‹ Cours d'économie industrielle, 1836-1838Chapitre 53 sur 105 · DIX-NEUVIEME LEÇON · texte numérisé non relu

DIX-NEUVIEME LEÇON

6 Février 1938.

INDUSTRIE MANUFACTURIERE (SUITE).

S^iuiiiB : Ui»ioire de PnfDu&TaiE NâNarACTVAtènB. — *6ei incoiiiré*

nients,— ses imperfeciionSy se4 nécessi es. (RôirparaUon de fa orahdk et do la petite iNDVstBiK. tes protections sovt

indispeotables à la première en même teiops qu^elles rélooflrnt; elle*

sont ioutilea à la prospérité de la seconde.— Comparabon de diiléreotes

inddstries.^Exemple de PAnglelerre.

pertes causées à la France par le système de protection exagérée, Tena

à la «luite de la graude industrie. LUngloterre où il a pris naissance l*«-

bandonne aajoanPhoi, après aroir reconnu combien ses présents et sas

services étaient chèrement aciietés.

Messieurs ,

Il est résulté des rapports et desdiflférences que aous avons constatés l'autre jour entre la grande et là petite industrie^ que celle-ci était la plus importante y la plus éminemment nationale, et que les travailleurs qu'elle occupait avaient sur leurs confrères Tavantige précieux d'une indépendance beaucoup plus giande^ et de plus de sécurité et de bien-être.

En faisant ressortir de la con)paraison dont j'ai posé les termes une préférence en faveur de la

( 6< ) petite industrie ^ je n ai nullement eu l^intention de faire pour cela le procès à l'industrie manufaoiurière; seulement, tout en reconnaissant les pro* fits qu'oflFre cette dernière et les privilôges dont elle jouit, j'ai dû constater la nature des inconvénients qui lui sont propres, et dont rien, jusqu'ici , n'a pu la débarrasser. ^

La grande industrie est un fait que nous devons accepter ^parce qu'il est , et à ce titre nous devons en supporter les conséquences; mais nous avons le droit d'apporter des obstacles aux développements de celles-ci.

Venue long-temps après Tindustrie que nous appellerions pour 9\n%\ àive patriarchale y puisqu'elle était exercée dans l'intérieur de la maison par des hommes qui avaient sur leurs ouvriers les droits d'un père , en même temps qu'il en avaient en quelque sorte les charges, la grande industrie se présentant d'abord comme un progrès,fut accueillie avec empressement par les maîtres et les riches qu'elle affranchissait de toute responsabilité et de tout frein.

Forte de l'approbation et de la sympathie qu'elle trouvait dans Tégoïsme des uns, et des ressources que lui 'offraient les capitaux des autres, elle s'est faite en peu de temps une large place dans h société; elle a réclamé et obtenu pour ces hommes déjà puissants^ des lois exceptionnelles , protectrices aveugles et souvent inintelligentes de leurs intérêts et de leur fortune, alors même que ces intérêts étaient fréquemment en opposition avec ceux du pays^ et des modestes niais nom-

* Jetei&eiM!iMe€iii effet imf«§ayd$iÉrkiijrpo^ «É voyez ooiahikâii elU est précaire»

L'uG^ de» prii^ipales ^aieade \^ gi^adie kcUi»- Iri&y c'^t^ v^m% ai-je dit déjà, Vioeertitude des dâK)uebi^ et lea^ obêtadm (b toute oatuieciw aa rencontrent souvent pmir reMiîUvekr df8 a^^pro* inaioiiDjCUiM^t*..

pQ^r k petite industrie ^ le& placemeata aooâeji ^aalque ^£le assurés ;^ le n^archié eatlà soi^ les 3!^^s; du producteut» i^ ei^ peu4 k efaagque i»slaiKt consulter les besoins; il reconaait à. des sâgnes certains l'en^rgeinsenl;. et la pUthore , aussi Men <{ae rinsulfisance etladis^t^.

L'industrie maaufacturièire est Loin d'avoir une aussi belle .position.

Toujours réduite à l'obligation de travailler eu aveugle^ elle marche à raveAtui;<e et qpère sur des bases qu'elle ne peut ni connaître ni étudier à l'aiicance, et qu'il n'est jamais ou bien rarement en son pouvoir de modiflsr.

Elle n'est pas non plus dans des conditions bien £avx)rables pour les RENotJVKLLKMBMTsnlE ma^tiàres PREMiÀRËs; car celles-là surtout sont^ de la part d'une certaine classe de négociant ^ l'objet de spéculatians et de i^onopotes, qui SoaQit brusquement varier les prii et d^jwent toutes les combinaisons. Sous ce rapport encore^; elle redoute la QUBRRJB et toutes les éventuaJiiés de la poUtMj^^ aussi bieu que les révolutions de Ui nature* Un bi/M^us, un noiij^agfi etmie j^^iaf^^hù^sont hmestes au. mèm iitmi '^ cuM étémi^ftft^ S^ ruiiii|«is

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f l^eée (ki^ ua^ posilioft &ij^^, ki graiMle i«i^6Arie o^'^ pa» à U fob d'aqpfMM ptos solkte et 4!wAvive.pbi^ fius^9«to €gm}^prQtecti^^^do^, par «niîtQ de iMaiftor^^aaisaliofli vicîe«^^ eifo a ai^w^ d'hui le besoin le plus réel. G'ea4 k Fombre da te liralMtiiMi deatai?î& qui se divi^st eo proliibitions^ dbmte éh^m et mod^^^ qu'Ole s'mk Aév^kofipéè «dwaa^^ï serpe chatide; ttcesoot 1^ twifiiqtti tnî wt estsuilie tecmé le ai^rohé e]ltiâriettr^ dont lia débondai lui était indispensable.

l^ qu^ipa sMÎAteiiaQt ert ^ savoir^ ig^B pi^ s'il faut de la grande industrie dans uapa;ys^^ ear e!e^ uuk ^t accompli ^ te g^ade iadostrie doit iiivre% eQ>t4 de \ak petite; s^ais sî^ danis VioEitéi^ dv f^y^^ ^ esHQOurageocients ^iveoit se fmi&a 3W la l^dioÂèrQ pwr e» fiiToris^^r lea progrès et l'exteifcfàfi»; ou s^^ au ^os^traire^ il ne serait pa$ m^u: d'eOi r%ler W développeeieiM^ , d'ea aioaoiadrir j^tot quQ d'ei3^ e:3Mig^rer les eo^séquev^es.

PQur réso^dFe ei^te quesiiiw y U auffîraifi prea^- <jpie d'éa posen une auttre^ et, de ^ deiaaiider ce q^r^ultenait d'u»cbajag«»eQi d'audl^iulioa ^ ferait ejEjécuter tiQ^iutes les ep^ratiQo^ de Tindustrie domestique^ si peipCection^^e et si économique » pac des machioe^ ea place d'lu)miBes. X auirait^-il^ dws'ce cas ^ autaot de pro&ts poor les travaiUejujcs que dan& l'autre ;, la. som»e partielle des j;evenu3 çréést^eiiaiyt-elle^ awsi fQrt^?-r-rl^oi^^ saiia doute. — JL^ produit «et de V^fWtrep^eoemr sw4t pAi*^ «W*^ aidérable que ne TeiUv été> celui de chacun des pe^ cbel^ d at<^Uisr et oa^ciecs ; mais. oe^Xrci

( 64 ) auraient jm salaire moins ëlevé ; de telle sorte que, comme je le disais Taulre jour , la consommation générale diminuerait avec les revenus ; quelques denrées spéciales , comme domestiques ^ chevaux de luxe, voitures, etc., auraient seulement un peu plus de débouchés.

Il nous sera plus facile encore de résoudre la question posée plus haut, en comparant les suites du chômage dans la grande et la petite industrie.

En cas d'interruption de travaux, la première jetle à la même heure, au même instant, sur le pavé et dans la misère , des centaines , des milliers d'ouvri^s.

Dans les mêmes circonstances, la seconde trouve encore moyen de s'occuper quelques instants; les travailleurs ont d'ailleurs sur les autres un-grand avantage, celui d avoir pu, au moyen de salaires plus forts, faire des épargnes qui leur servent dans les moments de crise ( 1 ). Celles-ci, en outre, sont beaucoup plus rares, nous l'avons vu, dans la petite industrie que dans l'autre , parce que^ses débouchés sont plus certains et plus assurés , et ne sont pas à la merci des événements qui éclatent dans les autres pays , des calculs d'accapa-i rement de quelques capitalistes, ainsi qu'on pourrait eu trouver mille exemples , tels que le monopole de la vente du mercure par une grande maison de banque^ et tant d'antres encore.

Le boulet que la grande industrie traine au-^ jourdhui au pied, c'est ia nécessité de la pbotf.c-

'I) Ainsi que le démontre lé résultat àea raUics d^éparg^nes k Pflrij.

( 65 ) TECTioN. Entendez tous ses représentants déclarer à l'envi que sans elle ils ne peuvent subsister^ qu'ils ont grandi avec elle et veulent mourir comme ils ont vécu !

Il y a dans ceci du vrai, mais encore plus d'exagération.

Engourdi par les tarifs, on n'a pas fait tous les progrès possibles, et aujourd'hui les tarifs sont devenus nécessaires contre la concurrence étrangère, plus habile parce qu'elle est plus stimulée et plus liLre. [L suffirait, dans la plupart des cas, d'une émancipation sagement progressive, pour faire marcher tout le monde du même pas,

La preuve que tout le mal vient des tarifs exagérés ne me sera pas difficile à établir. Prenons par exemple :

1* L'industrie des calicots, éminemment manufacturière et mécanique ;

2** L'industrie des toiles et batistes qui, nous l'avons vu, s'exerce en petit dans les chaumières, les caves etc..

La première est protéger: par une prohibition absolue j ses produits, bien que leurs prix aient été considérablement réduits, sont encore trop chers pour beaucoup de consommateurs nationaux; et au-dehors , où elle pourrait trouver d'importants débouchés, elle craint la concurrence de tout le monde.

L'autre, au contraire^ n'est défendue que par un droit ad ç^alorem de 35 0/0 environ en moyenne, et de 50 0/0 au plus : elle prospère et ne trouve nulle part de rivale.

Blanqai. ft

Sans deute celte ^emî^e^ proleclio& e^i encore beaucoup trc^ forte ; maïs c'est cMjà un ^dud pas ai on la compare à la prohibilion des calicotsi étrangers, prononcée au proGt de l'industrie cot^NHÎére ftançaise. GeHe dernière a demandé la proliibition en haine de la concurrence : mais celle^iy au lieu de tenir de lextérieur^ est partie de Tintérieur et s'est fait sentir dans le pays, lies grande bénéfices assurés par la prohibitioB ont fait affluer les capitaux; de nombreuses Ëibriques se sont établies d'une m^^nière parfois légère, et te qf^arché s'est trouyé encombré par deux ri(is(ms : la première, que, bien qu'il y eût beaucoup d 'individus^ qui eussent be^in de linge ^ cehii*ei était enpore trop cher pour qu'ils pussent en acheter ;; la deuxième, que lorsqu'on voulut exporter, on rencontra dans les pays où l'on se présentait , soit les barrières fermées à titre de représailles , soit une concurrence redoutable, parce que nos fabricants demenrés ph^z enx^ nç s'étaient pas tenus au courant des améliorations introduites daos la ff^^ripation par les industriels étranger.$.

Nous n'en serions pas arrivés à ce point si , au lieu d'une prohibition , nous avions eu un droit modéré ': on eût marché plus vite, et tout eq conservant disponible la ressource du marché extérieur > le marché national se fût élargi par ^uite 'de la réduction des prix , qui aurait réellement orée des consommateurs.

Le seul moyen de sortir de cette difficulté et de toutes celles de inéme nature , e^t donc d'aban-

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Mais, dira-t-on, comment rabandonner^ujiO^lirt- 4'hui q^e 4es iiidustrias ifpportabte^, des capitaux can$ld^fb^c3 se sopt engagés sur lu foi de soa piaif^tiifn? Cooi^ien de sipistres^ de ruines » 4^ iftiisères allez- vous ça^tjser ; et ces malheureux our, vriers eux-mêmes , en faveur desquels on parle tapty.qye deviendront -ils ? A ce^e objection, Messieurs^ il n'est p^s impossible de répqmdre; JQ vais Te^treprei^dre.

ÇoiOimençons, en premier lieu , p^r recherehei? la vs^leur 4e cette asjserticin : « Du jour où la U-* a berté du commerce sera procl^^iée, ^^ grand w nombre d'industriels cesseront de travailler a pour ne pas le faire à perte, et renverront leurs « ouvriers.»

Je ferai d'abord observer que personne ne propose de proclamer brusquement, sans transition , la liberté du commerce , et qu'à cet égard la sagacité de Vadminîstration saurait parfaitement graduer l'application, si elle en adrnettait le principe.

Je demanderai ensuite si c'est sur une grande infériorité relative que se base cette crainte; et je prierai alors ceux qui la conçoivent et Vexpriment , et qui réclament ainsi pour quelques grandes industries l'aumône d'un tarif, de se mettre d'accord avec les hommes fort habiles , je le reconnais , qui les exercent , et que nous voyons tous si âpres de récompenses çt de couronnes dans nos solennités industrielles , nos grandes expositions. — On les récompenses ne sont

( 68 ) pas méritées , — ou la prohibition est inutile. — Je ne vois pas comment ils peuvent sortir de ce dilemme.

Si nous poursuivions notre examen, et que nous cherchions quelles sont les industries qui demandent avec le plus de force le maintien de la législation existante, et qui même iraient presque, si elles l'osaient, jusqu'à solliciter qu'on en augmente encore la rigueur , nous verrons que le nombre en est bien restreint, et qu'elles doivent, ainsi que je l'avançais tout-à-l'heure, la plus grande partie de leur infériorité à leur condition même de grandes industries, et aux tarifs protecteurs qu'elles ont réclamés et obtenus à ce titre.

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