CONCLUSION
seaux n'ont pas des propriétés si tranchées. Les fers incomplètement doux ont besoin d'un certain temps pour s'aimanter lorsqu'ils prennent la direction de la force magnétique du globe, et il leur faut du temps pour perdre le magnétisme une fois acquis. De même le fer dur ne possède jamais un magnétisme absolument permanent. La théorie de Poisson, malgré les grands services qu'elle rend à la marine, n'est donc qu'une représentation approchée des phénomènes que le navigateur a tant d'intérêt à connaître exactement. De là la règle prudente que celui-ci s'impose de saisir toutes les occasions qui se présentent de contrôler ses indications à l'aide d'observations astronomiques donnant l'azimut absolu de sa route.
Lorsque le ciel est couvert, ces observations étant impossibles, le navigateur n'est pourtant pas à la merci des déviations de ses compas. Il lui reste un moyen simple, dont nous avons déjà dit quelques mots, de les déterminer. Il suffit de mettre à la mer, sans interrompre la route, un canot muni d'un compas et traîné à la remorque à une distance assez grande pour que le fer du navire soit sans influence. Le timonier placé dans cette embarcation lira sur son compas le cap magnétique vrai du navire, tandis qu'à bord on aura le cap magnétique dévié. Même en temps de brouillard, lorsqu'on ne voit pas à vingt pas devant soi, ce procédé donnera d'excellents résultats, pourvu que la ligne de foi de la boussole du canot réponde bien à la direction de la remorque. Il pourrait même être employé en rade à la régulation des compas lorsque les repères nécessaires manquent à l'horizon. Au lieu d'un canot monté par un observateur, on obtiendra le même résultat en plaçant la boussole sur une sorte de bateau de loch, pourvu qu'on ait le moyen d'enregistrer ou de fixer la direction de l'aiguille loin du navire sur la rose du compas remorqué. Quoi qu'il en soit, la régulation des compas, tout comme la marche des chronomètres, a besoin d'être contrôlée avec soin, surtout au moment d'atterrir.