SEPTIÈME LEÇON
13 décembre 1836.
tOMMiJAft. Votai de communication aux Étatf-Unln ellei ont aidé fa liberté.— Batbiux a tapote.— Voyages par bateaux à Tapeur.— Célérité américaine.— Càiutjx et cbbmims.de ibr.— Communications entre Veat et l'oneat; canal Érié.— Communicatione entre lea ralléej do MUafsiipi et du saint Laurent. — Communication! le long de l'Atllntiqne.— Communications autour des métropoles et autour deaminef.— Reims oBDiMAiBxa.— Réaumé.
Messieurs,
Les Américains ont cinq grands moyens de communication: la mer, les rivières, les canaux, les routes ordinaires et les chemins de fer .Leurs rivières sont navigables pendant plusieurs centaines de lieues; tous leurs canaux sont bien alimentés et leurs chemins de fer d'une longueur sans égale en Europe. D'un autre côté, ils n'ont négligé aucun de ces moyens et la manière dont ils ont su les employer a puissamment contribué à la prospérité de leur pays. En républicains bien avisés f ils ont compris de bonne heure qu'amé-
liorer les communications, c'est aider la liberté; car la liberté n'existe pas encore, là où les uns vont en palanquin escorté, et où les autres se traînent dans les broussailles. N'est-ce pas au défaut de routes qu'il faut attribuer la barbarie de l'Orient , l'ignorance de l'Espagne et les préjugés de notre Bretagne? Les pays rétrogrades se reconnaissent à leur haine pour les moyens de communication. « Là où le riche et l'homme puissant ne voyagent qu'avec une pompeuse escorte, dit M. Michel Chevallier , tandis que le pauvre , qui va de son village au village voisin , se traîne solitairement au milieu de la boue, des sables et des rochers , le mot d'égalité est un mensonge ; l'aristocratie y crève les yeux. Dans l'Inde et en Chine , dans les pays mabométans , dans l'Espagne à demi arabe et dans son Amérique, peu importe que le pays s'appelle république, empire ou monarchie tempérée , le cultivateur ou l'ouvrier ne peut y être tenté de se croire l'égal du guerrier , du brahmine , du mandarin, du pacha ou du noble, dont le cortège l'éclaboussé ou le renverse. Malgré lui, le voyant venir, il s'arrête saisi d'une crainte respectueuse et s'incline servilement à son passage. AU contraire dans la grande Bretagne, en dépit des privilèges magnifiques et de l'opulence des lords , le mécanicien et le laboureur qui peuvent aller au bureau prendre leur ticket pour voyager en chemin dé fer , pourvu qu'ils aient quelques schellings dans leur poche, et qui ont le droit en payant d'être assis dans la même voiture , sur ta
même banquette, côte-à-côte avec le baronnet ou le duc et pair, sentent leur dignité d'homme et comprennent à toucher du doigt , qu'entre la noblesse et eux, il n'existe pas d'abîme infranchissable. »
Les routes sont en Amérique les moyens les plus inusités , et tandis que chez nous on discute sur le vote des centimes facultatifs, pour en construire quelques lieues de plus, on les abandonne dans le nouveau monde ; elles ne suffisent plus au besoin de rapidité que la civilisation industrielle a imprimé aux Américains. Parallèlement à une route, on construit un canal et deux lignes en fer , et cela ne suffit point encore. C'est que, Messieurs, les chemins appellent les chemins; les routes ont favorisé le commerce et les produits de l'industrie les ont encombrées. Au reste rien n'a manqué aux Américains; la nature leur a donné 1200 lieues de cotes admirablement bien découpées, avec des rivières innombrables qui sont autant de portes par lès quelles circule l'abondance et la civilisation ; car toutes sont navigables, depuis la source jusqu'à l'embouchure. Le Mississipi a 3ooo pieds de large, 45o lieues de long , 4o à 5o pieds de profondeur, et il porte des bateaux mesurant 64000 tonnes à raison de 3 à 5 cents tonneaux chacun; les moins élevés ont plusieurs étages et sont comparables , pour ceux qui les ont vus , aux bains Vigier qui flottent sur la Seine. L'Hudson , la Delaware, le Potomac, le Connecticut, le Savanah sont également gigantesques. Les bateaux qu'ils trans-
portent sont toujours encombrés, bien que plusieurs contiennent 200 lits. Le prix du voyage ne dépasse guère a 5 à 3o centimes par lieue.
Bateaux a Vapeur.
Le relevé des bateaux à vapeur fait par le register de la trésorerie de Washington , en 1 834» porte le nombre de ces bateaux à 586 répartis
comme il suit.
Maine.
Virginie.
Massachussets.
Ohio.
Rhode-Island.
Caroline du Nord.
Çonnecticut.
Caroline du Sud.
New-Yqrck.
Géorgie.
New-Jersey.
Tenessée.
Pensylvanie.
Àlabama
Delaware.
Louisiane.
ll5
Mary 1 and. *
Missouri.
District de Columbia
Michigan.
Ces divers bateaux jaugent ensemble 95648 tonneaux. D'après les relevés statistiques, pu* bliés par l'administration des Mines , la France possédait en i834* 8a bateaux à vapeur, dont le tonnage ne dépasse pas 1 5ooo tonnes, et en outre 37 bateaux que l'Etat emploie , comme je vous l'ai déjà dit, au service de la marine et des ports. L'Angleterre , nous l'avons vu, en a plus de 480. En général, un bon bateau américain de 55 à 58 mètres de long , avec des chaudières en cuivre
coûte de 375 à 400 mille francs ; mais il ne dure guère plus de 1 5 ans.
Les voyages par bateaux à vapeur n'ont point encore la sécurité convenable. Le cours du Mississipi est plus dangereux que la traversée de l'Europe à la Chine. Explosions , incendies , troncs d'arbres à fleur d'eau qui vous heurtent, bateaux marchant en sens contraire par une nuit de brouillard* inconvénient de s'en graver sur des bancs de sable t tout est à craindre ; car malgré leurs efforts,, les Américains n'ont pas encore pii remédier à tout. De pareils accidents rendraient chez nous la navigation des fleuves impossible; mais en Amérique rien n'arrête la foule des voyageurs impatients d'avancer. Malheur à celui qui tombe dans un précipice; il est aussitôt oublié que tombé; chacun pour soilHelp your$elfi le besoin d'avancer est tel qu'on ne prend point assez de précautions pour le faire sûrement.
Le métier d'un Américain , disait un homme d'esprit à M. Michel Chevallier, est d'être toujours à craindre que son voisin n'arrive avant lui. Si cent américains étaient au moment d'être fusillés , ils se battraient à qui passerait le premier, tant ils ont l'habitude de la concurrence !...
CANAtJx et Chemins de fér.
Maintenant, Messieurs, que vous avez une idée de la célérité des Américains et de leurs moyens de circulation sur les fleuves , je vais tâcher de vous résumer l'ensemble des autres communications de l'Union : canaux , routes et chemins de fer, d'après l'ouvrage du major Poussin f qui a
passé plussieurs années à suivre la plupart des travaux dont il a parlé , et d'après un chapitre remarquable par sa netteté de l'ouvrage de M. Michel Chevallier»
En général, Messieurs, les ingénieurs qui ont examiné les travaux publics des Etats-Unis, sont tous d'avis que ces travaux sont faits avec économie, bien que la main d œuvre coûte, en Amérique , deux à trois fois plus cher qu'en Europe. Les ponts , pontaux et aqueducs sont ordinairement en bois , sur piles et culées en maçonnerie commune; les barrages des rivières sont toujours en bois; quelques chemins de fer des états ont été établis à grands frais et avec un luxe de granit inutile. Les rails sont entièrement en fer , et reposent sur des dès en pierre. Les chemins du nord peu parcourus , et en général tous ceux du sud, sont à une sfcule voie, sans préparation pour une seconde; et ont pour rails des pièces de bois longitudinales, recouvertes d'une bande de fer de cinq centimètres de large, sur quinze millimètres d'épaisseur. En général , ce qui caractérise les chemins de fer américains, ce sont les pentes plus fortes qu'en Europe. Vous savez > Messieurs , que l'expérience a démontré qu'une pente de cinq millimètres par mètre, n'offre aucun danger pour la sécurité publique ; une pente de dix millimètres par mètre n'effraie pas les ingénieurs américains.
La vitesse en usage sur les chemins de fer américains est tout aussi variable que leur mode de construction. Sur celui de Boston à Lowell, on
fait dix lieues à l'heure ; on en fait huit sur ceux de Bostott à Providence et à Worcester , si* sur celqi d'Amboy à Camdea , -cinq sur celui de Cbarlestown 4 Auguste , et moins encore sur celui de Baltimore à l'Ohio. :
Les Américains sont maîtres passés en fait de pqrçXs en bois, dopt les arches ou travées ont de 35 à 70 mètres, et qui p'exîg$nt presque pas de for. La zi)3Çoj!qeri$ e$t en maeMan&ou en pjerres de taj|le à peine dégrQssies> et dès-lors fort peu chère.
La plus grande difficulté que les Américains aient rencontrée dans l'exécution des voies de coinmunication, n'a peut-être pas été de se. propurer les capitaux nécessaires , mais bi^en de trouver des. hommes en ^tat de diriger les travaux. Pour suppléer àv cette pénurie d'hommes de l'art;, que l'esprit d'entreprise réclame en nombre toujours croissant , le gouvernement fédéral autorise les officiers de génie et les ingénieurs géographes à. entrer au service des compagnies* Il les emploie luwnépae à faire dep études et à rechercher des tracés ou à construire des ouvrages pour son compte.
Quand on jette les yeux sur la carte de l'Union, on remarque trois bassins principaux : lé IVÏississîpi, le Saint -Laurent et les bords de la mer , avec deu* capitales , l'une au nord et l'autre au sud : - New-YorJk et New-Orléans , qui ont entr 'elles dés dissemblances radicales. En effpt, le sud est une> immense ieaçme à esclaves , produira: Je cotpn avec qifplqpes accessoire? jr)e tabac , le su^re et
Blaoqni. 4»
le riz , tandis que le nord vend les produits du sud pour lui procurer ceux d'Europe , et lui sert de fabricant pour ses ustensiles de ménage et d'agriculture , ses machines à vapeur , ses étoffes, et tous les objets de consommation courante , tels que le blé et les salaisons» Les grands travaux de communication ont eu pour but: i° de relier tout le littoral de l'Atlantique avec les pays qui sont à l'ouest des Àlleghanys ; c'est-à-dire de rattacher lHudson , la Susquehannah , le Potomac, le James River et les baies dç la Delaware et de la Chesapeake avec le Mississipi etl'Ohio, ou avec les grands lacs Érié et Ontario dont le Saint-Laurent porte les eaux à la mer ; a° d'établir des communications entre la vallée du Mississipi et celle du Saint-Laurent ; 3° de faire communiquer enfin le nord et le sud de l'Union, New- York et New-Orléans. Ensuite, indépendamment de ces trois grands systèmes de travaux divers , des canaux ou chemins de fer partent des grandes villes, comme centres, et rayonnent en tous seAs autour d'elles, tandis que d'autres desservent certains bassins houillers , dont les produits s'accroissent tous les jours.
Communications entre F est et î ouest.
Les communications entre l'est et l'ouest ont à peu près exclusivement absorbé jusqu'ici l'attention des hommes d'état , des économistes' et des hommes d'affaires. En effet , il y a sur le littoral de l'Atlantique , quatre métropoles, Boston, New-York , Philadelphie et Baltimore , qui ont
( «47 ) constamment fait des efforts pour se mettre en
relation avec les états de l'ouest. Nejv-York est devenue la reine du littoral. Vous savez qu'elle occupe une longue île, entourée par deux fleuves , la rivière du nord, et la rivière d'est, où des navires de tout tonnage et en nombre infini peuvent venir à quai. Son port n'a point de gelées , point d'écueils , point de rapides. Mais tous ces avantages n'ont porté leur fruit que depuis l'établissement des lignes de communication dont nous allons. parler: i° le canal Érié 9 a* le canal de Pensylvanie , 3° le chemin de fer de Baltimore à l'Ohio , 4° le canal de Chesapeake à l'Ohio, 5© le canal de James River au Kanawha , 6° le canal Richelieu.
La guerre de i8ia trouva les Etats-Unis sans canaux et presque sans bonnes, routes; aussi leur commerce fut-il anéanti et la source de leurs capitaux tarie ; mais les américains ne perdent pas les leçons qu'on leur donne , et le 4 juillet 1817, *ur *a proposition du célèbre Witt Clinton, on commençait lestravaux du canal Érié. L'état de New-Yorck n'avait que 1 3oo mille âmes quand il entreprit ce canal de 1 4i> lieues et demie (de 4000 mètres) ; 8 ans après en 1 8a5 le canal était achevé; il avait coûté 45 millions ou 307,000 fr. par lieue; depuis lors on n'a pas cessé d'y ajouter des ramifications, dont le réseau est presque terminé aujourd'hui. L'état de New-York possède maintenant 247 lieues de canaux et j 8 lieues de rigoles ou étangs navigables, qui ont coûté 65 millions. Voilà pour la rapidité des travaux; voulez*vous savoir
( ï48 ) les résultats?... Les rives des lacs Érié et Ontario se se sont couvertes de villes magnifiques et de richete cultures; au silence des iérêu primitives a soc-* cédé une population nombreuse; Mi chigan compte 10,000 ha bi tan s et va passer nu rtm g d'état. En i835 le tonnage du canal Érié a été de 5oo,ooo tonneaux et les péages de canaùlde New- York ont produit prés de 8 millions.; La vîlte d,e New-York Vesj; accrue de 80 mille âmes en dix afis{ 1820 à i83o) dé 67 mille, cinq ans après, dei83o à i835 ; elle compte aujourd'hui ^70 mille habitants* c'est la 'ville la p) 116 peuplée du nouveau monde ; ce sera bientôt le second port de l'Univers. Le canal Érié ne suffit plus au commerce; car il n'a que douze mètres de large et les marchandises et les voyageurs affluent à tel point, que des chemins de fer s'établissent sur le bord du canal. Il y en a un
d'Àlbany à Schenectady de 6 lieues et demie , un second de Schenectady à Utica de 5i lieues et demie , un troisième de Rochester à Ruffalo de 3o lieues; une entreprise plus vaste est autorisée, c'efct l'exécution dyun chemin de fer de 190 lieues', de New-York au lac Érié , en traversant les comtés méridionaux. De son coté le comité des canaux fait doubler les écluses du canal, agrandir de 5oo/o la largeur et la profondeur, et il va entreprendre un embranchement de Ag lieues pour le mettre en communication avec l'Ohio.
L'esprit de rivalité a aussi excité l'esprit d'entreprise chez les baltimoriens et les philadelphiens. Le canal de Pensylvanie commencé en 1826, et terminé en i834, est une longue ligne
( «49 ) de i58 lieues i|4 partant de Philadelphie et se terminant à Pittsburg sur l'Ohio. Ce n'est pas absolument un canal ; car il se compose de 33 lieues de chemin de fer de Philadelphie à la Susquehannab; d'un canal de 78 lieues qa, de ce fleuve au pied des mopts Holklaysbury ; d'un chemin de fer de 14 lieues i]4 jusqu'à Johnstown, et d'un second canal de l\i lieues jusqu'à Pittsburg. Cette ligne est une des moins bien faite, par .suite d'une économie mal entendue.De mauvais ingénieurs ont présidé à quelques parties des travaux qu'on est obligé de refaire aujourd'hui. Du reste, on y trouve de grands plans inclinés dont la pente dépasse quelquefois i{io; ce qui n'empêche pas les voyageurs américains d'y circuler.
Les baltimoriens ont entrepris un chemin qui devait aussi aboutir à Pittsburg ; mais ils ont été surpris par la rivalité de New-York» Leur chemin de fer n'a que 34 lieues ; il doit se lier au canal de la Chesapeake à l'Ohio , latéral au Potomac* Ce bel ouvrage sera poussé jusqu'au pied des montagnes, au sein des gites charbonniers du Cumberland , il aura 74 lieues 3[4 qui auront coûté 35 millions ou 44 2,000 fr. par lieue. Ses dimensions sont très-considérables. Le James River affluent de la Chesapeake est praticable pour des navires de 200 tonneaux jusqu'au plateau de Richmond d'où un canal descendra le long du Kanawha affluent de l'Ohio jusqu'à Charles town. La Caroline, du Sud s'occupe des éludes d'un chemin qui irait de Char les town à Cincinnati, et la Géorgie rive une grande ligne qui rattacherait la Savan-
uah au Mississipi à Memphis (Tenessée). Enfin, les canadiens établissent sur leur territoire un canal de 4 lieues i/4 qui complétera une autre communication entre Test et l'ouest, New-Ydrck et Québec sur la rivière Richelieu, de laquelle un
chemin de fer de 6 lieues et qa conduira à Montréal.
Communications entre les vallées du Mississîpi et
du Saint-Laurent*
Les communications entre la vatlée du Mississipi et celle du Saint-Laurent sont : 10 le canal de TOhio , 20 lé canal Miami, 3° le canal de la Wabash, 4° le canal Michigan , 5° le canal entre l'Ohio et l'Érié, 6° le canal de Beaver et Sandy et le canal de Mahpning, 7° le Mississipi et le Saint- Laurent.
Comme il n'existe aucune chaîne de montagnes entre ces deux vallées , les eaux du Mississipi et celles dq Saint-Laurent ont pu être constamment dirigées pour un bon système de canalisation. Du reste, il n'y a d'achevée qu'une grande communication , le canal de l'Ohio qui traverse cet état du nord au sud et s'étend de Portsmouth sur le fleuve Ohio àCleveland, petite ville toute neuve, née aux bords du lac Érié, depuis rétablissement du canal. Il a 122 lieues de long efra co&té 22 millions 7 20 mille francs, ou 186 millefrancs par lieue. Ce prix est très-bas j cependant toutes les écluses sont en pierre de taille ; il est vrai que le terrain
( >il )
était éminemment favorable. Ce sont des avocats et desagriculteurs qui l'ont fait sans effort, et sans se douter qu'en Europe , de pareils travaux sont laissés aux soins d'une classe de savants.
Aujourd'hui , faire tin canal dans cet état, ce n'est plus un art/ ce ii9est qu'un métier , tant la science de Monge est tombée dans le domaine public*
. L'état d'Ohio a aussi exécuté un canal qui, partant de Cincinnati sur l'Ohio , va au nord jusqu'à Dayton , sous le nom de canal de Miami ; il a a6 lieues i/ade long; il sera prolongé jusqu'à la rivière folle {Mad-River\ et delà jusqu'à Défiance sur la Maumée, que les Français appelaient Miami. De Dayton à Défiance , le canal aura 5o lieues ; l'état d'Ohio et celui d'Indiana ont entrepris uni autre canal qui joindra la Wabash , affluent de l'Ohio avec Wabash. Ce canal aura 54 lieues dans l'état d'Indiana f 3o dans celui de l'Ohio. Environ 3o lieues du contingent de Tlndiana sont déjà exécutées latéralement ; c'est le canal de ce nom.
Il est ensuite question d'un canal dont les dimensions seront plus considérables que celles des canaux actuels, et qui sera accessible aux bâtiments à voile , qui naviguent sur les lacs, de Chicago à l'extrémité méridionale du lac, il ira ven» la rivière des Illinois et se terminera au point où commence la navigation, à vapeur sur ce beau cours d'eau.
Le canal entre l'Ohio et le lac Érié de Ai lieues i/a , créera une autre communication par eau très-courte , entre le bassin de Mississipi et
(.50' ' celui du Saint- Laurent. Enfin deux. canaux dont la construction va commencer doivent lier le canal 4'Ohiq avec Pi Usbu rg e* ouvrir des relations nouvelles çntre le Missis^ipi et la Saint-Laurent. L'un est le canal de Beayer et Sandjtr qui c&mmenw au confluent du gros Beaver et;de l'Ohio, jusqu'à Bolivar, sur une «tendue ,xie 36 lieues i/4* de sorte qu'il n'y aura plus que ao5 lieues au lieu de 3*4 f de Bolivar à Philadelphie, c'est-à-dire à 1$ mdr; l'autre est le canal deMahocing qui par* tira d'Àkron , sur le canal Ohio, et suivra la vallée du Mahoning jusqu'à l'Qhio sur une longueur de 46 lieues i/a. . : ; ,
Enfin les lits des deux fleuves ont été améliorés. Deux bateaux à vapeur sont préposés à l'enlèvement des arbres de dérive qui peuvent heur* ter tes bateaux sur le Mississipi. A Louisville, l'Ohio descend 7 m. 46, dans l'espace de 3,aoo me* très. Un canal de cette longueur a été établi pour tourner cette cataracte : il a coûté quatre millions.
Communications le long de lAtlaptique.
La communication le long de l'Atlantique se compose de deux lignes : la première comprend le cabotage intérieur par les baies et par les lagunes qui bordent la mer , l'autre formé la cotrihiu* cation du nord au sud par la métropole du littoral.
De Providence , qui est à 17 lieues de Bostbh , à ftew-York ;on a là baie de Nfcirhigarissétt'et lé détroit de Longûë-Ile ,; faisant1 en' tout ^ia'lîëtiès'. De là , pour gagiïer lâDèïaWarè, dti s'àvatifce jtïs-
( i53 ) qu'au fond de la baie de Raritan , à New-Brunswiçk , et l'on trouve devant soi l'isthme qui composé l'état de New- Jersey, large de i4 à 16 lieues* d qui est aujourd'hui traversée par le beau canal du Raritan à la Delaware , long de 1 7 lieues, avec une rigole navigable de 10 lieues. L'isthme est aussi coupé par le canal c}e la Delaware à fihesapeake , exécuté , comme le précédent, à l'usage des caboteurs et dans les mêmes dimensions. Si nops avons vu des travaux remarquables par le bas prix auquel on a pu les faire, en voici un, qui a coûté a millions 545 mille francs la lieue! Il est vrai qu'il n'a que 5 lieues et demie ; . mais cela vous prouve que les Américains ne reculent pas devant la dépense, quand ell& doit leur profiter. Plusieurs autres' travaux, que je ne vous mentionnerai pas, terminent cGUe ligne qui est destinée aux marchandises encombrantes.
Parallèlement à cette communication , il en existe une autre, située un peu plus à l'intérieur, à l'usage des voyageurs et des, marchandises précieuses, le long de laquelle la vapeur tend à devenir le moteur unique , par terre, au moyen des chemins de fer r par eau , à l'aide des steamboats. On va de Boston à Providence .sur un chemin de fer de . 1 7 lieues. De Providence à New- York , quelque^ bateaux font le trajet en 12 heures» Pour passer la baie de Narragansset, dans le dé-' troit de Jjoqgue-Ile, il £aut doubler un cap où la mer est habituellement houleuse : afin de l'éviter, on établit un chemin de' fer de 'ai lieues, qui1
Blanqui. 20
( ,54 ) conduit à Stonington. Un troisième chemin que l'on s'apprête à construite se prolongera jusqu'à Brooklyn , eu face de NeW'Yotk.
On va de New-York à Philadelphie eh se rendant d'abord par eaïf à Sotfth-Âuïboy * dans la baie de Raritaii. Làcottitnencfe un ôhetain de fer, qui longe la Defewarfe. Vête, les voyageurs voyagent eh bateaux à vapetaf; mais l'hiver, quand la rivière est gelée, c'est lé temps où le chemin sert à la foule , qui va et vient entre la métropole commerciale et la métropole financière.
Dëtii chemins ctefer se rattachant à tin groupe différent et qui sont, l'un' ltvré à la circulation et l'autre à dëttii <Jori$ti*uît, complètent, à quelques lieues près, une autre ligtfc toute pat terre de New* Yo*k à Philadelphie? le prertjié* de 10 Ueuës ija, va dé Philadelphie & Tretfton, lé tfefcôrid de; 1 1 lieues uti quart 4'étendi'a de Jersey-Gity sur l'HiKlson vis-à-vis New- York à New-BrunsWicki De Balti* rrtOrë à Philadelphie, on descenot là barre en bateau à vapeur jusqu'à Ntfw-Ga&rie ,. on traverse l^sthme stHr tn chemih> <fe fer dé» 6 Jteuss î\y qui M-teb* miue à French^TMvtt. De Bàltitàore au sud plusieurs voies se jWéséntent ^ ow peat prendre lebateau à vapeur ou lec chemin de fer (3 1 lieues i \i) dont plus des1 deux tiers sont livrés à la circulation. On petit aussi aller de Baltimore à Washington par un embranchement du càemén de fer de Balteiriore à TOhio ; de Washington par le Patomao on gagne en bateau à vapeur on petit village, distant ( a3 lieues i|4) Frederickiburg de 6 ligues, où un chemin de fer en pleine construc-
( ï55 ) lion s'étend jusqu'à RiGhmood. De Petergburg à
8 lieues ip de Richmond, part un chemin (Je fer de 24 lieues qui atteint le Roanoke. Il y a ensuite une énorme lacune depuis le Roanoke jusqu'à Charleston, métropole de la Caroline du Sud; de Charleston part yn chemin de 54 lieues 3|4 qui se terminé à Hambourg sur la Sayannah, visà-vis Augusta, d'où un autre chemin tout récemment commencé se dirigera sur Athènes, avec un développement de 46 lieues. Ce chçmip 9 cela de particulier qu'on a réussi à le faire ave/ç un capital très borné ; car toutes les fois qu'il a fal/tf l'élever au-dessus du sol , au lieu d'enf assçr ,de$ remblais, on l'a perché sur des échasses. Ce fcojajt les^esçlaves qui ont fait ce chemin aérien. Les bateau* à vapeurçonduisent ensuiteàNew-Or Jé*jEi$. JEi} $o^me, la ligne du Nord au Sud est l'une dfô plus avancées malgré ses lacunes.
Une autre ligne du Sud a» Nord ^'aurait pas moins de aoc^ lieues; elle remonterait de la nouvelle Orléans vers le Nord jusqu'à Nasbvil le. capitale de l'état du Tenessée, pour le t^psport ots voyageurs et des balles de coton.
Communications autour des métropoles et autour
des mines.
Les communications qui rayonnent autour de$ métropoles ont pour grands centres Boston, New-York, Philadelphie, Baltimore 7 Charleston, New-Orleans, SarajLoga. Trois chemins de fer parr tent de Boston; on en compte quatre autour de New-York, cinq autour de Philadelphie.
L'extraction de l'Anthracite est devenue considérable. Divers canaux et chemins de fer ont été exécutés ou s'exécutent aux centres de consommation. Les lignes principales établies ou qui s'établissent pour desservir ces raines sont :
Le canal deSchuylkill (43 lieues 1/2), qui mène à Philadelphie les produits des mines voisines de Schuylkill. Il donne 20 à 25 0/0 par an;
hé canal de Lehig (17 lieues \]i), qui mène à la Delaware, les produits des mines situées aux sources du Lehig ;
Le canal latéral à la Delaware, qui part d'Easton au confluent du Lehig, et se termine à Bristol. Il conduit à Philadelphie les charbons qui ont descendu le canal du Lehig ;
Le canal Morris qui , partant du même point, doit se terminer à Jersey-Gty, vis-à-vis de New- Yorck qu'il approvisionne;
Le canal de l'Hudson à la Delaware (43 lieues 1/2) qui mène dans la baie de Rondout, 36 lieues audessus de New-Yorck, l'anthracite des mines voisines de la haute Delaware;
Le chemin de fer de Pottsville à Sunbury , qui doit conduire au Schuylkill canalisé, les produits des mines situées dans les massifs des montagnes ;
Le chemin de fer de Philadelphie à Reading qui fera concurrence à la canalisation de Schuylkill.
Outre ces sept grandes lignes , diverses compagnies de raines ont établi une multitude d'autres chemins de fer de moindre importance, qui viennent s'y embrancher. À la fin de 1 854 > 66 lieues avaient été créées.