‹ Cours d'économie industrielle, 1836-1838Chapitre 15 sur 105 · PRISONS · texte numérisé non relu

PRISONS

C'est une extrémité bien dure pour uue société dont le but est toujours d'assurer aux hommes les avantages et les bénéfices de 1 association , d'être obligé de suspendre les droits et la liberté d'une partie de ses membres , et d'augmenter les chargei^ de ceux qui soiit restés dans Ws limites tracées par la loi , parce qu'il s'en est trouvé qui les ont dé*passées* Car, dans cette question, comme dans celles des hôpitaux, des hospices , des enfants trour vés , la question d'argent se trouve toujours à coté de la question de morale ou de philosophie.

En Fiance, les prisons de toute espèce ren^

( 449 ) fennent 108^000 individus, et coûtent, année moyenne, 1 3,000,000 de francs. Supposez que depuis 10 ans , on ait pu trouver les moyens d opérer une réficH'me morale qui eût diminué de moitié le nombre des détenus, et que » les dépenses se bor^ nant à 8,000,000^ on eût économisé 5,000,000 par an y soit 50,000,000 pendant 40 ans , voyez quelle masse de travaux utUes eût élé entreprise , com-* bien d'honnêtes gens qui sont restées sans ouvrage eussentpu être occupées? Cette question, envisagée ainsi , est de la plus haute importance , et son examen nous revenait de droit , car elle est toute éco« nomique. La parcimonieuse lésinerk qui a présidé long--temps ei préside même encore ai^jourd'hui aux dépenses qui cohcertient Tinstruction publique (800,000 francs sous la Restauration et 5 millions maintenant), est responsable desénorme^s sacrifices que nous imposent nos prisons. Les sept huitièmes des condamnés ne savent pas lire ou na le savent qu'imparfaitement. Ils sont 108,000, et il y en a parmi eux 10^500 qui n'ont pas 20 ans} les trois quarts de ceux-ci sont des enfants trouvés ou abandonnés élevés par les hospices^ et qui ont à peine reçu les éléments de Tinstruction la plus commune (1).

(t) « Ayant la révolutioD, » dit M. Benoiston de Chateauneuf, a ils (les » enfants trouvés) étaient ouyriers ou soldats; soos la terreur, ils deviof^ f» les enfants de la patrie, et Pon pense bien que tous ceux qui enraYalem » l'âge furent aussitôt appelés i défendre leur mère. Plus tard, un dècrel

* du gouvernement impérial les répartit dans les diflTérents corps de U N garde, ou les envoya sur les vaisseaux : c^étaii ahu«er de leur malhe«^

• La restauration leur a rendu la liberté de choisir uu état, mais du reste^ » OB ne va point au delà : l-éduc)iUoq la plus commune est donnée à tous

.j X-^ r^Pfliw d^s çbiffVes qui eompofieotk fcudgal 4ii paupéLJfsniiQ a$t,6ffrayaûte , pui^ue^ suis paiv Vey 4e^ dépi^^s^f, de justice et de police >i dot uvn mpf^ p^^îp^lière^ >.da^ j^^^ saJIeftKt laéile «t

4e(S^4c;c^^ gral4(iMe9^ ^t»,, .eUefiréseaiteitn te^l de Pf j^s^. |de . do ^ wUUqi^ d(^ f raoci , qui se siibdiirtse

, -, . 1^ 53>00ft,000

.j ; 3UBpAUSd^9£»tB|ijrviiSANaÉ^ 10^346,000

^,»JEkfant^ neuves, .40,250,000

„;., ,Ç,R^Wj«%i KÎ 43,000,000

r J? rf^M le dwème du budget de Tëtat !

^ indistli^ctfineqt.^ IfQUf «i^ijiuneSy sous Ç9 raf porV bifii^ ^v-4«$>Wft à% ptisieurs pays tels que la Russie, le Royaume de Napfes, PEspa^^De, f«e omu «auii«s.acciNitminéè k m coasidérer presque qtf^arêe kTié|»ri». « A M^e^, dH lencoj'e M. jieoQistQQ^ chaque A|;e n^çoii un^ éduc«<io9 » éoATeuable L^eoseignemept embrasse tout ce qu^un citoyen doit sayoir. f Hwf celttt fovla Att<»-0à «lri|é pèa faTorabktÉent, tes stocks élémenu » du calcffl et du dessdn^.Vapprentissage des urts mécanique^, celui du 1» jardina^eyle rendeût t>ropre i travailler dans une manufacture, une 9-4h^irftive, ftiibit^^ek I«>artkitii6r. Dm eoaiiaissâtHMS plus életées^ les » mathématiques, là géographie, la tenue des livres en partie double, la i àciencê du eàmntercê, sont le partage de ceux dont les heureuses dispo- » sitions méritent qu^n les enyoie il Pnni?ersité dr Mcmaf .«ikà IVtca^éPlif » des arts de Pétersbourg. Le reste est distribué dans les ateliers de » l'IiMpico, qui eotrMieDiieDt pris de cinq mille ouvriers, presque tous » enfants trouvés.

' > A Madrid, les enfants ' abandonnés ne sont ^ôlnt privés d'éducjstion Mibék-alè. Le plus grand nombre d^entr^enx se livrent aui études tbéoloi^î^lques, et l^spagne en compte quelques-uns parmi ses plus habilei i» docteurs.

¥ Bans ^hospice de Nàpres, VJlbergo dei poveri, on apprend aut jediies • orphelins à lire, à écrire, ainsi q\\c t^n principaux éléments du dessin et % de rarithmétique. On y joint aussi Tétude de la musique. à

(Note du R.— Ad. B. des t.)

o Si ,^)m idiiftres ëpoaTaattnti îlii ont nodn. du mùîii^ ti& grand tsérricè^ « sbnt6mi|iti mit &U $enlir la nëoataité durANNiiea* Nous aiWM*¥n cù iJb tumfnt MilduitiC)iidqiieti Mnieila 9éii4mo9y .dai>9 kqifesUoQ des èirfuifs tit^uvés; ilt produisent lea mettes effeto.dans; ttUe des prisons^ Oublie S^œiHq^ UQ.peti sëcieuaeiteDC/de oeUe-KÛ ^ûe etpuis que les nécessités financières ont conduite chercher âei édoniolnies partout. On s'est aperçu seulement alors que les prisons étaient onéreuses, non -seulement parce qu'elles coûtaient directement ^ mais encore par la concurrence qu'elles élevaient contre certaines fabriques, par le travail qu'elles enlevaient aux ouvriers honnêtes, et par la dîme que leurs hôtes libérés, mais. non corrigés , levaient sur les revenus privés.

Les beaux travaux de MM. Béranger, de Beaumont et de Tocqueville^ Demetz et Blouet , ont eu pour objet l'étude d'un système pénitentiaire , qui améliorât le moral des détenus,mU la société à l'abri de leurs tentatives coupables , et les prqjlucteurs réguliers de leur concurrence ruineuse. C'est une question d'économie qui a commencé , nous l'avons vu , la réforme des hospices d'enfants trouvés ; c'en est une de même nature qui a porté à ' peser les droits respectifs des hôpitaux et des hospices aux secours de la bienfaisance publique , et à séparer les pauvres vicieux des pauvres légitimes.

Mais , dans toutes ces tentatives , tous ces essais de réforme , ce qu'il importe et ce que l'on oublie trop , c'est de tout reprendre par la base , par l'éducation et par l'enfance. Tontes les autres amé-

( 132 ) lioradoDS ne peuvent être que corolbires; leur 'succès dépend de Fadoption d'un système général bien cowpà et bien coordonné. Tout est là , et le grand méiite de Robert Owen est d avoir pvoolamé œ principe et d'avoir insisté sur son applicàticm. Nous consacrerons notre prochaine leçon à rexa** -*en de .ses travaux et de ceux de Fourier ejt Saintbiroon. ;

Ad:B(d,V.).

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