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QUATORZIÈME LEÇON

Rassemblement des armées actives. — Di^>08itions prises dans les corps. — Ordre de bataille primitif. — Organisation permanente des corps d'armée et des divisions.

Diverses espèces d'approvisionnements. — Principes et calcols relatifii anx subsistances^ aux effets d'habillement et anx munitions de guerre. — Moyens de faire vivre les armées en marche. — Des magasins. — Des hôpitaux .

Diverses espèces d'équipages, — Particuliers. — Réguliers. — Auxîliaires.

Rassemblement des armées actives. — Nous avons vu dans la leçon précédente les principes d'organisation des armées actives.

Quand il s'agit de créer une de ces armées, on applique ces principes dans les bureaux du ministère de la guerre; on y fait un premier travail d'organisation; on y crée l'armée sur le papier.

Il faut passer ensuite à la réalité et arriver au rassemblement de cette armée.

Le ministre prévient alors les officiers isolés et les corps qui sont destinés à en faire partie.

Les officiers isolés, c'est-à-dire les généraux, les officiers d'état-major, les intendants, etc., font leurs préparatifs individuels d'entrée en campagne et se rendent aux lieux de rassemblement qui leur sont indiqués.

Pour les corps, on prend les dispositions suivantes :

Dans les régiments d'infanterie, on forme les bataillons de guerre.

Il y a deux méthodes :

1"* Chaque régiment peut former deux bataillons de guerre, en vidant les cadres du 3* bataillon dansceux des deux premiers. Ceux-ci comprennent alors tous les hommes valides et instruits du régiment. On leur donne autant que possible une force normale de 800 hommes. Le 3"" bataillon sert de dépôt. Ses cadres sont destinés à recevoir et à instruire les recrues. — Cette première méthode a été employée au début de la guerre de Crimée.

2" Au lieu de former 2 bataillons de guerre à 8 compagnies, on peut former 3 bataillons à 6 compagnies. Le dépôt est alors composé des 5* et 6* compagnies de chaque bataillon et par conséquent comprend 6 compagnies sous les ordres du major. — Cette deuxième méthode a été employée pour la gueri*e d'Italie, et elle a été adoptée à la fin de 1860, comme organisation permanente.

Quel que soit le mode que Ton emploie, on pourvoit ensuite chaque homme des effets d'habillement et de campagne qui lui sont nécessaires, — c'est-à-dire de 2 ou 3 paires de souliers, de 2 pantalons, 2 chemises, d'un petit bidon, d'une tente-abri, etc.

On donne à chaque escouade : une gamelle, une marmite, un grand bidon, une serpe, etc.

T allés sont les dispositions prises dans les régiments d'infanterie.

Dans les régiments de cavalerie, on forme lea escadrons de guerre, 4, 5 ou 6, suivant le cas.

Les escadrons de guerre reçoivent toujours les hommes et les chevaux valides, ceux dont rinstruc-

tiôû Mf ëôniplète. — L'effectif de ces escadrons est «ft moyenne de 180 hommes et de 150 chevaux. Le dépôt est chargé de recevoir et d'instruire les recrues.

Dans Taptillerie, les régiments désignés mettent également sur pied de guerre le nombre de batteries qui leur est demandé.

Ces batteries voyageront à vide, quand on sait d'avance qu'elles trouveront au point d'arrivée des arsenaux pour s'approvisionner.

Quelquefois même elles n'emmèneront pas de ûiatériel, si ces mêmes arsenaux peuvent leur en fournir.

Les compagnies du génie, les détachements d'ouvriers d'administration, du train des équipages, dé gendarmerie, etc., sont organisés de la même nianière et pourvus de tous les objets d'habillement et de campagne qui leur sont nécessaires.

Ces dispositions dans les corps demandent quelques jours.

Puis, quand les bataillons, escadrons, batteries et détachements, sont sur le pied de guerre et pourvus de tous leurs effets de campagne , ils reçoivent des feuilles de route et se dirigent sur les points qui leur sont désignés.

Quelques jours plus tard, les dépôts se mettent en route à leur tour et sont envoyés à portée du théâtre des opérations, de manière à correspondre plus facilement avec la partie active de leurs régiments et à pouvoir lui envoyer des hommes et des effets au fur et à mesure des besoins.

Pendant que les troupes sont en marche, les géné^ raux, avec leurs officiers d'état-major et leur personnel

administratif, reconnaissent le terrain sur lequel les corps vont se réunir.

Les officiers d'état-major préparent les cantonnements sous le rapport militaire. Nous verrons dans la prochaine leçon les principes qui servent de bases à ce travail .

L'intendance les prépare sous le rapport administratif, c'est-à-dire sous le rapport des vivres, du chauffage, des fourrages, etc.

Enfin les troupes arrivent.

Généralement les détachements du génie, des ouvriers d'administration, du train des équipages, de gendarmerie, etc. . . , précèdent les régiments, de manière à assurer à l'avance les différents services.

Il y a deux méthodes d'atrivée pour les troupes :

1° Elles peuvent arriver simultanément, si elles ont toutes été placées à l'avance à portée de la base d'opérations.

T Elles peuvent arriver successivement, et c'est le cas le plus ordinaire. — C'est ce qui aura lieu aujourd'hui, où l'on emploira certainement les chemins de fer pour le transport des troupes.

Il faudra compter pour une grande armée (100,000 hommes, par exemple) environ 8 jours pour les opérations préliminaires, — et 15 jours pour sa concentration, — en supposant des circonstances moyennes.

Quelle que soit la méthode d'arrivée , les troupes prennent immédiatement leur place de bataille. — Elles se forment en brigades, divisions et corps d'armée, conformément au tableau d'organisation dont J'ai indiqué les principes dans la dernière leçon.

— Elles constituent Vordre de bataille primitif de V armée.

Ordre de bataille primitif. — Cet ordre de bataille est basé sur les règles suivantes :

Dans chaque brigade, le régiment qui a le premier numéro prend la droite.

Dans chaque division, le général de brigade le plus ancien prend la première brigade. Le moins ancien prend la seconde.

Dans chaque corps d'armée, le rang entre les divisions est réglé de même par Tancienneté des généraux qui les commandent. On les désigne par leurs numéros, 1", 2% 3" divisions de tel corps. Ou bien on établit pour toutes les divisions un ordre général dans l'armée. En 1813, il y avait des 40% 41% etc., divisions d'infanterie.

On désigne encore les divisions par les noms des généraux : divisions Dupont et Dumonceau en 1805. Divisions Camou, Lefaucheux, Levaillant, à l'armée d'Orient.

C'est ainsi que se forme l'ordre de bataille primitif de chaque corps d'armée.

Pour l'armée elle-même, si elle est composé de 5 corps, le 1" corps s'établit à la droite, le 2* au centre, le 3* à la gauche, les 4* et 5" en arrière.

Dans chaque corps, la 1" division s'établit à droite, la 2* à gauche, la 3" en seconde ligne, etc.

Et l'armée se trouve ainsi disposée sur la frontière d'après son ordre de bataille primitif.

Cet ordre de bataille sert d'ordre de départ, au début de la campagne. On y revient autant que les circonstances le permettent ; mais on le modifie suivant les opérations.

Quand il s*agit d'une réorganisation d'armée, comme en 1813 et 1814, après les funestes campagsuta i% Russie et d'Allemagne, on laisse à l'armée les T" bataillons, les r" escadrons de chaque régiment, çn y versant tous les hommes valides.

Puis les cadres restants sont dirigés sur l'intérieur, pour y recevoir et y instruire les recrues. On les fait entrer en ligne au fur et à mesure des progrès de leur organisation. Et quand ils rejoignent l'armée, on leur fait reprendre leurs rangs dans l'ordre de bataille*

{Ixemples de rassemblement d'armée :

fin 1803, l'Empereur organise l'armée qvi'îl d§jtr tine h Ufte descente en Angleterre. Il la forme d% 7 eprps, dont l'ordre de bataille primitif e&|t le suivi^^it:

V^ corps, maréchal Bernadotte, dans le^anovrQ9

2* — maréchal Marmont, à Ulrecht;

3^ — maréchal Davoust, à Âmbleteuse i

4* — maréchal Soult, à Boulogne ;

6* — maréchal Lannes, à Ârras ;

«• — maréchal Ney, à Montreuil ;

T — maréchal Âugereau, à Brest.

En 1813, l'Empereur réorganise son armée d'après les principes indiqués ci-dessus. Les divers corps çont échelonnés sur la ligne d'opérations à Mayence, Francfort, Fulde et Weymar, et s'avancent successîvçn^ent au fur et à mesure de leur organisation.

Enfin, en 18Q0, le Premier Consul donne un exom-r pie remarquable de rassemblement d'armée, pour l'armée de réserve, qui était déjà au delà des Alpes, lorsque les Autrichiens ne connaissaient pas encore son existence.

A cette époque, la France avait deux wméei.

Celle du Rhin, 130,000 hommes sous MavMU. Celle

d'Italie, 36,000 homines sous Masséna. Le Premier Consul veut, à Tinsu de l'Europe, en créer une trpjr sième, dont il se réserve le commandement et avec laquelle il médite la manœuvre de Marengo.

Il forme trois divisions, à Rennes, à Nantes et à Paris, avec des demi-brigades tirées de la Vendée. Il les dirige vers la frontière de l'Est, comme renforts de l'armée du Rhin.

Il forme ensuite une quatrième division, avec 14 beaux iDataillons, tirés des bords de la Méditerranée et des dépôts de l'armée d'Egypte.

Il donne l'ordre à l'armée du Rhin de détacher deux divisions sur l'Italie, immédiatement après les premiers mouvements.

Il fait préparer 60 bouches à feu à Auxonne, Besaur çoi^ et Brîançon.

Il dirige les quatre premières divisiions sur Gei]^f)Y§

etLausanne, par des routes différentes, de ni^nière à np

' pas attire;» l'attention publique. Il leur fait fournir, sur

la route même, les souliers, vêtements et effets de

campagne dont les hommes ont besoin.

En même temps, il indique hautement la formation d'une armée de féserve à Dijon. Il y envoie quelques vieux soldats, quelques conscrits qui trompent les e^~ pions de l'Europe.

Et dans les premiers jours de mai, à l'insu de l'Autriche et même de la France, une armée improvisée franchit les Alpes et va changer en Italie la face des événements.

Pour assurer encore mieux le secret, le Premier

Consul avait enlevé le travail d'organisation de cette

armée au ministère de la guerre et l'avait réservé pour

son cabinet.

Organisation permanente des divisions et des corps d'armée. --

Nous avons vu, dans la première partie du Cours, qu'en Prusse, en Autriche et en Russie, l'organisation de l'armée en brigades, divisions, corps d'armée et armées, était permanente.

Ce système tient à des circonstances particulières.

Chez les Russes, les recrues restent si longtemps pour arriver sous les drapeaux, qu'il est nécessaire de tenir toujours l'armée active au complet et prête à entrer en campagne. Sans cela, au moment du besoin, elle ne serait pas organisée.

Chez les Prussiens, l'absence de frontières naturelles, la multiplicité des points vulnérables que présentent leurs frontières politiques et la crainte de voir dès les premières opérations le royaume coupé en deux, ont amené le système des quatre armées dont nous avons parlé, et qui semblent destinées chacune à la défense d'une partie du territoire.

En Autriche, nous avons vu qu'il y avait également plusieurs armées et huit corps. Cela tient à des circonstances analogues et aussi à ce que le gouvernement a besoin de placer fréquemment à côté les uns des autres des régiments de nationalité différente, afin d'amener la fusion.

L'organisation permanente de ces grandes unités présente les avantages suivants :

i° Il établit un esprit de corps dans chacune de ces grandes fractions.

T L'instruction d'ensemble est meilleure, puisque l'on manœuvre fréquemment par masses considérables et les trois armes réunies.

3** Enfin le passage du pied de paix au pied de guerre est plus facile et plus rapide.

La France a adopté un système mixte. Nous avons un certain nombre de divisions organisées à peu près sur le demi-pied de guerre, savoir :

Pour l'infanterie, 2 divisions de la garde, 4 de l'armée de Paris, 3 de l'armée de Lyon, et accidentellement 2 ou 3 à Châlons.

Pour la cavalerie, 1 division de la garde, 1 à Lunéville, 1 à Versailles, 1 à Lyon, etc....

Le reste de l'armée, plus de la moitié, ne présente plus que des régiments.

Notre système offre une partie des avantages précédents et de plus les deux suivants :

1° Il permet de cacher à l'ennemi la force et la composition des différents corps de l'armée avec laquelle nous entrerons en campagne.

2* Il donne la facilité de mettre l'organisation de cette armée en rapport avec le genre de guerre que l'on voudra faire et avec la nature du théâtre d'opérations.

Des approvisionnements. — On donne le nom d'approvisionnements à l'ensemble des objets matériels de consommation nécessaires à l'existence des armées.

Les approvisionnements jouent un grand rôle à la guerre.

Quand on veut créer une armée, dit Frédéric, il faut commencer par le ventre, c'est-à-dire qu'il faut s'occuper avant tout des moyens de la faire subsister.

La première loi , pour les armées comme pour les individus, est de trouver des vivres, et par conséquent toutes les combinaisons des généraux, tous les mouvements des troupes sont subordonnés à la question des approvisionnements.

Faire autrement , e'éBt s'ex^d&èi' à. de g^ftÂes pertes.

Le mépris de Tadmîiiistratîon n*ëàt autre bbbsé que le mépris des hommes. Telle est Tépig^raphe du liVre du géûéMl Roguet sur rapptdVisionnemëht dèis âît'mées.

îl y a trois espèces d'approVîsîonUémetitâ t

1"* Les objets de consommation journalière, c'està-dire lés vivres et lés fourrages ;

2** Les objets de consommation périodique, cbmmé les effets d'habillement et d'équipement que l'on remplace à certaines époques déterminées;

3"* Enfin les objets de consommation éventuelle, comme les munitions de guerre.

Ou établit une Seconde division dans les apj)rôvisionnements, en les considérant relativement à Ift ûHture des âerviceb qui les fournissent.

La première classe comprend les approvisioUUéments fournis par les services administratifs, vivres et effets.

La deuxième classé comprend ceux qui feoût foUl^is par l'artillerie, ttiunitions.

La troisième comprend ceux qui sont fouruié pût le ^énie, outils pour les travaux.

Dans tous les cas, ces divers approvisionnements sont réunis à l'avance sur les points oîi l'on concentre l'armée et forment des magasins qui fournissent à ses divers besoins.

Quand l'armée se porte en avant, elle traîne avec, elle un certain nombre de joursde vivres, 8 oul5jours; — de plus, pendant un certain temps, elle continue à tirer ses approvisionnements des magasins de sa bMe,

et ëb. ies lui atiièâe ë.U moyéti des iram^jp^ôrts que 6ôuS verrons tout à Theure.

Quand rarméé estloin de sa première base, alWs on ëùfbrfîië une Seconde, et l'oti y crééde nôtiVeaux inâ^èiinâ avec les ressources du pays, au moyen die fréquîsitions et de marchés, — et en môme temps au Moyen de* âppifovisionnements de la première base.

Dans tous les cas, les approvisionnements de l^ârthée doivent être distincts des approvisionnements des plàôes fortes, auxquels on ne doit pas toucher.

tls doivent être réunis à l^avance et en assez grande quantité pour que les distributions soient toujours assurées.

E^aniinôûS comment on calculé léS quantités né^ cessaires.

l"" Les approvisionnements des objets de éoûBèhimation journalière comprennent les subsistances , c'est-à-dire le pain ou le biscuit, le riz, la viaùde^ les légumes secs, le café et Teau-de-viè, enfin les fourrages.

Pour calculer lapprovisionnement nécessaii'e, il faut établir, d'une part, ce que Tarmée consomme en un jour et de plus le nombre de jours pour lesquels on veut assurer l'approvisionnement.

Pour la consommation journalière, on prend l'efiectif de l'armée, auquel on ajoute 1/4 en plus pour les hommes et 1/6 pour les chevaux.

Quant au nombre de jours pour lesquels on veut assurer l'approvisionnement, il dépend de la nature de la guerre et des ressources du théâtre sur lequel on doit opérer.

Dans une guerre offensive, on réunit ordinairement

50 jours d'approvisionnement; — dans la guerre défensive, on en réunit 90 jours.

Évidemment on en réunira d'autant moins que le pays sera plus riche. Ces approvisionnements sont réunis dans les places fortes ou dans les places du moment.

Les magasins que Ton organise forment ordinairement 3 lignes.

En première ligne, on met un approvisionnement de 15 jours de vivres confectionnés, pain ou biscuit.

En deuxième ligne, un second approvisionnement de 15 ou 20 jours de vivres en train de confection;— par exemple, des farines.

En troisième ligne, un troisième approvisionnement de 15 ou 20 jours de vivres non confectionnés, — grains et blés.

Quant aux magasins, il y a deux systèmes :

Le premier consiste à en avoir peu, et alors ils sont considérables. On les met plus facilement en sûreté, mais il faut beaucoup de moyens de transport.

Le second système consiste à en avoir beaucoup. Us sont moins sûrs, mais plus rapprochés des troupes.

Quant à la nature de ces approvisionnements, nous avons d'abord, comme je l'ai dit tout à l'heure, le pain. On le fabrique dans les fours locaux et dans les fours de campagne. Le pain présente un grand inconvénient, c'est la difficulté de son transport. On préfère le biscuit, le soldat pouvant en porter 4, 6 ou même 8 jours.

Ensuite vient la viande. On fait usage de viandes salées et fumées, mais surtout de viande fraîche, que Ton obtient au moyen de troupeaux qui suivent les troupes.

Un bœuf fournissant 250 kilog. de viande suffit pour 1,000 hommes, à raison de 250 grammes par homme. Pour 50,000 hommes, il faudra donc 50 bœufs.

Après la viande viennent les légumes ; légumes secs dont le transport est plus facile, — ou bien encore du riz, comme en Afrique. Il est à la fois très-sain et très-facile à transporter ou à conserver.

Enfin on distribue aux troupes du sucre et du café, dont elles se trouvent très-bien.

Tels sont les approvisionnements de subsistances. On les obtient au moyen de marchés passés par l'intendance, ou bien par l'intermédiaire d'entrepreneurs, ou enfin par réquisition. Ce dernier système n'est guère applicable qu'en pays ennemi.

2"* Les approvisionnements de la deuxième espèce sont les effets d'habillement et d'équipement.

On en calcule la quantité sur l'effectif de l'armée et sur la durée probable des opérations.

Un approvisionnement complet est celui qui est égal à l'effectif de l'armée.

On réunit généralement un approvisionnement complet pour les effets de petit équipement.

On réunit un double approvisionnement pour les chaussures.

Un demi pour la coiffure et les habits.

Un entier pour les capotes, qui forment le véritable vêtement de guerre.

On dispose les magasins d'effets dans les places et à portée des troupes.

On fait confectionner les effets, soit dans les dépôts des corps, soit à l'entreprise.

3° Enfin la troisième espèce d'approvisionnements

feo&t)ré!àd lëis CAHotiôhés, iès gàl^gOilâéiëS et tëtitéti les Uiîiilitiôils dé guerre.

Uù approvisîonneméiit Complet est d6 100 cartouches par homme et d'environ 200 coups par pihéé.

On |)répare ordihâirement 4 ôii 5 àpprbvisîôhûeffifeilti^ complets de itiunitioiis de guél*re.

Lé premier est porté par les troupes. — Del» 106 cartouches d*infanterle, 60 sont avec l'honlmè et 40 iVèê les batteries diVîslotinaires.

Le deuxième approvisionnement est dans lèd phtét àê réserve qui Suivent Tarméé.

Le troisième est dans les places fortes de la b«lè é'(9pération6, prêt à être envoyé à l'armée sum&t lefc bisoinSi

Les quatrième et cinquième sont égaleinent dftu les places, mais sans être confectionnés.

Tels sont les divers approvisionnements d'une armée activé,

En 1800, le Premier Consul fait confectionaer à Lyon 2 millions de biscuits pour Tarmée de réserve. Il fait acheter de grandes quantités de grains et d'avoine. Il fait préparer des munitions dans les places d'Auxonne, de Besançon et de Briançon. Il dirige •es approvisionnements sur Villeneuve, Lausanne, Martigny et l'hospice du Saint-Bernard.

Dans chacune des campagnes de l'Empire^ on voit de même, au début de la campagne^ l'Empereur porter ses premiers soins sur les approvisionnements des diverses espèces.

Moyens d'approvisionner les armées en marche. — Les approvisionnements de la première base nourrissent l'armée pendant la première période des opérations , tant i|m'elle a'est pas à plus de 8 à 10 jours de marehe.

Quand elle d'éloigné dataiitagd, eomtne ji Vêi dît plus haut, on crée de nouvelles bades, sur lesquelles on rassemble de nouveaux approvisionnements : l'' au moyen de marchés ou de réquisitions dans le pays; — 2* en y faisant arriver par les convois les approvisionnements de la première base;— ^ 3** enfin en se servant des magasins de l'ennemi, si on a pu l'obliger à *e ifetirer sans les détruire.

En même temps, on utilise les resdoureés du pays; l'armée embrasse une grande surface de terrain; chaque soir, en s'arrôtant, indépendamment des réquisitions générales, on frappe des réquisitions particulières chez les habitants, avec ou sans règlement dindemnité. On fait des fourrages qui complètent les approvisionnements et servent à nôurrii* l'armée. — En Portugal et en Ruâsie, où les approvisîoiinè^ mènts manquaient, on avait organisé la maraude. Une partie des hommes de chaque compagnie coùrËtit le pays pour trouver des ressources. — Mais ce moyen ruine à la fois le pays et la discipline. Il ne doit êti* etoployé qu'à la dernière extrémité.

Quelquefois, quand ondispose de beaucoup d'argent, comme, par exemple, les Anglais en Espagne, comme le duc d'AngouIême en 1823, on passe des marchés avec des entrepreneurs qui précèdent l'armée, achètent dans le pays tous les approvisionnements nécessaires et les font trouver sur le passage des troupes. Cette méthode ménage les habitants ; mais elle est fort coûteuse et peut donner lieu à des gains illicites.

En même temps que l'on prépare des magasins, l'on prépare aussi des hôpitaux.

On les dispose généralement sur trois lignes autant que possible dans les mêmes lieux que les magasins.

La première ligne est destinée aux blessés et aux malades de Tannée.

La deuxième reçoit le trop-plein de la première.

La troisième est ordinairement destinée aux convalescents.

Le service des champs de bataille est fait par les ambulances.

Généralement on calcule le service de santé pour un douzième de l'effectif.

On ne fait pas d'hôpitaux de plus de 500 malades.

Des équipages. — Une armée a besoin de transports pour rassembler et faire mouvoir ses divers approvisionnements de vivres, d'effets et de munitions.

D'après le prince de Ligne, dans le siècle dernier; les équipages d'une armée de force moyenne présentaient un ensemble d'environ 1200 voitures et se subdivisaient de la manière suivante :

1"* Les voitures du trésor, de la chancellerie, des ambulances et les bagages du général en chef ;

T Les chariots de vivres et les fours de campagne ;

3" Les chariots d'artillerie de réserve et les pontons ;

4"* Les bagages des généraux et des officiers d'étatmajor;

5° Les voitures des marchands et les chariots du quartier général.

Aujourd'hui les moyens de transport d'une armée

peuvent se diviser en trois classes :

Les équipages particuliers; Les équipages réguliers; Les équipages auxiliaires.

Les équipages particuliers entrent dans la composition intime de l'armée et marchent avec elle. Ils sont

attribués aux officiers de tous grades, et aux employés militaires, pour leurs effets particuliers, leurs ustensiles de campagne, leurs tentes, leurs vivres, etc. Ils sont attribués aux corps de troupe pour la caisse, la comptabilité, les cantines d'ambulance, les outils et pièces d'armes de l'armurier, etc..

Les équipages particuliers se composent :

1 ** Des voitures des généraux ;

2"* Des fourgons des régiments. Le décret du 21 janvier 1860, dans la prévision d'une guerre continentale, attribue un fourgon à l'état-major de chaque régiment et un autre par bataillon ou par deux escadrons ; chaque fourgon portant un certain nombre de cantines ;

3"* Des mulets, qui remplacent les fourgons dans les pays difficiles ;

4** Des ambulances divisionnaires, etc., etc.. L'ensemble de ces moyens de transport, placés sous la direction des vaguemestres de régiment ou de division, marche à la suite des troupes et les accompagne partout, de manière que les officiers puissent toujours s'établir et subsister au milieu des soldats qu'ils commandent.

Les équipages réguliers, qui viennent ensuite, sont attachés aux corps d'armée et à l'armée.

Ils comprennent :

I "* Des détachements du train des équipages portant des vivres et des effets ;

2° Les parcs de l'artillerie, portant un approvisionnement de munitions, et comprenant de plus un personnel d'artilleurs à pied et achevai, d'ouvriers d'artillerie, d'armuriers, etc.;

3^ Les paroe du génie, portant uq app^Q^isieiiiieméat d outils, Eu 1806, TEmpereu?, pou? ilO.OOQ hommes, avait 30,000 outils, pelles, pioehes, haeh^i, aerpes, etc. ;

4"" Les équip^g^es de ponts, transportés qur 4^^ i^a? quets et acoompagués des poutouniers ;

5* Les voitures du trésor ;

6** Les ambulances, etc., etc..

L'ensemble de ces équipages forme le grand parc et les parcs de corps d'armée, qui sont organisés en colonnes particulières, distinctes des colonnes de troupe, et qui marchent à uqe journée ou une demijeurnée de marche en arrière, de manière à ue pfis géi* ner leurs mouvements.

Enfin les équipages auxiliaires sont destinés à formerdes convois sur lesderrières de l'armée, pour transporter des vivres, des effets, d'une base sur une autre ; Î^our réunir les ressources obtenues dans le pays par es réquisitions ; enfin pour suppléer à l'insuffisance des équipages particuliers et des équipages réguliers quand ceux-ci n'ont pas pu être organisés d'une manière complète.

Dans les deux premiers cas, les équipages auxiliaires forment des convois sur les derrières de l'armée. Dans le troisième cas, ils marchent avec les troupes ou avec les parcs.

On réunit ces équipages par réquisition, lopatio^ou entreprise. Ils présentent l'avantage d'être adaptés aux routes du pays. Leur inconvénient, c'est qu'il est difficile de compter sur leur emploi. Lespaysfins, quand ils sont mal disposés, les cachent ou iei^ envpientfiu loi^.

Les équipages auxiliaires sont généralement fe?iné9 de voitures du pays.

U fau^ y joip4i'6 les animaux porteurs, mulQtfi, chevaux, ânes, chames|,ux, etc..

Il faut y joindre encore des bateaui^ si rea est près d'un cours d'eau ; des navires si l'on est à portée de la mer; enfin, un chemin de fer si l'on en a un à sa disposition. Et c'est là le moyen le plus puissant et le plus réguliep.

Quoi qu'il en soit, la marche et la çfireptipn deçi transports de l'armée appartiennent à l'état-ipajor.

Le service en campagne détermine l'qrdre ^fns Iç^quel doivent marcher les é(|uipa^es ; cet ordre est 1# suivant :

Les bagages du comms^QdaQt çq cl^^f î Ceux du chef d'état-major;

— des généraux de division 5

— de rintendant de l'armée;

— du trésor et du payeur général ; T- des généraux de brigade ;

— des iptendants*,

— du grand prévôt;

— des colonels d'état-inajor;

— des sous-intendants et adjoints j|

— des officiers d*état-majer et de geadamevi^ ;

— du médecin et chirurgien en chef;

— de l'imprimerie de l'armée;

— des agents de l'administration ;

— de la poste aux lettres;

— des vivandiers et marchands, etc.

Chaque voiture ou cantine doit porter le nom de la personne à laquelle elle appartient.

Au moment de l'entrée en campagne, des règlements déterminent à l'avance la composition des équipages de l'armée.

Leur nombre et leur nature varient suivant le pays où l'on va porter la guerre.

Ainsi, en 1806, l'Empereur, pour toute son armée, ne voulait que 400 voitures régulières.

En 1808, dans la campagne de Portugal, chaque bataillon disposait de 5 ou 6 voitures.

En Afrique, chaque bataillon avait deux mulets , chaque compagnie en avait un ; de même en Orient.

D'après Lenoble, dans un pays pauvre, pour un corps d'armée de 30,000 hommes, il faut, pour les vivres seulement, 2,400 chevaux et 600 voitures; pour les ambulances, 200 chevaux.

Dans un pays riche, d'après le général Roguet, les mêmes quantités suffiraient pour une armée de 100,000 hommes.

Dans des circonstances moyennes , l'Empereur compte, pour un corps de 40,000 hommes, 500 voitures, 250 régulières et 250 de réquisition.

Dans les mêmes circonstances. Odier, pour un corps de 30,000 hommes, compte 100 voitures d'équipages réguliers, et 200 d'équipages auxiliaires.

En définitive le nombre et la nature des moyens de transport d'une armée sont variables et dépendent des circonstances et de la nature du théâtre d'opérations.

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