INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE. — COMPENSATION
au point qu'on en a fait des thermomètres d'une sensibilité extrême.
L'anneau du balancier est coupé en deux points opposés, près de la barrette à laquelle sont fixées les extrémités des deux demi-anneaux. Il est formé de deux lames courbes soudées, l'une extérieure en laiton, l'autre intérieure en acier, et portant vers les extrémités libres deux petites masses m et /w'. Lorsque la température croît, la courbure de ces lames augmente et les masses /n, m! se rapprochent très sensiblement du centre. Le moment d'inertie diminue ainsi bien plus qu'il ne le faudrait pour compenser la dilatation de la barrette. Comme ces masses peuvent glisser chacune le long du demi-anneau qui la porte, l'horloger cherche, par un tâtonnement excessivement délicat, la position où il doit fixer ces masses pour compenser les variations des facteurs / et I, et surtout celle de E. Il opère successivement à deux températures très différentes, o" et So" par exemple, et déplace les masses compensatrices jusqu'à ce qu'il ait obtenu la même marche dans les deux cas.
Si l'on connaissait exactement la loi suivant laquelle E varie avec la température, on chercherait la forme qu'il faudrait donner au balancier pour compenser exactement les variations de E.Il suffirait, en effet, que lespetits changements AI et AEproduitspar un même accroissement de température fussent proportionnels à 1 et à E. Le chronomètre, une fois compensé à deux températures extrêmes, le serait aussi pour toutes les températures intermédiaires. Malheureusement cette proportionnalité n'existe pas ou ne se réalise qu'accidentellement; il en résulte qu'entre G® et 30» le chronomètre prendra en général du retard; au delà de G** ou de So» il prendra de l'avance, ou réciproquement. La compensation la mieux exécutée de cette manière laisse donc subsister une partie de l'influence de la chaleur que les horlogers appellent \ erreur secondaire et dont les marins doivent tenir compte avec le plus grand soin s'ils veulent tirer bon parti de leurs chronomètres. Par ce qui précède, on voit clairement que cette erreur secondaire oflfre un caractère régulier; c'est une fonction plus ou moins simple de deux qualités physiques
86 CHAPITRE VIII. — ETUDE DE l'eRREUR SECONDAIRE.
susceptibles d'être calculées. Il est vrai que la Mécanique et l'Analyse ne sont pas en état aujourd'hui d'en déterminer la loi a priori, en considérant la figure des pièces, leurs dilatations, les variations de leur élasticité; mais nous étudierons cette loi par la voie de l'expérience , méthode dont ce Livre présente plusieurs exemples.