‹ Cours d'économie industrielle, 1836-1838 (volume 2)Chapitre 43 sur 71 · MO · texte numérisé non relu

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•roissanipn raison -géométrique de cette profondeur. D'un autre côté , il y a une foule d'accident* difficiles à prévoir: les ébouleuïents , les inondations et le feu grisou on inflammation spontanée du gaz hydrogène carbonné qui sort de la houille , et dont les dangers ne sont pas toujours prévenus par la lampe de sûreté de Davy. Les chances de destruction sont tellement probables qu'il n'a pas encore été possible de trouver une compagnie qui ait voulu assurer une houillère contre le feu , l'eau ou les ébouleraents» : Les ouvriers , pour consentir à vivreà une profondeur de 8 à 900 pieds et quelquefois de 1800 pieds, comme à Sunderland , exigent aussi des salaires plus considérables: Ces hommes ne sortent que tous les 1 5 jours ou tous les mois ; c'est une véritable race cyclopéenne, curieuse , si l'on veitt^ sous le point de vue pittoresque, mais souffrante et qui exige une plus forte compensation à Ses peines. Ils ne peuvent pas sortir plus souvent, parce que ces puits si profonds sont en zig-zag, et qu'il faut une demi heure ou trois quarts d'heu. re pour monter deux ou trois hommes, opération qu'il serait impossible de faire tous les soirs pour une population si nombreuse, sans des dépenses encore plus considérables que celles qu'exige l'augmentation du salaire.

Tout-, comme vous voyez , concourt à mettre les houillères anglaises dans des conditions défavorables , sans compter la cherté des terrains et J'énormité du capital engagé ; plus de 3oo minions de francs ont été employées en travaux, en ma-

•hines et en navires, pour les seules fnînw de

New-Castle; aussi dit-on des Anglais qui prennent

des actions dans une houillère qu'ils mettent à la

loterie du charbon.

Mais quelques un$ de ces graves inconvénients

sont rachetés par la supériorité et la variété du charbon.Un long usage en a fait étudier toutes les nuances; aussi en compte- ton aujourd'hui soixantedix-huit qui sont importées à Londres : il y en a plus de quarante-cinq dans le seul comté de New- Castle. Les différences sont petites, il est vrai; mais elles sont sensibles :les unes brûlent comme du gaz; pur et flambent sans furqée, mais durent peu; d'autres prennent moins vite, mais durent plus long-temps ; il en est aussi qui dégagent des vapeurs dangereuses et sont par cela seul impropres à l'usage domestique. Chaque industrie a la sienne : pour les machines à vapeur , on choisit celles qui donnent beaucoup de flamme; pour les forges , on préfère la houille grasse qui se prend en masse et forme un fçyer où viennent se concentrer tous les rayons calorifiques.

Quelques espèces de houille, qui seraient d'un mauvais emploi comme combustible, sont appropriées à d'autres usages.; celles de Wigan dans le Lancashire , par exemple, donnent peu de charbon; mais, comme elles sont susceptibles de prendre un beau poli, on les emploie à confectionner des vases , des socles et autres supports. Je n'en finirais pas , Messieurs , si je voulais vous détailler tous les usages, et toutes les variétés que chaque usage exige. Je me bor-

lierai à vous indiquer la classification générale et usuelle. ±près les charbons flambants, viennent les charbons aveugles , puis ceux qui sonl tout à fait sourds et muets.

Quand on demande , chez nous , à un marchand', de bon charbon pour le chauffage , H vend toujours de la gaillette de Mons qui brûle assez bien, mais qui donne une assez mauvaise odeur et pétille au feu. En Angleterre, on est sûr cf être servi suivant ses désirs et d'avoir la qualité dont on a besoin, parce que les marchands se donnent un peu plus de peine que chez nous. En général, vous le savez, c'est le propre de h. civilisation d'organiser ta division du travail et de classer les industries ; il y a en effet tel commerce qui n'occupe qu'un seul homme dans un village et qui exige le concours de plusieurs personne* dans une ville, te même fait se reproduit pour la houille et en la classant en variétés : pour les machines, pour le foyer , pour les forgerons, etc., on fait à la fois une économie de temps et d'argent.

L'avenir d'une foule d'industries est attaché à la prospérité des mines de houille; car ce combustible donne , outre de la chaleur , de la lumière , dont la consommation fait renchérir aujourd'hui l'huile et le» graines oléagineuses. Le jour n'est pas loin peut-être où la houille sera moins intéressante pour le chauffage que pour l'éclairage ; car c'est vraiment un scandale de voir l'état honteux dans lequel nous sommes sous ce dernier rapport. Dans qua-

ranfce,*u*s, an qç croira pa& que pous ijyqas pu être; civilisés 4yec.de* rues si mal éclairées; pu ive comprendra plija des réverbères à cinquante pas de distance, 4<m& une ville qui a 5o millions de revenu. En effet, vous le savez , Messieurs > dans un pays aussi avancé que le notre on camp te encore sur la lune pour éclairer les rues, et il y a mie tolérance de becs pour les époques où elle se montre, je me trompe , où elle doit s* montrer; de sorte que les piétons nocturnes sont à la merci d'un image. Les Anglais entendent hfci? autrement leur sécurité et leur commodité ; des villes entière sont si brillamment éclairées que l'on peut lire dans tu rue, au milieu de la nuit, comme dans cette enceinte. C'est ainsi qu'en découvrant la houille, ils ont selon l'expression d'un de leurs poètes, supprimé la nuit. En quadruplant les réverbères on n'y verrait pas encore assez clair, et du reste cette amélioration serait impossible, au prix où en sont les huiles végétales • et animales ; je pense qu'il faudrait les vingtupler : la bouille donnera le même résultat avec bien plus d*écQnomieï D'un autre côté, un meilleur système d'éclairage rendra la surveillance de la police plus facile; on pourra diminuer le nombre de ses agents , ou tout au moins les employer à protéger d'une autre manière la sûreté et la morale publiques.

Il n'y a pas d'exemple, dans les annales de l'industrie, d'un produit semblable à la bouille, qui non seulement nous éclaire pendant la nuit en prolongeant l'existence et le travail; mais qui en

nous échauffant , réalise encore cette autre pensée ingénieuse qui a fait dire aux Anglais ( qui ont du reste la poésie de l'industrie) que la houille supprime l'hiver en prolongeant l'été. Les serres chaudes se multiplient tous les jours en Angleterre et soutiennent dans ce climat brumeux les végétaux des climats tempérés et tropicaux ; c'est un usage important qu'il faudrait nature User en France , pour que chacun pût avoir aussi ses arbustes et ses fleurs; ce serait le triomphe de ce combustible dont l'abondance per* mettrait aussi la disposition en grand d'un chauffage public et économique, et supprimerait le triste spectacle que nous avons parfois sous les yeux , de vieillards ou de pauvres enfants succombant dans les angoisses du froid. C'est là une question d'humanité que tout le monde veiw rait sans doute réalisée avec satisfaction.

Depuis plusieurs années la houille est un pouvoir industriel; elle va devenir pouvoir politique. En effet les Anglais font la guerre avec les machines à vapeur qui les ont enrichis; c'est la vapeur qui leur a permis de renverser Napoléon ; c'est encore elle qui leur permet de conserver le Portugal dont ils ne sont qu'à trois jours de distance et dont on s'est en vain flatté de les chasser. La houille a ennobli le travail, en remplaçant l'ouvrier par des machines qu'il n'a plus qu a con* duire; ce sont là, Messieurs, des résultats imposants qui semblent avoir éveillé la sollicitude du gouvernement.

Quelques améliorations ont été faites pour di-

( *47 ) rainuer les obstacles qui s'opposent à la circulation de ce précieux combustible; un plus grand nombre deviennent de jour en jour indispensa* blés; et nous donnerons notre approbation à celles qu'il fera, parce qu'elles seront dans l'intérêt du pauvre et de l'industrie à laquelle la houille fournit une force colossale. Vous le voyez, Messieurs ; il importe au plus haut degré que ce combustible soit à bon marché, et l'on ne sait vraiment comment caractériser une législation qui a constamment donné des résultats opposés. On évalue en général à 16 ou 17 millions de tonnes, soit 160 à 170 millions de quintaux métriques, la somme des extractions de houille de l'Angleterre , tandis que notre production ne s'élève guère au-delà de s$5 millions, ce qui fait environ un septième pour un territoire bien plus considérable. Je pense cependant que dans vingt ans nous aurons atteint ce chiffre.

On estime à i5o ou 175 mille le nombre des personnes employées en Angleterre aux mines de houille; dans ce nombre, on compte environ i5 mille matelots montant \l\oo navires. Calculez maintenant le nombre de gens qui ont du travail par suite de l'application de la houille k l'industrie, et vous aurez un chiffre énorme* Cette industrie est d'autant, plus importante que , tenant au sol , elle n'est pas passagère; l'An* gleterre est assise sur un banc de houille énorme, bien plus précieux et plus fécond que les mines du Pérou et du Mexique. Le seul pays de Galles, au sud, renferme i?oo milles carrés de mines,

( «48 ) dont a3 exploitations ont jusqu'à 90 pieds d épaisseur; ce qui ferait 60 millions de tonneaux par mille ou 6 milliards de quintaux métriques. Admettez qu'on en perde la moitié, ce serait toujours 3o millions de tonneaux pat mille, et en comparant ce produit à la consommation actuelle, il y aurait dans ces mines seules dé quoi fournir à la consommation de l'Angleterre pendant &000 ans : les mines de Newcastle et autres en contiennent quatre ou cinq fois plus , de sorte que l'Angleterre peut dormir tranquille pendant dix mille ans. L'Ecosse est aussi fort riche en houille, bien quelle ne le soit pas autant que l'Angleterre; quant à l'Irlande, elle est de beau» coup inférieure , malgré ses nombreuses tourbières. Cet* fceul suffirait pour expliquer la différence àè*> ressourças que possèdent les trois royaumes* - Le» grand accroissement qu'a pris l'exploitation des houillères en Angleterre! a fcervi au développement de la marine. Je tous: disais tout à l'heure que 1400 navires montés, par i5ooo nr*teUyte»' étaient constamment ocoupés< au trams*port du combustible; n'y a-fil pas lieu Jv cri-* tiquer le système que nous stiitoas pour: encourager notre marine. A quoi servent donc toutes les dépenses que nous faisons pour la pèche de la morue? Est-ce au loin qvfe les grahdfr •capitaines anglais se sont formés? non* c est dans la <5harbonwerèe* dans la Méditérannéë et dand la Baltique* que lès&rack, lesCooket tantd'autresy ont acquis les connaissances qui les ont rendue les illustrations de leur pays. C'est dans les

voyages de long cours, sur tes vaisseaux baleiniers que la discipline est le plus relâchée, et en outre que signifient mille pécheurs en comparaison des i5ooo matelots anglais!

Il n'est pas indifférent de faire le commerce de la houille d'une manière plutôt que d'une autre et j'entre à ce sujet dans quelques détails qui ont aussi leur importance. Drus peu d'années cette question aura plus d'intérêt pour nous. En Angleterre on vendait d'abord le charbon au. poids ; on y a ensuite renoncé à causé du mouillage que l'on fesait subir à la houille, et on a adopté le système du mesuragequi donne lieu à des fraudes non moins grandes. En effet, un mètre cube de gros morceaux fournit un mètre cube et demi lorsqu'on le casse même avec une certaine probité. Le consommateur paie donc un demi mètre cube d'air , quelquefois même trois quart de mètre ou urt mètre entier, de sorte que 7 à 8000 détaillants anglais n'ont pas d'autre industrie que celle de concasser les gros morceaux de bouille , et de se faire des revenus aux dépens du public. Le gouvernement est intervenu pour prévenir ce grave abus ; mais tous ses règlements n'ont pas été suivis ; le commerce veut la liberté, et le meilleur moyen de ré* soudre la difficulté c'est d'adopter le système du pesage; car le mesurage , outre l'inconvénient que nous venons de citer pour le consommateur et là morale, occasionne, la destruction en pure perte d'une assez grande quantité de* charbon et et produit une poussière nuisible pour les meu-

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( *&> ) hlq*» le* appartements et les poumons des habitants.

Je qe veux pas vous faire l'histoire des variations de la législation, anglaise sur les houilles. Rien au monde n'est plus embrouillé et plus inextricable. Je me bornerai donc A vous rappeler qu'il y a a4 ou s5 ans on a établi un privilège en faveur du nord et on a ainsi établi le système de dçu* *pnes , -et par conséquent de deux prix, un pour le nord et un pour Je sud. Les conséquences oat été fort graves pour le sort des paysans du sud , -et dans plusieurs ^circonstances, les économistes qtii ont été consultés sur cet important sujet ont déclaré que c'était à cette -différence qu'il fallait attribuer la jnisère et Tétai; déplorable des paysans méridio- ^u*.Cetirup4>t différentiel a été détruit en ï83o.

.Pour nous, Messieurs, et ce sera là mon ré- Sfixné, il faut que nous réclamions bans qesse lu destruction «des droits sur la houille, qui sont q» véritable impôt sur l'air quialimente les poumons c|e .l'industrie.; il iaut <$uenou& fessions de cette réclamation notre ctelejula Lar(kago\...>

Les livre? que vous pourrez consulter pour l^t question des bouilles , sont :

JJ Enquête *uv les houilles de ifiSa, bien 'que ce soit une c^Ue^ion de oui *t de non, d'io- ^mçtitqd^.,; dç coffras hasardas, et d arriére *

flÇWées»

. &eu& hrwtofvs <h frL Ptchauit de i& Atorùi*

mère; docmuiçiUs importante qui ont fiait autorité

Le Compte rendu de r administration des mines; fait par des hommes compétents, éclairés et amis du progrès;

L'ouvrage du docteur Buddle à la fois philosophique et industriel;

V article Coax du dictionnaire, de Mac Culloch.

JnrifBA ».

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