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Occultations et éclipses

Par l'effet de son mouvement propre, la Lune vient s’'interposer successivement entre les astres situés sur sa trajectoire et l'œil d'un observateur placé sur la Terre. Le phénomène s'appelle occultation s’il s’agit d’une étoile ou d’une planète, éclipse de Soleil quand l’astre occulté en tout ou en partie est le Soleil: l’éclipse de Lune est le phénomène inverse, résultant de la pénétration de la Lune dans le cône d'ombre projeté par la Terre. On sait qu’en raison de l’inclinaison de l'orbite lunaire sur l'écliptique, les échpses de Soleil et de Lune sont assez rares, et qu'on n’en compte pas plus de trois ou quatre par an.

(!) M. de Tessan avait proposé d'observer simultanément l’azimut et la hauteur de chacun des astres successivement, d'en déduire leur distance apparente, et d’opérer comme pour les distances lunaires. Mais on fait intervenir alors des lec-

tures d’ares et l’on complique beaucoup les calculs, tout en rendant les observations

plus difficiles. Nous ne conseillerons donc pas d’essaÿer ce procédé.

L'éclipse de Lune est un phénomène instantané ( 125), c’està-dire visible au même instant physique de tout l'hémisphère quim voit la Lune. Elle serait, à ce titre, éminemment propre à la déter= mination des longitudes si elle pouvait être observée avec préci sion : elle peut, en tout cas, donner une valeur approchée de la longitude en comparant les heures notées aux diverses phases de l’échipse avec celles observées ou calculées pour le premier méris dien. Mais il est difficile de distinguer avec précision la séparation entre l’ombre et la pénombre, et cette incertitude empêche les observations précises du commencement et de la fin de l’éclipse: On a proposé de remédier à cela en observant les moments où l'ombre aborde ou quitte des points bien définis du disque lunaire; des taches par exemple : mais nous ne connaissons pas d'exemple d’une application de ce procédé, qui est sujet aux mêmes incer= : litudes que l'observation de l’échipse, bien qu’à un degré moindre

Les éclipses de Soleil et les occultations sont au contraire des phénomènes rigoureux et précis, dont l’observation peut donner de très bonnes longitudes. Les éclipses, nous l’avons dit, sont assez rares : le nombre des observations d’occultations d'étoiles n’a, aü contraire, en quelque sorte d’autre limite que celle résultant de l’acuité de la vision et de la puissance des lunettes.

Avec une simple longue-vue on peut observer un grand nombre d'occultations, et, comme le phénomène est très net et instantas nément perceptible, obtenir une grande précision. La disparition de l'étoile derrière le bord de la Lune est appelée immersion® l'émersion est la réapparition de l’astre au moment où il cesse d'être couvert par la Lune. A cause de la parallaxe lunaire, les circonstances du phénomène varient d’un lieu terrestre à un autre: les occultations n’ont lieu que pour une portion déterminée de la Terre, les heures de l'immersion et de l’émersion varient également

La détermination d’une longitude par l'observation d’une occuls tation ou d’une éclipse de Soleil comporte donc trois opérations &

1° La préparation, c’est-à-dire la détermination approximative; faite à l'avance, des instants du commencement et de la fin, ou la prédiction de Péclipse ; <

2° L'observation elle-même ; | 3° Le calcul de la longitude à l’aide des données de l’obser= vation.

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