‹ Cours d'astronomie nautiqueChapitre 50 sur 199 · RÉGLAGE DES CHRONOMÈTRES · texte numérisé non relu

RÉGLAGE DES CHRONOMÈTRES

formule où / représente la longueur du spiral, E son moment d'élasticité, I le moment d'inertie du balancier. Dans les montres ordinaires se trouve une raquette qui permet d'al-

Fig. 25.

longer ou de raccourcir quelque peu le spiral, et par suite de faire varier / de manière à produire le même effet que sur le pendule. On parvient ainsi à régler une montre ordinaire et à réduire sa marche diurne au taux convenable. Mais, en agissant de même sur le spiral hélicoïdal d'un chronomètre, on altérerait, comme on Ta vu plus haut, l'isochronisme de ses oscillations; c'est donc sur le facteur I, moment d'inertie du balancier, qu'il faut opérer pour en faire varier quelque peu la durée. A cet effet, la barrette du balancier porte à ses deux bouts des vis à têtes très massives. En les faisant tourner délicatement à la fois (pour ne pas troubler l'équilibre du balancier), de manière à les rapprocher, par exemple, du centre des oscillations, I diminue et par suite aussi la durée de l'oscillation devient moindre. On réussit par là, au moyen de tâtonnements d'une grande délicatesse qui ne peuvent être confiés qu'à un homme de l'art, à annuler ou du moins à réduire la marche d'un chronomètre. Un astronome règle sa pendule quand il lui plaît; un marin ne doit jamais toucher à son chronomètre, excepté pour le remonter.

Influence de la température. — Compensation.

Mais ce réglage des pendules ou des montres ne compte que pour la température à laquelle on a opéré. A d'autres tempe-

84 CHAPITRE Vil. — LES CHRONOMÈTRES.

ratures, ces instruments changent de marche comme les pendulcSy mais en vertu de causes bien différentes. Pour une horloge, lorsque la température augmente, / augmente aussi; comme c'est la seule quantité influencée, il suffit d'annuler l'effet de la température par l'artifice bien connu de la grille compensatrice. On rend ainsi / invariable à toute température. Dès lors une horloge dont le pendule est muni de cet appareil correcteur conserve la même marche l'hiver comme Tété, ou du moins ne varie plus qu'en vertu de causes tout à fait étrangères à la température. Il en est tout autrement des chronomètres; les trois facteurs /, I, E varient à la fois avec la température ; /s'allonge quand celle-ci augmente ; I augmente aussi, puisque les masses qui composent le balancier s'écartent du centre d'oscillation, et E, qui représente ici la force réglante et joue le même rôle que g* dans les horloges, diminue. Il n'y a donc plus aucune analogie entre les montres et les horloges lorsqu'il s'agit de la compensation.

L'effet le plus considérable vient de l'élasticité du ressort, c'est-à-dire de la force régulatrice; son moment diminue à peu près de j^^ pour i® d'élévation de température. Comme E figure au dénominateur sous un radical dans l'expression précédente, l'augmentation de durée d'une oscillation sera, de ce chef, de jfô'jj^ ; et comme il y a 86 4oo oscillations par jour exécutées sous l'action de cette force, le retard diurne dû à un seul degré d'augmentation de température sera d'une dizaine de secondes. Il s'en faut de beaucoup que la variation correspondante de / ou de I produise un effet pareil. C'est donc la diminution de E qu'il faut compenser avant tout, en diminuant le moment d'inertie dans une proportion bien plus grande que l'effet directement exercé sur le balancier par la dilatation de son anneau. On n'y parviendrait pas en opposant dilatation à dilatation comme dans la grille compensatrice des pendules; il faut recourir à une combinaison encore plus sensible à l'action de la chaleur. On l'a trouvée dans les lames formées de deux métaux soudés et inégalement dilatables; ces lames se courbent fortement sous la moindre impression de chaleur,

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