DÉTERMINATION DES LONGITUDES EN MER
Heure de Paris par le relèvement de points terrestres connus.
Lorsqu'on fait relâche dans un port dont la situation géographique est bien connue, le navigateur s'empresse d'en profiter pour rectifier ses chronomètres. Par des observations de hauteur du Soleil pribcs à terre, à l'aide d'un horizon artificiel, il détermine l'heure locale avec précision et par suite l'heure de Paris. En la comparant avec celle que donnent ses chronomètres, il obtient la correction qu'il faut leur appliquer dans le reste du voj^age.
Lors même qu'on ne fait que passer à proximité d'un point connu, il est facile de déterminer, par des relèvements au compas, la position exacte du navire et sa longitude. Des hauteurs du Soleil prises immédiatement après, à bord, donnent le même résultat que si l'on avait opéré à Terre.
On voit combien il est utile de fixer très exactement, surtout en longitude, la position de ces points qui se trouvent en vue sur les trajets les plus fréquentés. Le Bureau des Longitudes a fait déterminer avec précision, par des observations astronomiques, la longitude de certains points principaux. Le transport des chronoliiètres, à partir de ces points, le long d'une côte étendue, donne ensuite leur différence de longitude avec une foule de points moins importants. On parvient ainsi à multiplier les données géographiques qui peuvent être utiles aux navigateurs.
Aujourd'hui l'on possède, dans les câbles sous-marins qui unissent les uns aux autres les centres commerciaux, un moyen de déterminer les longitudes avec une précision bien supérieure à ce que donnent les meilleures observations de la Lune. Dans peu d'années, le réseau des stations utiles sera ainsi complété, au grand bénéfice de la Navigation et de la Géographie.
392 LIVBB VII. — CHAPITBB XXXTIII.
Heure de Paris par les distances lunaires.
L^élément géographique le plus difficile à obtenir, loin des côtes, c^estla longitude, parce qu'elle implique la connaissance de Theure de Paris. Les deux seuls moyens applicables en ce cas sont les chronomètres et les distances lunaires. Celles-ci sont la ressource dernière du marin , la seule sur laquelle il puisse compter absolument.
La Connaissance des Temps donne, pour tous les jours de Tannée, de 3 heures en 3 heures du méridien de Paris, la distance de la Lune au Soleil, aux planètes et aux étoiles visibles en même temps qu'elle. 11 suffît de jeter les yeux sur l'un de ces tableaux pour comprendre la méthode dont il s'agit. Ainsi, le 12 mai 1880, on a :
Heure Distance
de Paris. de la C a^u O-
lî 41. 56. 38
Si, le même jour, on mesure en un lieu quelconque, au sextant, la dislance de la Lune au Soleil à ô^'o^o* heure locale, et qu*OD trouve 39° 14' 27", on en conclura que Theure correspondante de Paris était 9**o"o'. La longitude de la station était donc ai*'o"o*. L'exactitude de ce procédé est fondée sur la rapidité des mouvements de la Lune. Le tabicau-ci-dessus montre que, de 6^ à 9^,1* distance des deux astres varie de i^ai^o", ce qui fait ^ seconde d'arc par seconde de temps. Si donc la distance mesurée est en erreur de 0^,5^ Thcure de Paris conclue sera en erreur de i*. En mer, dans des circonstances favorables, on mesure ces distances à o',i ou à 6" près : riieure de Paris peut donc être obtenue parce procédé a 1 a' près.