‹ Cours d'économie industrielle, 1836-1838Chapitre 71 sur 105 · MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS

Suivant lui, la nature fonctionne d après quatre principes, savoir:

Mouvement socul , comprenant le gowerne^ menly les lois ; ■ s .

Mouvement animal , comprenant Ifes instincts et les passions; /

Mouvement organique, comprenant \e^ formes et les couleurs;

Mouvement matériel , comprenant la granta^ tion et tous les phénomènes physiques.

Bien que fort obscure , cette pensée d'organisation nous o(fre du moins un point important; elle repose sur le principe d'association. Fourrier attaque dans son livre ce qu'il appelle les abus du travail morcelé ; il nous montre dans un village composé de cent feux , cent caves , cent cuisiues , cent femmes occupées à faire cuire les mets, cent pour les popter aux champs, cent voitures pour transporteries produits à la ville. Que de force, s'écrie-t-il , que de temps et de capitaux perdus dans ce fractionnement , et combien d avantages et d'économies n'y aurait-il pas à réunir toutes ces molécules divisées ! Les habitants produiraientplus et ils seraient mieux nourris, mieux logés et mieux vêtus.

On trouvera peut-être que ce n'était pas là une idée neu%'e ; déjà , en effet , on avait observé dans les couvents, les casernes et les collèges, en un mot , dans tou(es les communautés , les bénéfices qu'offrent certaines préparations et consommations en commun ; mais il est des vérilés sur lesquelles on ne saurait (rop revenir, et qu'il importe de répéter sans cesse. — Celle-là est du nombre.

Fourrier observa encore que dans 1 état actuel , le TRAVAIL, sans lequel Fhomme ne peut vivre, ni les nations subsister, était rebutant et qu'on ne s'y livrait que contraint par la nécessité, au lieu d'y être porté par Tamour. Si Ion forçait, dit-il, le plus grand amateur de musique à entendre cbaque jour Un opéra en dix ou douze actes durant douze ou quinze heures, il déserterait bientôt le plaisir dont il est si avide aujourd'hui. Comment donc trouver de l'agrément et porter de Finléret à des travaux pour la plupart péniblement ennuyeux , surtout si on les compare à Taudition d'un bel opéra ? travaux qu'il faut recommencer cbaque jour, et toujours pendant douze, qua(Oi*ze ou quinze heures de suite , et pour lesquels on n'obtient en récompense que des salaires insuffisants, des habitations malsaines, des vêtements en lambeaux I et pas toujours une place dans les hôpitaux et les hospices.

Fourrier, douloureusement affecté à la vue de tant de maux , conçut la pensée généreuse d'y remédier, en rendant le travail, jusque là si dur et si fatigant, varié et attrayant; et douce la condition si précaire de l'ouvrier.

U voulut; en un mot, que tous fussent heureux et à l'abri du besoin , bien logés , bien nourris et iHên vêtus ; et il espéra obtenir tous ces résultats au moyen d'un système social tout particulier que je vais m'efforcer de vous faire comprendre (1).

(f On aura une idée de la phalange , si l'on se représente un territoire d'une Heue carrée environ , peuplé de quinze cents à deux mille personnes, et exploité comme Te domaine d'un seul homme'. Chacun, à l'exception de l'ameublement, du linge , des objets qu'il consacré à son usage individuel, a apporté à la masse sa propriété mobilière et immobilière , dont la valeur, bien augmentée par le fait de la combinaison nouvelle, lui est garantie sur ses titres d'actions comme clic l'est aujourd'hui sur ses titres d^ achat.

» Les haies, les murs de clôture, les démarcation qui hachent , dépècent misérablement et enlaidissent le canton , ont à jainais disparu : tout est en harmonie dans la phalange, l^lus de chances pour des contestations vicinales et des procès. L'anti^ de la chicane et le gouffre avide de la justice sont désormais tout-à-faît libres de se fermei*.

» Les cultures sont distribuées avec une élé* gante et sage variété dans le grand domaine uni-

(1) Afin de ne point m'écarter d^an seul point du système de Foorriery daot Peipotftfon qne J^aTtit k en faire ici diaprés M. Blaoqui, j'ai reproduii textuellement U description qn'en donne M. V. Considérant, le principal élèTO de Fourrier, d»n9 son ouvroge intitulé Destinée sociale»

(^yofe du rédacteur,') ' Blaoqoi. i(i

taire. I^e PUALA^âTKRB<,( deiQeijtfe de U pka-* lange i la phalange ,. réunion «le *,500 à 2,000 personnes) s'élève au centre 4* cuUup»^ La phalange i^*aqu^ faire de 40() cu^ioea ^ 400 éU^ blés, 400 caves, 400 grenwsj elle a'a ^ue faire dç cette multiplicité de maga»ns:, de.boutiques et des mesquine^ con^tructiam mçoM^^Ptes que la complication acXueUe pro^^;i^ et^jtreiient à grands frais, etqi^e chaqi^e famille répète suiyastt ses moyens. ,

» Quelques grands et beaux. ateliers, quelque vastes locaux lui suffisent pour préparer le$ aliments plus ou moii^s recherchée des différentes classes de fortune^ pour confectionner la& tiarni» du grand ménage , et emmagasiner les téwites «t les produits du canton. *

» Le Phalanstère se compose d'un corps central, au milieu auquel s'élève la tour d^ordre; les d^ux ailes qui tqpfibent perpendiculairex^ent sdr. le centre, forment la grande cour d'hozvoe^rj puis les deux ailerons reviennent en bord 4eferà cbeval; les bâtiments ruraux sont postés e^ avant* . :

» Les corps de bâtiments 3ont redoublés; le Pha* lanstère se replie sur lui-même , pour éviter une trop grande étendue ^ de front / . w. ,tJloigne«ûent trop considérable des ailes et du penjtrej pom fevorîser, enfin ^ l'activité des relations en les concentrant.

» Les ateliers bruyants, les écoles criardes, sont i-ejetés dans une cour d'extrémité, au bout des ailerons. Le bruit s'absorbe dans e«tte eour de tapage , et Ton évite ainsi ces insupportables fracas

( 245 ) de t0^(M9 natures ; rë}ttfidus «u hasard dai|s Ums k» quartiers des villes (ïiviliiéés, où reinclume du i)»rgtron et k iiarteati dci ferblantier conspirent eontre leseréiUes pabliqties , arec le flageolet > la darine^te, te cri des en£ants et des écoliers.

» A Taileroû dé Tautre extrëmitë se trouve le earanransérail ou hottUecie affectée aux ^trauigers*

•>i Leè grandes salles de relations géoërdes pour kl régence, la bourse^ les réceptions , les bals, les concerts, etc.«*^ c^iit situés au ce^itre du palais^ aux envIroAS de la tour d'ordre ; puis les ateliers , les appartements <k dimensions et de prix variés sent répartis dans tout le dév^c^pement des bà«* tinients; Les ateliers sont généralement au i;ez^de* chaussée, comme il conTtent évidemment*

» Les espace ènlre les bâtim^ts sont des cours plantées darbred, rafraidUes jîar des bassins et alfeetées à di^iéreiits serrkcfi ; elles peuvent être ornées de platetibande^ ktdi^ parlielrres inléri^ir»^

» Bans le graqd carré mnirhl se trouve lejanim dhwtr^ planté en partie d'arbi^es verts et rësin^ix» afin qu'en toute saîséQ il piissae récrëcTi les yeux ;. tout à Fentow* ^nt disposées les serres les. (dus précieuses, dont on peut combiner Tai^ra^i^nient avec 45elui dï« galec ipaiet de? ^aUaa de bains* ;

; M Doutes le^ piîèces d? constructi^ti barn»onk|ue^^ appartements ^t ateliers., et tous les eorp$ de beh ûmentSi s(HitnQliésenti>e eux par uAe soe &iL«aiB qui les e^ptibrasse, circule autour derédifioaec l'enveloppe tout entier. U est inutile de dire que ces gak»ries sont bien vitrées , ventilées et ra-. fraichies en été ; chauffées en hiver ,. toujouiis

( 244 ) bien pourvues d'air et agfrëablement tempàrées.

» Au point central du palais s'^ve et domine la tour d'ordre : c'est là que sont placés Tobser* vatoire, le carillon, le télégraphe, l'horloge, les pigeons de correspondance, la vigie de nuit; c est là que flotte le drapeau de la Phalange. Là tour d'ordre est le centre de direction et de mouvement des opérations industrielles du canton ; elle commande les mouvements avec .ses pavillons , ses signaux, ses lunettes et ses porte-voix > comme un général d*armée placé sur un haut mamelon, n

Vous avez vu par cet exposé delà partie matérielle du système de Fourrier, que celui-ci reposait sur le principe de l'association, c'est-à-dire du travail etde la consommation en commun. Mais vous avez vu aussi qu'il admettait linégalité des fortunes^ à la condition, toutefois, que même le moins favorisé sous ce rapport; aurait encore une quantité suffisante de bien-être ; qu'il fût , comme je le disais tout à l'heure, chaudemeht velu, proprement logé et sainement nourri. Car ce que voulait Fourrier, ce n'était pas un partage égal des profits du tra* vail, mais un partage plus équitable que celui qui a lieu aujourd hui.

Dans sa répartition , dont l'application usuelle ne serait pas la partie la moins dffîcile de l'oeuvre, il fait concouru' le capital, le talent et le TRAVAIL. Ainsi , le propriétaire qui a cédé à la Phalange ses capitaux et ses terres> et qui^ reçu des ACTIONS en édiange de ses titres , a droit à une part dans les profits ; le talent qui conçoit et dirige en a une seconde , et le travail qui exécute

( 245 ) une troisième. La masse des bénéfices se trouvant ainsi divisée , chaque membre de la société reçoit une , deux ou trois parts , suivant (\ue son concours à là production s'est borné au travail manuel, ou qu'il y a joint, soit le talent, soit le capital, soit encore l'un et l'autre. .

Fourrier propose seulement, pour la formation de ces parts, d'apprécier le travail dans un ordre inverse de celui qui est adopté maintenant. Ainsi, dans l'état actuel , l'artiste , l'homme de lettres, sont plus payés que le serrurier ou le maçon ; H voudrait^ lui, que l'attrait qu'offre l'exercice des arts et des lettres fût , pour ceux qui s'y livrent, un commencement de salaire qui permît de les moins payer, afin de pouvoir donner plus aux menuisiers, dux serruriers, dotit les travaux sont plus rudes et plue rebutants.

Au premier abord, cette proposition vous choquera peut-être, et cependant en y songeant, en regardant au tour de vous, il ne vous sera pas difficile d'apercevoir qu'elle a déjà été acceptée, et dans certains cas même, mise à exécution. Voyer, par exemple , le vidangeur, qui n'est, après tout, qu'un manœuvre, dont une machine remplit déjà l'office pour certaines parties de son travail, et qui finira, on doit l'espérer du moins, par le remplacer complètement : eh bien ! cet homme est plus payé qu'un maçon ou un terrassier. C'est qu'on a compris qu'outre le salaire auquel il avait droit pour sa coopération matérielle , on lui devait une indemnité supplémentaire pour le dégoût qu'il lui fallait surmonter, afin de remplir sa t»^che. Si déjà

( 246 ) qpus payons le <;l^oût| peutron dir/e que pou» i^'arri Vivrons js^ipaM à, payer la fatigue qui eogoiftr* dit l'esprit? . \ , ;

Tel est^ t>iea îqcomp)étemeat aans doute , le résumé succinct d'une doctrine que je ae me vante pas d'avoir comprise entiérem^t^ n^is dont l'étude m'a vivement intéi^essé par les vues admirables^ les éclairs de géni^ qu'elle m'a permis d'apercevoir chez Fourrier, par Tor pur qu'elle ma fait 4éçouvrir dans la? gangue de ses œuvr^. Toutes les fois que je me suis trouvé avec ce philosophe I il m'a produit l'effet d'un homme vivant enfermé avec une grande et glorieuse idée : et elle ét^it beUe et généreuse^ en effeti celle dont il était poç^édé; elle ; avait pour but f non pa^ d'abolir l'inégalité des 4^onditious,daïi^^, la s^iété^ maia d'abolir la misère et la pauvi^téj d^.t^eUre.un terme à cedés^ant contraste d!un0|;rande richesse b^risant sous les roues de son char le pauvre qui a faim^ le réveillant au bruit de seis joies dans le galetas où il rêve qu'il dine et qu'il trouvera du pain pour le jour suivant.

Fourrier entrait parfois dans une généreuse colère contre les âges passési les savants et les hommea célèbres qui^ pendant plus de cinquante siècles^ avaient remué le monde sans oser aborder cette grande réforme sociale, dont le besoin avait toujours existé^ et se faisait sentir de nos jours comme au temps des Ilotes et des esclaves.

Cet^te tâche immense , devant laquelle tant de grands hommes avaient reculé, il osa, lui, l'entreprendre et en attaquer de front toutes les difficubës.

( 247 ) Son œëprts potir le passé , ^on horreur des vices du prëeent ^ le jetèrent dans une route isolée. Brisant avec le monde (el qull lé voyait à travers ses préventions^ et ne trouvant rien dan^ notre Société qui Ml digne de respect et d^éistinie ^ il Se fil un mo»4^ et une société à lui ; lés ébnstituarit atéé ka élëments quiliri fournissaient sa puissante fécondité; et dessinant les plans de son système avec des'Signes inoonnus et dans un langage qu'il s^inquiétait peu de faire comprendre aux hommes vulgaires, po«nr lesquiels il n'avait que de la répulsionet da dégdât;

' Cette injustice de Fourrier est son grand tort , c'est aussi celui de ses élèves. On ne peut mépriser les* invalides qu'il fkût nolirrfr ^ rien faire, ca^r ils ooÊiâété bons aoMàts; or, les ancêti^es sont les inva- Ui^ de l'humanité, eux aussi ont rendu des services^ et nous devons les respecter. Au reste , la société a rendu à Fourrier injustice pour injustice; elle ne lui a rien pris , n'a rien voulu de lui. Elle l'u laissé mourir, tué par son idée qu'il croyait féconde, ei pour laquelle on Itii a refusé un sol pro* ptce. '

Le grand prchfème que Fourrier à voulu résoudre est donc resté sans solution; mais nous lui devons, ainsi , du reste, qu'à quelques-uns de ses élèves et à des écrivains placés en dehors de son École , de l'avoir admirablement posé. Voici les termes dont se sert M. V. Considérant, pour le reproduire d'après son maitre :

« Le but que nous nous proposons , c'est de rechercher des combinaisons capables dlntroduire

( 246 ) la bonne liarmonie entre leskpinnie^/etck les faire tous participer au bien-être social , rendu le plus grand possible, en proportion exacte du €oacotti*s que chacun fouroiraii à la création de ce bien-être»

» La première de toutes les conditions à remp^, la condition hors de laquelle on ne peut e»pérar, sans nidiserici de faire vivre les hommes en bonne intelligence, cesl la création de Fabondance des biens , de la fortune sociale. Nous avons reconnu la puissance de ce fait : nous avons fait vokr que, quand la pénurie se fait sentir au sein d'une société où d'heureuses relations existent entre les bomoies, aussitôt rharmouie se disloque ^ Tégoïsme hostile parait, la guerre commence.

n Si la table est pauvre et misérable , les convives auront foim ; ils seront mal dispoaés^ les ms à regard des autres i c'est là une loi de nature que rien ne peut détruire. — Que s«ra-cc si les vm$ savourent des mets délicats , pt que les autres , à côté, n'aient que des os à ronger ?

» Ceci ne signifie pas que tous les couvires appelés au banquet de 4a vie doivent être misa ^gale ration, et que cette égalité soit un condition d'jiar* mpnie. — Ceci veut dire seulcmeaat qu'il faut une proportion suiBsante des biens et des avantages sociaux , pour que chacun soit assiu^ et pourvu du nécessaire, avec la certitude de pouvoir monter sur Téchelle sociale,, en proportion des services bien et dûment constatés. Ce principe peut être rendy sensible par de nombreux exemples ; en voici un entre mille que peut fournir la civilisation elle-même.

» C'ëtftU uneibelle armée ^ la grande armée que Napoléon conduirait au cœur de la Russie. Il y avait là 400^000 hommes , chefs et soldats y fi>rmant un corps aussi compacte et d'une aussi forte union <)u on en puisse voir en civilisation. Il y avait un sentiment de nationalité et de gloire qui s'étendait comme im réseau sur ce grand corps. Puis , le soldat sentait qu'il pouvait devenir caporal , le caporal sous*ofiicier; et ainsi de suite ^ jusqu'au g4Qéral de division , qui avait à gagner son bâton de maréchal ^ et le mariéchal un trône ^ car Napolécm en donnait ! £h bien ! c'est un fait généralement vrai 9 que le soldat n'en voulait pas à son capitaine , parce que celui-ci avait une solde plus forte; le capitaine ne prenait pas non plus son co« loBclea haine pour une cause analogue* C'était accord et discipline, amour du colonel et du capi^ taine pour leurs hommes, et dévouement de ceux-ci au capitaine, au colonel, à l'armée.

» Cela dura tant que Taigle fut victorieuse, tant que le tambour battit la charge, tant que les soldats eurent des souliers, des capotes, du pain et de Teau-de-^vie ; tant que l'armée fut approvisionnée.

» Oui, et qu advint*il au retour de Moscou^ que se passa-t-tl quand Tarmée cessa de recevoir le nécessaire; quand les communications furent rom** pues;quandi(s furent là, ces braves, sans souliers, en haillons, sous la dent de la faim, au milieu des neiges , des glaces et des déserts , mordus sous le ciel du Nord par un froid de trente degrés ? Ce qui se passa, vous le savez : tout fut rompu et brisé ,

( ^250 ) plus cb ctaMUfftderk^ plus depÊiéy pks d'Affection ni de détouen^Bi; eft dans les^coeurs , pour tomcis <ïes ehceeS; un égoïsme hideux et cruel.

» On en yoyak un de la compagaiç qni tombait raide et gelé^ on ne songeait qu'à se disputer les Uiobeai]^ de sa capote/ On tuiiit soin damarade de If^ f^ixv une p'aceau feu; on crevait le ventre aux vivants, à coup» de sabre > pour s Y récbau^r les pieds. **^ Je n invente pas > mats Usez rhisloire de la débâcle , et éf^cmtea les vieux. — On se battait pour une p<Mgnée de bhenevis ; c'était là pénurie dans t#i^te sa force, et Vëgoïsme dans tmke Sa bi* deusft én^rgiei .

M#) £h bien ! quand on eut retrouvé des câtiton-* nements , itjuand la iidèk Pologne Udui'eiit dohfië du pain ^. quand elle^ut i^nitiÉërret* l^bauffé uôs dë|HÎ$, les ^ntiments revinrent aux co^rs^ ladis* cipline s^ rétablit ^ et, sous ce rapport', dû moins, tout fut.comme devant.

• » Élargissez cet exemple^ i|itttt;i*ogei-^le, et avec lui les mille autres du méiiie genre que vous fout^ Dissent l'observation et Tbistbire, et vous reotmnaîtrez que le développement harmonique des sentiments sociaux demande à s'asseoir sur une lairge base de richesses sociales. >>

Ce que Fourrier avait parfaitëii^nt compris ^ c'est qu'il n'était pas possible d'isspërei^ utie amélioration réelle jet importante danis la Société , sans une réforme préalable et radicate de l'éducation qui agit sur l«i éléments encore malWabïes qui doivent composer un jour la société. Aussi ^'est^il occupé dvec sollieitude de l'enfance; il a écrit sur les soins

dont on dait l'entourer, des pages qiie toutes k» mères devraient lirie» tous les pères m^itiu'.

En esfa4) ptrmi voits qui w s^ rappelle ses jeunes annëei3> qui oe songe au temps où il était soumis dans* sourécole ou dans le collège où il a fait ses études (Y^rit^le Pbalaustére appliqué à une loi d'égalité parfaite) : mêmes devoirs , mêmes soins^ mènm discipline , pour le ^h de Tartisau comme ppur celqi du millionnaire ou du roi» L'inégalité n'qxist^it que pour le mérite auquel p)us de devdrs étaiept ijiiposés.

Cette égalité de pe^ne^ ce travail varié, interrompu p^ir des tepfipa de repos> cette organisation sçus la ^oj.de laqudje npus ayons vécu tous^ plus oç moinç. 4® .tW>P« > P*t çeljie que. Eourfier jurait. yoi^Im . ^Jfitinu^r daija la, ^société ^ , daps, la yjq réelle. .. , ..,. .*•:,.

, Dans^ 401^. plan , les armées d9 destructeurs qui,, aujourd'hui, couvreut et ry^e^t l'Europe par leur oisiveté et leurs dépenses improductives , étaient remplacées par des armées de producteurs agricoles ou industriels, marchant à la conquête d'un canalj d'une route, au dessèchement d'un marais, comme les autres apurentà la conquètç d>ne province pour, la dévaster, à l'assaut d'une ville pour la pillpr et larasf^r. ,.

Cette idée , qui n'était ^core qu'un rêve lors-i que Fourrier la déposa sur le papier, se réalise maintenant. N'estr^cfs.pas, en effet > une armée de travailleurs industriels que l'Angleterre a envoyée sur les bords de la mer Rouge? Et ces hommes qiii ouvrent à l'Europe une nouvelle route pour

( 2.52 ) visiter rinde, travaillentHls seulement potir la Grande-Bretagne ou pour le monde ?

On nt saurait comprendre les théories ^e Fourrier et son système de Tattractlon universelle, qu'en étudiant les différents ouvrages dans lesquels il les a décrits; permettez- moi donc de vous eu lire quelques passages.

Notre penseur admet que tout est iitîle dans la nature , et que ce dont nous nous plaignons le plus n'est nuisible que parce que nous n'en avons pas su tirer parti. « Certain adage trivial , mais eiact, nous dit que jamais mauvais ouvrier n'a su trouver bon outil. Tel est le fait de la politique cîviBsée : elle ne sait tirer parti ni de la vertu ni du vice. Rencontre-t-elle un Néron ? au lieu de Tutiliser, tel que la nature Ta formé, eflle veut dé* naturer ses passions, le transformer ea ami du commei^ce et de la modération, en ami des raves et dubrôuet noir. Instituteurs malencontreux, vos leçons rendent Néron pire encore qu'il n'aurait été : sachez employer les germes que la nature a semés dans son âme. Il (end au despotisme; sachez lui suggérer un acte de despotisme grandiose et régénérateur, au lieu de le harceler et de le désorienter par le galimatias moral d'un Sénèque.

« Nous allons, par convenance à Tesprit despotique, spéculer sur iih projet d'association violentée, sur un acte vexatoiré, assorti au caractère grandiose et fastueux d'un Néron.

» Jesuppose qu'en un pays despotique , à Rome sous les Césars, ou à Paris sous Bonaparte^ le monarque, d'après quelques projets d'association for-

C2o3 ) cée^ ptenè fantaisie de rëunir en un seul ménage six TÎQgCs familles aiséea avec tes domestiques né- ^cessaires^ et^ qu'il, les obli^ à contracl^^ de gré ou de force f une société de six mois pour la vie aaimale et pour quelques travaux accessoires , comme yergers, jardins^ basse^ours^ établesaveo deux ou trois manufactures pour oceuper lesjour^ nées pluvieuses.

» Dans cette entre^H^ise violentée y le despote aura pour but déjuger des économies matérielles et des liens pasûcmnels que peut produire, une telle réu^ nion. Les économies ne pouvant être considérables que dans la classe qui jouit de quelque aisance ^ et les liens ne pouvant se nuancer que chez la classe polie, il faut choisir tes ^nt<*vingt ménages parmi les propriétaires et rentiers que rien n'em^ pèche de se déplacer pendant les six mois de la belle saison qu'ils vont souvent passer à la campagne. On les y réunira dans quelque vaste et k>eau local, hors de barrières et ^octroi , puisqu'il s'agit d'essai en économie domestique.

n On les obligera à fournir en numéraire ou ga-* rantâes la-somme qu'ils affecteraient pendant six mois à leur table; à apporter un contingent de linge et vaisselle pour fonds de ménage sociétaire; on leur en fera au besoin l'avance.

»Dèsla première semaine, leur société reconnaistra que son unité épargne les sept huitièmes en frais de préparation , d'agents , de valets, de combustibles, etc. Les sociétaires verront en outre, qu'avec une dépense réduite au tiers,^ ils se procii- , rent (pai' achat en droiture) une variété, une

( 264 ) siffatmidaiiee décupla de Voràiàaàate dtt mépage.

nGct avantage ne serait flatteur que pour It gourmandise, et mon pour ki sagesse^ oÉget de notn spéculatioff violentée (i).

. j9(^'ott aeTëpcigiie{MS à e^oMfisti; il fiiirt^ en mécanique sociale, sa^roir tiiw parfti cUi wal eomme du bien. Spiminons doue si cette réoniott ^li^/t-* tarée et violentée nous conduira au hfttt> à U for- OM^îoiid^ séries pasi^onnëet.

» Sur quel point, dans quelle bmnjche de m^shtions domestiques devf*a^;-ofa habituw oos oent^. Ttngt familles recluses à Cpmiar la série? fiera««ce danalestraviiiix des jardins^ des vergers, des éta* blés, des volailleite» ? Quelle -fonctioti ctioieir pour Tessai? Anouoe de celles qu'on appelle teavau..

» Opérons d abord. sur le {rfûisir, sur la table ^ phiaque o'esi la f<mciion la plaé'^éaàialemeDt attrayante ; et qae si on peut iatrbdiiire à ^d>le oe méeâaisme sériiElire 9 objet de nosâpéotitàtions^ il gagnera tout je systèute industriel avec lanpidité derincendie. *

. » La ooutame du dmer estiâder^^ittitequi passera di nio<te esn ce bas mondes EtisdkmsHneus daào à

(I) Est-ce bien par la liberté qu'on pebl conduire le civltfséà la sagesse? Uqm 1 4 fimi H e^olf aMfe. Lor^qpf^ iffrçt Pp^dfUbQ» <«i iNHef l»rf es, tous les Toitnriers jetaient les hauts cris ; et deux ans après , ces mêmes hommes vantaient 1*opèrttiôn. disant : tta ! qi^on a bien fait de noiii oblf- 9f r à pfeodie ces larges roues j ee|i^ oonserre let fhpoinst 09 r^nle bée* k présent.» En parlant ainsi, ils oubliaient que deux ans plus tdl ils ayaient yomi peste et' rage contre le décfèl des jantes larges Que n^à-t-on opéré de. «Uinie aur le aystèaa nétrlfue fn w^ÊMf mpUti^i »9éf^i^^ fo/fi^»ment conduite, qu^elle a avorté pour Phonneur de .la liberté beaucoup trop méea^e dans cette affaire. {Hoh êb Ch, Fotirrùr,)

idawl0i' l'ordre, fiëriajre «lans cette téhAtkm fdn^ cUoioatMc. DébntoM pir quelque branche du dia^r ; ohoisiafon» la première qui est la soupe. D'autres Youdraieiu , dans un Taste plan de ré^ gënémti^ni embrasser à la fois la 80uf£ bt le BOUiuii^. Modérons ce toI ambitiemi et renvoyons le:b0uiUi à l'Ordinaire prochain^ car il est la béte d'aversion de$.fem»es et dee enfants, dont je veux so^erar^ dans œ chapkre^ 1^ tntërèts sexuels,

>i Obf^v^t^W^ SGnqpuleufement^ sur une bagatcfUe» oomme la soupe> qu»h sont les germes dés séries et comment on doit opérer pour effectuer leur dé* veloppenB^ent»

ixNos six vingts mépages de reclus fabriquaient cbe^^^ux^ avant cette réunion^ ceat-* vingt p<^ges distincts Qt variés, quelques-uns semblables; mais* sujr;lifscent*yiiigt, on pouvait trouver une variété habituelle ,4u.tiei»> soit quarante chacpie jour.

y>.$ijdans le séngerme , ik veulent se borner à ^ fabriquer pouf la masse quarante potages variés ,> ils tro^verolit 4^ sur la préparation, lecomboe*^: tible fit Ic^s agientô, une lécbnpmie de plus desi trois: quai*ts:,i^ais a-t*oa besoin >]^(Mir satisfaire les^ goiit$^,4>voir c[viar^nite potages au buffist? c'est< bien assez du tiers , treize à qucUarte esj^e^^. qvi'op peut^pwti^riau doubU in nuanpes ^ par des sDu$-yai:iant^ si faeiliea dans les puféâsv les ju^r^ llcnx^s^ etp,^ . , . , «

; »^s\^^tdelàque le mode civilisé ou morcelé qui,* po«r. ()#reU nombre d«^ 0i4nâgea, fabrMfÉbB «nt. viv^ potages en; efiec^if ^ quarante en Vakriantes , ^

( 256 ) étend aes ttavaux au triple relatif et au déeupk effectif de ce qui serait iiécea3aire pour organiser des ^ries y et leur assurer une option de trdze mets à sous-variantes^ lium les civilisés, avee leurs frais immenses^ n ont dans les eent^^vingt ménages qu'un seul mets sans option y i*^ultat concevable et pourtant rigoureusement exact , car les bons ménagés bourgeois n'ont qii um^ soupe.

»La réunion nommée sérigerme va donner aiix sociétaires, et dès le premier jour, Topticm sur OHe très belle série de treize à quatorze potages, nombre suffisant pour contenter, olasser^t graduer tous les goûts.

»0n n'avait rien de cette option, sur cent-vingt miéaages séparés, donnant quarante variétés dtsséminées dans les cent-vingt ménages. Ici, en se réduisant à treize, on peut d^ satisfaire les trois sexes disâinctemmit, les amener à classer leurs goûts, et former leurs cabales ga^ronomiques.

» La. diversité de goûts, tant critiquée, devient ressort social nécessaire; car ^ on a préparé treize potages, il faut bien treize goàts> pour les consommier« Chacun devient , dans ses fantaisies gastronomiques, un être Louable et vertueux, en cequll coopère à Técononue sqciétaii^ , ' pat dissidence avec ses voisins.

» Un groupe de sybarites est ami de la vertu, en préférant le potage au consommé et au coulis, qui est l'un des treize. Un groupe de vrais philosophes exerce la v^rtu , en savourant la soupe aux raves ot aux oboux , selon Gincinnatus et Dentatus, des eufants de Baechus suiv^ent le sentier de la vertu ,

( 257 ) en grugeant la soupe au fromage et aux oignons. Des amis du commerce cultivent la vertu , en mangeant un potage de vilenies ultramontaines ^ vermicelles et pâtes à fumet de vieille colle rancie (que Dieu confonde ainsi que les raves). Un groupe de savantas en US et en OGUE, développe ses vertus et son ergotisme sur une soupe exotique, où s'unissent le salep d'Orient et le sagou des Indes. Enfin, un groupe de bons bourgeois^ sans prétentions à TÂcadémie , applique ses vertus à une soupe digne de son génie , une épaisse purée de pois, haricots , lentilles et denrées de bruyant augure. Même gradation de vertu doit régner dans les fantaisies relatives aux divers mets et aux treize sortes de pain et de vin.

» Ainsi se forme la série : chacun y devient VERTUEUX , en se livrant à ses fantaisies avec un groupe de cosectaires cabalistiques. Lies femmes et les enfants font chorus de vertus : ici des groupes de ménagères savourent le potage bourgeois , parfumé au cerfeuil, ou le potage de santé , parfumé de poireaux et de carottes roussies ; plus loin , des groupes de petites-maitresses opinent pour l'orge mondée et les juleps aux amandes ?

» L^'enfant s'y passionne de même pour ses soupes favorites , comme le riz mélangé de lait et de sucre.

» Voilà ce qu'est une série attablée; tout y brille de vertus échelonnées, dignes de la verve des Berchoud, de la prose des Grimod.

»Chacunyen s'y livrant à ses passions,devient un champion de vertu, puisqu'il coopère à l'équilibre

BUaqvi. 17

(25$) social et à l'U^rmomie généfak qiû «»9h^ c^tie échelle de gouU variée.

» Pas^cm sur le$ détails du repa^ il ^t càmr q»e les cent viugt aménagea qui i^viiiwl, « awyen terme, trois plats au service et dew au de^isert^ ?n auroat ici, par extrèçae épqnqi»^, <|u^rs|nte au service et vipgtpinq o^ trente ai^ désert , distriUiés selon les goûts des trois sexes , çt qi*^ tous eivâîsés du dehors qui seront invités à une ps^rçâlle lipée, demanderont aux reclus de leur céder la place : et pourquoi ? C'est qu'au sortir de table^ ook retrouy^a même illusion ^ixx jardins çt ateliers, h^ séries , une fois formées à table , se formant dans tcHiles fonctions ; dès que h sprAé\4 eu a iiççomMm par «x^ périence , le charme et les écono^iesi ,, cbacita àd^ vient unapiuxe pour appliquer cette méikide à tous les travau;?^^ à to;us lesi plaisir^.

» De là vient qu'il fa.ut d'abçrd inti^odiwe eut ordre dans le mécanis];ne des i^epas, pu il est si aisé de le faire adopter et d'en constater l'excelleBoe , comparativement aux maussaderies et ^perditkw» civilisées, où l'on ne parvient à grands frais qu'à donner des repas semblables à celui du veiurd et de la cigogne : chaque maître de mtaisoa y sert se* Ion son goût , et sans pouvoir ni savoir satis&ire les convives ; témoin la maudite drogue. iMM»iOiëe vermicelle , que prodiguent les ménagères et les traiteurs , pour s'épargner les spins qu'exigerait un bon potage.

» Ici dune pierre dewc coups : le despote n'aura eu qu'un seul but, celui de tenter les économies de ménage combiné. Non-seulement il réussit^

mais il atteint un autre but fort inespéré , qui est Y attraction industrielle, n

Si toutes les vues de Fourier o^ sont pa&a|i|dicables , si ses ouvrages ^ de même que ceux de ses adeptes y sont plutôt remarquables comme critique que comme organisation . on ne doit pas moins le louer pour le eoufage avee leqwél it n résolument dénoncé et attaqué tous les vices de notre société^ en indiquant les moyens d'y porter remède.

Ceux d^entre vmitf qtiî otit lé* temps d*étudier à fond toutes ces intéressantes questions retireront certainement des. îwméB ntUsa à» la lecture des différents livres dans lesquels la doctrine de Fourier est ^iposée e^ dév6teppée>. i^ fons^ eHev»i notofft^ ment fe Théorie des quatre mom^ement$\ te Traité de l'ass^eitUier^ dùmeâêiqf»e' 9t agmevès de Ck. Fourier; destinée sociale par V. Considérant; Utbâ€tie de ktpeikiqu&y h Pfmi&nstèreetla Pka* lange.

Bans rnie prochaine séance , nous étudierons le système d'Qweu, AdL B^^des>Y.)

Page 1