DES CAPITAUX
La même cause qui influe souvent dans Tindustrie sur l'élévation des prix de revient : le manque
DE CAPITAUX SUFFISANS et le TAUX PE l'iNTÉR^IT, SC
fait sentir aussi dans le peu d'activité de notre grand commerce. C'est qu'à celui-ci, comme à l'industrie manufacturière , il faut des capitaux énormes pour conduire jusqu'à la fin ses entreprises; c'est que le navire qui part de la France avec im chargement de drap, de mousseline ou de TOILE ^ le transformera successivement en bois,
SUCRE^ COTON, UNDIGO, GOMME, THÉ, CtC, avaut de
revenir dans le port d^on il est sorti, et mettra souvent plusieurs années à ce voyage.
On ne peut donc s'étonner non plus que pour de pareilles spéculations, le taux de l'intérêt des capitaux engagés soit plus élevé que pour d'autres opérations; car il se proportionne aux risques à courir qui, dans ce cas, sont considérables. Ce ne sont pas seulement les chances de mer, les naufrages, les AVARIES qu'il faut craindre ; presque toujours d'ailleurs elles sont couvertes paç des assurances spéciales ; mais on peut encore redouter qu'une faute commise par le capitaine ou le.subrécargue ne vienne compromettre le suécès de la campagne; par un achat conclu à des termes désavantageux, par une vente mal faite, etc.
( «01 ) Le commei'ce exiérieur ne convient au reste qu'aux nations qui ont une population et des capitaux surabondants^ inutiles à féconder l'industrie ou l'agricuilure, arrivées au dernier degré de la perfection ; or^ telle n'est pas la position de la France. Si une partie de ses habitants est inoecupée^ ce n'est pas faute de terre à cultiver ou à améliorer, faute d'industrie à exercer; mais parce que les capitaux manquent pour féconder la terre et faire des avances au travail. A plus forte raison donc, ne doit il pas y en avoir pour le commerce d'exportation , dont M. Say a dit : « Quand les « circonstances politiques interrompent les rela- « tions extérieures, une nation ressent la privation « de quelques marchandises exotiques, et de quel- « ques PROFITS qui naissent du commerce exté- « rieur; mais elle n'en reçoit pas des coups aussi « profonds, aussi sensibles , que des lois et des « événements qui portent atteinte à son industrie « intérieure. » (Traité, tbm. 2, p. 459.)