VINGT-TROISIÈME LEÇON
lOFéffierlISS.
DE L'ËSiCUTlON DES GMEIIINS DE FER.
êoMiiÂiaB : Utilité dei Toiei de commuDicatioB ; comparaison entre tes desx Amériqaef, l^ine est riche malgré aon. toi, rentre est panvre arec •on riche climat.^ Opinion de Pascal sur les routes.— Prpfession de foi de M. Blanqui relatlTement aui chemins de fer par le gooyememeni. — 4lotffs i rappnl de mon opinion.— Les concessions i des compagnie! donnent naissance à de grandes fortunes i edté de misères plus grandes en€ore.~Diminntion des prix de transports et rapidité de ce dernier • mode. 11 lant que tout le monde paye pour les chemins de fer pnisqve tout le monde doit en pro6ter.— Si les compagnies sont chargées de Pexécution des chemins de fer, elfes retireront des fonds nécessaires anx antres branches dindustries. Gon? ersion des rentes.--Les chemins de fer doi?ent doTenir roMNiius du peuple.— C'est par la France que passeront Toyageurs et marchandises pour presque tons les pays.^ ÂTantages qu'on en retirera comme tra?aux d'art. — Les chambres doirent discuter : c'est leur mission.
Messieurs^
Naus avons reconnu^ dans nos précédentes le-* çons^ rutilité des voies de communication; nous étudierons ce soir les différentes questions soûlevées-par le projet de loi sur les chemins de fer^ présenté ^ il y a quelques jours ^ à la Chambre par le gouvernement.
Agissant à la fois comme cause et comme effets
les routes sont en même temps le produit d'une civilisation a Yancée, et le plus puissant moyen de hâter les progrés de la civilisation. Je vous ai parlé Tautre jour des accusations dirigées contre les Américains du nord, pour avoir sillonné leur payS' d'un va$tè système de Vêles de communication , avant même , pour ainsi dire , qu'il ne fut habité ; il suffit, pour apprécier le mérite de ces reproches , de comparer Tétat actuel de la population^ de Tagriculture , du commerce et de Tindustrie, dans les deux Amériques : dans celle du Nord , où les immenses travaux dont je vous ai déjà parlé ont été eptrepris et ej^écutés ; et 4an$ U partie du Sud, plus fiavorisée cependant sous le rapport du cliojiat et de la fieu^tiUté , et où il n'existe pas même une bonne route de la Vera- Crqx , le point le plu3 important , à Mexico , la ville la plus considérable.
On n'observe nulle part ^ucun progrès dans les arts qui ne soit contempprain d'une amélioration du sûTt de rbofnnie, et d'un perfeetiannament daos les moyens de transport. Les sentiers ont ^t^ reqiplacés par les chemins, et ceux-ci par les routes ; les rivières à leur tour ont suppléé les routes, et les canaux, les rivières, les rails-ways viennent remplacer maintenant les chemins et les routes , les eanaux et les rivières. Pascal disait : cf Les fleuves sont des routes qui marchent ; »> il pourrait dire aujourd'hui : « Les chemins de fer sont des routes qui volent, m Grâce à eux, le commerce aura bientôt ^ lui aussi , son télégraphe. < Il y a dans l'avenir de ceï nouveaux moyeaitde
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tnntpovt Uea en d^s^s •nomv faioertftiii^. K pdioji^ dëeoiiv«rtr , ils n'o»t«noore été soim^qu'à des essais intuffisants^ les grondes expériences dé scmt pas faites; il n'appartient qu'au temps d*y m^^re la dernière main , poin^ r^Énplae^^ pèiit^ être par unQ*prganisation mettleure et nouv^le , k» sy^mes que nous pvoelamons aujourdliui les plus complets.
L^s cheoiins dé fer ne sont pas Seulement des machines puissanles mises à la disposition du eommeroe el de rindustriej agents essentiels de la civilisalion 9 dont ils indiquent les progrès ^ ils lOQt devenus indispensables à tous les peuples qui voilent conserver la place qu'ils occupent parmi las nations les plus avancées. A ce titre, la France na pcmvait tarder plus longtemps à entrer dai^s 1^ voie où l'avaient précédée^ depuis quelque te$ips d^jà, l'Angleterre, les États-^Unis et la Belgique. C'^st pour iiipondre à ce besoin que le gouverne* ment a présenté l'autre jour le projet de Idi à Tejuu men duquel je veux <^nsacrer cette leçon tout entière ; mais^ ayant de commencer, j'ëprouvQ le ti^soinde faire une {m>fession de foi, qui établisse d'une manière positive Les principes 4'après lesv^ qu^lf j'ai formé mon opiaion sur cette question , dçv#iiw si délicate, de l'exécution des grands travaux i^Wics. .
L'administration demande que l'exécution de toutes Içs ^prand^ lignes lui soit excludvement réservée ; j'adopte complètement ce système ,: paroi que j'y vois de grands avantages potir les intérêts gi^bàraux p et la certitude que les massM neaaront
(128) plus $acrifiée$ aux kidividuatités. Et qu'on ne croie pas que cette conformité de vues avec le gouvernemeut me soit dictée par les exigence^ de ma position. A cet égtkvd , vous le savez , je ne reconnais d'autre obligation que celle de suivre les inspirations de ma conscience; mon approbation est acquise à l'administration toutes les fois que ses projets et ses actes me semblent conformes à Fintérét du pays; comme aussi, ma critique, quelquefois même un peu vive, ne ménage pas ses erreurs et ses fautes. Je Tai attaquée à propos de^ douanes; et l'autre jour encore 3 je n^ai pas laissé échapper Toccasion de qualifier, comme il m'a semblé devoir l'être, son projet de loi sur les sociétés en commandite, qu'il faudra à toute force chan* ger dans ses deux points les plus essentiels, si nous ne pouvons parvenir à le faire rejeter entièrement. Ck>mme vous le voyez, Messieurs, mon indépendance est complète; car mon concours sur un point n'est que la sanction de mes dissidences et de mes attaques sur d'autres. ,
Ceci posé , j'entre en matière.
On avait longtemps reproché au gouvernement de n'avoir pas un système completpour les travaux publics^ surtout en ce qui concerne les chemins de fer; il est venu, l'autre jour, donner sa tisfection à ces plaintes , et formuler ses vues sur cette importante question.
Son système se compose de neuf grandes lignes, savoir :
1 . Ligne de Paris à Rouen et an Havre, avec embranchement sur Dieppe, Elbeuf et Louviers;
2. Ligue ëe Paris à la frontière de Belgique , parLille^d'une part; el parValenciennes de l'autre, ' avec embranchement par la vallée de la Somme, sur Abbeville, Boulogne^ Calais et Dunkerque;
3. Ligne de Paris à la frontière d'Allemagne, par Nancy et Strasbourg , avec embranchement sm* Metz ;
4. Ligne de Paris vers Lyon et Marseille , avec embranchement sur Grenoble ;
5. Ligne de Paris à Nantes et à la frontière maritime de louest , par Orléans et Tours ;
6. Ligne de Paris à la frontière d'Espagne , par Orléans , Tours , Bordeaux et Bàyonne;
7. Ligne centrale de Paris à Toulouse, par Orléans et Bourges ;