IMPÔT, BANQUE, AMORTISSEMENT, SALAIRI S^ TRAVAUX
PUBLICS, ENSEiGNEMFNT, sc prodilisait-il dans la presse ou dans les chaa>bres , ils s'en emparaient , et, prenant de là Cexle pour examiner toute l'institution sociale , de[iuis sa base jusque dans ses dernières conséquences, ils en signalaient les vices et les défauts , indiquaient les modifications à introduire , les réforaicH désirables , et formulaient leurs plans de réorganisation de la société.
•Au Producteur succéda le Globe , qui fut, jusqu'en 1830^ la tribime dont les Saints-Simoniens se seivironl pour développer leur thèse Je Témancipatiou des travailleurs, devant un-auditoire composé des hommes de presse et d'affaires les plus compétents pour traiter ces questions.
Ils prédirent avec une admirable exactitude l'avenir réservé , suivant eux , aux ports de la Méditerranée , à Marseille , à Alger, Alexandrie. Ils montrèrent cette ville comme la grande route
( 233 ) lie rinde. U y a huit mis qu'ils écrivaient sur le rôle important que ces conirées devaient jouer un jour dans Thisloire de la civilisatron et du commerce, et déjà toutes^ leurs prévisions se sont réalisées : le service des paquebots postes a fait de la Méditerranée une grande route de Marseille à Alexandrie, et les Anglais s'occupent de continuer la route jusqu'aux Indes.
La révolution de 1830 , qui vint donner raison au système des Saints-Simoniens , en montrant la supériorité de force des travailleurs sur ks oisifs^ fut pour eux un écueil dont ils ne surent pas se garantir. Témoins du renversement en trois jours d'une monarchie vieille de quatorze siècles, ils crurent qu'il suffirait de quelques mois pour ac-complir toutes les réformés qui leur semblaient nécessaires et qu'ils avaient indiquées. Impatients de voir combien le progrés était lent, ils voulurent le hâter et ouvrirent dans Paris des lieux de réuni\)n, que je nesaiscomment nommer, club, école ou temple, et dans lesquels ils exposèrent avec chaleur, parfois avec exagération , presque toujours \xec talent, les plaies de la société et les remèdes qui pouvaient les guérir.
I/unc des grandes fautes qu ils commirent fut de diriger leurs attaques contre un principe social jusque là inspecté de tous , même par la pensée, contre la propriété : ils osèrent prêcher qu'il ne devait plus y avoir d'HERiTAGES.
L'un d'eux écrivait à ce sujet :
« La société ne se compose que d'oisifs et de )) travailleurs ; la politique doit avoir pour but
( 234 ) , » l'amélioralion morale , physique et iulellec- » tuelle du sort des travailleurs , et la déchéance » progressive des oisifs, la destruction de tous n LES PRIVILEGES DE LÀ NAISSANCE; quaut aux tra- » vailleiirs, le classement selon les capacités ,