CHAPITRE XIX
LOCH ET AMPOULETTE.
Le bateau de loch est une planche de bois en forme de secteur circulaire, lestée en bas par une bordure de plomb, de manière à se tenir verticalement dans l'eau. Une corde d'en-
Fig. 42.
Fig. /|/,.
Fig. 43.
viron 3oo"* est attachée en a à cette planche et s'enroule par l'autre bout sur un tour portatif. Quand on veut mesurer la vitesse du navire (au moins une fois par heure), on jette le loch à la mer; on attend qu'il soit assez éloigné pour être à
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Tabri des remous de Tarrière; alors le limonier chargé de ropération prend en main la corde, laquelle porte des nœuds espacés de 1 5"», 43, et compte, pendant un laps de temps de 3o», les nœuds qui filent entre ses doigts. Comme 3o* est la centvingtième partie d'une heure, comme i5™,43 est la centvingtième partie du mille marin, le nombre des nœuds donne celui des milles que le navire a parcourus en une heure.
Pendant cette opération, il faut que le bateau du loch oppose la plus grande résistance possible à la traction ; par conséquent la planche doit se tenir perpendiculairement à la corde. Dans ce but, on attache la ligne du loch non-seulement au sommet a, mais encore à deux points 6 et c de la base, au mojen de deux bouts de corde réunis par une cheville qui entre à frottement dur dans un petit cylindre de bois rf. Au contraire, quand on haie à bord le bateau de loch, celui-ci doit opposer le moins possible de résistance ; c'est ce qu'on obtient en imprimant à la corde du loch une forte secousse qui dégage la cheville d et fait tomber les deux cordelettes Wet cd. Alors le secteur est tiré par le sommet seulement et se couche sur Feau.
Pour compter les 3o'* réglementaires, on se sert tout simplement d'un sablier qui a cette durée. Il est évident que la plus mauvaise montre à secondes vaudrait beaucoup mieux. Il y a . plus : au lieu de i5''',43 pour Tespacement des nœuds, on a adopté ï4"'>8> ^t l'on justifie cette pratique, qui date de loin, en disant que le timonier exerce toujours sur la corde du loch, sans le vouloir, une certaine traction qui réduit Tespace mesuré de tout le déplacement imprimé par là au bateau du loch. Une bien meilleure pratique consiste à vérifier avant le départ le procédé du loch en comparant, dans des expériences adhoc^ la vitesse ainsi obtenue avec la vitesse réelle, mesurée à l'aide d'une base prise à terre dont on relève, de l'intérieur du navire en marche, les extrémités. Enfin les cordes imbibées d'eau sont plus lourdes que l'eau de mer. Celle du loch, de 3oo" de longueur, doit peser plus que son égal volume d*eau ; elle prend donc, entre le loch et le navire, une courbure assez prononcée.
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Il résulte de là que la précision ainsi obtenue n'est pas de plus de 2i)- A raison de dix nœuds par heure, un navire parcourt en vingt-quatre heures i^o\ ce qui donne 12' d'erreur par jour et 1° d'erreur pour l'estime au bout de cinq à six jours de mauvais temps. Aussi a-t-on cherché à substituer au loch d'autres appareils nommés sillomètres. Ce sont des moulinets à ailettes de diverses formes qui sont plongés dans l'eau à l'arrière et prennent une rotation dont les tours s'enregistrent d'eux-mêmes par un système d'aiguilles et de cadrans, dans la chambre même du capitaine. On n'a qu'à déterminer par expérience la vitesse qui répond à un nombre de tours enregistrés dans un temps donné. Malheureusement ces appareils n'ont pas donné jusqu'ici de résultats satisfaisants; on a conservé, en conséquence, l'ancien procédé, qu'il serait bienTacile d'améliorer.
On n'a pas remarqué que le loch ne donne pas seulement la vitesse : il indique aussi la direction de la marche du navire, direction qui ne coïncide pas toujours avec celle de l'axe de celuici. Lorsqu'on marche à la voile combinée ou non avec la vapeur, l'action du vent sur la voilure se décompose en deux parties, l'une, parallèle à l'axe du navire, qui produit un mouvement de progression en ce sens, l'autre, perpendiculaire à cet axe, qui déplace peu à peu le navire parallèlement à lui-même. La
Fig. 45.
route suivie est la résultante de ces deux déplacements; elle fait avec l'axe du navire un certain angle d et se dessine sur la mer par un large sillon que l'œil suit à une assez grande dis-