PREUVES DE LA ROTATION DE LA TERRE
-405. Certes, le mouvement de rotation de la Terre est rendu assez évident par le mouvement général de toute la sphère céleste décrient en Occident, et tout esprit judicieux n'élèvera aucune contestation à ce sujet; toutefois, en dehors du mouvement des astres et en ne prenant ses moyens d'observation que sur notre globe, on peut trouver des phénomènes qui ne sont que des conséquences de ce mouvement de rotation, et qui font pour ainsi dire assister le spectateur à ce mouvement.
Une première preuve de ce mouvement est d'abord la diminution observée dans la longueur du pendule battant la seconde à mesure que Ton s'approche de Véquateuvy diminution constatée d'une manière rigoureuse par Richer^ à Cayenne^ en 1672; ce raccourcissement du pendule est facile à expliquer.
En eifet, une fois la forme générale de la Terre plus exactement déterminée à Taide des mesures faites dans quelques parties du globe, et en admettant que cette forme générale est celle d'un sphéroïde aplati, on peut facilement connaître la grandeur des différents parallèles du globe, et par conséquent obtenir, dans le cas de rotation delà Terre:
V La valeur de la force centrifuge sur un certain parallèle, et par suite ^ la composante de cette force suivant la verticale du lieu;
2* La distance du parallèle au centre de la Terre.
Ces deux quantités déterminées en des points se rapprochant de plus en plus de Téquateur, peuvent faire connaître la diminution de la gravité qui doit résulter en chaque lieu : 1* de téloignement progressif du centre de la Terre; 2** de V augmentation de la force centrifuge.
Ainsi, la force centrifuge, pour sa part, doit contribuer à la diminution à donner au pendule qui doit battre la seconde, à mesure que Ton s'approche de réquateur.
Mais l'observation indique nettement une diminution dans la longueur du pendule; on peut donc réciproquement en conclure, par le calcul, la valeur et surtout V existence de la force centrifuge y c'est-à-dire la preuve du mouvement de rotation de la Terre,
-i06. M. Foucault a donné une seconde preuve peut-être plus frappante que celle dont nous venons de parler, et qui fait, pour ainsi dire, suivre des yeux le mouvement de rotation de la Terre, et par conséquent annule à tout jamais les anciennes hypothèses sur l'immobilité de notre globc«
Fig. 2t8.
Du plan d'oscillation d^un pendule. — Si un fil flexible Ap (fig. 2t8,, fixé en A, supporte un poids p^ tel qu'une boule de cuivre par exemple, et si, après avoir écarté Ap de la position verticale, on abandonne le poids p à Taction de la pesanteur, nous savons que le pendule Ap va osciller à peu près suivant un plan passant par la verticale AV et par le point duquel on a abandonné le poids p. Ce plan est désigné sous le nom de plan d'oscillation.
Si, le poids p étant en mouvement, le point A se déplace d'une manière continue suivaut une direction quelconque, il est facile de constater que le plan d* oscillai ion se transporte parallèlement à luimême.
Ceci posé, soient T la Terre (fig. 2i9), QQ' Téquateur et PP' Taxe de notre globe.
Fig. Ît9.
Supposons qu'au-dessus du pôle P on ait déterminé un point fixe A d'une manière quelconque, et qu'en ce point on ait fixé un pendule.
Imaginons, de plus, que dessous ce pendule on ait placé un cercle qq" tangent au pôle, c'est-à-dire parallèle à Téquateur.
En admettant que la rotation du globe se fasse dans le sens de It flèche f, il est clair que le pelit cercle q^ tournera dans le môme sens et