CHAPITRE XXII. — THÉORIE DE POISSON
la Terre. L'action du fer doux étant nulle en quatre points de la circonférence, et présentant dans les quadrants opposés des maxima de signes contraires, la période est d'une demi-circonférence et répond complètement au troisième terme de la formule. Celui-ci représente donc l'action du fer doux à bord.
La séparation si nette de ces divers effets, la connaissance au moins approchée de leurs lois, ont suggéré tout d'abord l'idée qu'on détruirait la déviation semi-circulaire à bord en plaçant près de la boussole des barreaux d'acier aimantés pour contrebalancer l'action du fer dur, et qu'on ferait disparaître la déviation quadrantale en plaçant près de la boussole de petites masses de fer doux. On y est parvenu effectivement, et presque tous les navires anglais faisant de courts voyages ont adopté cette méthode de correction. Mais on s'est aperçu plus tard que ces moyens de compensation ne valent plus rien lorsque le navire s'éloigne beaucoup dû port où ses compas ont été ainsi corrigés et passe sous d'autres climats où la force magnétique du globe a changé à la fois de grandeur et de direction. Cette compensation devient alors un danger sérieux, parce qu'elle a pour effet alors d'augmenter la déviation naturelle au lieu de la détruire.
Ces considérations montrent toute la difficulté d'une véritable théorie physique de ces phénomènes, mais elles prouvent mieux encore combien une telle théorie est indispensable pour éclairer et guider la pratique.