Comparaisons
Quand on possède plusieurs chronomètres, il importe avant tout de connaître leurs marches relatives. Pour cela, il faut les comparer entre eux au moins une fois par Jour. On se trouvera bien d’effec-
tuer cette opération tous les jours à la même heure, et de choisir
‘Pour cela l’heure du remontage. Les méthodes à employer pour
faire la comparaison sont assez nombreuses. Nous ne citons que
pour mémoire l’ancienne méthode qui se faisait exclusivement à
l'œil et qui n’est pas à recommander.
Nous empruntons à M. de Magnac la description d’une méthode assez simple.
« Soit à comparer entre eux les chronomètres À, B, C et le compteur M. On place M de manière à pouvoir entendre dislinctement ses battements et faire avec facilité la lecture du Chronomètre à comparer; on fixe à l’avance l'heure et la minute du compteur M à laquelle on se propose de faire la comparaison et l'on inscrit cette heure sur le cahier d'observations, soit, par exemple, M = 5"25"0"; cela fait, on s'approche du compteur, et, lorsque son aiguille des secondes arrive entre 45° et 50%, on la suit des yeux, en écoutant les battements de l'instrument de manière à bien suivre sa cadence : quand l'aiguille des secondes arrive sur
55°, on compte 0; puis aux battements suivants, 1,2, 3,..., au sixième ou au septième battement, on porte les yeux sur le chro= nomètre, et, quand on arrive à compter 10,0n remarque si l'aiguille des secondes est stationnaire soit sur le trait qui marque la secondes soit au milieu de l'intervalle entre deux traits, ou si elle est en mous vement pour passer d’une de ces positions à l’autre; dans le cas où l'aiguille était stationnaire, c'était la fraction 0f,o ou 0,5; dans. celui où elle était en mouvement, on écrit la fraction 0,2 ou 0°,4 RP a passé d'une seconde entière à une demi-seconde, et
0°,7 ou 0,8 lorsqu'elle a passé d’une demi-seconde à une seconde entière. On écrit alors l'heure de A, soit A — 9"17"32",3. (Si 1e compteur battait les + de seconde, on compterait à parur de 56! au lieu de 55° et l’on s’arrêterait pareillement au nombre 10.)
Supposons qu'il marque 7"23"0°,7, on retranche une minute € l'on écrit 7"22"0°,3. A la minute suivante, on compare C et l’om retranche deux minutes. De cette manière, l’heure du compteut reste la même pour tous les chronomètres. » | Lorsque deux observateurs concourent à la comparaison, Pun d’eux observe le chronomètre choisi pour étalon; il suit des yeux l'aiguille et, au moment où elle se trouve sur 55°, 1l dit attentions puis, au moment où elle arrive à o, il dit très brièvement top. L'autre observateur compte pendant ce temps les battements du chrones mètre qu'il veut comparer, en s'aidant de l'œil et de l'oreille, & tâche d'estimer la fraction de seconde qui mt. au top.
dant que le chronomètre en exécute 4. On isole le chronomètre
comparer en laissant sa boîte ouverte, les autres boîtes étant fer mées. On en approche l’oreille, de façon à saisir nettement le bruit de ses battements; en même temps, on tient le compteur près
paire suivante. On prendra le rythme du compteur et l’on sé
meltra à écouter ses battements, tout en écoutant ceux du chronomètre et suivant des yeux l’aiguille de celui-ci.
Supposons que la seconde de rang pair du compteur prise pour origine soit 24, que la coïncidence avec le chronomètre soit notée au troisième battement, et qu’à ce moment l’œil voie l'aiguille du chronomètre sur 38°,5, on inscrira en tête les secondes, minutes et heures du chronomètre, soit Abe et en-dessous celles du compteur, oIMHeU2 4 SU Du, ce quifait 25°,2; l'avance du chronomètre sur le compteur est donc 0"49"13,3.
Si la coïncidence n’est pas parfaite, il y aura deux battements consécutifs pour lesquels elle sera la merlleure, par exemple 3 et 4.
. Le premier correspondant à 38°,5 du chronomètre, le deuxième
correspondra à 39°,0, et les secondes du compteur seront 25°,2 et 25°,6, respectivement; la comparaison vraie sera comprise entre DS ct 19,4, on prendra 13°,35. Cette méthode, on le voit, donne les comparaisons à + dixième de seconde près sans ambiguité. On obtient une précision encore plus grande avec un chronomètre sidéral, et l’on arrive alors sans trop de peine, avec un peu d'habitude, à être sûr du centième de seconde. Nous ne développons pas le détail de cette opération dont le principe est, en somme, exactement le même que celui du vernier. L'expérience nous à montré qu'en général les bruits et les mouvements du navire n'empêchent pas l'application de cette méthode, de beaucoup la plus précise parmi celles qu’on peut employer.
Dans la navigation courante, les comparaisons servent à rapporter les états de tous les chronomètres à un seul d’entre eux dont on se sert comme étalon et qui est employé seul pour les calculs du point. Ce procédé abrège les calculs et simplifie les opérations.
Pour le calcul des longitudes, il est préférable de n’employer les comparaisons que pour suivre attentivement les variations de marche el constater les perturbations, et de faire les calculs de longitude pour chaque chronomètre pris individuellement. On se ménage par là des vérifications de calcul qui font défaut avec l’autre méthode, et le degré de concordance des résultats saute mieux aux yeux. Il faudra être très réservé dans l’élimination des perturbalions, et ne pas se hâter de traiter comme telle tout changement des marches relatives. Très souvent des instruments de construction
analogue peuvent varier simultanément dans le même sens sous l'influence d'une cause donnée, et alors leur accord n’est pas pl une garantie de constance de la marche que le désaccord d'a autre instrument n’est une preuve d'erreur de celui-ci.