MOUVEMENT APPARENT DES PLANÈTES
Parmi les astres qui ne sont pas des étoiles, nous avons étudié jusqu'ici le Soleil et la Lune. Donnons provisoirement le nom de planètes aux autres astres errants. Observons les mouvements de leurs projections sur la sphère étoilée, en relevant, à courts intervalles, leurs ascensions droites et leurs déclinaisons ; nous pourrons en déduire leurs longitudes et latitudes célestes.
Nous constatons que les latitudes célestes des planètes sont toujours faibles : les projections des planètes sur la sphère étoilée ne quittent pas la zone zodiacale.
Les longitudes vont généralement en croissant, mais parfois en décroissant ; on appelle élongations les périodes pendant lesquelles les longitudes sont croissantes, — rétrogradations les périodes pendant lesquelles elles sont décroissantes. La vitesse angulaire des planètes, par rapport aux étoiles, va en augmentant pendant environ la première moitié de chaque élongation, en diminuant pendant la seconde moitié ; cette vitesse devient nulle
à instant où l’élongation finit et où la rétrogradation commence ; cet instant est une station du mouvement planétaire ; pendant la rétrogradation, la vitesse angulaire passe de même par un maximum, pour revenir à Zéro ; cette nouvelle station est le commencement de l’élongation suivante.
Chaque planète à, de la sorte, dans le voisinage de l’écliptique, un mouvement compliqué dont la trajectoire se projette sur la sphère céleste suivant une courbe sinueuse, longs arcs de sens direct que les rétrogradations réunissent par des boucles parcourues en partie dans lé sens du mouvement diurne.
Parmi les planètes, il y en a deux dont le mouvement angulaire est manifestement lié au mouvement du Soleil : leurs distances angulaires au Soleil sont toujours moindres que 32° pour l’une, que 93° pour l’autre. Ces deux planètes sont Mercure et Vénus ; on dit que la plus grande digression de Mercure est égale à 32, que la plus grande digression de Vénus est égale à 5%. Mercure est difficilement visible, à cause de son trop grand voisinage du Soleil. Lorsque sa lumière n’est pas perdue dans lPéclat du Soleil, Vénus se lève immédiatement avant le lever du celui-ci (étoile du matin), ou apparait à l’occident dès le commencement du crépuscule (étoile du soir). Mercure et Vénus sont les planètes inférieures. |
Rien de semblable ne se remarque pour les autres planètes, dites planètes sunérieures : Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune ; leurs distances angulaires au Soleil atteignent périodiquement 180. La propriété commune aux planètes inférieures suffit cependant à faire attribuer au Soleil un rôle plus important qu'aux autres astres errants.