Observation de l'éclipse
Les circonstances ainsi prédites, on calculera les heures du chronomètre auxquelles répondent les différentes phases.
L'observation sefera avec une lunette quelconque, en choisissant un grossissement convenable qui n’a pas besoin d’être exagéré. Quelques minutes avant l'instant du phénomène, on vise à l'étoile, en concentrant son attention sur elle, et l’on suit son mouvement en suivant de l’oreille les battements du compteur. La disparition de Pétoile a lieu brusquement et peuts'évaluer à une fraction . seconde près, que l’on note. On peutaussi ne pas se préoccuper de compter, tout en écoutant les battements, et au battement correspondant à l'instant observé, on compte zéro : puis on continue à compter jusqu’à ce qu'on ait pu noter sur le cadran un nombre exact de battements : en retranchant de ce nombre celui qu’on vient de compter, on aura l’heure du phénomène. On règlera le chronomètre avant et après l’observation au moyen d'observalions astronomi-
’ques, et l’on aura ainsi tout ce qu'il faut pour calculer la longitude,
Les meilleures observations se rapportent à des occultations par le bord obscur, soit émersions, soit immersions. Les occultations par le bord éclairé sont beaucoup moins certaines, surtout pour des étoiles, de faible éclat: c’est un contact qu'on observe et non plus une extinction subite. On remarque dans toutes les observations ce fait curieux que l'extinction a lieu quand l’étoile parait déjà être entrée sur le disque de la Lune. Nous ne connaissons pas d’explication de cette apparence paradoxale.
Un observateur pourvu d’une lunette micrométrique à fil mobile pourrait encore prendre des mesures de distances de Pétoile au bord de la Lune, d’où l’on tirerait également la valeur de la longitude. Mais les distances ne peuvent être prises qu'entre Métoile et le bord éclairé de la Lune: cette observation est loin d’avoir la précision et l’instantanéité qu'offre la perception d’une extinction et d’une réapparition subites, bien que ce dernier phénomène surprenne toujours un peu.
L'observation micrométrique des appulses revient aussi à une
distance lunaire, mesurée seulement avec un grossissement plus fort que celui re la lunette d’un sextant: elle ne peut donner de résultat exact que si la déclinaison de la Lune varie rapidement, c'est-à-dire si l’astre est près de l’ équateur : l'erreur sur la latitude du lieu a une énorme influence sur le résultat du calcul.
Par les mêmes raisons, les occultations des planètes ne donnent pas de résultats aussi précis que celles des étoiles, à cause du. diamètre apparent de ces astres : leur lumière va s’affaiblissant graduellement, et l'instant de l'extinction complète est observé différemment, selon qu’on se sert de lunettes plus ou moins fortes:
Pour les éclipses de Soleil, on note les instants du premier et du dernier contact: on y ajoute les deux contacts intérieurs, si l’éclipse est annulaire ou totale. La précision de ces observations est également inférieure à celle des occultations. Pourtant, dans une éclipse. totale, il y a un moment où le Soleil est réduit à un mince croissant ; Fe la distance angulaire des cornes va décroissant rapide ÿ ment avec le temps; les observations de distance de ces cornes" peuvent donc donner de bons résultats. Malheureusement il est bien rare qu'on ait l’occasion de faire une observation de ce genre.
Dans les éclipses qui approchent de la totalité, il est un autré élément encore qui varie rapidement à un moment donné: c’est} l'angle de la ligne des cornes avec un diamètre fixe du Soleil, par“ exemple celui qui passe par le pôle. La mesure de cet angle fournirait donc une équation de condition très favorable: mais les instruments portatifs sont rarement munis du micromètre tournant qui serait nécessaire pour faire ces déterminatuons.