Règles pratiques
Aux indications données, nous en joindrons quelques-unes qui n'ont pu trouver place plus haut.
On recommande généralement d'éviter le tir du canon quand on fait une campagne chronométrique. Cette recommandation est bonne : elle doit être suivie le plus rigoureusement possible. Nous avons pourtant constaté que dans un voyage durant lequel on avait été amené, par cas de force majeure, à tirer à boulets, les résultats mélaient pas plus mauvais que ceux qu'on pouvait attendre de la durée de la campagne. Nous disons ceci, non pour écarter Loute crainte, d’autres expériences, nous le savons, ont été moins heureuses, mais afin que l’on ne croie pas perdues de prime-abord des
observations faites dans ces conditions.
Les erreurs que comporte une longitude chronométrique sont de deux sortes : d’une part, les erreurs d’état, qui affectent de la même manière les longitudes déduites des différents chronomètres, et,
d'autre part, les erreurs sur la marche conclue, qui varient d’un
chronomètre à l’autre.
Les premières dépendent de l'instrument employé pour la déter-
Mination de l'heure et des circonstances dans lesquelles cette
observation a été faite. Quand on observe à terre avec un sextant, à l'horizon artificiel, des hauteurs doubles, on peut compter sur une erreur de 3° à 4° sur l’état : cette erreur provient des constantes du sextant, de la réfraction, d’une latitude inexacte, etc. Quand Pétat est conclu de la combinaison de hauteurs à peu près correspondantes observées matin et soir, l’erreur peut être réduite de moitié et ne pas dépasser 2° si les observations sont bien faites. Avec un bon théodolite, en opérant dans les mêmes conditions, les erreurs sont à peu près la moitié de celles qui correspondent aux instruments à réflexion. Elles peuvent être réduites à une Yaleur négligeable par l'emploi exclusif de la lunette méridienne.
Les erreurs dues aux chronomètres mêmes sont plus difficiles à évaluer : elles dépendent de la longueur de la traversée et des circonstances de celle-ci, de la précision avec laquelle les coellicients de température ont éLé déterminés, de l'exactitude d’évalua-
tion des températures, etc. L'examen de nombreux transports de
138 LIVRE II. — DÉTERMINATION DES ÉLÉMENTS GÉOGRAPHIQUES. ne
temps, exécutés avec soin par différents officiers, nous a mont qu'en somme l'erreur moyenne d’une détermination de longituc chronométrique faite avec trois chronomètres, en observant
arrive à doubler ces erreurs quand on observe à l'horizon de mer : ce mode de procéder doit donc être rejeté. On peut, au cot traire, prétendre à une approximation supérieure quand on op à terre avec des instruments précis, en s’entourant de toutes le précautions nécessaires pour rendre les observations comparables et en rapprochant beaucoup les observations. Dans ce dernier ca lorsqu'il s’agit de la détermination d’une base astronomique, différences de longitude peuvent être obtenues avec une précis comparable à celle qu'on obtient pour les différences de latitud
Nous ne nous étendrons pas sur les méthodes employées pou faire le point en mer (1° cas du $ 131). Elles ne diffèrent p rien d’essentiel de celles que nous venons d'exposer ; il s’ag ici de déduire les marches probables des marches antérieu seules : l'emploi d’un seul chronomètre, dont on détermine par le comparaisons autant de marches qu’on a de chronomètres diffé: rents, et auquel on attribue la marche moyenne de celles ain obtenues, facilite les calculs et les rend plus rapides: mais si cet méthode est bonne pour l’usage journalier de la navigation, nous ne conseillons pas de procéder ainsi pour la détermination de lon gitudes géographiques : les vérifications de calcul font défaut, etla discussion des résultats est beaucoup moins aisée.
Tout ce qui vient d'être dit s'applique aux voyages par terre aussi bien qu’à la navigation : mais les secousses que subissent alors les chronomètres sont plus irrégulières etles perturbations beauco plus grandes. Il est donc nécessaire de recourir à des vérifications bien plus fréquentes ; heureusement la nature des instruments don on peut se servir à terre et la stabilité qu’on peut leur donner per mettent des observations plus précises, et les méthodes de Géodési expéditive fournissent le moyen, qui fait le plus souvent défaut en mer, de raltacher les points entre eux.