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Données GÉNÉRALES. — Jupiter est de beaucoup celle des

planètes dont l'influence prédomine dans tout le Système Solaire. Sa distance au Soleil est de 5,203 unités astronomiques et sa période de révolution de 11 ans 86. Il décrit une orbite presque circulaire, d’excentricité 0,048, peu inclinée sur l’écliptique (de 119") et coïncidant presque avec le plan invariable du maximum des aires (1). Le diamètre de Jupiter vaut 10,92 fois celui de la Terre, à l'équateur du moins, car la planète a un aplatissement très visible de 1/17. Sa masse, 317,7 fois supérieure à celle de notre globe, est le 1/1047,4 de la masse solaire. La densité de Jupiter est — chose très remarquable — presque égale à celle du Soleil : 1,32 pour Jupiter, 1,39 pour le Soleil. Enfin la gravité jovienne vaut 2,64 fois la nôtre.

Jupiter possède 9 satellites, dont 5 étaient encore inconnus il y a 40 ans et sur lesquels nous reviendrons bientôt. Par les configurations variées de ses 4 plus beaux satellites, par son grand diamètre apparent qui peut atteindre 50” et par la facilité d'observation de ses détails, Jupiter est sans contredit l’un des objets célestes les plus intéressants qui

soient (PI. XXI et PI XXII).

2. Rotation. — L’étude de la rotation par exemple est aussi aisée que curieuse. Jupiter tourne sur lui-même en 9 h.55 m. environ, ainsi qu'on s’en rend compte rien qu’en observant le retour d’un détail du disque. Mais cette durée de rotation n’est pas constante du pôle à l'équateur : elle varie de9h.57m. dansles hautes latitudes à 9h.50m. dans les . basses (2). Ainsi Jupiter ne tourne pas sur lui-même comme le ferait un corps solide et la région équatoriale a, par rapport au reste de la planète, un mouvement accéléré. C'est

(4) L’orbite de Jupiter est inclinée de 001954" sur le plan invariable C. V. L. Cuaruer, Die Mechanik des Himmels, Leipzig, Veit, 1902, t. I, p. 439).

(2) E. E. Barnarp l’a même trouvée variable de l’hémisphère Nord à l'hémisphère Sud (Mouzro, ouvrage cité un peu plus bas, p. 293),

une particularité que manifeste également le Soleil (1), auquel Jupiter ressemble déjà par sa faible densité et par d'autres traits encore. Mais dans le cas du Soleil le phénomène est plus accentué : la période, de %5 jours à l'équateur, passe à 30 Jours aux pôles. Malgré la différence d'amplitude, : cette accélération équatoriale (que Saturne, nous le verrons, présente aussi) est fort significative : elle prouve que Jupiter n'est sûrement pas à l’état solide, ce que sa densité laissait déjà présumer. Il est très probablement à l’état gazeux. La cause de l’anomalie doit être la même pour le Soleil et pour les deux grosses planètes : on ne la connait pas avec certitude. Il se pourrait que ce fût un vestige des conditions originelles de la formation du système planétaire (2) ; les astronomes d'aujourd'hui seraient plutôt portés à y voir la conséquence de chocs de corpuscules (3) ou de petits astres circulant autour de la planète comme autant de satellites, de même que des nuées de petits corps de ce genre gravitent très probablement dans le voisinage du Soleil où ils constituent la Lumière Zodiacale.

La rapidité de la rotation jovienne permet au spectroscope de la mettre aisément en évidence. En opérant photographiquement et en juxtaposant deux poses successives répondant aux deux bords Est et Ouest, on n’a qu'à mesurer la différence de longueur d'onde de deux raies correspondantes pour en déduire la vitesse linéaire et partant {le rayon étant supposé connu) la période.

Il y a une méthode plus élégante. Elle consiste à mettre la fente du spectroscope le long de l'équateur de l’astre : le spectre aura une largeur correspondant à son diamètre apparent et Les raies, qui sont des lignes droites (4), seront incli-

(1) Cest la célèbre loi de Carrington (voir p. 127).

(2) Voir p. 254.

(3) FE. R. Moucron, Zntroduction to Astronomy, New-York, Macmillan, 19104299:

(4) Cela résulte de ce que la vitesse radiale d'un point d'un corps en rolalion est proportionnelle à la distance apparente du point considéré à l’axe de rotation (ainsi qu'on le démontre sans peine). — Pour plus de détails, voir plus loin, p. 393.

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