‹ Cours d'astronomie nautiqueChapitre 100 sur 199 · IQÎ CHAPITRE XX. — BOUSSOLE · texte numérisé non relu

IQÎ CHAPITRE XX. — BOUSSOLE

ses indications varient selon la place où on la met. Lorsqu'on s'en aperçut au siècle dernier, on ne manqua pas d'attribuer ces anomalies à l'influence du fer qui entre dans la construction ou dans l'armement des vaisseaux. En faisant tourner le navire sur lui-même, en mettant le cap dans les directions OA, OB, ... [fig, 46),le fer qu'il contient prend successivement des positions différentes par rapport au méridien magné-

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tique OSw dans lequel l'aiguille devrait rester fixe. Il en résulte que l'extrémité sud de l'aiguille, au lieu de pointer vers le sud magnétique OS^, dévie sensiblement vers l'ouest, par exemple, et prend la position o- quand le cap est sur OA ou à Test en Oj' quand le cap est sur OB, et ainsi de suite, pendant que Taxe du navire fait le tour de l'borizon. Les azimuts magnétiques fournis par la boussole ont donc pour origine, non plus le méridien magnétique OS,w, mais successivement les positions déviées Oo-, Oo-', . . .; de là la distinction déjà formulée entre l'azimut magnétique apparent, fournipar la boussole du bord,que nous désignerons par M', et l'azimut magnétique vrai M. Sur la figure, (tOA est l'azimut apparent M' du navire dirigé vers OA, SmOA est son azimut vrai M, et la déviation SmO o- ou d est égale à M — M'. De même, dans la seconde position, S/7»0A = M»

CONDITIONS PHYSIQUES. igS

y OA = M', d = — S„iO(T=^M — M'. La déviation est négative dans ce second cas parce qu'elle a lieu vers Test, c'est-à-dire en sens opposé à celui où croissent les azimuts.

Dans les navires en bois, cette déviation ô est ordinairement assez faible; longtemps on Ta négligée, mais, l'emploi du fer s'étant introduit de plus en plus dans les constructions navales, la déviation a pris des proportions qui constituent un danger réel dont on ne saurait trop se préoccuper.

L'observation d'un astre connu, à une heure donnée, fournit par un calcul fort simple l'azimut A de cet astre, compté à partir du méridien du lieu. Si au même instant on relève son azimut M' à la boussole, on aura

Cette relation fait connaître la déviation pour le cap M' si D est donné ; mais, â changeant avec M', la déviation ainsi obtejiue ne peut être utilisée qu'à la condition de maintenir la route : à chaque changement de direction, il faudrait de nouveau déterminer à par une observation astronomique.

Il y a plus : on employait autrefois une boussole spéciale qu'on portait sur le pont pour opérer ces relèvements ; or, la déviation variant d'une position à l'autre, on n'obtenait ainsi celle de la boussole de route que par une comparaison avec la boussole transportable. Pour cela il fallait, après avoir observé l'astre, relever encore au même instrument la direction du cap du navire à l'aide de certains repères fixés d'avance sur le bordage. Comme ces opérations reviennent fréquemment, on a trouvé plus simple d'assigner à cette boussole auxiliaire une place fixe, celle où la déviation due au fer du navire est la plus faible, et d'en faire un compas étalon servant à contrôler le compas d'habitacle en même temps qu'à relever les gisements d'astres ou d'objets terrestres.

Nous ne nous occuperons que du compas étalon, en procédant d'abord empiriquement, comme nous l'avons fait pour les chronomètres ; mais, au rebours des chronomètres dont la marche n'a pu être jusqu'ici assujettie à aucune théorie, nous

verrons que les déviations de raigullie à bord suivent une loi simple, due aux travaux de Poisson, loi que nous substituerons avec avantage aux formules empiriques.

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