PRÉFACE XI
Coordonnées héliocentriques
L. — L’observateur a acquis des idées qui, pour le moment, le satisfont sur lensemble des étoiles, sur la Terre, sur le Soleil, sur la Lune. Mais quelques astres encore,les astres errants, semblent, dans leurs mouvements (83), échapper à toute loi. Il est tentant de vouloir les soumettre aux lois découvertes pour le Soleil et pour la Lune, mais il faut, à chaque progrès dans les moyens d’observation, superposer aux hypothèses de nouvelles hypothèses, jusqu'à ce qu’à l'hypothèse de la translation, par rapport aux étoiles, du Soleil autour de la Terre, soit substituée l'hypothèse de la translation de la Terre autour du Soleil (84). Est-ce une hypothèse invérifiable ? L'observateur maintient, pendant toute une année, la lunette dans une même direction équatoriale stellaire : dans le Champ de la lunette, les étoiles décrivent une petite ellipse, et c’est bien la Terre qui tourne autour du Soleil. Mais il aura fallu que, dans cette étude, l'observateur se débarrasse d’une cause d'erreur due à ce que sa vitesse d'entrainement, avec la Terre, n’est pas négligeable vis-à-vis de la vitesse de la lumière (85).
Le point prépondérant dans létude de l'univers passe ainsi, dans une TROISIÈME PARTIE, du centre de la Terre au CENTRE DU SOLEIL. Alors tout S’explique : les astres errants, — planètes et comêtes, — circulent, de même que la Terre, autour du Soleil : c’est le systéme solaire ; les lois des mouvements planétaires s’écrivent dans des formules sûres (86), et les six grandeurs invariables que renferment les formules relatives à chaque astre sont déterminées, avec une précision croissante, par les séries, constamment étendues, d’observations. Inversement, on retrouve comment, de la Terre, lobservateur doit voir les mouvements apparents des planètes avec cette complexité qui l’a arrêté pendant si longtemps (87), et dans lesquels il peut maintenant prévoir l’intéressant phénomène du passage de certaines planètes sur le disque du Soleil (88).
Dans cette famille d’astres que régit le Soleil et à laquelle la Terre appar- ‘tient, chacun mérite une étude attentive, et des tableaux se dressent où s’inscrivent les mesures de toutes ses particularités (89). De plus, voici la découverte d’un immense anneau de centaines de petites planètes (90), et les lois qui lient toutes leurs orbites permettent de déduire la distance du Soleil à la Terre de la
distance à la Terre de celui d’entre eux qui s’en approcherait assez