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ONZIÈME LEÇON

De la cavalerie. — Considérations générales. — Diverses espèces de cavalerie. — • Da cheval et des armes que Ton doit donner à la cavalerie.

Organisation tactique de la cavalerie. — Ses propriétés tactiques. —

Des charges.

Des formations régulières de la cavalerie. — Des manœuvres. Des formations irrégulières. — Rôle spécial de la cavalerie légère.

De la cavalerie. — Considérations générales. — Chez les anciens, la cavalerie était une arme secondaire.

Au moyen âge, elle est devenue un moment l'arme principale.

Mais rinvention des armes à feu et la renaissance de Tart militaire la remirent au second rang, c'est-àdire, à celui qu'elle occupait dans les beaux temps de la Grèce et de Rome.

La cavalerie est encore aujourd'hui une arme accessoire, mais c'est un accessoire indispensable.

Son utilité ressort dans les trois modes d'existence des armées.

Dans les camps, elle forme les avant-postes, fait les reconnaissances et les détachements, escorte ou attaque les convois, etc.

En marche, elle sert d'avant-garde, elle éclaire les flancs, elle transmet les nouvelles.

Sur les champs de bataille, elle sert à tâter l'adversaire, à renverser des troupes déjà ébranlées, et surtout à la fin des engagements, à rompre les dernières

formations de Tennemî, à ramasser des prisonniers, enfin à poursuivre les troupes en retraite.

Une armée sans cavalerie peut remporter des YÎctoires, mais ne peut pas en profiter, comme cela nous est arrivé à Lutzen et à Bautzen.

Lh cavalerie est donc indispensable ; elle forme une des trois unités tactiques d'une armée moderne.

Comparée à l'infanterie, elle n'aura cependant que le second rang, comme je le disais tout à l'heure. En efTet, son recrutement est difficile et coûteux. La durée du cheval est moins considérable que celle de l'homme. Les fourrages qui servent à la nourriture de la cavalerie sont lourds et embarrassants. L'instruction du cavalier est longue. Si le cheval a une grande rapidité momentanée, il résiste moins à la fatigue que le fantassin. Enfin, la cavalerie n'a qu'une seule des propriétés tactiques indiquées précédemment, celle du choc. Elle est par suite propre à l'attaque, mais elle ne saurait se défendre de pied ferme.

La proportion généralement adoptée dans les armées modernes, pour le chiffre de la cavalerie, varie du 1/4 au 1/10 du chiffre de l'infanterie.

Il y a trois espèces de cavalerie d'après les difféî?entes espèces de chevaux et les propriétés naturelles cjui les distinguent :

r La cavalerie de réserve, comprenant les carabiniers et les cuirassiers. Composée d'hommes d'une laute stature, couverts de fer, montés sur des chevaux de grande taille , elle est employée à renforcer quelques parties d'un ordre de bataille, à faire une attaque périlleuse, à compléter le succès de l'infanterie, à servir de réserve d'élite ;

2" La cavalerie de ligne, comprenant les dragons et les lanciers.

Les dragons, moins pesants que les cuirassiers, plus solides que les hussards, pouvant combattre à pied , suppléent les deux autres espèces de cavalerie et sont excellents pour les reconnaissances, la conduite des convois et la guerre de partisans. Quand on fait nxettre pied à terre aux dragons, il ne s'agit pas de les faire combattre en ligne , mais de les poster comme tirailleurs. C'est ainsi seulement qu'ils peuvent rendre des services.

Les lanciers sont propres surtout aux poursuites.

3* La cavalerie légère, qui se compose des hussards et des chasseurs. Son service est extrêmement important.

C'est elle qui veille à la sûreté de l'armée, qui éclaire les troupes en marche, qui prévient les surprises. Elle fait les reconnaissances.

Elle épargne à l'infanterie de grandes fatigues en poussant au loin des éclaireurs et des postes. Elle protège le déploiement des colonnes. Elle couvre encore l'atmée dans les retraites. Ses petits chevaux, plus agiles et plus sobres que ceux des cuirassiers et des dragons, supportent mieux que les leurs la fatigue et la faim , qu'il faut souffrir dans les diverses circonstances indiquées plus haut.

De plus, la cavalerie légère combat dans les pays coupés sous la protection de l'infanterie.

La cavalerie emprunte ses propriétés à son cheval. Elle les complète avec ses armes.

Examinons d'abord le cheval considéré comme instrument de guerre.

Le cheval est pour Thomme son véritable compagrnon de guerre.

11 faut le choisir avec soin.

Le cheval de guerre doit être à la fois leste et vigoureux. Il doit être ardent, mais docile ; il doit avoir une constitution robuste, et son éducation, faite autant que possible en plein air, a dû le préparer aux intempéries des bivouacs et aux fatigues de la vie de campagne.

Le cheval de guerre a deux propriétés : la rapidité et la force dimpulsion ; il les communique à son cavalier, et ce sont là, en effet, les deux propriétés tactiques de la cavalerie.

Par la rapidité, la cavalerie se transporte, en quelques minutes, d*un point à l'autre du champ de bataille; de plus, elle éclaire au loin l'armée.

Par la force d'impulsion , la cavalerie peut rompre ^t renverser toutes les formations de Tennemî.

Nous reviendrons, plus loin, sur ces deux propriétés lactiques de la cavalerie.

Examinons auparavant les armes que l'on doit doni^er aux cavaliers pour compléter les effets produits par leurs chevaux.

Les armes de guerre se divisent en deux classes : '^s armes offensives et les armes défensives.

Les premières se divisent elles-mêmes en armes à feu et armes blanches.

Parmi les .armes à feu, le fusil est évidemment l'arme ^^ plus complète. Mais il paraît difficile de le donner à ^SL cavalerie à cause de son poids et de sa longueur.

On donne des armes à feu à la cavalerie, afin qu'elle puisse avertir, car presque toutes les cavaleries ont à se garder elles-mênaes et peuvent être appelées à jouer ^e Pôle d'éclaîreurs.

Une arme à feu est encore nécessaire aux cavaliers qui couvrent un déploiement, qui soutiennent une retraite, parce qu'il faut alors occuper Tennemî et l'empêcher , en tiraillant , de venir reconnaître de trop près ce qu'on veut lui dérober.

Une cavalerie, sans armes à feu d'une certaine portée, serait exposée à se voir fusiller de très-près par l'infanterie dans les pays accidentés; tandis qu'avec ses tirailleurs elle peut au moins tenir ceux de l'infanterie à distance et prendre une disposition*

En même temps, une arme à feu courte et facile à manier est nécessaire dans les mêlées.

Par suite de cea considérations, tous les cavaliers ont reçu des pistolets pour avertir d'abord et ensuite pour les mêlées, où Ton peut avoir à s'en servir à brûle-pourpoint.

Puis toute la cavalerie légère a reçu des mousquetons. Le tir de ces armes est fort incertain. Aussi les régiments de cavalerie légère envoyés en Afrique ou en Orient ont laissé leurs mousquetons pour prendre des fusils de dragons.

Le fusil de dragons, quoique un peu lourd et embarrassant» est donc maintenant l'arme à feu principale de la cavalerie. On le donne non-seulement aux dragons, mais aux hussards et aux chasseurs. Du reste, le problème est encore à l'étude. On cherche pour la cavar lerie une arme moins lourde que le fusil et plus juste que le mousqueton.

Dans tous les cas. les armes à feu ne sont qu'accessoires pour la cavalerie.

L'arme principale du cavalier est l'arme blanche : le sabre ou la lance.

Le sabre est une arme à la fois propre à l'attaque età la parade.

Les lames de sabre sont droites ou courbes.

Les lames droites sont faites pour frapper de la pointe. Leur eCTet est très-dangereux. Elles sont excelientes pour combattre en ligne et conviennent parfaitement aux cuirassiers.

La lame courbe tranche bien, mais sa blessure est

'^néralement peu profonde. 11 arrive fréquemment

ne le soldat frappe du plat au lieu*de frapper du tran-

liant. parce qu'il serre trop la poignée, ou parce que

«lle-Hîi est mal faite. Cette lame est propre surtout au

c^cmbat individuel. Elle convient à la cavalerie légère.

Dans la cavalerie de ligne, les dragons ont le sabre

<3.6 grosse cavalerie , et les lanciers celui de cavalerie

légère.

Ces derniers ont, de plus, la lance, arme offensive "tx-ès-meurtrière dans les poursuites.

Telles sont les armes offensives de la cavalerie.

Les armes défensives sont le casque et la cuirasse. La cuirasse pesait anciennement 8 kilog. ; elle a été allégée.

La cuirasse française se compose d'un plastron et un dos. Quelques cavaleries étrangères n'ont pas de ^^iiirasse par derrière. Par suite, il n'y a plus d'équilibre. De plus, dans la mêlée, ces cuirassiers sont fort ^^posés. Le colonel Marbot parle d'une charge de cui- '^ussiers français , le soir de la bataille d'Ëckmûhl , ontre des cuirassiers autrichiens qui n'ont que des lastrons, et il dit que, pour un blessé français, il y en "vait 8 autrichiens; que, pour un mort français, il y n avait 13 autrichiens, ce qu'il attribue à la différence ^es cuirasses.

Je viens de parler du cheval et des armes du cavale îep.

Pour son habillement , son équipement et son har« nachement, ils doivent être avant tout simples et commodes; ils doivent être assez légers pour ne pas écraser les chevaux et transformer des chevaux de selle en chevaux de bât.

Voyons maintenant Torganisation tactique de la cavalerie.

Orgiiisatlon tactique de la cavalerie. — L*unité tactique de la cavalerie est l'escadron.

Autrefois l'escadron comprenait 2 compagnies distinctes Tune de l'autre et qui s'administraient séparément.

Aujourd'hui Tescadron est à la fois unité tactique et unité admin istrati ve .

L'escadron comprend 4 pelotons.

Le peloton est de 12, 16 ou 24 files.

L*escadron est, par suite, de 48, 64 ou 96 files.

Les pelotons se subdivisent en sections et en escouades.

L'escadron est beaucoup moins nombreux et moins fcot. étendu que le bataillon. 11 n'a que des propriétés of^ Us t, fensives et, par conséquent, au point de vue tactique, tbton il est moins Complet que le bataillon.

Dans les manœuvres on compte par escadron; parce que le peu d'étendue du front d'un escadron et la facilité de rendre sa marche correcte permettent de l'as- ^ coi signer pour base à tous les mouvements.

Quatre, cinq ou six escadrons forment un régiment. Quelquefois môme, comme en Autriche et en Russie, il y a des régiments à 8 ou 10 escadrons.

Deux ou trois régiments forment une brigade.

Deux ou trois brigades forment une division.

Plusieurs divisions peuvent être réunies pour fornaer un corps d'armée. Le maximum d'un corps de cav-^derie est de 6,000 chevaux, et encore ces corps sontils très-lourds, difficiles à nourrir et à faire mouvoir.

Telle est l'organisation tactique de la cavalerie dont *avais déjà dit quelques mots dans le 1*' livre.

Dans chaque unité , la cavalerie est disposée sur 2 *€ings de profondeur. Autrefois elle était disposée en liasses profondes. Les escadrons de Henri IV avaient tasqu'à 16 ou 18 rangs de profondeur. Peu à peu, on *evint à des proportions plus rationnelles, et l'on est Urrivé enfin aujourd'hui à la formation sur deux î^ngs.

Le deuxième rang, dans les charges, n'augmente ^as le choc matériel, mais il augmente la force mo- P3Je. De plus, les hommes du deuxième rang remplissent les vides du premier. Leurs chevaux , par la ^Kiinte des atteintes, empêchent ceux du premier i^ng d'arrêter ou de ralentir, si toutefois ils en avaient l'envie. Enfin, avec un deuxième rang, la profondeur de l'escadron se trouve plus en rapport avec son front.

Les officiers sont en dehors et devant le centre des pelotons qu'ils commandent.

Les sous- officiers et brigadiers encadrent les pelotons.

Les cavaliers d'élite étaient réunis, sous l'Empire, ^û compagnie d'élite. Aujourd'hui, ils restent dans 1^ pelotons. Il y en a huit dans chacun d'eux. On les appelle cavaliers de première classe.

L'effectif de la cavalerie doit être à peu près le ^^ïne en temps de paix qu'en temps de guerre, à cause dos difficultés de rinstruction.

L'effectif des hommes est toujours supérieur à l'effectif des chevaux, à cause de la nécessité de faire soi* gner les chevaux des hommes absents, malades ou de service.

En temps de paix, il faut, dans chaque régiment, un quart des cavaliers non montés. En temps de guenre, il en faut un cinquième ou un dixième.

Au camp de Châlons , pour les régiments de la garde, il y avait 750 cavaliers pour 600 chevaux, y

Propriétés tactiques de la cavalerie •— Examinons les propriétés tactiques de la cavalerie.

Gomme je Tai déjà dit, le cavalier emprunte ses propriétés tactiques à son cheval.

Ces propriétés sont : la rapidité et le choc ou la force d'impulsion. Je ne parle pas du feu. Nous avons vu qu'il était tout à fait secondaire.

Par suite de sa première propriété, un cavalier isolé pourra être employé à porter rapidement des nouvelles. 11 pourra encore servir à'édairmr pour reconnaître au loin, de tirailleur pour couvrir une manœuvre.

Par suite de sa deuxième propriété, il servira de fourrageur pour exécuter une charge sur une batterie ennemie.

Les cavaliers réunis, c'est-à-dire les diverses unités que j'ai indiquées, pelotons, escadrons, etc., jouiront des mêmes propriétés, la rapidité et le choc.

Par suite de sa rapidité, la cavalerie formera les avant-gardes, comme les quatre divisions de cavalerie légère, Treilhard , Milhaud, Wathiez et Lassalle, en 1806, sous les ordres de Murât, précédant la grande armée, lui servant d'avant-garde générale et inondant la vallée duMein.

On pourra ensuite la transporter rapidement d'une partie du champ de bataille à une autre, comme Napo* léon à Wagram , portant ses cuirassiers à son aile droite, quand il croit que les Autrichiens prennent loffensive de ce côté, et les ramenant ensuite au centre*.

Enfin, on l'emploiera encore dans les poursuites, et elle cherchera alors à gagner rapidement les flancs de l'ennemi pour lui couper la retraite, comme Grouchy à Vauxchamp en 1814.

Par suite de sa deuxième propriété , de sa force d'impulsion et du choc qu'elle produit, la cavalerie peut rompre et disperser certaines parties de l'ordre de bataille ennemi.

Les chocs produits par la cavalerie sont les résultats des charges. Nous allons voir les règles générales relatives à leur exécution.

Une charge est une marche directe, vive et impétueuse, dont l'ennemi est le but. C'est l'action décisive de la cavalerie.

Une charge doit remplir deux» conditions principales :

L'élan et Tà-propos.

Pour qu'une charge ait de TéJan, pour que le choc Soit efficace, il faut qu au moment d'aborder l'ennemi, le cheval ait toute sa rapidité. El, pour cela, on le fait passer successivement aux différentes allures, au pas, au trot et au galop. On développe ainsi progressivenaent ses forces musculaires.

Au galop de charge, il se trouve avoir acquis toute sa vitesse.

La distance à laquelle on entame la charge doit doue être bien calculée. Si cette distance est trop

longue, les chevaux arrivent essoufiQés. Si elle esttrop courte, les chevaux n'ont pas le temps d'acquérir toute leur vitesse.

Cette distance a été fixée à 220 met. pour des chevaux dans des conditions moyennes. 11 faut environ. 40 secondes pour la parcourir. Par suite Tinfanterife n'a pas le temps de tirer plus de deux coups de fusil par homme.

Le maréchal de Saxe veut que les chevaux puissent charger 2,000 pas. C'est sans doute galoper qu'il veixt dire.

On peut pousser à la charge une ligne de cavaliers comme un seul homme. Chacun d'eux peut accélère ou ralentir Tallure, de manière à obtenir de Tensembl dans la masse. On les y habitue, en les faisant marché; tous ensemble au pas, au trot et ensuite au galop e en portant une grande attention àTalignement.

Dans une charge bien faite, toutes les parties de.l ligne devraient arriver sur Tennemi en même temp^^ et à toute vitesse.

Mais il est rare que les choses se passent ainsi. L^^ plus ou moins d'audace des cavaliers et de vitesse de^^=^ chevaux s*y opposent également.

Une charge en ligne n*est réellement, dit Jacquino de Presles, qu'une suite rapide de charges successives,^ dont les braves forment les points saillants. Ce sont ce^ causes qui rendent le succès des charges si incertairr» et qui doivent faire éviter d'en entreprendre sur d trop grands fronts.

Une charge peut échouer encore par suite de la nature d'un sol mouvant et détrempé ; par suite d'une haie, d'un fossé qui mettent les escadrons en désordre. Enfin elle peut échouer par suite de la résistance |(q qu'elle rencontre.

Il est pare même qu'une charge réussisse, si ellen'a pas été préparée par un feu d'artillerie qui ébranle la troupe ennemie.

Dans tous les cas, la première condition que doit remplir une charge de cavalerie, c'est Télan.

La seconde condition, c'est Tà-propos. II faut savoir profiter du moment où l'ennemi manœuvre, où il est en désordre, etc..

Il faut donc à la fois, dans l'officier de cavalerie, de la prudence et de la résolution : de la prudence, pour ne pas entreprendre de charges téméraires ; de la résolution, pour les poussera fond quand le moment est favorable. Il faut en même temps un coup d'œil sûr et i*apide qui permette de juger de l'à-propos. Tel était 1^ maréchal Bessières.

Le choc matériel a plus souvent lieu dans la cavalerie que dans l'infanterie. Cependant l'eflFet moral suffit ft'équemment. La troupe qui se sent la plus faible tourne le dos sans attendre le choc.

On distingue trois espèces de charges :

La charge en ligne ; La charge en colonne; La charge en foarrageurs.

Les deux premières sont préparées par l'artillerie et Pî*écédées par des tirailleurs qui couvrent le mouvement et servent à reconnaître le terrain.

La charge en ligne s'emploie généralement contre ^^ la cavalerie. Dans tous les cas, on a toujours au "^oins deux lignes.

Une division de cuirassiers, par exemple, arrive en Colonne par escadron à 7 ou 800 met. de l'ennemi.

Elle déploie rapidement sur deux lignes par brigade

sous la protection de sa batterie d'artillerie et de qa ques tirailleurs.

La V ligne reste en colonnes d'escadrons, afin cz±Ie laisser des intervalles pour Técoulement de la pr^Ejmière.

Les deux lignes sont séparées de 400 pas, à cause «zde la rapidité avec laquelle on est ramené dans le c -ïis d'une charge malheureuse.

L'artillerie prépare la charge et tire en avança, nt jusqu'à près de 300 met. de l'ennemi. Généraleme- nt elle tire à mitraill(3.

Alors la 1'^ ligno charge.

La V ligne la suit au trot et sert de soutien ou -^e réserve. Tel est l'ensemble d'une charge en lig'n^e.

La charge en colonne s'emploie généralem^^" ^' contre Tinfanterie et particulièrement contre l'infa :*^" terie en carrés. Cette charge s'exécute sur le frc^ ^* d'un escadron, avec des distances doubles du froi^'^*"

On produit ainsi une succession d'eflTorts quidoiv^ finir par lasser l'infanterie et amener sa perte.

La charge en fourrageurs s'emploie contre rartill-"***^ rie. On lance les fourrageurs au galop contre la batt-^ ' rie que l'on veut enlever, en commençant le .miouV^^^ ment à 600 met. Quand la charge réussit^ on enclo les pièces, si on ne peut les emmener*

Des formations régalières de la cavalerie* — Ces formaticr sont à peu près les mêmes que celles de l'infanterie^^

11 y en a deux principales : la formation en bâtai 1 et la formation en colonne.

La formation en bataille consiste toujours, pour la Cavalerie comme pour T infanterie, à avoir ses divers éléments placés à côté les uns des autres. La cavalerie prend cette formation quand elle est exposée aux projectiles de l'ennemi, quand elle doit couvrir un certain espace de terrain, quand elle attend le moment de charger.

Les escadrons en bataille conservent entre eux des intervalles de douze pas, alin que les fluctuations de l'un d'eux ne puissent pas s'étendre sur toute la ligne et aussi afin de pouvoir opérer rapidement un demitour par peloton. Ces intervalles servent encore pour les passages de lignes, pour parer aux difficultés du ralliement qui serait impossible pour une ligne pleine, et enfin ils facilitent les mouvements de l'artillerie.

Autrefois on chargeait en muraille, il n'y avait pas d'intervalle entre les escadrons: aussi le désordre s'introduisait facilement.

Les inconvénients de la formation déployée sont les mêmes pour la cavalerie que pour l'infanterie: la marche est difficile, et les flancs sont faibles.

On remédie parfois à la faiblesse des flancs au moyen d'escadrons en colonne. C'est une sorte de for^ mation mixte.

On modifie de deux manières l'ordre déployé, 1** parla formation en échelons, comme dans l'infanterie ; T par la formation en échiquier, qui est également applicable, mais qui est peu employée. Cependant, du temps de l'Empire, dit le général Schauenbourg, la cavalerie a fait plusieurs fois usage de l'ordre en échiquier pour les retraites.

AHochkirch, Sedlitz s'en est servi pour couvrir la retraite de l'armée prussienne, qu'il protégeait avec 42 escadrons «

La formation en colonne consiste, pour la cavalerie comme pour Tinfanterie, à avoir ses divers éléments placés les uns derrière les autres.

Si nous considérons les colonnes relativement à leur front, nous en avons trois espèces : par quatre, par peloton et par escadron ; ce qui permet de proportionner le front des colonnes à la largeur des débouchés.

Si nous considérons les colonnes relativement à leur profondeur, il y en a encore trois espèces : 1" à distance entière, afin d'oflPrir moins de prise à l'artillerie; 2** à distance de masse, c'est-à-dire, à 12 mètres entre chaque escadron. On occupe ainsi beaucoup moins de terrain; les déploiements sont plus rapides. La colonne est beaucoup mieux dans la main de son chef. Elle peut se porter rapidement dans toutes les directions; mais en même temps elle offre beaucoup de prise au canon, et les déploiements face à droite ou à gauche sont beaucoup plus lents. 3** Quand la cavalerie charge en colonne , les subdivisions prennent entre elles des distances égales au double de leur front.

Si, enfin, nous considérons les colonnes relativement à leur emploi, nous aurons des colonnes de marche, de manœuvres et d'attaque.

Les dernières ne doivent pas être trop profondes, de manière à pouvoir déployer rapidement. Du reste, la cavalerie, comme l'infanterie, manœuvre ordinairement sur le champ de bataille par division. C'est là l'unité du combat.

Des manœuvres. — Les manœuvres de la cavalerie sont calquées sur celles de l'infanterie et doivent remplir les mêmes conditions.

Comme elles sont beaucoup plus rapides, les erreurs commises dans leur exécution sont beaucoup plus dif-

fîciles à réparer. Ci'est pourquoi Tinstruction de la cavalerie doit être plus complète que celle de Finfanterie, et TeAPectif du pied de guerre doit être à peu près le même que celui du pied de paix.

Les manœuvres de la cavalerie française sont réglées par l'ordonnance du 6 décembre 1829, qui a succédé à l'ordonnance de 1" vendémiaire an xiii.

Les principales de ces manœuvres sont les suivantes :

!• Passer de Tordre en colonne à Tordre en bataille (présentant des cas nombreux) ;

2* Marcber soit en bataille, soit avec une ligne de rc'giments ou d'escadrons en colonne-,

3* Former les échelons }

4» Changer de front ;

5* Exécuter les passages de ligne;

6"» Exécuter les passages de défilé ;

70 Passer de Tordre en bataille à Tordre en colonne.

Quelques-unes de ces manœuvres comprennent plusieurs des douze évolutions de l'ordonnance.

Des formations irrégnliires de la câTâlerie. — Elles comprennent les éclaireurs , les tirailleurs et les fourrageurs.

Les éclaireurs fouillent le terrain et assurent la sécurité de l'armée.

Les tirailleurs couvrent les dispositions et les manœuvres préparatoires de la cavalerie. Comme dans l'infanterie, on les réunit par 2. Ils forment alors 2 lignes qui se croisent en avançant ou en reculant. Ces tirailleurs font du bruit et de la fumée ; mais leur feu est peu redoutable, à cause de la nature de leur arme, et par suite du mouvement des chevaux.

Les fourrageurs s'emploient quand on veut donner une action offensive à la cavalerie à la débandade. On emploie les fourrageurs contre Tartillerie et quelquefois dans les pays très-accidentés ou dans les forêts de sapins.

Les formations irrégulières appartiennent plus particulièrement à la cavalerie légère. Son rôle principal consiste ensuite à éclairer l'armée. Ce rôle se trouve tracé dans le portrait suivant du général Steingel par Napoléon :

(c Le général Steingel, dit-il, était un excellent offi- « cier de hussards. Il avait servi sous Dumouriez aux (( campagnes du Nord. Il était adroit, intelligent, « alerte. Il réunissait les qualités de la jeunesse à « celles d'un âge avancé. C'était un vrai général (( d'avant-postes.

« Deux ou trois jours avant sa mort, il était entré « le premier dans Lezegno. Le général français y (( arriva quelques heures après, et quelque chose dont (( on eût besoin, tout était prêt.

« Les défilés, les gués, avaient été reconnus.

(( Des guides étaient assurés.

(( Le curé, le maître de poste, avaient été interrogés.

« Des intelligences avaient été liées avec les « habitants.

« Des espions étaient envoyés dans plusieurs di- « rections.

<( Les lettres de la poste saisies, et celles qui pouce vaient donner des renseignements militaires, tra- « duites ou analysées.

« Toutes les mesures étaient prises pour former (( des magasins de subsistances afin de rafraîchir les « troupes, etc »

- Tels sont les principaux devoirs de la cavalerie légère. J'en ai parlé au commencement de la leçon, c'ost pourquoi je ne m'étends pas davantage sur ce siojet.

Je termine ici l'étude de la cavalerie.

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