PRÉFACE IX
d'abord, et en orientation (50), puis en dimensions (51) par la connaissance de la parallaxe solaire ? Ces questions élucidées, le mouvement du Soleil est parfaitement connu, et il n’est pas de problème relatif à ce mouvement qui ne puisse être résolu (52, 53). Mais la confrontation des observations et des résultats de ces problèmes fait découvrir, à la longue, de petites variations de lorbite solaire qui étaient d’abord, et heureusement, restées inaperçues (54).
La correspondance du mouvement solaire et du retour des saisons trahit comment la vie terrestre dépend entièrement du Soleil, et cet astre doit être longuement étudié (55) : on aura recours aux ressources les plus fines de la physique, et le spectroscope (56) fera connaitre sa constitution, sa température, la pression qui règne à sa surface. Son influence sur la Terre est un phénomène périodique dont les périodes sont le jour (57, 58) et l’année, avec ses saisons
météorelogiques (59).
IL. — Il ne sera plus possible, désormais, de se contenter de l’approximation à laquelle on s’est limité jusqu'ici. Le mouvement diurne lui-même, dont les lois étaient si simples et semblaient si certaines, présente des anomalies qui font découvrir de petits déplacements de l'écliptique et de l'équateur par rapport à l’ensemble des étoiles. Les approximations successives les décomposent en variations séculaires, qui constituent la précession (60), et en variations périodiques, qui sont le phénomène de la nutation (61). De plus, les latitudes terrestres cessent d’être constantes (62),d'une part à cause d’une légère oscillation de l’axe instantané de rotation de la Terre par rapport à celle-ci, d'autre part à cause d’un faible balancement de la verticale autour de la direction qui, en
chaque point, lui avait été attribuée jusqu'ici comme invariable.
IV. — C’est sur le mouvement diurne que le temps a été mesuré dans les recherches précédentes. Mais ce mode de mesure est incommode, et, après que les idées ont été fixées sur ce que serait la mesure du temps par un astre quelconque (63), on comprend que l'observateur cherche à faire la mesure du temps par le Soleil (64) qui, par les alternatives des jours et des nuits, règle les occupations humaines. Mais le Soleil, tel quel, ne peut convenir : l'horloge qui serait réglée sur son mouvement ne le serait plus sur le mouvement diurne et un
astre fictif, le Soleil moyen, doit lui être substitué : ceci est sans difficulté
x PRÉFACE
pourvu qu'on puisse, à chaque instant, passer de la position de l’un à la position de l’autre de ces deux astres (65).
L'application de ces principes aux usages civils requiert toute une organisation (66), la définition d’une heure légale, des ententes interuationales. Depuis que nous connaissons les variations de l'orbite solaire et les déplacements des plans fondamentaux, la définition de l’année a perdu sa simplicité (67) ; cette définition précisée, la durée de l’année peut être mesurée (68, 69) et le calendrier construit (70).
Dans les voyages en mer, le temps se conserve par le chronomètre, et la lecture de celui-ci, lors d’une observation d’astre, est une donnée de plus au
problème de la détermination du point (71, 72).
V. — Dans l'étude du mouvement de la Lune, l'observateur reprend la méthode qui lui a réussi pour le Soleil : la forme de l'orbite (73) et ses dimensions par la distance de l’astre à un instant quelconque (74), puis, en deuxième approximation, les déplacements du plan de l'orbite (75) considéré d’abord comme invariable. À l’année solaire correspond la révolution lunaire (76), avec ses différentes valeurs, suivant la définition qui la précise.
Astre sans éclat, la Lune ne nous envoie que des rayons solaires qui se réfléchissent sur sa surface, et l'étendue du fuseau lunaire éclairé et visible varie, d’une phase à l’autre (77), suivant la configuration de la Terre, du Soleil et de la Lune. Voisine de la Terre, la Lune s’étudie sans peine (78) et toute une partie de l’Astronomie, la Sélénographie, est vouée à la description de sa surface. — Les diverses configurations de la Terre, du Soleil et de la Lune président à d’autres phénomènes plus rares et plus frappants, les éclipses (79-82), soit que la Lune s’interpose entre la Terre et le Soleil, soit que la Terre porte
ombre sur la Lune.