujourd'hui l'Autriche est une des cinq grandes puissances de l'Europe. Quoique battue par nous en Italie dans la campagne de 1859, quoique l'on annonce sa décadence, elle n'en joue pas moins un grand rôle dans les afiaires du monde.
La force publique en Autriche présente trois éléments :
1* L'armée de ligne ; 2" La réserve de l'armée ; 3"" La population militaire des frontières.
Organisation de l'armée. — L'empereur en est le chef. Il a près de lui le conseil aulique, chargé de la haute direction des opérations, et il se sert comme intermédiaire pour la transmission de ses ordres du ministre delà guerre.
L'état-majorgénéralestpeunombreux; il comprend :
4 feld-maréchaux; 18 feld-zeugmeislers; généraux de cavalerie ou généraux
d'armes spéciales; 112 feld-maréchaux-lieutenants; 130 généraux-majors.
~ «26 ~ La eoFp« d^état-majof compveBd :
4 généraux ; M ofSci^rs sapérieors | 80 capitainea*
Ces officiers forment les états^-œajors des corps d'armée. Ils ne remplissent pas les fonctions d'aides de camp. Il y a un corps partioulier d'aides de camp ou d'adjudants, composé de :
4 offieiers généraux; 42 officiers supérieurs; 78 offieîfiffs inférieurs.
Il faut ajouter au corps d'état^major ^ui des in^ génieurs-géogr^phes, qui comprepd :
9 officiers supérieurs; 30 capitaines ou lieutenants.
Nous trouvons ensuite la garde particulière de l'empereur, qui se compose de :
1 compagnie d'archers (officiers) ; i compagnie de trabans (sous-officiers) ; La gendarmerie de la garde; La garde du château.
11 n'y a pas de garde impériale, comnje en France et en Prusse.
La rés^^e de l'armée autrichienne est fosmée par vingt bataillons de grenadiers, h xaison de deux çompai^ies pappégiment de ligoe. <<^€eite réserve n'est pft« permaiiente.
Pour l'armée de ligne, son organisation a été réglée par un statut donné à Milan le 25 janvier 1857 et applicable le r' mars.
L'infanterie autrichienne se cpmpQaait ^Qva 4e la manière suivante :
62 régiments é^ ligne; 25 bataillons de chasseurs à pied f i régiment de chasseurs du Tjrrol à 8 compagnies ; i& régiments-frontières;
plus 5 bataillons de garnison à 6 compagnies recevant les hommes qui ne remplissaient pas les conditions nécessaires pour un bon service de guerre, à pçu près comme nos vétérans.
Après la guerre d'Italie, de 62 le nombre des régiments d'infanterie a été porté à 80,
Et cduî des bataillons de chasseurs élevé à 40.
Chaque régiment a maintenant 3 bat^illon^ ; et e» temps de guerpe, il aura une division d^ réserve* Chaque bataillon a 6 compagnies.
Lerégiment auF pied de paix est f(N«t de 3 ,dûO hmmues . Sur pied de guerre, son effectif est de 6,000.
L'état-major d'un régiment com|u^nd:
1 colonel-propriétaire (disposition surannée qui date de la guerre de Trente ans, et qui n'est plus en tiarmonie avec l'esprit moderne);
1 coloneU commandant;
1 lieutenant-colonel ;
3 ou & majors ;
1 adjudant de régiment;
3 adjudants de bataillon.
Le cadre d'une compagnie comprend :
1 capitaine;
1 lieutenant en !•'; 4 lieutenant en S* ;
2 sergents-majors ;
12 sous-officiers et caporaux ; '
120 hommes sur le pied de paix ; 280 hommes sur le pied de guerre.
La cavalerie autrichienne comprend :
8 régiments de cuirassiers ;
8 id. de dragons; 12 id. de hulans ; 12 id. de hussards ; 10 escadrons de dragons d'état-major, dont je parlerai
plus tard ; et 14 divisions des confins, formant 28 escadrons.
Les régiments de cuirassiers et de dragons ont 6 escadrons. Les régiments de hulans et de hussards en ont huit.
Le recrutement de la cavalerie se fait dans les provinces les plus riches en chevaux. Ainsi l'Italie ne fournit qu'un seul régiment. La Bohême en fournît 8. La Hongrie fournit presque tous les hussards.
L'état-major d'un régiment de cavalerie se compose de :
1 colonel-propriétaire; 1 colonel-commandant ;
1 lieutenant-colonel;
2 ou plusieurs majors ; i petit état-major.
Le cadre d'un escadron comprend :
1 capitaine en 1«^;
1 capitaine en 2*;
2 lieutenants;
2 sous-lieutenants ; 2 maréchaux de logis chefs ; 12 sous-officiers et brigadiers ; 162 hommes et 150 chevaux.
Il y a de plus, dans chaque escadron, 6 domestiques militaires pour les officiers.
Les hommes non montés forment un escadron de dépôt. Ils reçoivent les remontes, hommes et chevaux, et sont chargés de les instruire.
L'artillerie se compose comme en France ;
d'un état-major; et de troupes.
Les troupes comprennent :
12 régiments d'artillerie de campagne;
1 régiment d'artillerie de côtes ,
1 régiment de fuséens, de 4^000 hommes et de 2,500 chevaux; 1& garnisons d'artillerie; et 1 corps d'ouvriers.
Chaque régiment d'artillerie de campagne a :
4 batteries de 6 livres;
3 de 12;
6 à cheval ;
et 1 batterie d'obusiers longs.
Chaque batterie est de 8 pièces :
Les canonniers ne conduisent pas les pièces. 11 y a, comme en Prusse, des attelages du train des équipages.
Les 14 garnisons d'artilleries sont réparties dans 14 districts et sont destinées à servir l'artillerie des places fortes. Elles présentent un effectif d*environ 10,000 hommes.
Telle est l'organisation des corps de ligne.
Pour les corps hors ligne, nous avons le génie, qui comprend :
1 état-major; et des troupes.
L'état-major comprend des généraux; directeurs, inspecteurs, membres du comité ; et des of&ciers de tous grades employés à des travaux spéciaux.
Les troupes comprennent 12 bataillons à 4 ou 5 compagnies, organisés en brigades.
Les gartiîsons principales dû génie sdùl Vienne ; Krems, Cracovie et Ofen.
La compagnie du génie en temps de paix est de 100 hommes et de 150 en tempo de guet^fiô.
Le cadre se composé de t
1 capitaine ;
1 lieutenant :
2 sous-lieutenants ; 4 sergents-majors 5
4 guides ou conducteurs de mineurs ; 12 caporaux; 12 appointés;
2 clairons.
Il y a des compagnies de mineurs et deô coftipà^nies de sapeurs.
Âpres le génie, nous trouvons les troupes d'étatinajor, savoir :
1* Le corps des pionniers, composé de 6 bataillonfl à 4 compagnies, et chargé de tout ce qui regarde les routes ;
2"" Le corps des pontonniers formant 1 bataillon dé 6 compagnies, chargé des ponts de bateaux;
S"* Le bataillon des Tchaïskistes, mandBuvratit des tchaisks ou chaloupes canonnières surleDanube,sur la Sate el sur lès lacô. Ils sont feàntoïiîiés îiti]Meti!^ botds. Ils ont été réunis dernièrement au corps des pôntOtlniers.
En temps de guerre, le corps d etat-major â, de ï)lus, un régimônt d'infanterie et un régiment de dfa|ro6s, dont la force e&t augmentée suivant les besoins par le conseil aulique^ Ces régiments fournissent des ordon^ nances aux divers quartiers généraux.
Puis vient le train des équipages qui est chargé de
pottMroir mux attelages de toutes les voitures de Tar-
taiée. II comprend :
1 état- major; et d«s troupes.
L'état-major se compose de :
1 colonel commandant;
2 lieutenants-colonels ; & majors ;
42 capitaines ;
53 lieutenants ; 170 sous-lieutenants; et 40 adjudants.
Les troupes sont partagées eii !2 divisions d'équi- P«fires*
Chaque division comprend un certain nombre de chenaux d'administration et 20 attelages de batteries divisionnaires. Le traîn des équipages est chargé de la conduite des pièces d'artillerie, du transport des ^VTes, des approvisionnements, du trésor, etc..
Gomme corps hors ligne, nous trouvons encore la S^^^armerie qui est chargée de la police à l'intérieur et aiix armées.
Après les corps hors ligne, viennent les états-majors ®t les divers services, comme dans Tarrnée française.
D*abord Tétat-major des places qui comprend :
20 généraux ;
20 colonels ou lieutenants-colonels; 40 majors; U«Apitaines; 30 lieutenants ; 30 sous-lieutenants ; auditeurs; 20 officiers de santé; s comptables ;
Et un nombre variable de sous-officiers destîn^^ss aux emplois de greffier, de portier - consigne cn^t autres.
L'état-major des places est chargé de la défense dim o s places.
Le corps administratif se compose de :
19 ordonnateurs ou chefs de section ;
I généraux ; supérieurs^ des guerres 5 80 adjoints ; et 30 aspirants ou commis*
Ce corps dirige, gère et contrôle les divers servio^^® administratifs de l'armée autrichienne.
L'auditoriat comprend les membres des tribuna^^^^^^^ militaires, les rapporteurs, les commissaires imp< riaux, et même les juges des conseils de guerre.
Ilya:
des auditeurs généraux ;
des auditeurs supérieurs de 1" et 2* classe ;
des auditeurs ordinaires de l'«, 2* et 3* classe.
L'armée autrichienne présente , comme Tarniprussienne, une organisation d'ensemble.
Avant 1859, elle formait 4 armées et 12 cof d'armée.
Un 13* corps fut créé pour la guerre d'Italie, A partir du T' janvier 1860, l'armée autrichien, fut répartie en 8 corps d'infanterie et un de cavaler J
le 1«"^ corps est à Prague ^ le 2° — à Vienne ; le 3« — à Klagenfurth ; le 4* — à Brûnn ; le 5* — à Vérone;
le 6« corps est à Pesth; le 7« — à Trévise ; le 8« — àPadoue; le corps de cavalerie à Pesth.
L'effectif de Tannée autrichienne, sur le pied de paix, est de 350,000 hommes, et de 600,000 sur le pied de guerre.
Réserves et régiments-frontières. — Derrière Tarmée permanente, nous trouvons en Autriche une réserve de l'armée; cette réserve est analogue à la réserve française ; elle comprend les hommes qui sont renvoyés en congé illimité après un certain nombre d'années de service.
Les efiPets d'habillement et d'équipement des hommes de la réserve restent déposés dans des magasins jusqu'à l'entière libération de ces hommes.
Le statut organique pour la réserve de l'armée autrichienne comprend 26 articles.
Avant 1852, il y avait encore, comme réserve nationale, une landwehr armée, organisée et équipée. Cette institution remontait à 1809 et était due à l'archiduc Charles ; elle a été supprimée et remplacée par des cinquièmes bataillons dits de dépôt, dans chaque régiment.
Enfin, je comprends encore dans les réserves autrichiennes les régiments-frontières, et je vais entrer dans quelques détails sur leur organisation.
Vers 1576, la frontière de l'Autriche, du côté de la Turquie, était dévastée par les invasions. Les habitants émigraient en masse.
L'empereur Rodolphe et la Diète germanique s'oc-
cupent de reconstituer ,une barrière pour arrêter les nouveaux barbares.
Ils cherchent à y établir une population belliqueuse qu'ils attirent en lui donnant des terres et des privilèges.
Le territoire est divisé en généralats.
Ceux-ci en arrondissements.
Les arrondissements en régiments.
Les régiments en bataillons.
Les bataillons en compagnies ou waïwodîes.
Jusqu'au 1750, les régiments-frontières ne fureat employéfli que fur la frontière de Turquie. Ou en vit paraîtra cepçadant danslaguarre de Trente-Ans, mm 5#ulaBaent en corps francs et en partisans. On laa appelait les Manteaux rouges en raison de leur costuma.
Vers 1750, Marie-Thérèse, au milieu des embarras de la guerre de Sept» Ans, fit appel au dévouemaat de tous ses sujets, et les régiments-frontières entrèrent alor9 dan9 l'armée autrichienne,
Aujourd'hui, ils en représentent un élément impw" tant, et ils peuvent être considérés comme appartenant aux réserves nationales.
Le territoire est toujours divisé de la même manière.
Les habitants sont organisés militairement en compagnies, bataillons, régiments, qui représentent à la fois des circonscriptions territoriales, des unités d'organisation militaire et des unités d'organisation adnainistrative.
Les terres sont distribuées antre laç famille qui If^ possèdent collectivement.
Le chef de la famille en ast l'administrateur, lies individus ne possédant pas.
Le capitaine réside au centra de sa compa^nia ; il la
réunit tous lai? 15 joun».
11 a près de lui un lieutenant d'économie qui est chargé de l'administration.
Le chef de bataillon réside au centre de son bataillon^ il le réunit tous les 3 mois.
Le coloi^el réside au centre de son régiment ; i\ doit en voir toutes les parties au moins une fois par m ; il a auprès de lui un capitaine d'économie qui est chargé de l'administration du régiment.
Chaque régiment-frontière fournit en temps de paix un bataillon de 1000 hommes armés, habillés, prât^à mafeber. En temps de guerre, chaque régiment fournit 3 bataillons.
Pendant la paix, les régiments-frontières restent sur leur territoire. Ils fournissent pour la surveillance da la&ontière des postes et des patrouilles qui compcMieiit ce que l'on appelle le cordon militaire. De plus, on les rassemble à certaines époques déterminées pour les exercices d'instruction.
En temps de guerre, les régiments-frontières entrent dans la composition des armées actives.
La durée du service dans les régiments-frontières est <ie 12 ans.
Il y a 14 régiments.
liC rapport entre le chiffre des troupes et celui de population est d'environ 1/50.
L'impôt se paie en nature, blé, laines, joupnée§ 4$ tx*avail.
Le blé sert à nourrir les habitants et les soldats ; la latine aies habiller; les journées de travail servent à 1^* entretien des routes et aux choses d'utilité publique.
Telles senties réserves autrichiennes.
Suite des institutions militaires de rAntriclie. — Examinons les autres institutions militaires de rAutriche :
D'abord le recrutement :
L'armée autrichienne se recrute par engagements volontaires et par conscription .
La conscription, établie en 1851 , se rapproche beaucoup de la conscription française.
Même tirage au sort, mêmes exemptions légales ^ mêmes dispenses, etc.
La durée du service est de 8 ans.
Le tirage peut porter sur toutes les classes.
Une seule, la 8* est définitivement libérée. Les cinq avant-dernières ne sont requises qu'en cas d'urgence et avec dispense pour les hommes mariés qui en font partie.
Les régiments d'infanterie et de cavalerie se recrutent toujours dans les mêmes districts de manière à être composés d'hommes du même pays, ayant les mêmes mœurs et la même langue.
, Les corps spéciaux choisissent leurs soldats dans tout l'Empire.
L'exonération est en usage dans l'armée autrichienne. Le produit des exonérations est versé directement au Trésor.
Pour les remontes, l'Autriche emploie la production directe et les achats.
La production directe s'efiPectue dans 5 haras considérables, qui, en une seule année, vers 1831, ont donné 30,000 chevaux.
Pour les achats, l'Autriche a des établissements
analogues à nos dépôts de remonte. Elle achète de plus beaucoup de chevaux en Russie*
Discipline 0t Justice militaires. — La discipline autrichienne est sévère. Le bâton n'est plus d'un emploi ostensible ; cependant il est et il sera encore longtemps en usage.
Les peines ordinaires sont les corvées, les factions hors tour, la parade, la prison, l'envoi dans les compagnies de discipline, etc.
La justice militaire présente des tribunaux de 2 de-
errés.
1* les conseils de régiment ; 2* le tribunal d'appel à Vienne.
Les parquets sont formés par les auditeurs.
ÂYaBcemeiit et récompenses. — Les colonels propriétaires i^omment à tous les emplois vacants de sous-officiers.
Les sous-lieutenants sortent des sous-officiers et des écoles militaires, c'est-à-dire des Académies. Les derniers subissent des examens.
De sous-lieutenant à capitaine l'avancement a lieu ^ l'ancienneté.
L'Empereur nomme ensuite à tous les emplois depuis le grade de capitaine jusqu'à celui d'officier géïiéral, sur la proposition du conseil aulique qui a presque toujours égard à l'ancienneté.
Les ordres militaires de l'Autriche sont :
Cexix de Marie-Thérèse, de Saint-Étienne de Hongrie, de Léopold, de la couronne de fer et du Mérite ïûilitaire.
Chacun de ces ordres a une hiérarchie de grandscroix, commandeurs, chevaliers, etc.
L'Autriche |l de plus deç médaiUes, comme 1^ fta« très puissances européennes!,
Adminbtfatioii.*-^ Le commissariat dont j'^î indiqué précédemment le personnel, est chargée de TadmimsTp trfttioQ d'ensemble.
L'État fournit tout aux corps. Il n'y a pas de ma^Uf^ individuelle pour les hgmmes.
L'Autriche possède de grands magasins centrau}( appelés magasins de la monture militaire^ où Ton réunit des approvisionnements de toute espèce et d'oîi une armée entière pourrait sortir complètement habillée, armée et équipée.
L'administration régîmentaîre a lieu sous les ordres directs du colonel sans conseil d'administration. Elle se fait au moyen d'une chancellerie, composée dans chaque régiment d'un capitaine et de 8 fourriers.
iBstmcUoii. rn^ L'instruction militaire n'offre riei^ é^ particulier, mais il faut remarquer le système d'instruction intellectuelle que possède l'Autriche.
Les établissements qui eu dépendent ao^t ;
t<» 50 maisons d'enfants 4e troupe;
2® 2 écoles de cadets;
3^ 1 académie d'ingénieurs ;
4^ 1 école de pionniers ;
5<» des écoles d'artillerie ;
6® 1 école d'équitatipn ;
1^ 1 académie de médecine et de chirargie;
8® 1 institut vétérinaire, etc....
Établissements militaires. — Ces établissement^^ qui forment le septième élément du système militaire autrichien, se composent d'après le statut du 25 janvier :
Des caisses, des magasins, des entrepôts, des I^ôpîtaux, des prisons, des établissements de discipline, des haras, d'un institut géographique militaire, de^
cinq maisons d'invalides, d'arsenaux; parmi eeux*-ci on distingue le grai^d arsenal de Vienne qui eontiecit un matériel considérable et 200,000 fusils. Il y a encore des ateliers de construction, des fonderies, déni masufaetur^s d'armes, etc.
Tel est l'ensemble du système militaire autrichieai qui présente une grande éçopomie et de^ éléments rerowqu»ble8 de vitalité,
Armée do la OonlMération ifermaiiiqiie. — Cette armée se compose des contingents fournis par les divers Étatfii qui font partie de la Confédération.
Le contingent ordinaire de chaque État est fixé au 1/100 de la population, avec une réserve du 1/300 et égale au 1/3 de l'effectif du contingent actif.
L'armée de la Confédération comprend dix corps. Chaque corps est fort au moins de deux divisions, chaque division de deux brigades, chaque brigade de deux régiments, et chaque régiment de deux bataillons.
Pour la cavalerie, chaque régiment doit être au moins de quatre escadrons.
Les bataillons doivent être de 800 hommes ;
Les escadrons de 150 hommes.
Chaque corps d'armée a en moyenne 60 bouches à feu de campagne.
L'Autriche fournît les 1", 2* et 3" corps, avec un effectif de 142,000 hommes.
La Prusse fournit les 4% 5* et 6* corps, d'une force à peu près égale (120,000 hommes).
Le 7* corps, fort de 55,800 hommes est fourni par la Bavière.
Le Wurtemberg, la Hesse et le grand duché de Bade fournissent le 8* corps de 35,000 hommes.
La Saxe et le duché de Nassau fournissent le 9* corps de 29,000 hommes.
Enfin, le Hanovre et les villes anséatiques fournissent le 10* corps de 20,000 hommes.
L'effectif de cette armée est d'environ 400,000 hommes avec 600 bouches à feu, en ne comptant que les forces actives.
C'est évidemment une force considérable. Mais cependant elle est moins redoutable qu'elle le parait, en raison de la différence des règlements, des manœuvres, de l'armement; par suite de la divergence des intérêts; et enfin par les jalousies qui existent entre les puissances allemandes et qu'il serait facile d'exploiter, dans toute autre guerre qu'une guerre absolument nationale.
La Prusse et l'Autriche sont presque toujours en désaccord. Elles l'ont montré dans ces dernières années, à propos de l'affaire de Neufchâtel et de la garnison de Rastadt, et à propos de la guerre d'Italie qui les a divisées plus profondément encore que par le passé.
La Bavière et d'autres États secondaires forment dans la Confédération un troisième groupe d'intérêts différents des deux premiers.
Armée piémontaise. — Il me reste à dire deux mots de l'armée piémontaîse qui a combattu avec honneur auprès de la nôtre en Orient, et qui semble être en Europe l'antagoniste directe de l'armée autrichienne. —
Avant 1859, la population du pays était de 4 millions 500,000 habitants.
Les recettes pour 1851 avaient été d'environ 145 JGKiillions de francs.
L'armée comprenait :
30 généraux ; 3,000 officiers ; 45,000 soldats; et 5,000 chevaux.
La marine se composait d'environ 40 navires de g"^aerre et 900 canons.
L'armée sarde était organisée en six divisions :
Cinq d'infanterie.
Une de cavalerie.
Sa force sur le pied de paix était d'environ 40,000 ^c^mmes; sur le pied de guerre, de 60,000.
L'infanterie se composait de dix brigades, dont une la garde.
Chaque brigade avait deux régiments.
Chaque régiment deux bataillons de guerre et un l^^taillon de dépôt.
Il fallait joindre à cette infanterie de ligne : 10 bataillons de bersaglieri ou infanterie légère.
La cavalerie se composait de 6 régiments de che- >^^ti-légers.
li'artillerie comptait 12 compagnies de campagne, ^ont 10 à pied et 2 à cheval. Plus, 12 compagnies de ^nonniers de place.
Chaque compagnie servant une batterie de huit Çiècesç
Beux compagnies à pied étaient dites de position
^t avaient un calibre plus fort.
I^ génie comprenait deux bataillons de 600 hommes.
'«iSua
Il f ftvÀit ètifltiîtè iât daûé 1à pMipûHiôà Am bel«t!l«« des états-majors et corps hors ligne-, BàTobi un étâimajo^ géûéfai ; lin tm^ d'état-mâjor ; un tofps de l'intendance; un état-major des placei^; un corpi da train des équipages; un corps de gendarmerie ; des compagnies de vétérans, etc.
Le recrutement était analogue au nôtres La réserve était formée de la maniètè WlitâHtô : On divisait d'abord le contingent en dêUX parties : La pi^mière partie comprenant 1^ soldats d'ordonnance qui servaient huit ans.
La douzième partie comprenant les soldatà provinciaux qui servaient seize ans.
Ces derniers recevaient une première însti^uction, puis étaient renvoyés dans leurs foyers en congé illimité, et ils ne pouvaient être rappelés qu'en temps de guerre. C'était une sorte de landwehr ou de garde nationale.
Le contingent pîémontais était d'environ 17,000 hommes par an. Sur ce chifi&'e, 9,000 formaient la première catégorie (soldats d'ordonnance ou service actif.
8,000 formaient la deuxième catégorie (soldats provinciaux ou service de réserve), qui étaient réunis au moins pendant trois mois dans un camp d'instruction et qui étaient à la disposition du Gouvernement jusqu'à l'âge de trente-six ans.
Plus tard, ce temps de service fut réduit. Il était, e 1859, de cinq ans sous les drapeaux et de six an^ dans les foyers : total onze ans.
Le Piémont possédait comme toutes les puissance* européennes, des établissements du matériel ; casernes, hôpitaux, etc.
Après la campagne de 1859, le royaume de Piémont devint le royaume de l'Italie septentrionale, ayant une population de 12 millions d'habitants, comprenant le Piémont , la Lombardie , la Toscane, les duchés d% Parme et de Modène , ainsi que les RomagneSi Ce nouveau royaume pouvait mettre sur pied utte aimée de 250,000 hOifiméd.
Enfin aujôUpd*huî, Ufié ftôuvèllè ïétôlutîon est en train de s'accomplir, et une sixième grande puissance semble surgir à l'horizon.
Ce sera le royaume d'Italie, ayant une population de 26 millions d'habitants, et pouvant mettre sur pied uhe armée de 6d0«000 hobimes» L'éveni^^ résoudra cette que^oa.
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