SOIES
Interrogeons par exemple Tindustrie des Soies qui a acquis, par des succès de plusieurs siècles et des chefs-d'œuvre admirables, ses lettres à^ grande naturalisation, et qui n'a jamais été que faiblement protégée.
Lors de la dernière enquête (celle de 1 834), vous pouvez vous le rappeler, la déclaration de la chambre du commerce de Lyon a été franchement approbadve de toutes nos propositions de liberté commerciale; se bornant à réclamer quelques facilités pour l'introduction de ses matières premières, en échange du consentement qu'elle donnait à des modifications dont le résultat devait être d'exposer ses produits à l'influence rendue plus active de la concurrence étrangère»
en ue
ion est inutik-' ^«'''^«-
ivent sortir Je cf Si de la Soie nous passons aux Toiles, dont la fabrication a également lieu dans des chambres et
imen,ctqwBiB des ateliers fort modestes et très peu vastes, nous
istries qui à^ verrons qu'elle a réclamé des encouragements bien
ntiendelal^ plus par imitation que par besoin. Ce ne sont pas
twresqocj^^^ des protections de tarifs qui lui sont nécessaires,
ygnj^fllea mais de bonnes machines perfectionnées, et des
I nomte^i ouvriers habiles pour les diriger.
vent, ainsi q«f/ laine, coton, feb.
^« Aeffd^ C'est seulement lorsque les grandes industries
^^ , ij^w/ç- manufacturières, telles que la filature^ le tissage
^^ du cotoriy la draperie ^ et encore la fabrication du
fefy prennent la parole, que s'élèvent de bruyants concerts de plaintes et de réclamations, des demandes de prohibitions, de protections, de tarifs élevés, usCric d^ ^ etc. Hors de ces quelques industries tout est cal-
isienrs sièd^ ^^^^ l^^ ^ s'apaise; la souffrance, même réelle, s'ex-
eitresd^ê^ prime d'une manière moins bruyante; les besoins
; -ygfaibl^^ sont moins exigeants, les prétentions moins exa-
gérées.
j je^83^>' Si, poussant plus loin nos investigations, nous
iond^'* ouvrions, à l'exemple d'un célèbre ministre an-
ancb^^ glais, M. Huskisson, une enquête à laquelle se-
jglibef^^ raient appelés seulement, et l'un après l'autre, les
i^yes ^^ divers représentants des industries qui réclament
j^0iiér^' ' la plus forte protection, et que, nous adressant à
lonn^i^ ^ un fabricant de mousseline, nous lui demandions
.^d'eïp^ son avis sur les filets fins anglais, cet industriel
15 act^^^ ^^^^ répondrait sans nul doute comme tous ses
( to ) confrères : c'est cette prohibition qui nous tue, car elle nous prive de la chose la plus indispensa— . i)lé, de notre matière première; et si la tolérance de Tàdministration ne nous laissait pas taire nos approvisionnements par le moyen ae la contrebande, nous ne pourrions pas marcher; car la iPrancé ne produit pas de coton au-desstis dfe 1 43 m/m; quelques maisons d'Alsace seules peuvent le faire et le vendent des prix énormes ; leur production est d'ailleurs insuflisante et reste bien au-dessous de nos besoins.
Mais alors, dirons-nous au mousselinier de Tarare ou de Saint-Quentin : Si nous vous accordons le fil 143 m/m et au-dessus, à un prix modéré, au moyen du remplacement de la prohibition par un droit, vous consentirez sans doute à voit* réduire la protection qui défend vos produits contre la concurrence anglaise? — Oh ! non certainement, répondra notre fabricant; la prohibition qui me nuit est une chose détestable , mais Celle dont je profite est excellente, et je tiens à la conserver.
iSi du mousselinier nous passons au filateur, et que nous lui demandions ce qui arrête ses progrès, feè ïjui l'empêche de réduire ses prix, vous Tentendrez houè dire que soh infériorité lient au prix étevé des machines et âu droit sur les houilles; et le fabricant de machines se plaindra à son tour de he pouvoir acheter les fontes anglaises et les fers de Suède doht il a bfesoin, qu'à des prix Surchargés par d*énormes droits de douanes. Tous se plaindront de la pi\>tection accordée aux industries qui lui fournis^nt ses matières premières, niais demanderoni
(74 ) avec îfilltQoe ie maintien de eelle dooi ib profitent.
Dails une position 9enil>kUey l^ minktre HmtkÎ980B, dcNit je Tiens de vous parler tout à Theurev ae trafK^ka pas senl la (tiffiettUé. Il l'exposa au parlement «t dit : i( Tous les industriels que j'ai intenrog;éssont d'avis que les monopoles et les profaibi^ tions dont jouissent leurs <^onfrèi*es sont funestes au pays; je suis d'accord avec eux, et je voua propose de supprimer ces entraves et de les remplacer par des droits modérés.»
L'industrie qu'il s'agissaitalors d'affranchir était celle des soies, dont à cette époque les prix de re*vient étaient , en Angleterre comme 63 et en France comme 37. Un délai d'une année fui accordé aux fabricants anglais, pour se mettre em mesure ée faire disparaître la plus forte partie de «ette énorme différence; au lieu de se désespérer, ils mirent le temps à profit, et lorsque le délai expira, beaucoup d'entr'eux purent smitenir la concurrence^ non pas dans les articles qui exigent beaucoup de goût et de main-d'œuvre^ mais dans ceux où les machines peuvent remplacer l'intelligence et l'adresse de l'homme* Aujourd'hui, nous n'avons pas de plus redoutables adversaires pour les unis, taffetas , florences , levantines , etc. ; nous n'avons consente notre supériorité que dans les façonnés.
Ceci mi un fait impossible à réfuter et qui nous autorise à conclure à l'égard des prohibitions qui concernent le Cotow, la Laine et le Fbb, comme les Anglais ont conclu pour la Soib.
Quel en serait du reste l'inconvénient? — Des
ruines, des faillites , des fermetures d ateliers? — Eh ! non, Messieurs; seulement, quelques bénéfices trop considérables seraient réduits; une seule maison ne gagnerait pas 5 à 600, QOO fr., et même plus, dans une année, bénéfices énormes dont l'exactitude, aujourd'hui démontrée , a été affirmée dans le sein du jury de l'exposition par un homme très compétent, M. Kœchlin, dont personne ne révoquera en doute le témoignage.
Ce ne seraient pas, dans tous les cas^ les salaires de 30 à 40 sous qui souffriraient de la réforme, mais les profits des chefs d'industrie millionnaires. Les premiers mêmes y gagneraient, parce que la cherté qui vient des lois restrictives, les empêche d'acheter en les appauvrissant; tandis qu'avec un revenu demeuré fixe , ils s'enrichiraient et pourraient acheter, si les objets de leur consommation étaient moins chers. Dans l'état actuel, les grands industriels sont à la tête d'un corps dont les ouvriers sont les membres; il ne faut pas que ceux-ci se révolteat contre celle-là , mais il ne faut pas non plus qu'elle se nourrisse et s'engraisse aux dépens de ceux-ci.
Les tarifs élevés et les prohibitions, compagnons ordinaires du système manufacturier, ont encore un autre inconvénient : ils font violer les règles de la spécialité et de la division du travail, que nous avons posées d'après Chaptal, dans Tune de nos premières leçons.
Si l'Angleterre a travaillé la som: c'est parce que nous avons repoussé ses cotons.
Si FEspagneet l'Italie ont élevé des fa1)riques de
( 73 ) DftAFS f c*e8t parce que nous avons frappé leur Lain£s d'un droit de 33 0;0, réduit à 22. .
Et, depuis ce temps, nous n'allons plus vendre iK)s Sot^OËs UNIES à l'Angleterre, et nos DaàPs à Madrid et à Naples.
Les partisans des prohibitions ont beaucoup parlé, sans trop le connaître, du fameux décret de Berlin, connu sous le nom de blocus continental; ils en ont fait le beau idéal du système prohibitif.
Quant à moi , Messieurs, je ne suis pas de leur avis; et je regarderais comme un grand pas, un immense progrès, de revenir à Tétat économique créé par cefte grande mesure, qui, dans la pensée de rhomme célèbre qui Va prise, était bien plus d'ailleurs une machine de guerre dirigée contre l'Angleterre, qu'une protection accordée à l'industrie française.
Le préambule et les considérants du décret en font foi : îl n'est rendu que contre la perfide Albion et en représaille des actes de piraterie qu'elle commettait sur mer.
Ce blocus était, au reste, de la liberté commerciale sur une assez grande échelle , excepté l'Angleterre, dont les produits nous arrivaient encore par la contrebande, malgré les autodafés dont ils étaient l'objet; tous les peuples industriels de l'Europe concouraient librement avec nos fabricants à l'approvisionnement d'un marché immense. Les manufactures de France, d'Espagne, d'Italie, d'Autriche» de Saxe, de Prusse, de Belgique, luttaient ensemble sans protection et sans encouragement, comme sans ruines et sans plaintes.
(H) Imitai mtà, 1& ^xUéfè 1815, )({Ulia bMtacmlj^ tkk pour l'intliistiié » 4 fait au«i4 béâUêéU^ eeMrfe
€te Mt elle <)ui «éleva dé Ao<àvM«i cer<Aia«« barrières que la restauration et l'eAipti^ avalent ftbai«>
C'est depuis çeltB époque que les peuples ont été paixfués dans les limites de leurs frontières, qu'ik ont prétendu tout faire par eux-mêmes et ne rien devoir à leurs voisins ; et qu'ils ont établi et développé chez eux ce système de manufactures en vertu duquel tou« les débouchés extérieurs se ferment , alors surtout qu'ils deviennent d'une indispensable nécessité.
Après avoir pris naissance en Angleterre^ où il a grandi, ce système doit décroître aujourd'hui, parce que tous les peuples, qui n'étaient autrefois que consommateurs^ se sont faits producteurs ou le deviennent davantage tous les jours. Loin donc de travailler à Tétendre , les institutions, les lois, et les particuliers eux-mêmes , doivent tendre à larrêter* Comme je le disais en commençant, les grandes fabriques doivent vivre à côté des petites industries et non les écraser.
On ne doit pas accorder des privilèges qui nuisent à cellœ-ci et qui ne profitent qua quelques individus déjà aisés, sinon riches, sans augmenter le bien-être des travailleurs qu'Us diminueraient plutôt* Ad. B,(desV.)
VmcitiÈME Leçon
irMcédb<»f«vHM'US».
DES INDUSTRIES PROTEGEES.
Soioi^ijiE : Uti dios lequel on protèg» ceruioes induOriet.— Drawbaek et prime à la sortie du sucre.— Note statistique sur cette prime.
<IH9h)e lia byttén^e prolleictletir.— (m interprète Étal les idées-dè Ctibèli * —Accroissement des tarifs.
dlcbeuse influence du système protecteur sur les industries nationalei. Rotie Wtt llndustrie vinicole en Franèe.
î\éclamations occasionnées par le système protecteur.— Les tarifs ne protègent pas toujours ceux qails semblent protéger^ ekémple dû fer. — é* ne serrent de rien à Piiidiiêtrie qui tea réetane, exemple ilet c^tù^ nies,— Ils violent la charte et la propriété.
\jh protection de lin^ustrie nuit an èonsbmmateùt, suttûot ati cottsoititoatcur a^oole.
lïécessité d^afoaisser les droits, de proclamer la liberté du commerce.— S^>ûrquoi la révolutibn ne 1^ ptis proclamée.— Nos préju^é^ «Contre Ve» l>roéiiits étrangers.— S^il faut protéget une industrie en serre ehaa4e.— L^ protection empêche le progrès. Exemple de la houtlle.
Itbtrates occasionnées au commerce par ^à douane. ^ tes itaièeft lèéek ik T^lgàriaent.— Pétition éc6 filateura anslms»
Messieurs ,
Nous poursuivrons ce soir rexameil de notre Isystème manufacturier : j'ai à cœur de vous prouve!" que ce système tila qu'une existence superfi*cielle , et que sa vie est constamment sur le point d'être troublée au détriment^ de ceux qu'il nourrit et de ceux qui consomment ses produits. Or, je dis qu'il faut mettre un terme aux catastrophe^
(76) que cet état de choses engendre^ et j'espère, ce soir, vous démontrer nettement en quoi consistent les vices radicaux de notre organisation indus* trielle.
Il n'y a pas en ce moment une industrie protégée soit par la prohibition absolue, soit par un simple droit, qui ne fût gravement compromise, si Ton faisait disparaître ces deux privilèges^ ou simplement l'un d'eux. Ce serait porter le fer rouge dans une plaie , selon moi, trop profondément gangrenée.
Chose bizarre ! on protège la plupart des indus* tries, non-seulement dans Tintérét de la production , mais encore dans le but de faciliter le débouché des produits; et Ton a même eu la singulière idée de payer aux importateurs un drdwback (1) et une prime , afin qu'ils puissent vendre aux étrangers à un prix plus bas que celui qu'ils demandent aux nationaux. N'est-ce pas au rebours du bon sens? En effet , si charité bien entendue doit commencer par soi-même , pourquoi ne pas mettre ici le proverbe en pratique , à propos du système protecteur. Quelle nécessité y a-t-il . que les étrangers prennent leur café à meilleur marché que nous, et quelle nécessité y a-t-il surtout que nous payions fort cher pour leur faire cette galanterie? Le protection ^ vous l'avez vu , a abusé de la permission, et la fatale prime s'est bientôt élevée de 270 mille francs à 1 8 millions dé francs (2).
(1) Mot dMmportation anglaise qui signifie restitation k la sortie des droits payés à l'entrée. (Note du B.)
(2) Le tableau suivant montre les progrès de cette prime depois ItKV.
Ce système est absurde , disons-nous , mais commentse fait-il qu'il ait été adopté par les députés, qui ne sont pourtant pas plus dépourvus que les autres de ce gros sens commun , capable au moins de percevoir les phénomènes vulgaires ? Messieurs, il y a quelques raisons à donner pour expliquer ce qui parait au premier abord une anomalie : la première, c'est que le système que nous blâmons ce soir a été trouvé tout fait par les divei s législatures qui ont succédé à celle qui a adopté la prime, et qui étaient loin de pensei* que cette prime' atteindrait en peu d'années un chiffre effrayant.
Voilà pour ce qui regarde les sucres ; mais pour le système protecteur en général , vous savez qu'il remonte à Charles-Quint, ou au moins à Colbert. Or , Colbert est bien excusable aux yeux de la posrité qui le juge; car l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, etc., produisaient mieux que la France, ef Colbert voulut que son pays produisit comme les contrées voisines. Il savait bien que les droits étaient un mal, mais il ne les admit que comme un
A cette époque, les raffineurs la réclamèrent comme un dédommagement qui ne deyait jamais s^éleyer au-delà de quelques centaines de mille fr. ; mais Vappéfit vient en mangeant^ et d^une année à Tautré ils sont arrivés k prélever sur la nation française une somme vraiment effrayante. La loi de 1832 a du reste produit un effet salutaire.
1827 5,487,296 4836 5,367,904 . 1828 5,79^25 (Note du B.).
. ( T8 ) mil paâttger. No& » il ne orofail pat è Y'^fftcÊtcité ^soîoe de œ faial sf^ma , el e'ert lovrt au pfais s'ii eàt cûDsc^ti i le vo^r peser snr lef eo&soiiiiBa*teurs plus de einquaale aos. Ëh fa^a I en ^rctià {dus de eent cioqiianie qui $^ $ont ëootilés depuU la BMirf de ce grand kovime^ et les droits » ^om de diminuer^ ne font qu'augineoter. Sous la Gon^titeante^ on ne payait que 3 francs le droit de £iire veni^* nn bœuf de l'étranger, ^1 aujourd'hui le ^êa en réclame 6^. C'est là un pwQvé^, maU ua pnagrès en arriéra. La tonne d^ fer ne payait g^uéK en 89 que 39 à 35 francs d'entrée, et mi|intenanl on e^ige 330 à 350 francs j; et eependani }l ne faut pas giaud talent pour éleyerdes boeufs«..Ëtdn fer, en avons-nous manqué , quand les droits énlecil bibles ? TËurope entière peut répondre.
iN a-t'On pas le droit de demanda aux pi^u^r
teurs privilégiés : où sont donc vos progrés?
dHine main vous demandez des ooiirannes , et àe Tautre des taf^fs ; tachez doncd'èlre conséqurats.
Mesaîeurs , je vous iais grâce des détail ; wm» il en est de même de toutes les industries : dans la plupart desbranchesde laproduclion,il ya accroissement des tarifs, c'est-à-dire une levée progressive d'iropptssurles concitoyens. Ona souvent dit qu'il ne suffisait pas, pour la prospéritéd'un pays, de produire à bon marché, s'il ne parvenait pas à écouler ses produits au dehors ; mais s'il Ëabrique à un prix élevé , comine cela arrive toujours par suite du système protecteur, le commerce intérieur peut- il acquérir 4e Vînipqrtjince? N'est-il pas évident que, pour ai^<ûr c^dques avantages sur les marchés^
( T« ) il fiwl produire ^ plut Imis pf'ixqile VélnmgWp y oQKiprU Ws frais de Uaosporl. £( qu'<m ne s'y trompe pa$^ aocorder das drawèai^s el des primes, c'^st pousser à la fal^icaiion d'objeis ÎQyeqdables.
Ce système porte un coup mortel à nos industries iiaturelles, àcf^Ues qui méritent \e nom d industries EiatÎQ^ale^ , et c'est avec raisoU que les producteurs de vins) et de soieries, par e^i^mple^ ont réclamé OMEitre une manière d'agir envers l'étranger qui ponovoque de la part de celui-ci des représailles , dcmtlebiut définitif est d'exclure nos marchandises tout comme nous excluons les leurs. Et cependant, j'invoque Topinion des industriels eux-mêmes; y a-4Hil ^1 Fiance une production plus nationale que edile des vins (1 )?
Je ne veux pas feire le procès à la grande indu^ trie f ipais je ne puis m'empècher de dire qu'en s'obsUnapt à faire prospérer des industries en serne <^ude, et à gêner les autres à ibree de tarifs et de
(1) D« iciuLtiâ it& branthea (]« la ptudoeLton rurilo, PiDdu5(,rie des vins cal celle qui cerïaînendepl mérite le plus dHnlérèt ea France; aaiil nou* y afTèleroûÂ^au» arec [irAdllecUon. En eïïelj quelle CDQlrèe daane, et d«pLiLa uu Lemp» linmèniorlajf de» hus ea aussi gratide aboudancfï, plus vaH6i, p\iiA d^lîckiiï, de cuulfiur, un sére, de fïnc>9(^j de mûclléai,j d« bouquet, de cei arûme si dèlicai, M lèg:er, grâdeux purfum qui cbamie à la fûU Todtiriit ei le gtiût? tin trouve d^eiLcellctis Tins sur dUen points du globe : U l'erse, le cap de Etonne- K^pérjin ce ^ les îles CaDaHeâ, Madère, la péninsule l^pâgtiol«, riLalic^ la Grèce, la Hongrie H le Rhia roufui>uent aux consummateurs opulents que^lqufïs rare» qualités de vin qu^nue mesquine jalousie nationale n^ noii,^ fait point déduï^ner, mais qui, unlAl d^une dureté eitréme^ lantût d^une i^iiveur alTaUie par la suraboudance de la matière suerêe, ou trop chargés d'a'cool, faiiguenl Torgane du goùi, et «sellent du ironble dans le système nerTeui. l.es plub grandi vins d» France trotit point de rivaux quand ils sont bien Taits, et c^est avec tnuta raiian qu'on a dit de cette betle industrie, quVKe était eB^eniisHemént françaises
( 80 ) {prohibitions, elle ne peut point aspirer à Thonneur de lutter avec les étrangers. Ce n'est point en montant la garde sur une chaise, et au coin d'un bon feu , qu'un conscrit se forme au métier de la guerre.
L'on ne peut pas faire un pas sans entendre les doléances de toute espèce que ce système provoque de toutes parts : car toujours les mesures qu'on aprises pour favoriser quelques-uns ont nui au plus grand nombre. Le mousselinier dit que les entraves mises à l'entrée des fils fins l'empêchent de prospérer. En taxant le fer, on a voulu protéger le constructeur de machines; mais on a empêché l'immense majorité des fabricants de se procurer les instruments nécessaires , et dé donner à leurs industries l'extension dont elles sont susceptibles ; en mettant des droits sur la houille , toute la fabrication en masse s'est trouvée compromise. Toutes ces doléances , Messieurs , vous les trouvez
Aussi, h Pexception d^ane zdne septentrionale, qoi comprend la majenre partie des aDciennes provinces de Bretagne, de Normandie, d'Artois et de Flandre, la France se liyre-t-elle ayec une grande activité à une production (40! fait sa richesse, et qui a contribué è faire' chérir le nom français chez tons les peuples civilisés. En vain le génie fiscal s'estil acharné sur cette riche proie, et a-t-il gêné, par une activilé aussi Imprévoyante, que fatale, le naturel accroissement de la vraie industrie violcole ; en vain un autre génie, plus fatal encore, celui de la protecttoUf a-t-il fermé, ou du moins rétréci jusqu'à l'absurde, le marché étranger aux dépens de la richesse publique logiquement entendue , St,000,000 d'hectares de terrain, qui resteraient entièrement stériles, ou qui ne don- ' neraient que de chétives récoltes, produisent encore en France plus de 40,000,000 d'hectolitres de vin ! ».... (Note de M. L. Leclerc, dans l'aperçu sUtistique de la France , publié par M. Augustin Girault en 1830, chez Firmfn Didot; p. 47.)
( 81 ) consigQées dans l'enquête. Tous les exposants s'élèyent contre les droits sur la houille et le fer; mais les fabricants de fer et les extracteurs de houille répondent : si vous diminuez les droits p nous sommes perdus.
A propos de fer, il n'est peut-être pas inutile d'a« jouter que les tarifs ne protègent pas toujours ceux qu'ils semblent protéger, et ceux que les créateurs du système ont voulu protéger. Vous savez ^ par exemple, qu'en 1 81 6, 1 822 et 1 826, on a augmenté les tarifs à l'entrée des fers étrangers, croyant protéger , par cette augmentation^ les propriétaires de forge. £h bien ! ce sont les pr(^riétaires de bois qui ont profité de l'impôt mis sur les consomma* leurs. En effet, le fer n'est autre chose que le produit du minerai traité par le bois ou le charbon. Fartant de ce fait, les propriétaires de boi$ ont voulu prendre leur part , et la plus forte part dans cette curée ; tranchons le mot , et ils ont vendu leurs bois plus cher. Or , Messieurs , et je répète ici ce que tout le monde a entendu dire, ces propriétaires intelligents se bornent à faire encaisser leurs revenus. Mais ce n'est pas tout : nous nous chauffons, tous tant que nous sommes, et la nation entière paie le bois fort cher, comme vous le savez aussi, pour que les producteurs de fer soient encouragés et protégés dans la personne des marchands de bois. Je vous le demande, n'est-ce pas gaspiller le bois que nous adonné la Frovi-* dence?
Voici maintenatit un autre cas dans lequel les tarifs n'ont absolument servi de rien , dans l'intérêt
Blanqui. f
(82) (b l'iodustirie qui les a r^hmés : je ve»x parler de la qiiestioii des sucres* Gemme jd von» l'ai dit ^UYQAt % {laus pfoduisciiis le sucve phi» ckéreme&t çffm tCAit le Blonde ( d'ailkurs non» ne oou9 écartons pas beaucoup de ce principe pour la plupart 4e^0€i indiis^kes). iiorsifue, par hasard^ itRous Wç'^\^ 4e4 noua plaii3^âre de cette infériorité^ les e<4w^ répondeol :*- il nous,es% impossiMe de donip^ 1:^ s^icre à auasi bas prix que les oultiTaleiirs delà Ja«Eia¥|ue.-— Mais pourquoi donc^ piitisque YOMS vivez s^MAsU n]^aie talitude^ que vos. terres sp^A £éçon4^ea par te^«ïémecieIeèle>nQiéa\e»cl^ma«? -7r-t4 t|QiiM^ <^ quiestioAS burs reprëseAlai^s ne sav^^t qve répfondre ^ ^ mioi non plua*.. Mais pour-- Sii^^^>i)s : \fd^ pf od^cteiu^s. de sucre eM cksmaadë ifff^pKOtectioAi^ et ils VomA obleBtueicu^^ tràa-^wte q^Qj^il^, G#pei^di9Mir (^ 9^i est encore fort nater^)^ i{bs4^ipa4ilEi4i^^aAqiM(ece|^ proi^tioa ÊaÉangpseatàe, ^ 9^ aççi^iWit l^u;r demande. CeMe surtase<a pe»fJ^qu^q^e^awM^âlé ^ ëtev^qmJea^aekefclbé, }^ iqi^ les «o^t^iphSiposs^Ulm^ à feiro du s^^cre em î^i^am^ t ^^ f 4e P9^»w d^ eeltii d;^ eobm»^ èwen, ij^ ii^Q^d^^. Af rès^ pl^itwvs essais £aîts. à roQ;4>r^ du t^rif , qui posait sw tesucce ds eajaae> 9j)i parvint?, faire de très-l^ipt ^% de tiîésr^feeau «mo ^XQC la betterave, et en^^^sez grande qiiaol^té ponac I/$ supplantei: totaleoient dan^s <|i«eiqjies, wnéea» es entonner le canti/(^e desaint Çixnon : Dhyncdimùiis s^r^um tuum^ Domine/ etc. Les colons onâ. vrii^ quoique un peu tard, l'inutilité des tarifs, et s'étaïaé a^ipésd'iwç bell|3. résolution ppw* pficdi¥i?o des sNyççes l^eauj^; bPW et à, uga m^çhié vséimmlBi» ,
(83) ih se 90nC mis h demander la liberté du commerce an sucre avec cette ténacité devenne proverbiale qElïs avaient mise à la reponsser quelques années ai^paira^vant. Je ne les blâme point ; mais avouons qiie e'est par là qu'îbanraMit dtr commencer.
S^fl est vrai , comme Fa dit la cbarte, qtre tous tes Français soient égaux devant la loi , les feît» que je vi«ns de vous citer violent h cbarte ; car ils constatsent une distribution îlFégitSme des profits dit Iravail. Mais laissons de côté te point de vue poKtiqtte, fort important, vous te voyez, mais qui ne peut être abordé diams cette enceinte, et considérons exehïsivement la question économique. Sans sortir des bornes dte notre ensetgncmeni, tousvie- Be!7 dte voir qne le système proteefenr est un impôt onéreux, iwégatement i^éparti, qm n'a jusque eê joat efigencké que cherté , embarras et souffeaâee, eidès-ters^la conchision est focileà tirer... ièfaut qn€F la société en soit le plus tôt possible déborrassée.^^-^ on^ disait aux producteur» français': voilà te charbon* , le fer , te coton r 1^ ^Ane et les^ mfttièresr premières dont vous* avez besoin; les voilà à aussi bon marché qu'à Londres ^ à Manchester el à Livi^poolf pocuvez^vous lutter maintenant? UII0 véponse aifirnKitive ne se ferait pas attendre^ et bientôt HdÉre malaise imlustriel di^paraitif^ait. Msâs maUx^iretisement^ ce jour, quejepm&appe^ 1er gtorienx-,, est encore lom. En France^ on . vttttS^lVdit^ il est si douœ de çti^re (on est tenté de meHipe do/rmir) c^to^redesÈa fsl
Le système proteetsui; peu4 se ts^Mluire amsv: un système qui a pour but de forcer te public à
(84), acheter plus cher et à forcer le fabricant de produire d'une manière plus dispendieuse : or^ comme chaque industrie consomme avant de produire, vous voyez où il conduit. Que si, au contraire, nous pouvions tirer tout le profit possible de vos industries nationales , les gens aisés pourraient avoir plus de jouissances , et les pauvres pourraient satisfaire plus de besoins. Ne croyez-vous pas que û un mouchoir qui vaut 20 sous n'en valait que 1 0 , tout le monde, ou presque tout le monde n'aurait pas une demi-douzaine de mouchoirs; que dans la même hypothèse , la plus modeste chaumière n'aurait pas son rideau pour repousser la bise , une nappe propre sur la table et tant d'autres petits objets qui font la douceur de la vie? Les tarifs disent à une immense quantité de consommateurs : voilà des produits , mais ils ne sont pas pour vous. Ils disent à l'ouvrier : voilà un produit qui coûte 40 sous; mais tu t'en passeras, paix^e que tu n'as que 30 sous, et puisque les 10 sous qui te manquent ont été prélevés pour les droits. — C'est un viol de la propriété pur et simple , aux dépens des plus malheureux ; ^'est une iniquité.
Ce n'est pas nous. Messieurs, qui souffrons le plus de cet état de choses ; car , à tout prendre , nou^ sommes une véritable aristoci^tie. Les habitants des villes, pour la plupart, ne tiennent pas à quelques sous de plus ou de moins , qu'ils peuvent toujours rattraper avec un surcroit de travail et d'activité; mais les gens de la campagne, au nombre de près de 24 millions , n'ont pas cette fa-
( 85 ) Gultë^ et pour eux, les 80U8 sont fort difficiles à recueillir.
Il faut donc abaisser les prix pour que le fabricant y gagne un peu moins chaque fois^ mais pour qu'il gagne plus souvent , et en définitive qu'il gagne davantage. Mais en supposant pour lui le même gain, il y a bien plus d'avantage pour les masses à ce qu'un bénéfice de cinq sous , par exemple), soit décomposé par l'organisation industrielle à cinq fois un sou.
Je viens de vous parler de la liberté du commerce ; permettez-moi de m'y arrêter un îrstant. La liberté du commerce est la seule que la révolution (et elle ne se faisait pas faute d'essais)^ n'ait pas essayée. Révolution politique , révolution religieuse , révolution législative , révolution administrative , etc. , nos pères ont tout commencé au prix de leur sang et de leurs biens; mais ils n'ont pas eu letempsdesonger à une révolution commerciale: préoccupés de l'indépendance du pays qu'il fallait défendre avant tout, ils n'ont pas eu le temps d'aborder quelques questions d^économie politique, qu'ils nous ont laissées à résoudre. A chaque instant , la convention irritée éprouvait le besoin d'exciter la haine des étrangeîrs coalisés contre la nationalité française, et mettait au nombre de ses moyens de lutte la défense d'acheter ses produits. Napoléon maintint cet esprit anti-civilisateur, qui lui permettait d'exécuter ses projets de conquête, et son fameux décret de Berlin n'est qu'une philîppique prohibitive lancée contre l'introduction des produits étrangers et des produits anglais surtout.
comme des armes de guerre, et non poûii fmmwe d«$ m>liilioQ$4'Àx)iKwie politique^
C'est S9U» rin£Uieao9 de ces id<ée# , dont iiatre^ ^poqn^ A h^ité , qu'oi» veut «ncora aujourd'buiy à l'instar de U république et de l'^mpir^ , &ire h l^uerre d^ tarif$« G€|>endant le temps de la liberté du coouïterce semble être venu^ La haine desétrangej^ f bonne en tout genre ^ quand les étrangers se ' liguent contre la patrie , est un non^sens , quand ces mêmes étrangers, sur lesquels nous avons amplçmept pris nptre revanche, nous tendent la main; et il faut alors rayer de la langue économique des mots barbares et dépourvus de sens- — Notre pays avant tout ( «'écrie-t^^n encore quelquefois ) ; il feut que la France achète à bon marché.. — Mais qu'est-ce à dire? pensez-vous qu'il soit possible que tout le monde »e montre patriote au point de toujours vendra à Tétrangeri sans jamais lui acheter? Ne ^vez-vous pas que quand uue balle de coton arrive d'Apaérique , il part de Bordeaux un tonneau de vin ?
Mais revenons aux tarifs, et poursuivons Texamen du rôle qu'ils jouent en France. Si quelqu'un s'avisait aujourd'hui d'imaginer un procédé plus ou moins bizarre de produire en serre chaude, un café indigène vraiment national; pour faire concurrence au café, que la France tire d'un pafs étranger en payant un tribut ; si, dis-je, ce quelqu'un était obligé, pour couvrir ses frais de revient, de vendre ses récoltes à raison de 1 5 ou 20 francs la livre; il ne tarderait pas à demander un tarif
^ le iefl^M ^mi ceurC, ce tarif ne loi steimil {lâiftliMMr»* dé.Et pouriâ^ «n ÉdininisCratenir isensé ne devrais il ^s éirie en drœt de r^ondre à une fterabhtite demande : «r II 9emt plus utile pour ki uâlien <^ TOUS pfe«li6siec des chouiL ! — ^fih bieb { j^ vous te defnande^ sans outrer tacomparaisou^ faisons^hbuè autre diotè ? Les trois quarte des produits protégés ea sont là« La houille est protég;ée ; mais à i^uet titre?.... Pour obtenir ce charbon > il y a un ttY>u et des ^lerieft à ouvrir ; il y a long- temps que nos ingénieurs savent pratiquer de semblables travaux; eh b\&Bk\ naguère encore ^ la houille était protégée d'une manière êKorbitante : aussi ^ pendant tout le tei^ipsque la protection a duré, la production est restée stacionéaire, et si elle a foit quelques progrès » c'est depuis qu'on a abaissé les droits. Qtt^on abolisseentièrement les tarifs, et vous verrez que les propriétés houillères deviendront les plus productives et (Mir conséquent les plus recfaerchëesw C'est la contrebande qui a fourni les pi'ànières données à l'industl^ie des châles > et c'est la liberté et la concurrence qui l'ont forcéieà se développert Depuis qu'il n*y a plus de protection^ Thorlogérie de pacotille si importante et qui était le domains êâcclusif dés Suisses, est devenue Française^ C'est que rien n'eàrcite l'émulation des hommes capables f et ne harcelle la lâcheté de ceux qui voudraient rester stationnaires ou rétrograder, comme la concurrence.
Ne soyei pas surpris de ma vivacité contre notre système de protection : l'étude seule de quelques
( 88 ) détails, de ceite organisation malheur^iae est faite pour irriter, et l'on ne tarde pas. à s'apercevoir que ' si le aystéme protecteur est détestable dans ses effets et dans ses conséquences ^ il ne l'est pas moins dans son application. J'ai passé quinze ou vingt fois la frontière; partout , quels cpie fussent les chefs ( ils n'y peuvent rien ), j'ai été témoin de vexations ridicules et intolérables*^ mais dont on est forcé de reconnaître la néc^sité /si l'on admet le principe^ Mais passons sur la forme : outre les frais à payer, il y a toujours perte de temps; les coUs et les emballages sont brisés; et cette guerre du gouvernement contre le commerce , cette arméede 20,000 hommes gagnant 20 millions , qu'on pourrait mieux employer, ces créations d'entrepôts fictifs ou réels, n'oni été imaginés çjue pour percevoir 100 millions, c'eât-à-dire, un dixième durevenu national seulement. Je suis convaincu qu'avec lalibertédes transports, la multiplicité des échanges ferait arriver au trésop une somme bien plus considérable : combien de marchandises n'ont pas ' pris la route de France à cause des frais et des entraves dû tran3it ! *
Cependant, soyons justes en finissant. On commence à sentir 1^ désastreux effets du système protecteur* H y a peu de jours , des filateurs de Un ont adressé au gouvernement anglais uue péti^ tion pour que celui-ci engageât le gouvernement français à ne point augmenter les droits sur les fils de lin que les Anglais nous envoient. Nous filons bien le lin en France , mais nous ne le filons point assez bien. Malgré le prix de un million que Napo«
(89) léoD promiè à l'inventeur d'un procédé de filature à la mécanique, ce sont lesÂnglais qui ont trouvé ce procédé, et aujourd'hui ils achètent nos étoupes et en font pour nous les fils qui nous servent à tisser les batistes et les toiles. Nos fiiateurs du Nord ont demandé des droits « pour les protéger contre T erwahissement des produits anglais. » Ainsi , ils n'ont pas pu découvrir le procédé , et ils veulent maintenant qu'on les protège pour encourager quelques mauvaisesexpériences. Les Anglais se sont engagés à abaisser les tarifs, sur les vins , si nous voulons bien avoir le sens commun. Les tisserands et les producteurs de vin ne demandent pas mieux, et j'espère bien que les deux gouvernements s'entendront sans tarifs.
S'il arrivait que chaque pays s'enfermât dans ses propres limites, l'excès de la production stimulé par l'excès de protection amènerait bientôt des encombrements auxquels tous les états tendent , mais qu'ils évitent en faisant tous un pas, une concession. Peu à peu chaque industrie choisit le climat qui lui est propre ; les frais de production et les prix diminuent, la consommation augmente, et avec elle les bénéfices du consommateur et du producteur. CVst ainsi que les guerres deviennent plus difficiles ; et qu'il est même permis d'espérer que nous n'en verrons plus jamais. Les ressentiments s'éteignent, et si la manie des coups de fusil nous prend encore de temps en temps, c'est en Afrique que nous allons les tirer. Ce n'est pas la poudre qui manque, mais l'argent, et l'on sait que toute guerre est une main de fer attentant' au sa-
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